La tradition voudoo et le voudoo haïtien

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Material Information

Title:
La tradition voudoo et le voudoo haïtien son temple, ses mystères, sa magie
Physical Description:
433 p., 24 leaves of plates : ill., map ; 21 cm.
Language:
French
Creator:
Rigaud, Milo, 1904-
Mennesson-Rigaud, Odette
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Haïti?
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Voodooism -- History -- Haiti   ( lcsh )
Voodooism -- Social aspects -- Haiti   ( lcsh )
Voodooism -- Rituals   ( lcsh )
Voodooism -- Rites and ceremonies   ( lcsh )
Magic -- Social aspects -- Haiti   ( lcsh )
Rites and ceremonies -- Haiti   ( lcsh )
Folklore -- Haiti   ( lcsh )
Social life and customs -- Haiti   ( lcsh )
Religious life and customs -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
Milo Rigaud ; photographies de Odette Mennesson-Rigaud.
General Note:
Pages 389-408 are being added from the copy held by the University of Central Florida to complete the volume.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
Applicable rights reserved.
Resource Identifier:
oclc - 64577522
ocm64577522
System ID:
AA00002240:00001


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Full Text














ism

.........





+


x

















LA TRADITION VOUDOO
ET
LE VOUDOO HAITIEN
(Son Temple, ses Mysteres, so Magie)









MILO RIGAUD


LA TRADITION VOUDOO
ET

LE VOUDOO HAITIEN


(Son Temple, Ses Mysteres, Sa Magie)


PHOTOGRAPHIES DE
Odette MENNESSON-RIGAUD









EDITIONS NICLAUS
34, Rue Saint-Jacques PARIS .V
1953



























































Copyright by Editions Niclaus, 1953





























DU MEME AUTEUR :
En preparation :
V6vb.
Les Maraca (jumeaux voudoo).
Le Voudoo Astrologique.
La Technique Solaire du Voudoo.
Legbha ou le Baton Magique dans la Kabbale.
Le Tambour Ass6-Thor ou Erzulih habill6e du soleil.
Le mystere Dambhalah Hwedo ou les colliers rituels.















PREFACE



Dans la Tradition Voudoo (1), le mystere qui est la garde magique du
tronc d'arbre pris comme axe cosmique des p6ristyles des oum'phor se
nomme Loko Ati-sou on Ati-Dan Ib6 Loko formule afro-haitienne qui
signifie en substance : Grand Arbre-Sec figurant une couleuvre gdante (dra-
gon, boa, caiman, aganman, 16zard, anolis) qui possede tous les secrets du
Verbe Crdateur ou du Langage Magique magnified par la Musique Sacrde.
Et c'est ainsi que le mystere le plus important du oum'phor voudoo est la
couleuvre androgyne Da (n) bhalah Wedo-Ai Da Wldo. Parce que da, dans
les formules, signifie couleuvre ou serpent.
Au lieu de nous livrer personnellement a une longue analyse de ce mys-
tere par rapport au Voudoo que nous allons decrire, nous pr6f6rons faire
abstraction de toutes considerations personnelles pour expliquer scientifi-
quement la couleuvre voudoo par ces lignes de Don N6roman tirees de < La
Lecon de Platon > (2). Ces lignes disent certainement davantage que tout ce
qui viendrait d'un adepte voudoo ou d'un 6soteriste haitien, car elles ne peu-
vent pas alors 6tre taxes de partiality.
< Dans la mythologie, le serpent est toujours mWle aux embl6mes de la
Connaissance. En Egypte, il est l'attribut d'Isis la Magicienne, c'est-h-dire
celle qui connait les secrets des pierres, des plants et des animaux, celle
qui connait les maux et leurs remedes, celle qui ranime le cadavre d'Osiris,
lui rend la vie, et donne l'immortalit6. Dans ce cas, le serpent est love sur
lui-meme, en un anneau ferm6, queue en bouche, et c'est justement sous
cette forme d'Ouroboros qu'il est l'embl6me de la vie toujours renouvelee,
toujours renaissante de ses propres debris ; l'embleme, en un mot, du
cycle 6ternel.
o Dans l'hymne h Osiris (stale qui date environ de 34 sikcles), Isis la
Magicienne doit sa maternity A des moyens surnaturels, empruntes a la
magie ; elle rend au cadavre d'Osiris sa puissance virile, et c'est la momie
d'Osiris qui la ficonde.

(1) S'6crit aussi vaudou. Mais l'orthographe traditionnelle est bien voudoo.
(2) Niclaus, 6diteur.








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< Le serpent-naja est represents par I'uraeus sur le pschent, coiffure
royale ; il y symbolise la divinity et la royaute, et aussi la science (qui est
1'attribut du divin et du pharaon-roi-initi6) parce qu'il repr6sente les deux
divisions du ciel, I'Orient et l'Occident.
<< Dans la Bible, dans le Livre des Nombres, quand le people juif maudit
Moise et son Dieu, le ciel le chAtie en lui envoyant des serpents aux morsures
brfilantes ; et Moise, sur l'ordre de Dieu, conjure le fl6au en faconnant un
serpent d'airain, qu'il suffit a chacun de contempler pour 6tre gu6ri.
< Le serpent sait modeler son corps sur la spirale comme sur le cercle,
courbes evolutives ; il sait fabriquer les venins et leurs contre-poisons qui
l'immunisent, lui si redoutable ; la glyptique ancienne abonde en < serpents
buveurs >, flairant le remade dans la coupe medicale. Les serpents s'en-
roulent autour du caduc6e ; ils sont les armes parlantes de la pharmacie.
Et lorsque, dans la Bible, Eve ne peut retenir sa curiosity de science, c'est
le serpent qui la guide, qui lui livre la cl de la Connaissance, sous la forme
myst6rieuse de la Pomme, don't la section inhabituelle (et sans doute indi-
quie par le Serpent) pr6sente le pentagon et le d6cagone, revilateurs du
Nombre d'Or. Eve n'est autre qu'Isis ; elle veut connaitre la magie ; et son
initiateur sera le serpent don't s'ornera la coiffure des inities.
< Pourquoi 1'Antiquit6, parmi tant d'animaux divers, a-t-elle choisi le
Serpent comme 6tant l'Initi6 ? On ne saurait le dire en toute certitude ;
mais il est bon d'observer que la Science Moderne, si elle avait foi dans le
symbolisme, approuverait ce choix... C'est chez le Serpent qu'apparait l'ceil
pineal, cet ceil central des cyclopes, que les occultistes considerent comme
I'organe de second vue ; les 16zards ont tous a la parties sup6rieure du cra-
ne, ce << trou pin6al > qui conlient la glande pin6ale, reli6e au cerveau par
un nerf. Cet eil est pour la race humaine l'hMritage du Serpent. Et nous
voyons bien, en 6tudiant l'6volution, quel sens du monde possede le Ser-
pent, quelles possibilities furent les siennes. Issu de l'eau, il s'est lance
vers toutes les conquites, meme celle de l'eau, a titre de retour sous sa
forme nouvelle ; et il s'est divis6 en serpents nageurs, serpents marcheurs,
serpents volants. II a su faire les doigts adhisifs du gecko, qui lui permet-
tent de courir sous le plafond le plus lisse, et le parachute du Dragon Vo-
lant, compl6et par un gouvernail de drive sous le mention. Et, pour conqu6-
rir la totality du continent, il a su se diviser sur la plus formidable bifur-
cation de l'evolution animal, celle qui, partant de la meme origine, a con-
duit les uns vers les oiseaux et les autres vers les mammifbres.
< Mais en outre il a cr66 toute une chimie du venin, que les oiseaux et
les mammif6res ont perdue en route ; il I'a complete par un appareil d'ino-
culation don't les progris ressemblent 6trangement a ceux d'un appareil








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micanique perfectionn6 au course du temps... et on a pu dire que la seringue
& injection de Pravaz n'est autrement construite que cet appareil d'inocula-
tion : Pravaz a copid la vipere aspic.
< Les pythonisses qui rendaient les oracles tenaient leur don de proph6tie
du Serpent Python... Mais si l'on refuse de croire aux 16gendes des pytho-
nisses de Delphes, ou d'Endor, toujours inspires par le Serpent comme Isis
chez les Egyptiens ou Eve chez les Hdbreux, on peut toujours se pencher
sur les faits de notre temps. Or notre temps connait le < Boa Empereur >
qui fut un objet de grande v6ndration chez les Incas, sous le nom de Ser-
pent-Devin. Aux Antilles, on trouve son tres proche parent, appel6 le Boa
Diviniloque par les Indiens. Et qu'en dit la Science mat6rialiste ?
< L'animal est nu dans la nature, alors que, en nous calfeutrant sous
des v&tements et dans des logis, nous nous sommes cuirasses centre des
ondes que nous ne percevons plus. II n'est pas certain, 6videmment, que
l'atrophie presque total de l'ceil pindal suffise a expliquer 1'dmoussement
de tant de facultes don't les autres vert6bres jouissent ; mais cette atrophie
a certainement entraine des pertes ; et puisque son ddbut remote A la di-
vision des Serpents en Oiseaux et Mammif&res, nous sommes obliges de
conclure que l'eil pineal du Serpent percoit plus intens6ment que celui
de tous les autres vertebr6s terrestres, et que, dans toute la measure oil cet
ceil pergoit l'occulte, le Serpent est un voyant le oi l'Homme est dans la nuit.
< Magicien puisqu'il connait les venins et la spirale, devin puisque son
ceil pineal voit l'occulte, le Serpent est en outre musicien, et sans doute ces
trois facultes ne sont-elles que les trois aspects d'une seule : le sens de la
quatrieme dimension...
< Un jour, a Colombo, je contemplais un psylle qui charmait toute une
petite troupe de najas... J'6voquais la loi des Nombres, celle de l'inversion
magique qui s'exprime par la musique, et qui ouvre une fengtre sur la qua-
trieme dimension, le temps...
< Il est done possible que le Serpent, avec son oreille sensible A la musi-
que et son ceil pineal sensible A I'occulte, se dandine dans la b6atitude de
la contemplation du Nombre, entendu dans le Rdel et vu dans l'Occulte ;
la Musique est, pour lui comme pour l'Homme l'aspect charmeur et eni-
vrant de la Science du Nombre, done du Cosmos, aride en ses chiffres abs-
traits, prenante en I'envers harmonieux de ces abstractions >.

Le voudoo ne dit pas < qu'il est possible que la couleuvre... >.
Avec certitude et une certitude qui donne des resultats ph6nominaux
visible A toutes les heures du jour et de la nuit Danbhalah et Aida Wedo
inspirent les voudoisants haitiens, comme Eve chez les H6breux, comme
Isis chez les Egyptiens, comme le boa empereur chez les Incas, comme le








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boa diviniloque pour les Indiens, comme le Python pour les pythonisses
d'Endor, de Delphes et d'ailleurs.
Erzulie, dans le voudoo, est Eve et Isis ailleurs, et, comme ailleurs, et
sans doute meme avant, elle est le mystere de la musique. Exemple : une Er-
zulie Freda, qui adore I'accordeon, et qui aime qu'on en joue pour qu'elle
vienne poss6der un adepte voudoo. Personnellement, nous I'avons vu des-
cendre dans la tIte d'un voudoisant (*) au son de l'accordeon, puis, 6voluer
avec une satisfaction difficile a d6peindre, au son du meme instrument.
Il n'est done pas 6tonnant que, dans le livre que nous allons 6crire sur le
voudoo, le syncritisme magique et le symbolisme fassent figure le mystbre
Danbhalah par Saint Patrice ; parce que Saint Patrice lance la couleuvre
dans l'eau d'ofu elle sortira pour remplir le formidable r6le que vient de
nous presenter Don Ndroman.
L'ceil pin6al du serpent (toujours appel6 couleuvre dans le voudoo) per-
cevant plus intens6ment que celui de tous les autres vertebres terrestres,
dans la measure ofu cet organe percoit l'Occulte le lecteur comprendra
sans difficult que I'asson (l'instrument-maitre de la magie voudoesque)
soit ornd de vertebres de couleuvre pour pouvoir obtenir sa puissance ph6-
nomenale et diriger tous les mysteres de l'Occulte.

***

Le principle de divination repr6sent6, dans le culte voudoo, par la cou-
leuvre Danbhalah, n'est pas personnel aux oum'phor (temples voudoo). II
n'est que de copier cette remarque de l'abbW Barthelemy dans c Voyage
du Jeune Anacharsis en Grace > pour donner une idde de son universality :
( De retour a Argos, nous montAmes a la citadelle, ofi nous vimes, dans
un temple de Minerve, une statue de Jupiter, conserve autrefois, disait-on,
dans le palais de Priam. Elle a trois yeux, don't l'un est place au milieu du
front, soit pour designer que ce dieu rcgne egalement dans les cieux, sur la
mer et dans les enfers, soit peut-6tre pour montrer qu'il voit le passed, le
prdsen t et 'avenir... >
C'est ainsi que les pythonisses tiennent leur don de la couleuvre.
En montrant qu'il n'y a pas que dans les oum'phor voudoo que la cou-
leuvre Danbhalah r&gne, un autre passage du Voyage en Grace corrobore
les idles de Ndroman sur les connaissances chimiques du dieu africain :
< Dans le temple d'Esculape... la voix divine prescrit aux malades les re-
medes destinds a les gudrir. Les serpents en general sont consacres a ce
dieu, soit parce que la plupart ont des propridtes don't la medicine faith usage,


(*) Prononcez toujours voudoisant.








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soit pour d'autres raisons qu'il est inutile de rapporter : mais Esculape
parait ch6rir sp6cialement ceux qu'on trouve dans le territoire d'Epidaure,
et don't la couleur tire sur le jaune. Sans venin, d'un caractere doux et pai-
sible, ils aiment A vivre familierement avec les hommes. Celui que les pr6-
tres entretiennent dans l'int6rieur du temple, se replie quelquefois autour
de leur corps, ou se redresse sur la queue pour prendre la nourriture qu'on
lui pr6sente dans une assiette : on le laisse rarement sortir ; quand on lui
rend sa liberty, il se prom6ne avec majesty dans les rues ; et comme son
apparition est d'un heureux presage, elle excite une joie universelle. Les
uns le respectent, parce qu'il est sous la protection de la divinity tut6laire
du lieu ; les autres se prosternent en sa presence, parce qu'ils le confon-
dent avec le dieu lui-meme. On trouve de ces serpents families dans les
autres temples d'Esculape, dans ceux de Bacchus et de quelques autres di-
vinites. Ils sont tres communs A Pella, capital de la Mac6doine. Les femmes
s'y font un plaisir d'en lever. Dans les grandes chaleurs de l'Nt6, elles les
entrelacent autour de leur cou, en forme de collier, et dans leurs orgies,
elles s'en parent comme d'un ornement, ou les agitent autour de leur tate.
Pendant mon s6jour en Grece, on disait qu'Olympias, femme de Philippe,
roi de Mac6doine, en faisait souvent coucher un aupres d'elle ; on ajoutait
meme que Jupiter avait pris la forme de cet animal, et qu'Alexandre 9tait
son fils >>.
Milo RIGAUD.




















PREMIERE PARTIES


LA TRADITION VOUDOESQUE
ET SES INCIDENCES



















10<










































Fig. 1.
Cd-drapeaux et drapeaux rituels pendant un service voudoo.















Le Voudoo


Son origine surnaturelle



R6v6lation est le terme qu'il faut employer pour designer l'origine sur-
naturelle du Culte Voudoo (Vandou, selon l'expression plus vulgairement
ou plus couramment employee pour parler de ce culte en Haiti).
Or, par le seul fait que les connaissances surnaturelles relatives au vou-
doo ont 6td r6v6l6es aux adeptes, le voudoo est une religion, au sens entier
du mot.
Cette revelation est, elle-meme, d'origine astrologique, et sans aller jus-
qu'aux mages qui, sur le continent africain, ont pr6cedd les astrologues de
Chaldee ou les savants de la Tour de Babel, on peut s'arreter aux travaux
de ces derniers pour avoir une idWe just du caractere de cette rvd6lation.
II ne s'agit pas encore de d6velopper le sujet astrologiquement ou astrono-
miquement. II est surtout question, ici, de montrer, le plus simplement pos-
sible, le caractere g6n6ral du voudoo, quite, plus tard, a en montrer le
caractere 6soterique.
En se basant done sur une donn6e de la Tradition Africaine, les adeptes
du culte indiquent le lieu d'origine du voudoo en citant le nom d'une ville
l6gendaire don't la copie matirielle existe rdellement sur la carte g6ographi-
que de la Republique d'IHaiti.
Cette ville s'appelle La Ville Aux Camps (1), et son nom peut ctre inter-
pret6 de diverse manieres, selon les degr6s de puissance du culte. Mais il
vaut mieux en r6server les developpements scientifiques A la parties 6sot6-

(*) Ou Ville-aux-Can. C'est-A-dire la cile cMleste des puissances du feu, des puis-
sances solaires : la concentration atmosph6rique des < loa > ou des 1 pouvoirs >
du Soleil.








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rique qui devra suivre ces pages don't le caractlre se content d'etre seule-
ment a la portLe de tous.
Dans la geographie d'Haiti, La Ville Aux Camps est dans la montagne
qui environne Saint Louis du Nord situ6 dans la parties Nord-Ouest de File,
pas loin de Port-de-Paix. La Tradition enseigne qu'il faut l'avoir visit6e
pour &tre tout a fait a la hauteur de l'Initiation. Evidemment, seuls, les ini-
tics savent exactement de quoi il s'agit.
II est cependant un faith : lorsqu'un traditionaliste voudoo parole de La
Ville Aux Camps, il entend indiquer que c'est non seulement l'endroit le
plus important qui puisse symboliser le culte voudoo, mais encore le lieu
mystique et occulte ofu se concentre, d'une maniere tout A fait myst6rieuse,
la force total de la religion. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle La Ville
Aux Camps est, en terms occultes, une sorte de Quartier General des mys-
teres ou des loa voudoo, c'est-at-dire des vodouni africains qui sont les dieux
du culte.
La preuve que La Ville Aux Camps myst6rieuse represente pour les adep-
tes voudoo le lieu le plus fort et le plus MlevW est donnee par le rapprochement
I qu'il faut faire entire le lieu d6sign6 ainsi en Haiti par les inities comme
pantheon terrestre des mysteres et le lieu que les Africains citent g6ndrale-
ment pour signifier << le pays d'origine de leur plus grand dieu >.
Le pays d'origine, 16gendaire, historique, mystique, 6sot6rique et kabba-
listique du Grand-Tout africain don't le nom est Pha se confond done, sur
la carte d'Afrique, avec la myst6rieuse Ville Aux Camps d'Haiti : Pha, le
plus grand des myst6res africains, vienit du pays d'I-Pha, don't le nom est
\souvent permut6 en Iphi ou Ife.
Alors que certain schismes parties qui occasionnent une sorte de lutte
intestine au sein des sectes voudoo ont interet a pr6tendre que le Voudoo
est originaire du Dahomey, du Yoruba, du Congo, du Soudan, du $6negal,
la Tradition Orthodoxe retablit la v6ritL en rev6lant que le vrai pays d'ori-
gine du grand dieu du Voudoo est reellement If6, qui est, A la fois, une ville
reelle situ6e dans le pays Yorouba, et une ville mystique don't viendraient les
plus grands myst&res du voudoo.
En realite, la ville mystique, sorte de Mecque africaine, se trouve dans le
Sud Nig6rien.
If6 est la patrie herm6tique du Grand D6miurge voudoo : c'est de la qu'est
descendue la revelation dans l'esprit et dans le cceur des voudolsants qui
6tablirent la religion que les descendants des Africains pratiquent encore
en Haiti. La revelation descend sous la double forme de la couleuvre Danb-
halah W6do et de la couleuvre Aida Wido (*).

(*) Les couleuvres representent le Grand Tout africain l'Ancktre, le voudoo,
6tant religieusement et ritubliquement un culte ancestral don't la personnalit6 su-








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11 va sans dire que tout ce qui constitute 1'armature de la vie et du mode
de vie des populations du globe terrestre vient de La Ville Aux Camps-If6 :
administration et m6thodes administrative, royaut6, pr6sidence d'Etat, cul-
ture, arts mineurs et majeurs, m6decine, architecture, marine, et, surtout,
religion et magie religieuse, mais encore plus particulierement la parties de
la magie appel6e divination.
-- La royaut6 6tant de droit divin, il en d6coule que le portrait du chef de
\ 1'Etat, par une coutume haitienne issue de la tradition voudoo d'Afrique,
est toujours accroch6, a la premiere place, dans tous les oum'phor (temple
voudoo), car, disent les initi6s, .K< le roi est le repr6sentant direct de Dieu >.
En partant du principle que le roi ou tout chef d'Etat est le repr6sentant
de Dieu sur la terre, la tradition voudoo confond la Ville Aux Camps avec
l'emplacement c6leste du Soleil et avec le soleil lui-meme. Le roi, ainsi, se
trouve etre confondu avec le soleil.
Dans ces conditions, 1'origine surnaturelle du culte voudoo se trouve 6tre
Line origine astrologique : IfN ou La Ville Aux Camps confondue avec le
soleil. Or, parce que en Afrique comme en Haiti, le soleil est le mystere
Legba (apkpel6 aussi LihsahBhaDa-io-),-le-lieu-due-ciel-ofiLsel ee le soleil est
Legba-Ji ou Lihsah-Ji, expression donLtvoici la signification g6ndrale : Loa
de la creation.
Legba le mystere de synthese du Voudoo est done l'Orient, ou I'Est,
le point cardinal-chef, le point de l'espace qui preside a l'Orientation ou qui
rigit l'Orientation du templum magique.
II s'ensuit que l'origine du voudoo est d'abord astrologique, par l'If6 ou
Ville Aux Camps c6leste, et, ensuite, terrestre, par la position gdographique
/de ces deux villes, en Afrique, dans le pays des Yorouba, et en Haiti, du
c6t6 de Saint Louis.
A partir de l'Afrique, l'origine des loa voudoo, dans leur ensemble, se
complique un peu, parce que, si, d'une maniere incontestable, Legba vient
d'If6 ou de la Ville Aux Camps, tout le pantheon voudoo ne vient pas du
meme endroit. Ce pantheon est peuple de mysteres originaires de diverse
parties du monde : on y voit des myst&res du Dahomey, des mysteres d'ori-
gine Congo, des myst6res venus du pays Nago, d'autres qui sont plutot du
Soudan ; certain viennent du pays des Ibo, d'autres sont de prdf6rence Pe-
thro, et, pour citer toutes les .<< nations de mysteres >> voudoo, il faudrait

preme est le premier des vivants. C'est pourquoi St-Yves d'Alveydre 6crit ceci
dans La Mission des Souverains : .<< Dans les soci6tes antiques, et grace A l'influen-
ce pratique don't y jouissait la Religion, I'Autorit6 appartenait aux morts, ces 16-
gataires sociaux don't vivent les vivants : aussi, depuis I'Etrurie jusqu'a la Chine,
retrouve-t-on le culte des Ancetres comme 6tant la source meme de I'Autorit6 dans
la Famille come dans la Societ&, et le mot pretre signifle l'Ancien >.








- 20 -


toutes les regions tribales de la carte d'Afrique : Maroc, Mauritanie, Niger,
Liberia, Cameroun, Angola, Madagascar, et meme l'Egypte et I'Arabie.
Comme on le verra plus loin, ce sont les differences on distinctions 6ta-
blies dans le voudoo par ces << nations de loa > qui vont diversifier le culte
en le s6parant par < rites > en lui laissant cependant toute son integrity
fonciere et toute son homog6niit6 traditionnelle.
Contrairement Ai ce que beaucoup de gens pourraient penser, il faut comp-
ter, parmi les pays d'origine g6ographique des myst&res voudoo, la Judge et
I'Ethiopie. C'est ainsi que les cultes juif et 6thiopien ont le soleil pour ori-
gine : chez les Juifs, le soleil est personnifi par une couleuvre sur une per-
che et cette couleuvre s'appelle Serpent-Da(vid) ; chez les Ethiopiens, le
soleil est represented par un Lion, qui est aussi bien David, le lion de la mai-
son solaire de Juda. Or, dans le voudoo, la meme couleuvre, appel6e aussi
Da et le meme lion, appel6 Legba, president superieurement au culte.
Si l'on tend la comparison h la religion catholique, on retrouve le In-
me lion et la meme couleuvre solaire de Moise, de Salomon et de David dans
le poisson du Christ remain. Ce poisson est un embleme solaire par excel-
lence et, comme I'IfI et La Ville Aux Camps du voudoo, il indique la posi-
tion du soleil a l'Orient. C'est ainsi que, dans le Christianisme comme dans
le oum'phor voudoo, on trouve la figure du poisson comme embl6me solaire
et comme embl&me du Christ.
Le myst&re qui porte la couleuvre Da est une autre couleuvre : la couleu-
vre Ai-Da (*). Cette deuxieme couleuvre est done la Vierge du Voudoo: Aida-
WIdo comme mere du Legba voudoo, elle est la femme du Soleil, c'esTi-
dire la Lune. Ces symbols ne saurainfit toffiner dans le voudoo, parce que,
dans routes les religions, l'Ere Solaire ou l'Age d'Or est figure par un Lion,
meme depuis avant la Bible. Le Lion est donc, dans le voudoo, le signe de
l'Esprit, tandis que la Lune (signe terrestre) est le signe de la Vierge per-
sonnifi6e par la couleuvre Aida W6do.
Mais, puisqu'il s'agit de montrer correctement l'origine du voudoo et de
sa figure principal, voici une citation de Charles Guignebert tire de son
livre << Le Christianisme Antique >. Cette citation montre fa quel point Legba,
loa principal du voudoo, correspond au Christ des autres cultes : << II sem-
ble que, sous le nom de Christ, ce soit la vie philosophique et religieuse du
paganisme, avec tous ses contrastes et toutes ses incoh6rences, qui ait re-
pris vigueur et triomph6 de la religion en esprit et en v6rit6 que le Maitre
juif a v6cue >>.
C'est done en relation avec le Lion de Juda et le Lion des armoiries d'E-
thiopie que Legba s'appelle traditionnellement Papa-Lion.


(*) Prononcez toujours AY-Da.








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Sa mere, Aida W6do, comme m&re du soleil, est par consequent toute
la surface du ciel : les Afric-ais l'appellent Mawu, mais son noni le plus _
connuen-Haiti-est-ELzuie.
Dans le voudoo, Legba, origine et prototype mile du voudoo, est done le
soleil qui preside aux rites, tandis qu'Erzulie, origine et prototype femelle,
en est la lune. Legba en est le Christ et Erzulie la Vierge. Les autres mys-
teres viennent a leur suite, par ordre hi6rarchique.
Dans l'exoterisme voudoo, Legba est figure par un homme qui jette de
l'eau par terre. C'est cet homme que l'on reconnaltra dans tous les adeptes
qui jettent de I'eau par terre au ddbut de chaque c6rdmonie. Les dsoteristes
le comparent au Verseau du Zodiaque. Tandis qu'Erzulie est represent6e
par une femme 6thiopienne tres noire ; elle est noire parce que brfilee par
le soleil don't elle est n6cessairement la femme. L'occultisme en est facile :
cette femme tres noire, mais tres belle, est confondue, dans la tradition
afro-judaique, avec la tres noire mais tres belle Reine de Cheba, qui est
Balkis, la reine de Saba. Ainsi, lorsqu'on voit la couleuvre Aida W6do sur
les murs du oum'phor voudoo, on sait qu'on a affaire, sur le plan du syn-
critisme religieux, A la reine 6thiopienne qui visit Salomon parce que Sa-
lomon est le constructeur du Temple. Le culte voudoo parait, ainsi, beau-
coup mieux situ6 et bien mieux expliqu6 en quelques mots quant h son
origine astrologique et quant a ses aires d'influence religieuse a travers le
monde. Rien que ces quelques rares rapprochements le font voir A travers
tous les pays et au fond de tous les cultes.
II n'y a vraiment rien d'6tonnant ta cela quand on pense que la tradition
africaine h6rit6e par les oum'phor haitiens r6vele que la couleuvre femelle
ou couleuvre lunaire que l'on voit peinte sur les murs du oum'phor est un
chemin de sept couleurs que la puissance divine emploie pour transmettre
ses ordres du ciel A la terre. Ce chemin qui conduit Dieu du ciel sur la terre
est alors appel6 arc-en-ciel.
Necessairement, l'origine de l'arc-en-ciel, comme symbol, est aussi so-
laire que l'origine meme du culte voudoo, non seulement parce que 1'arc-
en-ciel et ses couleurs sont invisibles sans le soleil, mais parce que, d'apres
une des donnees les plus importantes du culte, I'arc-en-ciel (qui est aussi
une couleuvre Da) march sur les degrds magiques dii soleil.
11 arrive done ceci dans le oum'phor : Erzulie, qui tient le r6le de la cou-
leuvre lunaire Aida W6do, come arc-en-ciel, est le principle magique de la
richesse, de la prospirite, et c'est a elle que s'adressent tous ceux qui veu-
lent changer de situation ou s'enrichir, parce que, le symbol de la Lune
qu'elle personnifie comme mystere voudoo est l'argent symbole de la Lune),
tandis que le symbol de Legba (le Soleil) est l'or.
Telle est, en synthese, la mecanique du oum'phor of ces deux loa tien-








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nent les r6les principaux : elles repr6sentent le movement par excellence.
C'est done en les d6composant pour trouver toutes les autres loa subalter-
nes du pantheon voudoo qu'on va trouver tous les details du movement
g6neral qui anime le temple africain.
Dans un sens plus concis, les symbols qui laissent voir plus facilement
les attributions kabbalistiques de ces deux mystbres-principes du oum'phor
voudoo sont :
( le soleil, le feu, le cierge : pour Legba ;
;- la lune, l'eau, la mer : pour Erzulie.
Toute la magie formidable du oum'phor se ddroule a partir de ces deux
elements.
Or, comme ces elements font parties du Quaternaire Eldmentaire qui est
compose des quatre elIments Feu-Air-Eau-Terre, l'univers pratique du vou-
doo n'est pas limit au oum'phor seulement : cel universe comprend le prin-
cipe rituel en g6ndral, et dans tous les cultes, pour la bonne raison que tous
les cultes basent leur magie sur les possibilitis de ces l66ments don't ils ti-
rent tous leurs pouvoirs surnaturels.
C'est a ce titre que le Legba voudoo est ainsi explique par les traditiona-
listes voudoo, don't Arthur Holly que nous citons : < Done Mercure et Christ
ont tous deux la m6me origine, les m6mes caractbres, les m6mes attributes >>.
Nous continuous la citation en rappelant que le principal attribut magique
et divin de Mercure est justement les deux couleuvres don't le voudoo fait
ses mystbres-principes et le bAton don't les adeptes voudoo font le sceptre
de Legba : < Tous deux, Christ et Mercure, sont des Diliguds Divins, des
Messies... Identified comme il l'est dans ses attributes multiples les plus divers,
le Christ se prdsente a nous symboliquement engendr6 par la Lune et par
le Soleil. 11 est mulAtre parce qu'en sa quality de Fils de Dieu, il repr6sente
la synth6se de Soleil-Feu et de la Lune-Eau. L'6tre qui rdunit en sa nature
le sang du blanc et le sang de la ndgresse. L'analogie du Soleil, quoique en
sens inverse, est la Terre. L'analogie de la Lune est dans 1'6tendue des eaux
sup6rieures (nuages et vapeurs) et inf6rieures (mers et rivibres). L'analogie
de Mercure, fils du Soleil, est dans le regne v6g6tal issu de la Terre par les
racines et les eaux... Done Mercure et le regne vegetal constituent la manifes-
tation d'un meme mystere placed dans deux hierarchies dvolutives. II offrira le
parfum des arbres aromatiques avec le < bAton >.... >.
II n'est pas necessaire de poursuivre la citation qui conduirait a un sens
de plus en plus 6sot6rique. II suffit de voir comment, par le << bAton de
Legba >, Mercure, qui harmonise la vie magique des deux couleuvres vou-
doo en les enroulant a ce b6ton, demontre, dans la mythologie universelle, le
bien-fond6 de la ville africaine d'If6 ou de la myst6rieuse Ville Aux Camps
d'Haiti.










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La preuve de cette origine nous est pratiquement et irrefutablement four-
nie par un des principaux symbols du voudoo, symbol qui est justement
celui des deux couleuvres du oum'phor don't les noms sont Da Ba La dit
Danbhalah W6do et Ai-Da W6do. II s'agit simplement de compare ce sym-
bole voudoo au symbol universal de Mercure pour voir h quel point les tra-
ditionalistes voudoo ont raison de tirer leur culte de la meme origine que
I'origine de Mercure. Or, Mercure est naturellement pris ici comme plan&te,
ce qui donne au voudoo, en terme gnd6ral, une origine nettement planftaire
indiquie par les 6toiles du symbol ; c'est meme pour marquer cette origine
que les oum'phor ont la reputation de loger une couleuvre dans un canari
sacred :




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*


*


*


DANBHALAH et AIDA WEDO


t














Les origins des rites Voudoo


Les origins des rites voudoo doivent forcement 6tre de deux sortes, puis-
que les rites doivent d6couler de l'origine surnaturelle ou planitaire d'a-
bord, et ensuite de 1'origine gdographique.
On doit, avant tout, subordonner toutes les acceptions rituelles au mot
meme de voodoo, plus commun6ment 6crit vo-dou ou vo-du, parce que, tout
ce qu'il y a de connaissances et de mystere est dans le mot. Par une expli-
cation des plus simples et des plus lumineuses, voici le sens du mot :
vo : introspection.
du : dans I'inconnu.
Par consequent, les rituels qui permettent pratiquement 1'exercice des
rites du culte voudoo sont la some de cette introspection, c'est-h-dire une
etude qui procede de information psychologique. Ceux qui font cette in-
trospection dans le Mystere sont done A meme de connaitre non seulement
les loa voudoo du Mystere de l'Inconnu qui forment les personnalitis mys-
tdrieuses qu'ils appellent vodoun, mysteres, loa, dmes, saints, anges, mais
aussi l'dme de ceux qui sont les adeptes et les < serviteurs >> de ces loa.
C'est seulement ainsi que la pratique feconde des rites, par les rituels,
est possible. La connaissance parfaite du vo-dou mene done A des possibilities
qui permeltent d'obtenir, surnaturellement, des ph6nomnnes extraordinaires.
Les rites voudoo, drives de leur cause surnaturelle, proviennent done
de l'influence du soleil dans l'atmosphere. II serait difficile de s'6tendre sur
ce principle fundamental du Voudoo parce qu'il n'est pas donn6 a n'importe
qui de comprendre la parties 6sot6rique de la magie, mais on peut voir n6an-
moins les effects de cette cause surnaturelle au course des services voudoo,
car, tout observateur avis6 jouit entierement d'un spectacle don't tout le ce-
rdmonial est ax6 sur les attributes cultuels qui symbolisent le soleil.








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En quelque sorte, la maniere la plus simple et la plus facile de montrer
que le culte voudoo est ax6 sur le soleil est de reveler que le principal attri-
but de la magie solaire est le pilier ou le poteau qui soutient, A son centre
architectural, la construction qu'est le peristyle du oum'phor. Le peristyle
est la galerie couverte ou la << tonnelle >> de paille ou de t6le qui precede le
saint des saints, lequel est le oum'phor proprement dit. C'est done cette
tonnelle qui est support6e architecturalement par un pilier central. Ce pi-
lier est le plus souvent, sinon toujours, de bois: c'est un poteau en bois dur
qui prend le nom de poteat-mitan (pilier central : soutien central), avec le
sens bien net pour les inities de soutien solaire.
Ce poteau est l'axe des rites. Tout ce que peuvent Rtre les rites se refere
a ce poteau central. Le poteau-mitan represente par consequent la source
ou l'origine surnaturelle des rites voudoesques. II est alors 6tabli que ce po-
teau est une figure architectural de Legba, et voici pourquoi : le bois du
poteau, en indiquant que Mercure, fils du Soleil et soleil lui-meme, est le
mystere du regne v6g6tal, montre que Mercure est en meme temps le baton
de Legba. C'est sur ce baton que doivent normalement monter les deux cou-
leuvres du oum'phor pour qu'elles soient harmonisees ou reconcilides par
Mercure. En consequence, le poteau voudoo des p6ristyles est d6cor6 par une
bande rampant de couleurs diverse qui symbolisent non seulement les
couleurs de 1'arc-en-ciel, mais les couleuvres Danbahlah et Aida. De plus, ce
bois sacr6 revele celui avec lequel le temple est construit : le bois du Liban.
Ainsi, A c6te de ce poteau, le symbol lunaire peut et devrait meme tou-
jours figure. Ce symbol est accroch6 en l'air, au plafond, pour parfaire la
signification de l'origine planitaire des rites. Or, ce symbol est le symbol
de la Lune, complement magique du Soleil : il est represents par un bateau,
attribut d'Erzulie (*).
Dans la magie pratique du voudoo, le poteau est remplac6 par le cierge
allum6, et le bateau est repr6sent6 par I'eau rituelle. Dans I'analyse de la
constitution rituelle du culte, les autres attributes de myst&res secondaires
acheveront de reveler la source astrale de la magie africaine. II est cepen-
dant un fait que ces attributes, ainsi que les myst6res qui s'en servent magi-
quement, sont divers et disparates parce que les apports de loa faits au
voudoo par l'Afrique rendent ses origins geographiques aussi diverse.
Le voudoo est d'abord constitute comme pantheon par des loa qui
viennent de toutes les parties de l'Afrique. D'abord par les loa principles
venus d'If6. Puis, par des loa qui viennent de chez les Fon et c'est mrme
pourquoi l'on dit traditionnellement que le terme vodou, ainsi que sa signi-
fication est tire de la langue des fons : le fongbd.


(*) En Haiti, les oum'phor en font plut6t 1'attribut d'Agoueh.








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Ensuite, les pays Nago, Ibo, Congo, Dahomey, S6n6gal, Haoussa, Caplaou,
Mandingues, Mondongue, Angola, Libyen, Ethiopien, Malgache, lui fournis-
sent des contingents. Et l'on part g6n6ralement de la denomination de ces
endroits de la carte d'Afrique pour situer nominalement les rites eux-m6mes.
Par example, pour < servir > les mysteres mondongues, on suivra le rite
mondongue qui, sans differer capitalement et fondamentalement des autres
rites, est quand m6me different en surface ; pour servir les mysteres ibos,
on suivra le rite ibo, qui, tout en 6tant fondamentalement apparent aux
autres rites, leur est aussi different. Le rite pethro qui est celui d'une au-
tre < nation > de loa voudoo est assez dissemblable des autres rites :
c'est plut6t un rite de feu.
Chaque rite a son cachet personnel, quoique tous les rites, g6n6ralement
quelconques, soient de la m6me source, de la m6me origine, et se compl6tent.
Cependant, le rite par excellence, est le rite Ra-Da, car le seul nom de
rada rambne A ce qui a Wte dit d'essentiel au sujet de la couleuvre du canari
voudoo : la couleuvre Da on Dan, qui permet de former les noms des deux
principles sup6rieurs du culte : Dan Bha Lah W6do et Ai Da Wido. De plus,
le rite rada a ceci de particulier qu'il permet a tous les mystbres solaires
de < travailler >.
Le rite rada est done le rite royal du soleil. Dans la Kabbale voudoo, il
porte le nom de rite de la couleuvre Da Gbd ou Dan Gbd, parce que cette
couleuvre, comme personnification de la Divinit6 Supreme, incarne la si-
gnification pratique de son nom :
Dan : couleuvre.
Gbe : de vie.
Le rite rada prend encore, a cause de cela, le nom de rite du python royal
du Da-homey.
II1 s'ensuit que le rite rada (*) est un rite beaucoup plus brilliant et beau-
coup moins vulgaire que certain autres, tel le rite mondongue oi l'on peut
reliever certaines originalit6s qui, pour ne pas 6tre bien comprises des pro-
fanes, sont trait6es de barbares >> en oubliant que le mot barbaresque
voulait dire seulement < tranger >> lorsqu'il fut form !
Les rites voudoo ont particulierement profit (ou souffert, selon les points
de vue) de la Traite des Negres. Ce qui fait que la parties littorale de l'Afrique
que l'on d6nomme C6te des Esclaves, va jouer un r6le pr6pond6rant dans
1'6tablissement des rites, tout d'abord, en dehors de I'Afrique, et jouer un
r6le tout aussi important dans les amalgames de races ou de tribus dispa-


(*) A l'endroit appel6 Lan Campeche, dans le Nord d'Haiti, le rite Rada porte
le nom de Rite de la Toison d'or.







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rates don't le fusionnement ou la dispersion creeront de v6ritables axes ri-
tuels. Imaginez par example des Aradas et des Ibos vendus ensemble : ou
bien ils fusionnent leurs deux rites, ou bien la difference de leurs rituels
leur impose un isolement cruel dans le propre sein de la nouvelle commu-
naut6 que la Traite et l'esclavage leur forget de force !
11 est sans doute arrive que deux groupements religieux diffirents aient
plus ou moins fusionn6 leurs rites en cr6ant alors un rite qui, jusqu'a
present, en Haiti, n'est pas << franc >. Mais, le ph6nomene le plus souvent
constat6 est celui-ci : les membres d'une tribu, si disperses par la Traite
fussent-ils, ou bien ont su se regrouper malgr6 vents et marees, pouss6s par
le sens religieux de leur rite, pour garder ce rite intact, ou bien ont quand
mime garden ce rite intact tout en restant au sein d'autres tribus.
C'est ainsi que, en Haiti, on rencontre des descendants authentiques de
Mondongues un peu partout, au sein desquels sont des 616ments peulhs ou
bambaras ; ceux-ci garden, malgr6 cette promiscuity racial, le sens exact
et intact de leur rite.
En consultant divers initids ou meme des ethnologues, il semblerait que
des aires d'influence se seraient comme rdparties rituellement sur la carte
gdographique d'Haiti, depuis et par le fait de la transplantation de nombreu-
ses tribus africaines dans les Antilles. Nous traiterons cette delicate ques-
tion de r6partition d'autorit6 rituelle au prochain chapitre. Tout ce qu'il
faut constater d'ores et dejh, c'est que la carte religieuse d'Haiti accuse
une mosaique d'influences rituelles dues au < bois d'6b&ne >> que les n6-
griers ont jetL, dans un fouiillis assez ind6chiffrable, sur le territoire de
l'ancienne Quysqueya.
Le culte voudoo s'y est maintenu, et, avec une force de resistance incroya-
ble, surtout, parce que le nombre de vodoun qui accompagn6rent les noirs
traits ainsi 6tait d6dj considerable. Par example, il n'y a qu'a voir les re-
lations de Farrow ofu il cite deja six cents mysteres voudoo pour le seul
pays yoruba ; ainsi que celles de Johnson qui en compete aussi six cents pour
6tre d'accord avec lui. 11 n'y a qu'a computer le nombre de tribus africaines
qui ont pu fournir des contingents d'esclaves pour les rives d'Haiti et attri-
buer seulement A chacune 300 myst&res pour comprendre que la quantity de
loa formant l'effectif de chaque rituel est naturellement de 300, mais se trou-
ver dans la presqu'impossibilit6 de computer l'effectif global de tous les ri-
tuels r6unis.
Le ritualisme voudoo, en Haiti, est done tres divers, et sa r6partition en
zones d'influences difficile, delicate. Cependant, le fait capital A retenir en
d6pit de cette multiple diversity, est que tous les rites sont d'accord sur les
loa axiales de leurs pratiques magiques : Legba, infailliblement, est leur
prototype solaire, I'archetype magique a la science et a la maitrise de qui








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tous les rituels se r6ferent. Tous les rituels le comprennent done comme le
mystere qui ouvre le portail ; sans lui, toute magie est probl6matique, sinon
franchement impraticable. Le rituel d6bute done par une invocation chant~e
h Papa-Legba ; en voici les premieres paroles :
Papa Legba
Ouvri barrio pou nous passer
D'ailleurs, d'autres invocations chantees, sur le meme mode rituel, d6si-
gnent bien l'origine du voudoo, son origine solaire :
Papa Legba qui p6tez chapeau,
Legba parg-soleil.
L'origine d'ensemble des loa voudoo vient se compliquer 6trangement, sur
le plan surnaturel comme sur le plan gdographique, par I'apport de nou-
veaux myst&res incorpores journellement au pantheon. Ces nouveaux mys-
teres s'incorporent a un rituel ou A un autre, du fait qu'ils proviennent de
hautes personnalit6s d'initi6s morts et don't les ames sont revenues des di-
vinit6s (vohoun ou vo-doun) ou encore de myst6res qui n'appartiennent pas
hdr6ditairement au rituel consid6r6. .Ces derniers myst&res << strangers a
un clan tribal > sont alors dits < myst&res achetis >>.
Le rituel du clan tribal qui les achkte se complique ainsi par le fait que
chaque mystere a ses habitudes rituelles et ses attributes personnel qui
viennent augmenter le magasin d'accessoires et le ceremonial lui-meme.
Voici un example des plus instructifs. Si, dans un rite quelconque, le
mystere Ogou Bhalin'dio et le mystere Ogou Fer sont < servis >>, leurs dia-
grammes rituels sont diff6rents ainsi que leurs couleurs, bien qu'ils soient
de la meme .<< famille > de loa.
Leurs chants rituels sont aussi sensiblement diff6rents. Dans ces condi-
tions, l'on peuL conclure en disant que, quoique l'origine planetaire de ces
deux loa soit la meme source sid6rale qui veut, astronomiquement, que tous
les mysteres d6rivent, ainsi que les astres auxquels ils sont assimil6s, de
l'Orient solaire, l'origine dislincle de leur c6r6monial personnel rend le ri-
tuel voudoo tres divers. Ainsi, une des couleurs du mystere Ogou Bhalin'dio
est le violet (*), son 616ment l'eau ; tandis que l'616ment du myst&re Ogou
Fer est plut6t le feu avec les couleurs rouge et bleu.
Quant a leurs diagrammes rituels, voici les nouvelles differences qu'ils
presentent et qui demontrent que les origins individuelles des loa voudoo
expliquent et n6cessitent les origins diffkrentes des modifications que coin-
portent meme un seul rituel :

(*) Ce mystere ne porte pas forcement la meme couleur partout. Sa couleur
traditionnelle passe meme pour etre le great principalement, associ6 au jaune,
au vert, au bleu et au rouge.









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Mystere Ai-Zan (rite Rada)


Ti Pierre Dan-Tor (rite P6thro)
















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IL- I


Ogou Fer (rite Nago)


I















Origine du Voudoo d'Haiti et ses aires rituelles dans
la geographic de la RWpublique d'Haiti


En reprenant le voudoo selon ses origins planktaires, c'est-a-dire surna-
turelles, le voudoisant Her-Ra-Ma-El, africaniste et 6soteriste haitien qui a
puis6 son nom dans la Bible pour montrer davantage la filiation et le syn-
cr~tisme des religions (II Rois : VIII, 19) (*) nous permet de montrer le
sens des idWes traditionnelles de la race noire en ce qui concern le culte.
Her-Ra-Ma-El ecrit dans son livre << Les Daimons du Culte Voudoo :
<< C'est en vain que des proc6d6s ont Wt6 mis en oeuvre pour envelopper de
t6nebres les phases brillantes de l'Vdolution mental du N6gre. Il est hors
de contest que l'antique civilisation 6thiopio-6gypto-assyrienne doit 6tre
inscrite h son compete >. En ecrivant cela, I'africaniste haitien laisse voir
que le voudoo haitien plonge ses racines dans les civilisations les plus bril-
lantes pour les former, et les plus lointaines. A l'appui de son assertion, il
apporte ces preuves : << Des milliers d'ann6es avant l'av6nement du Christ,
des theologiens, des philosophes n6gres, groups ensemble, avaient 6rig6
des esp6ces d'acad6mies pour 6tudier les probl6mes du monde physique et
de la destinee humaine. Toute la legislation theocratique de Moise, c'est-A-
dire le code social et religieux inscrit dans la Bible, porte l'empreinte des
formules sacrnes de la foi nigre... >.
L'ecrivain r6v6le ensuite l'apport metaphysique du voudoo : .< La forma-
tion de l'idde religieuse implique des croyances sur la constitution du monde,
sur l'ame, sur la mort... Les patients observations de 1'espace c6leste et
des astres qui le peuplent ont donn6 naissance A cet animisme suivant le-

(*) < L'Eternel ne voulut pas d6truire Da(vid), son serviteur, A cause de la pro-
messe qu'il lui avait faite de lui donner une lampe >.




























Fig. 2.
Un voudoun-sih 'mont6 ; par le mystere Aloumandia (un des mysteres de Dessalines)


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quel des etres surnaturels dirigent les movements de ces astres. De 1I l'in-
tuition primitive qui conduira aux contemplations g6neratrices des 16gendes
et des mythes. De la aussi la genese des sciences d'observation en tate des-
quelles il faut placer l'astronomie. Tout le syst6me hieroglyphique de l'Egyp-
te est bas6 sur le rapport symbolique qui existe entire les divers etres et les
forces cosmiques, entire les etres et les lois de la creation >.
Nous soulignons le mot << lois >, que l'on 6crit plut6t loa dans le voudoo,
parce que ce sont ces lois qui vont cr6er les loa, sous des apparences visi-
bles : plants, animaux, homes, mais surtout ancetres, car le voudoo est
d'essence ancestrale, par le fait que les Africains, en faisant remonter leurs
manes dans le ciel, les confondent avec des astres. C'est ce qu'accuse le tra-
ditionaliste : < La croyance sur l'ame, sur la mort, ont engendr6 naturelle-
ment le culte des trepassds, entrainant a sa suite la divinisation des dmes
humaines. Ces ames divinisdes (ou canonisdes) par la mort, c'est ce que les
Grecs appelaient daimons... >
L'6crivain atteste ensuite que .<< toutes ces manifestations du sentiment
religieux ne vont pas sans un ensemble de rites, de c6r6monies cultuelles,
sans des symbols approprids et sans le d6ploiement d'un appareil propre
A chapter l'imagination qui est n6cessaire au recrutement du plus grand nom-
bre possible de neophytes. Pourquoi refuser demande-t-il d'appliquer
au Voudoo ce principle 6soterique ? >
Cela nous fixe sur le processus pratique qui, de l'Invisible au monde des
hommes, a men6 les adeptes au rite magique.
En ce qui concern les rites voudoo, le processus n'est pas different, quant
a son origine surnaturelle. II reste maintenant a savoir par quel accident ou
par quelles series extraordinaires d'6v6nements le voudoo a transport ses
rites personnel sur le sol haitien.
D'abord, la Traite des n6gres a lieu, des c6tes d'Afrique aux pays amdri-
cains. Toutes les Antilles sont couvertes de n6gres extraits des cales de ba-
teaux negriers. Le Br6sil en reqoit un nombre important. Les terres de Quis-
queya (redevenue plus tard Haiti) en sont peuplees. On en seme m~me dans
les Etats-Unis Sud et Nord, Ouest et Est. La conquete blanche en transplant
particulierement dans la parties americaine que les Americains nomment le
Deep South : l1, l'exode forced des negres atteint une sorte de paroxysme,
avec toutes les sortes de populations tribales africaines : Anmines, Fons,
Dahomdens, Yorouba, Congolais, Sdn6galais, Soudanais...
II se produit alors une chose curieuse, et necessairement fatale : en trans-
plantant ces d6sh6rites noirs d'Afrique pour les jeter en pature aux coloni-
sateurs, les blancs n'ont pas pens6 que, dans 1'affreuse d6tresse ofi la d6por-
tation brutale et massive les plonge, ces paves garderont une foi inextin-
guible dans leurs dieux, dans leurs loa, dans leurs voudoun, dans leurs pha,








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et que, meme dans les fers et les chaines, ils ne sortiront religieusement et
mystiquement jamais de l'If6 ou de la Ville Aux Camps de la Grande Tra-
dition Astrologique. La preuve en est grande : jusqu'a ce jour, il existe en
Haiti un endroit qui maintient cette tradition astrologique ; en d6pit de
plus de 300 ann6es de servage, la tradition voudoo s'est maintenue, intacte,
avec cet endroit pour embl6me.
Alors, se produit une sore de miracle. Dans les fers, et pendant qu'ils
sont enchains sur les latifundia coloniaux, les negres transplants invo-
quent non seulement leurs loa, mais installent avec patience les rites divers
du voudoo aux endroits de leur martyre.
La Traite a done pour curieuse consequence morale, non pas d'abrutir ses
martyrs par leurs souffrances mais plut6t d'exalter leur foi religieuse par
une extension de cette foi dans leurs divinites voudoesques. Cette extension
de foi a pour nouvelle consequence important l'extension des aires afri-
caines du Voudoo : toute l'Am6rique, du Bresil a Cuba, de Cuba a Haiti
(alors Quisqueya), de la aux Iles-sous-le-vent, des Iles-sous-le-vent A New-
York, de New-York a toutes les parties du continent, le voudouisme fait
tache d'huile mais avec des precautions de pirates. Car, sentant d6jA
leur faute, les traiteurs, qui, pour la plupart, sont de foi catholique, tra-
quent le voudoo !
Malgrd cela, l'origine americaine du voudoo se fait jour, et s'6tablit his-
toriquement. Rien ne pourra plus arreter l'etablissement des loa voudoo en
Am6rique dans toute l'Amerique et, particulirement en Haiti, A Cuba,
et au Bresil, ofi elles sont rest6es en force, dans leurs citadelles d'exil. On
y rencontre encore le Legba voudoo sous le nom d'Ecu ou d'Ocumale, en-
tour6 de toutes ses loa subalternes, tel que Ocu Bhathalah que les rites
d'Haiti ont conserve sous le nom A peine different de Ogou Bhathalah. Quant
a la Vierge du voudoo haitien, Erzulie, on la retrouve dans les rites cu-
bains, comme Vierge de l'Eau, sous le nom de Ye-Maya. Mais lA encore, son
origine afro-haitienne est indeniable, parce que son prefixe Ye est, dans la
Kabbale dahomeenne, la formule de l'introspection des magiciens noirs dans
le domaine mitaphysique de l'ame.
Ainsi, les grands inities du voudoo parent de cette denomination de la
Vierge pour donner son sens astrologique au nom voudoo de leur premiere
divinity : Ye-We, ou Y6-Hivw, que les Juifs ont 16gerement change en Ya-VW.
Alors, non seulement le syncr6tisme naturel aide A l'Ftablissement de la
Doctrine Voudoo (car, parmi les n&gres transplants par les negriers, il y
a beaucoup de n6gres-juifs) par des noirs qui, alors, parlaient un peu 1'hM-
breu, mais cette doctrine s'implante d6finitivement dans les Am6riques au
point que toutes les violence possibles et imaginables ne pourront jamais
plus 1'en d6raciner.







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Les aires -- plut6t ddfinitives des rites voudoo se forment...
De 1'Afrique proprement dite a Haiti, et d'Haiti aux rives cubaines et aux
sites profonds du Br6sil, le ph6nombne 6tymologique le plus frappant, issu
de la religiosity et du language africain, est tout d'abord l'implantation du
inot qui d6signe le grand pr6tre voudoo : en Afrique, il s'appelle baba-lao ;
en Haiti, il s'appelle papa-loa ; au Br6sil et a Cuba, le terme est rest pres-
que pareil en se ref6rant a ses racines d'origine africaines, baba-Oluwa-aie
tyncopees en babaluwa.
Tous les rites voudoo d'Haiti venus d'Afrique se sont d6velopp6s a Cuba,
au Bresil, et meme dans des endroits des Etats-Unis que le commun des
mortels, peu curieux de ces choses, est loin de se figure. Les aires rituelles
africaines du voudoo en Amdrique parent de la pointe Est d'Haiti pour
finir a sa pointe Ouest, en faisant de meme du Nord au Sud ; il en est de
mime pour la R6publique Dominicaine ; la meme chose existe d'un bout
de Cuba A l'autre ; toutes les iles de la mer des Antilles en font parties : Ba-


CARTE-GUIDE


STf


















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hamas, Guadeloupe, Martinique, La Jamaique, Porto-Rico, Les Bermudes,
La Trinit6, allant m6me jusqu'a comprendre les c6tes des Etats-Unis, avec
la Floride par la Nouvelle Orl6ans, Galveston et Charleston.
Quant aux aires rituelles du culte en Haiti proprement dite, les voici, se-
Ion des informations recueillies aux sources m6mes par Odette Mennesson-
Rigaud : les populations Nago sont plut6t dans le Nord, sans y Wtre abso-
lument, avec un rituel plus ou moins pur ; les populations Ibo sont plut6t
dans le Sud-Ouest, dans les m6mes conditions ; les populations Congo, sans
etre lotalement aux environs des Gonaives, entire l'Artibonite et le Nord-
Ouest, et A la vall6e de Jacmel, dans le Sud, s'y retrouvent de pr6ference,
avec leur rituel gard6 le plus possible de toute alteration ; les Dahom6ens
sont plut6t du c6t6 des Gonaives, dans les m6mes parages que les tribus
Congo ; les tribus Anmines ou Mina sont dans l'Artibonite ; les tribus Mon-
dongues sont 6tablies de pr6f6rence dans les environs de L6ogane ou dans
L6ogane, compris dans le Sud-Ouest ; et les Mandingues se rencontrent plus
souvent dans le Nord et l'extr6me Nord, au Cap-Haitien.
La tribu la plus race, avec le rituel radieux de la tradition solaire le
rituel rada est 6tablie en majeure parties dans la parties Nord-Est de Port-
au-Prince : dans la Plaine dite Cul-de-Sac. Or, qui dit Rada dit Arada :
c'est la tribu de Gaou-Guinou, le roi arada qui est l'ancktre de Toussaint-
Louverture, et c'est aussi la tribu qui a donn6 i l'histoire d'Haiti la mere du
g6ndral Andre Rigaud, rival de Toussaint-Louverture dans le Sud : Rose,
qui fut une n6gresse arada.














Les alterations du Voudoo dues aux consequences religieuses
et politiques et a l'6conomie force de l'esclavage


Nous avons laiss6 comprendre comment et pourquoi le system esclava-
giste colonialiste avait Ut6 amen6, un peu tard, A saisir son erreur au sujet
de la transplantation non pas des n6gres africains sur le sol amnricain -
mais de leurs croyances et des loa voudoo qui les repr6sentent.
Pour obvier aux divers inconv6nients qu'occasionnaient aux colons le
maintien, chez les tribus africaines transplant6es, des mysteres voudoo au
Iculte desquels elles continuaient farouchement a se livrer, le colonia-
lisme europ6en commence a baillonner le sacerdoce voudoo auquel se
livraient les papa-loa. Dans les debuts, ceux-ci s'exercaient a leur 6van-
gelisme sans beaucoup attirer 'aLttention ; mais les effects de 1'6vang6lisation
occasionn6rent la reaction. Les possessions qui avaient lieu dans les cases,
le son voil6 de quelques tambours coniques, ainsi que le d6sir d'ind6pendance
que suscitait cette sorte de rapatriement au sein m&me de l'exil attirerent
attention des maitres. Ces derniers r6agirent f6rocement, prohibant, le plus
qu'ils le pouvaient, toute pratique du voudoo. C'est d'ailleurs ainsi que les
methodes de l'esclavage parvinrent A d6truire chez presque tous les n6gres
haitiens le sens et le gofit de la sculpture et meme de la sculpture sacrie
-- pourtant tellement int6gree A la culture et aux civilisations nigritiques,
au point que, dans tout Haiti, il est presqu'impossible de trouver une seule
sculpture repr6sentant cultuellement un f6 (amulette) ou un f6tiche quel-
conque. Le fouet, les emprisonnements, les pendaisons, les blanchiements
(supplice qui consistait a scorcher vif tout esclave d6sobeissant : les blessu-
res au coutelas mettaient ses tissus sous-6pidermiques a nu, faisant voir la
couleur blanche de ses tissus) et.les mises A mort kteignirent a tout jamais
le goft de p6trir l'argile et de sculpter le bois...







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Mais aucun de ces supplies ne put 6teindre la foi que le noir transplant
avait gardde en ses mysteres.
La lutte religieuse continue pendant trois siecles au moins, ouvertement
du c6td ind6pendant des blancs liguis contre toute r6apparition des vodoun,
avec les pires raffinements de cruaut6, tandis que les noirs rusaient le plus
possible pour garder leurs vodoun.
Avec le recul de I'histoire, on ne saurait dire si les choses ne seraient pas
telles qu'elles ont 6t6 sans ces persecutions religieuses que, naturellement,
la politique colonial conseillait et ne cessait d'encourager, tout le clergy
.europeen debout pour d6truire tout ce qui 6tait voudoesque. II n'en est pas
moins vrai que les consequences de cette bataille de foi furent non seulement
l'exaspiration port6e a son maximum du c6te des voudoisants qui faisaient
tout pour rester dans l'exercice cach6 de leur culte, mais le sentiment de
la n6cessit6 de recouvrer, a toute force, leur ind6pendance total.
Au d6but de la Traite, les n6gres purent croire que le temps de l'escla-
vage etait limit. Mais ils perdirent cette illusion, A la longue, et les babalao,
bdc6, houn'gan et mam'bo qui formaient le haut clergy voudoo, consultant
les mysteres, surent, par des revelations surnaturelles, que la bataille, po-
litique et religieuse, devrait etre mende jusqu'au bout pour 6tre gagnee.
On verra dans un autre chapitre les resultats decisifs obtenus dans le do-
maine politique et le domaine social par cette influence des mysteres vou-
doo sur toutes les populations tribales livrdes sans merci A la Traite et
transporties dans les Amdriques don't Haiti devait Wtre l'avant-garde dans
la lutte prochaine pour l'ind6pendance.
De nombreux 6crivains ont contd des episodes oif le martyre du voudoi-
sant d6passait la measure parce qu'il avait 6td trouv6 dansant le congo, le
, pethro, la djouba, le yanvalou ou le banda, ou encore en possession d'un
vieux fetiche transport avec amour dans le sexe d'une femme, sous son
sein ou meme a l'interieur d'un anus fievreux pour 6tre invoqud en Haiti.
Mais si les f6tiches ont progressivement disparu, les danses, intactes, sont
rest6es, ainsi que les myst&res.
Les mysteres voudoo, depuis l'esclavage, r6glaient 1'6conomie occulte des
clans africains qui formaient le b6tail de l'esclavage. Bien des ecrivains igno-
rent absolument ce detail d'une dconomie, terriblement cache, mais rdelle,
/ dirig6e par des esprits surnaturels consults pour un oui et pour un non
comme des conseillers financiers. Le systeme colonial lui-meme, eut terri-
blement a en pAtir, du fait que cette sorte de grave imperceptible que con-
seillerent les loa voudoo et qui ralentissait le travail force des esclaves ra-
lentissait d'autant 1'6conomie des m6tropoles. Si les Indiens se firent tous
massacrer plut6t que de se soumettre A ces feintes adroites qui prdparaient
sournoisement mais adroitement des jours meilleurs, les Africains s'y li-








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vrerent avec une obstination que surveillaient leurs mysteres. Ainsi, en dd-
pit des s6vices les plus inimaginables oui la cruautd d6passait toutes les
bornes, la lutte pour 1'inddpendance des n6gres, en Haiti, 6tait nde sous les
auspices surnaturels des loa voudoo, devait se poursuivre dans l'ombre sous
les auspices des loa voudoo, et, plus tard, vers 1800, 8tre gagnde sous la haute
protection des loa voudoo (*).
A ce moment-lh, ce sera 1'effondrement de l'6conomie m6tropolitaine dd-
ja terriblement mine par cette sorte de grave perl6e d'avant la lettre, par
les envofitements d'europdens, par les empoisonnements r6pktes h l'aide de
la domesticitL noire, mais toujours sous les auspices des loa voudoo.
Cependant, l'6conomie m6tropolitaine va s'effondrer sans que, pourtant,
la lutte religieuse entire le voudoo et les autres cultes en particulier le
culte catholique cesse. Nous allons, par tapes successives, la voir se
d6rouler touL le long de l'histoire d'Haiti, pour durer encore h nos jours
dans 1'exasp6ration des passions strictement religieuses ou mystico-politi-
ques.
Les ( dieux strangers > ne voudront disarmer, sous aucun pr6texte. Et
les mysteres voudoo lutteront de toute leur 6nergie. On les voit lutter encore,
dans des conditions parfois plus que d6plorables, sans, pour cela, que leur
clientele semble avoir jamais diminu6 au contraire.














(*) Plus tard, lorsque la R6publique d'Haiti aura Wte form6e, les mysteres voudoo
signaleront leur influence par maints examples, celui-ci entr'autres : Florvil Hyp-
polite, qui fut president d'Haiti du 9 octobre 1889 au 24 mars 1896, 6tait fou
avant sa pr6sidence ; il fut soign6 et gueri a Lan Campiche, fameux centre vou-
doo du Nord de l'ile, et la, un < ange >> (mystere voudoo) lui predit qu'il serait,
dans six ans, president de la R6publique. Hyppolite ne voulut pas croire A la pre-
diction. Quelques annees apres, il fut 6lu en effet A la pr6sidence d'Haiti, ce qui
lui rappela la prediction ; il offrit, par reconnaissance, de nombreux objets de
valeur au oum'phor de Lan Campeche.
Cincinnatus Leconte (president d'Haiti du 14 aofit 1911 au 8 aofit 1912), qui y
servait comme Hyppolite, fit aussi de magnifiques et nombreux dons au meme
oum'phor.















L'6conomie locale passee et actuelle du Voudoo en face
de la politique haitienne


A aucun moment de son histoire haitienne, le Voudoo n'a Wte et n'a pu
6tre dissocid de I'Histoire proprement dite qu'il s'agisse de I'histoire po-
litique, qu'il s'agisse de l'histoire 6conomique, qu'il s'agisse de 1'histoire
religieuse.
11 y a un fait curieux et troublant dans 1'histoire politique du voudoo.
Dejh en Afrique, le voudoo est plus qu'intimement mil6 a la vie politique,
Sa la constitution politique, et A la vie des rois comme aux plus petits faits
de administration. Le fait politique le plus important dans la vie d'un peu-
ple, celui d'avoir un monarque, est r6glM, de droit divin, au Dahomey par
example, par la constitution esoterique des loa voudoo, depuis le d6but du
concept de la royaut6 jusqu'h ses moindres details de c6remonial priv6s et
publics. C'est ainsi que tous les rois africains sont subordonnes soit A des
mysteres de famille, soit a des mysteres imports ou < achetes > de tribus
6trang6res chez lesquelles la reputation magique de ces mystlres 6tait 6ta-
blie.
Un de ces fameux examples de mysteres adopts par le Dahomey est four-
ni par I'histoire religieuse de la cour royale du Dahomey : la mere du roi
Tegb6sou, Houan-ileh, alla chercher un mystere jusqu'au village de Jalouna,
dans le cercle de Savalou don'tt le voudoo haitien tire plusieurs de ses loa
nago, tel que Bacossou). Houan-ileh install ce mystere stranger qui s'ap-
pelait Bagbo en dehors du palais de Singboji. Ce mystere avait justement
et6 < achet6 >, comme le sont souvent des loa voudoo. Houan-ileh s'6tait
fait donner beaucoup d'argent par le roi Tegb6sou et avait meme organism
toute une expedition pour pouvoir ramener le mystere sans encombre A
Abomey, apres l'avoir ch6rement pay6. Le roi, ne connaissant pas bien ce








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mystere, se fit conseiller par les hauts dignitaires religieux du palais qui lui
firent comprendre qu'il valait mieux releguer Bagbo dans un lieu qui n'6tait
pas tres 6loign6 du palais et qui, des lors, prit le nom de Bagbonongonn'.
Mais comme personnel ne savait servir kabbalistiquement Bagbo, Bagbo ne
fit jamais rien de retentissant. On croit meme que les devins attaches h la
cour firent expres de mal le servir pour ne pas laisser d6tr6ner les anciens
myst6res : ils bornerent Bagbo par des proc6dds magiques.
Le roi dahomden Tegb6sou, sous l'influence d'un mystere, prit le surnom
de Bossou Ashadeh. Or, jusqu'h present, le voudoo haitien a un mystere
qui s'appelle Ogou Ashadeh, et la mere de Tegb6sou, Houan-ileh, a encore
sa rdplique en Haiti dans un mystere voudoo don't le nom est Houan-ileh.
Les mysteres, integres depuis toujours A la vie politique et dconomique
d'Haiti, n'ont jamais change d'attitude. On voit alors, depuis l'Ind6pendance
(.1804), des gouvernements haitiens se succeder, avec, comme presidents,
tant6t des chefs d'Etat qui pers6cutent le voudoo avec plus ou moins de
sincerity, tant6t des chefs d'Etat qui le pers6cutent avec toute 1'hypocrisie
possible, tant6t des chefs d'Etat qui protegent ouvertement le culte. Parmi
ceux qui ont traqu6 le voudoo, on peut citer Dessalines ; mais Dessalines
traquait les adeptes voudoo tout en 6tant, lui-meme, pratiquant fervent du
voudoo ; encore maintenant, il existe une loa que les voudoisants voient
souvent s'incarner et cette loa s'appelle Grande Aloumandia ; cette loa 6tait
l'un des mysteres qui possedaient Dessalines, surtout quand il se rendait au
oum'phor ofl il servait, A l'Arcahaie (*). Ce myst&re fut m6me un de ceux
qui avertirent Dessalines qu'on devait l'assassiner, de ne pas partir pour
I'Ouest d'ofi il devait se rendre dans le Sud centre P6tion pour rdprimer une
rdvolte : Dessalines partit en m6prisant I'avis des myst&res et, des qu'il eut
atteint le Pont Rouge, a l'entr6e de Port-au-Prince, il fut abattu par les
balles des revolutionnaires.
Le cas de Dessalines rappelle un axiome bien connu de tous ceux qui
servent les loa en Afrique : < II ne faut jamais faire honte A un vodoun .
D'autres presidents d'Haiti, se moquant des exigences du clergy catholi-
que remain, prot6gerent sincerement et ouvertement le voudoo. On peut les
citer : Soulouque, Dumarsais Estimd. Soulouque pratiqua ouvertement, Es-
tim6 aussi, ce qui leur vaut une certain reconnaissance des oum'phor, en
d6pit du caractere politique assez scandaleux de leur administration, car, le
pire, en religion, est d'avoir honte de ses convictions. C'est d'ailleurs ce mal-
heureux complex qui a, le plus souvent, compliqu l1'existence des loa vou-
doo et du culte voudoo, en Haiti ; l'Histoire d'Haiti comporte ainsi nombre

(*) Au pont de M6rotte. II servait aussi dans d'autres oum'phor situes ailleurs.
Voir fig. 2.








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de chefs d'Etat qui, travails par ce complex d'inf6riorit6 cultuelle, se sont
livr6s maladivement A une guerre d'extermination dans le but de supprimer
le culte des loa alors que, dans l'ombre, ils le pratiquaient !
Un des examples les plus frappants de cette persecution politique demeu-
re marque, dans l'histoire d'Haiti, d'une pierre rouge. Geffrard est president
de la R1publique d'Haiti de Janvier 1859 h Mars 1867. Le people haitien
6tait fatigue de l'empire de Soulouque ; l'arm6e pr6parait sa chute. Le Co-
miild R6volutionnaire des Gonaives r6tablit bient6t la R1publique en pro-
clamant GefTrard president. Pendant ses deml6es avec Soulouque qui le
soupconnait de le trahir, et voulait le frapper, Geffrard s'adressa aux loa
voudoo qui president le < bagui > du oum'phor de La Souvenance, pres de
la ville des Gonaives. Geffrard, pour se protLger de Soulouque, se fit prot6-
ger par les loa de La Souvenance. II promit months et merveilles a ces loa,
les faisant < travailler > pour lui afin qu'il accedat a la pr6sidence. Mais,
des qu'il fuL proclam6 president d'Haiti par le Comite Revolutionnaire des
Gonaives, son premier soin fut non seulement de refuser ce qu'il avait pro-
mis aux mysteres mais de former manu military le bagui ofi les loa avaient
travail a son accession A la premiere magistrature de l'Etat. Geffrard fit
former le bagui de La Souvenance de peur que le bagui ne travailldt pour
uin autre : il eut peur, dans son ingratitude, que les loa n'emploient contre
lui l'arme qui lui avait servi h renverser Soulouque. Et, pendant sept ann6es,
le bagui resta ferm6 !
Mais le coup le plus dur que Geffrard qui avait pourtant promise le
contraire porta aux mysteres voudoo est le Concordat sign avec Rome.
L'histoire d'Haiti rapporte que Geffrard prit l'initiative des pourparlers avec
le Saint-Siege. Ses propositions, qui visaient A abolir l'influence de tous les
oum'phor d'Haiti, furent examinees avec empressement et bienveillance.
Interrompues par diverse difficulties, les negociations reprirent en .1859.
Geffrard fit partir pour Rome deux n6gociateurs : Faubert et Boyer. Sign6
enfin a Rome le 28 mars 1860, le Concordat est ratifin par le S6nat haitien
le 1"J avril.
Si, auparavant, le clergy non official d6l6gu6 en mission par Rome, lut-
tait contre les mystires voudoo et les < bagui >>, c'6tait sans une approba-
tion d'Etat bien d6clarde et, surtout, sans un instrument diplomatique de
cette importance. Maintenant, Rome allait intensifier la lutte grace a cet
instrument que venait de lui fournir Geffrard, transfuge voudoo de La Sou-
venance.
Le voudoo, malgr6 cela, ne se portait pas si mal, lorsque 80 ans plus tard,
Elie Lescot, president d'Haiti, imagine de donner un surcroit d'intensifica-
tion a la lutte religieuse entire le oum'phor haitien et 1'eglise romaine : il
met soudain sa garde pr6sidentielle au service arm6 de 1'dglise de Rome qui








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traque les voudoisants jusque dans leurs maisons priv6es, raflant tous les
objets cultuels que ses cur6s pouvaient trouver : tanibours coniques, as-
sons, drapeaux rituels, assens de fer forg6, pierres-tonnerre, attributes ri-
tuels des loa tels que les costumes, les chapeaux et les foulards. L'dglise ro-
maine en fait des autodaf6s publics et exige, armee officiellement par Les-
cot, que tous les voudoisants se convertissent A la religion de Rome. Une
Inquisition-miniature.
Les myst6res africains se plient docilement ; puis, selon la m6thode tra-
ditionnelle, ils laissent passer le flot, puis, lentement, tres lentement, ils re-
prennent pied, donnent l'ordre de refaire des tambours, de replitrer les ba-
gui, de confectionner de nouveaux drapeaux, de reprendre d'autres assons,
de recommencer les services rituels...
Comme Dessalines qui a 6td tu6 au Pont Rouge devant la capital alors
qu'il marchait A un triomphe sanglant, le madras rouge des Ogon et des
Pethro notd anutour de son crdne, sous son bicorne ; comme Geffrard qui est
tomb6 du pouvoir apres que des conspirateurs, qui l'attendirent en vain A
l'angle des rues de l'H6pital et des casernes pour l'assassiner, se veng6 ent
en tuant sa fille, Madame Manneville Blanfort, de d6pit, d'un coup de fusil
tir6d travers les persiennes, Elie Lescot tombe aussi du pouvoir et part
pour l'exil.
Mais le Concordat continue A livrer la bataille des myst&res : mysteres
de Rome centre les mysteres de la Guin6e, du Congo, de I'Angola, du Da-
homey, mysteres des Fons, des Nagos...
A l'heure ofi nous tracons ces lignes, un episode strange de cette bataille
des loa-pays contre les loa-dtrangeres se ddroule, dit-on, aux Gonaives sous
la forme d'un duel magique entire le siege episcopal et les oum'phor des en-
virons. Monseigneur Robert, 6veque du lieu, construit un palais episcopal a
l'endroit ofi se trouvaient servis des mysteres voudoo ; il est empechJ, par ces
myst6res, d'habiter le palais. De plus, sa sant6 p6riclite ; un mystere lui ap-
parait de temps a autre sous l'aspect d'une dame et lui demand de rendre
l'emplacement (a) (*).
Dans le domaine purement dconomique, la situation locale se complique
des que la persecution reprend centre les temples voudoo. Voici pourquoi :
les exigences du rituel voudoesque forment une clientele remarquable au
\commerce haitien ; et, du moment que les oum'phor sont empech6s de tra-
vailler, tous ceux qui s'adonnent au voudoo cessent d'acheter, ce qui signifie
que les trois quarts des populations haitiennes cessent d'acheter la formi-

(') Les lettres (a), (b), (c), (d), etc., renvoient aux lettres correspondantes de
l'Index hagiographique. (Voir page 401).








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dable quantity de matieres rituelles habituellement necessaires A la magie
voudoesque.
C'est dire que chaque fois qu'un 6venement pareil se produit, il se pro-
duit, par voie de consequence, un marasme commercial. Ainsi, malgr6 que,
par le complex que nous avons essays d'expliquer, la politique du Concor-
dat de Geffrard ferme les temples voudoo, ils ne restent pas fermes bien
longtemps --la balance commercial d6pendant d'une balance de politique
religieuse que les myst&res des oum'phor semblent avoir 6tablie comme par
malice.7
Une conversation que nous efimes avec le mystere qui protegeait Dessa-
lines, Grande Aloumandia, 6difie curieusement ceux qui peuvent, a un titre
quelconque, s'int6resser A cette venture quasi-surnaturelle.
Pourquoi Haiti est-elle dans un si triste 6tat, demandai-je au mystere ?
Parce que les chefs d'Etat haitiens, au lieu de respecter les loa de
Guinde, ont pr6f6r6 instituer un systeme politique qui consiste A les brimer.
Presque tous les chefs d'Etat haitiens ont trahi les mysteres africains. Ils
les consultant pour 6tre << quelque chose > et, du moment qu'ils sont < arri-
v6s >, ils ne pensent qu'A supprimer nos bagui, empecher nos services, in-
terdire nos danses. Aussi, lorsqu'on nous appelle maintenant, nous venons,
mais seulement pour nous amuser un peu et, surtout, pour faire quelques
traitements individuals afin de rendre service A des malades...
N'y a-t-il pas un moyen de faire autrement ?
Sans doute...
Lequel ?
Je m'en r6f6rerai a Grand-Maitre et, lorsque je vous reverrai, nous en
recauserons.
Le plus haut sommet de la lutte Rome-Oum'phor semble etre, toutefois,
l'aventure historique du roi Henri Christophe.
Christophe, dit Henri P'r, roi de la parties Nord d'Haiti entire 1806 et 1820,
6tait un fervent pratiquant du voudoo, quoique menant, dans les debuts,
une politique assez astucieuse avec le clergy exotique, essayant adroitement
de subordonner les pritres remains A son autorit6 politique pendant que
ceux-ci essayaient d'en faire autant pour l'amener dans le giron de Rome.
Cependant, les pretres remains allerent si loin dans leurs critiques centre
]a fidelity du monarque aux mysteres africains que le roi se promit de tra-
cer un example public qui les fit cesser ; il se rendit done h 1'6glise catho-
lique de Limonade et, pendant que le pretre critiquait ouvertement la con-
duite < voudoo > de la monarchie, melant sa haine du voudoo a des consi-
d6rations sur administration politique proprement dite, Henri Ier se leva
de son tr6ne, et, cravache en main, se dirigea vers la chaire... Mais, dit-on,








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au moment oh il allait lever le bras pour frapper le predicateur, il fut ter-
rass6 par une puissance invisible qui le projeta avec une force extraordi-
naire centre la paroi du bAtiment. II se blessa, marquant le mur de son sang
chaud.
On voit encore une large macule rouge faite au mur en question (*). Les
pretres du clergy catholique auraient, parait-il, volontairement omis de
laver cette tache de sang qui represente, A travers le temps, une de leurs
victoires sur le culte voudoo, et ils ont place, entire la porte de la sacristie
et le coin du maitre-autel, une inscription.
La propaganda catholique romaine ne manque pas d'ajouter que le roi
Christophe, a la suite de cette scene tragique, rentra au palais de Sans-
Souci, a Milot, pour mourir, pendant qu'6clatait la revolution qui devait
renverser la monarchie.






























(*) D'autres disent que c'est A 1'6glise du Cap. La v6rit6 historique est que le
15 aoft 1820, il devait assister a la messe au Cap, mais il se ravisa et se rendit
A Limonade.















Notes supplementaires pour montrer A quel point le Voudoo
exerce une influence sur la politique haitienne et A quel degree
les dirigeants haitiens lui sont traditionnellement subordonnes.


Faustin Soulouque 6tait encore esclave en 1789. II fut affranchi par Andre
Rigaud en 1793. President d'Haiti de 1847 a .1849 et Empereur d'Haiti de
1849 a 1859, le general Soulouque fut Mlu A la prdsidence le 1er mars .1847.
Soulouque servait les loa Co-sih ; c'est ainsi qu'il fut surnomm6 ou se
surnomma Bon'nhonme Cochi ou Bon'nhonme Co-d-chi, surnom francis6
par les historians en Bonhomme Coachi.
Son empire fut renvers6 par le mulAtre Fabre Geffrard, en 1859 (janvier).
Geffrard, qui servait lui-meme, trahit, comme on le verra dans cet ouvrage,
la tradition des mysteres qu'il servait dans l'ombre, en signant le Concordat
qui permettait A l'Eglise de Rome de s'installer en Haiti dans le but avou6
d'en arriver A la suppression radical du culte voudoo.
Antoine Simon (president d'Haiti de d6cembre 1908 A aofit 1911) servait
les loa sous la forme d'un condensateur des forces mystdrieuses de l'Afrique
repr6sent6 par un cabri auquel il donna le nom de Sih-Ma-Lo.
Jean-Jacques Dessalines Cincinnatus Leconte presidentt d'Haiti de aocit
1911 A aoCit .1912) doit et son accession au pouvoir et sa chute du pouvoir
aux loa d'Afrique. Voici l'histoire de ce regne : Leconte fut 61u president
grace h Saint Jacques a qui il avait fait des < promesses >. Saint Jacques
est le mystere Ogou Bha-Lih-Hin'dio du voudoo, d'apres le syncrktisme re-
ligieux en vigueur dans le Nord d'Haiti d'ofi Leconte est originaire. Mais,
conseill6 par Monseigneur Kersuzan, chef du clergy remain en Haiti, il fit
mettre sous corde le tableau representant Saint Jacques d6s qu'il eut le
pouvoir Elu le 14 aofit 1911, Leconte perit d'une facon tragique par le feu,








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l'explosion et la poudre, attributes magiques des mysteres Ogou : .<< A la suite
d'une situation politique assez trouble, rapporte l'Histoire, ofi une prise
d'armes r6volutionnaire 6tait imminent, la population de Port-au-Prince
fut reveill6e en sursaut le 8 aoCit 1912, a 3 heures du matin, par une formi-
dable explosion : le palais national venait de sauter. Dans les flames et
le cr6pitement de la mitraille, Leconte disparut avec 300 soldats de sa garde
personnelle >).
Le feu, mysterieusement, avait pris a la poudriere.
Le tableau repr6sentant Saint Jacques Bhalin'dio avait 6td plac6 dans 1'd-
glise de la Plaine du Nord apres que Saint Jacques Bhalin'dio l'eut fait
mysterieusement d6couvrir, du temps du r&gne de Christophe, sous des ro-
ches entassees (comme une grotte, disent certain) a la Porte Saint Jacques
situ6e non loin du Palais de Sans-Souci, residence royale bAtie par le meme
Christophe. Christophe, averti par plusieurs personnel qui avaient miracu-
leusement vu ce tableau A cet endroit, le fit enfin chercher apris mille h6si-
tations et il le placa d'abord sous une tonnelle faite de teaches de palmiste,
dans les jardins du palais ; Bhalin'dio < monta >> un initi6 de l'endroit pour
lui reprocher d'avoir log6 aussi pr6cairement un aussi grand negre, et il fit
disparaitre le tableau. Le roi dut alors promettre une 6glise au tableau et,
cette 6glise, une fois construite, le tableau fut retrouv6, encore plus myst6-
rieusement, dans le cimetibre. D&s que 1'dglise fut prete, Christophe l'y
fit accrocher. C'est la que le general Chapuzette, qui avait 6td charge,
dit-on, par le president Leconte, de mettre le tableau sous corde, devait ac-
complir ce forfait ; Chapuzette arrive devant le tableau s'excusa aupres de
Saint Jacques Bhalin'dio, disant que seul son chef serait responsible de ce
qu'il allait faire et, comme Bhalin'dio avait soign6 et gueri sa femme, il
n'ex6cuta pas personnellement l'ordre, mais le fit ex6cuter par ses soldats.
Auparavant, Bhalin'dio avait averti Leconte qu'il n'avait pas << march
personnellement pour le faire 6lire president d'Haiti, mais qu'il avait plu-
t6t fait travailler les anges Ma-Rah-Sah >, et il avait r6clam6, pour ceux-ci,
une recompense (*).
Stenio Brea Vincent (president d'Haiti de 1930 h 1941) servait aussi les
loa, mais sans l'avouer. Le oum'phor de sa famille se trouvait encore tout
r6cemment, A la Croix-des-Bouquets. Son b6c6 pr6ferd etait le fameux Do-
cima. Vincent, en 1932, fit sacrifier, dans la cour du Bagui de Nan Camp&-
che (pres du Cap-Haitien), trois boeufs dans le but de se perp6tuer au
pouvoir.

(') Monseigneur Kersuzan, qui avait conseill6 a Leconte de mettre St Jacques
Bhalin'dio sous corde, eut la langue paralys6e avant de mourir. II belait, pretend-
on, comme un cabri, au lieu de parler. 11 fut tuW par Bhalin'dio, affirment les fer-
vents de ce mystere.










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Elie Ldocardie Lescot fut le successeur de St6nio Vincent. Elu en 1941, il
fut renvers6 par une revolution en 1946. Lescot naquit A Saint Louis du
Nord. Sa grand'mire servait, a Nan .Campeche, le mystere Papa Pierre. Papa
Pierre, aussit6t que le petit Lescot 6tait n6, prit le b6b6 et s'empressa d'aller
le baigner magiquement au Cap-Haitien, just au carrefour de la Place Mon-
tarcher (place qui existe encore). La matiere du bain magique consistait en
un gallon de tafia. En le baignant, Papa Pierre prononca ces paroles mnmo-
rabies : < Cet enfant sera chef, parce que sa tWte est chancree (calvitie en U
don't Lescot sera affubl6, en effet, plus tard) >.
La proph6tie de Papa Pierre se r6alisa : Lescot fut president d'Haiti,
grace a sa << tete chancr6e >. Mais, pers6cuteur invkt6r6 du voudoo, sa pr6-
sidence fut deplorable, et il fut lamentablement chass6 du pouvoir par le
people exasp6r6.






































Fig. 3.

Drapeau rituel port par une houn'sih c6-drapeaux.


Fig. 4.

Batterie Congo.


Fig. 5.

Batterie Rada.















La survivance du Voudoo

et ses consequences sociales et politiques


Malgrd toutes ces miseres, le voudoo se survit perp6tuellement. Tant6t
dans l'ombre, tant6t a ciel ouvert et meme par le canal de virulentes pol&-
miques de journaux, la lutte Rome-Voudoo continue, sans merci, att6nude
cependant, parfois, par de rares < temperaments >.
Souvent traqu6s dans la personnel de leurs propres mysteres, honors par
I les voudoisants sous la forme de certaines statues de l'dglise catholique
romaine, grace A une evolution morphologique due au syncretisme religieux
op6r6 entire le Catholicisme remain et le Voudoisme africain, les adeptes
voudoo se sont vus priv6s de ces statues elles-memes ; ce qui veut dire que
certaines 6glises et certain lieux de pelerinage catholiques ont W6t priv6s
de leurs ornements que les voudoisants avaient, par un tres adroit syn-
cretisme religieux, adopts pour pouvoir continue a adorer leurs propres
mysteres. Le clergy catholique, chaque fois qu'il d6couvre un subterfuge de
cette sorte, s'empresse naturellement de crier au sacrilege, et il fait rapi-
dement disparaitre 1'objet de cette ruse syncretique.
Plus ou moins oblige de se cacher, le sacerdoce voudoo trouve alors bien
plus adroit d'op6rer totalement le syncretisme religieux entire le Voudoo et
les saints de Rome : il place carriment les divinit6s en images de la chrd-
tient6 dans les oum'phor : saint Nicolas, saint Michel, saint Matthieu, saint
Jean, saint Christophe, saint Luc, saint Patrice, saint Jacques le majeur
et saint Philippe, sainte Altagrace, sainte Rose de Lima, sainte Ursule, sain-
te Marie, sainte Philomene, sainte Barhe (*), Notre Dame de la Nativit6,

(*) Sainte Barbe aida les artilleurs n6gres de tout son pouvoir, en se mettant
a califourchon sur la gueule des canons pour les pointer. Elle dansait sur la








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Notre Dame du Perp6tuel Secours, pour les adorer sous ces formes-doubles
don't voici deux ou trois examples :
saint Michel : Linglessou Bassin-sang
saint Nicolas : Marassah-3
saint Antoine : Legba
saint Jean : Agaou L6phant
saint Georges : Diable Linglessou
J- saint Christophe : Legba
saint Patrice : Danbhalah W6do
saint Ulrich : Agoueh R Oyo
saint Jacques : Ogou-Fer
saint Philippe : Ogou Bhathalah
sainte Ursule : Soline Agoueh
N. D. de la Nativit6 : Siouannih
sainte Philomene : Philomise
sainte Marie : Maitresse Erzulih
Ce syncrdlisme represente un des moyens adopts par le sacerdoce vou-
doo pour survive en Haiti ; mais il est vrai de dire que ce syncr6tisme n'a
pas 6tW adopt sans aucune science. La v6rit6 est que le saint catholique qui
est choisi pour << marcher avec telle loa voudoo > lui correspond 6sot6rique-

gueule de ces canons au son du canon. Sainte Barbe, << ange >, << mystere > ou
q loa > de l'Artilleric, est connue, dans le voudoo, sous le merveilleux nom de
Zeide Baderre Codonozdme, femme de Bade ou Baderre, frere de Sobo et, comme
Sobo, place A la tote de l'escorte de Pha, qui est le Grand-Maitre du voudoo. Zdide
Baderre Codonoz6me, qui represente en quelque sorte I'orage don'tt le bruit est
imit6 par le canon) est honoree, dans le Nord d'Haiti, dans une chapelle rustique
bAtie A l'Acul-du-Nord, au pied du morne Macarti, a 3 ou 4 kilometres du fameux
centre mystique africain de Nan Campeche o6 l'on peut encore voir tous les
grands anges dits du Nord : Lah-Hwe, Lah-Hwe-sih, Pha-ro Dan-Thor, Papa So-
sih Baderre (Saint Joseph), Bho-sih-a, Sou-Dan-Sou Lih-hI-ran, 100 noms Bha-
Lih-Hin'dio, Papa Pierre Bha-Sih-Co, Zaca Tonnerre, S&-Lah-S& Goueh-Thor, de
nombreux Ma-Ra-Sah (les Jumeaux) don't Manman-Jumeaux, Loko, Le-Bha (Papa
Legba), L6-Bha Grand-Chemin et Le-Bha Carrefour, Sih-Ni-Thor, Grande Bha-Tha-
Lah, Ogou-Fer, Maitresse Zilie (Erzulie), Maitresse Lorvana, Bdc6 I-zon, Gougoun'
Dan-Gnan, Dan-Bha-Rah...
Dans la region du Nord ofu se trouve Nan Campeche et qui comprend le fameux
Morne Rouge oii les n6gres marrons que Sainte Barbe devait aider surnaturelle-
ment pendant la Guerre de L'Ind6pendance, se r6unirent pour d6cider cette guer-
re, on voit la grotte de Makandal. La grotte est situee sur une propri6t6 qui ap-
partient aujourd'hui au docteur Auvillon Durosier et, pour la designer, les gens
du Nord disent < Trou Makanda >.
Nan Campeche r6pond, en quelque sorte, aux centres voudoo du Nord et de
I'Artibonite oft les mystfres africains sont traditionnellement c6l6br6s : Dfreal,
Castel, Bois-Neuf, Lan Dornau ou le Christ porte le nom de Ouan'guilo, Saint Mi-
chel, La Coupe A David, Beche, 3 Cailles pour le Nord ; La Souvenance et Lan
Soucri Danache pour I'Artibonite.








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ment d'une maniere parfaite par rapport a sa function herm6tique et scien-
tifique et par rapport A ses attributes symboliques. Prenons cet example qut
illustre merveilleusement ces choix : saint Ulrich est syncr6tis6 avec le
mystbre voudoo Maitre Agoueh R Oyo parce que saint Ulrich tient un pois- f
son et une crosse et parce que Agoueh Roi Io ou Agoneh R Oyo est le mai-j
tre de la mer et Neptune-Roi.
Un autre example illustre le choix de saint Christophe pour << marcher
avec Legba > : Legba est le maitre des passages, y compris les passes d'eau "
et l'on voit toujours saint Christophe en train de faire passer l'eau e l'agneau
pascal. Le syncr6tisme est encore plus fort que Legba est lui-meme l'agneau
de la Paque.
L'autre forme de syncr6tisme qui contribute a la survivance social du-
voudoo est celle de ses danses d'origine africaine : yanvalou, djouba, congo,/
pethro, rada, ibo, banda, crabignin, pigni, avec d'autres danses d'origine
international << acceptable > ou < plus ou moins acceptable > ou accepL
tees par la << soci6t >> !
Le grand malheur n'en demeure pas moins que les si belles danses pures
du Congo, du Dahomey, du Yoruba, des ibo, des nago sont 6cartees des sa-I
Ions pour satisfaire an dictat politico-religieux du Saint-Siege (*). Les dan-
ses rituelles de l'Afrique prennent alors une revanche 6blouissante les jours
de service voudoo oft it est enfin permis de les ex6cuter.
Cependant, meme lorsque le .< permis official de la police > a 6t6 accord
a un oum'phor, les consequences politiques suscities par la lutte des deux
croyances Oum'phor-Rome se font sentir peniblement, car le permis de
faire un service voudoo ou le permis de danser-voudoo est payer par les
oum'phor tandis que l'ELat paye au contraire 1'eglise catholique pour
qu'elle exerce son sacerdoce en Haiti a c6t6 du bagui.
Ces consequences en entrainent d'autres a peine croyables que la clientele
ennemie des deux 6glises apprecie avec des variations diverse : en face
d'un tel ostracisme centre le culte des mysteres africains et d'une telle sol-
licitude envers le culte catholique remain don't les dieux se trouvent
pourtant, 6 ironie fusionn6s par les astuces vitales du syncretisme reli-
gieux le pays ofi s'exercent ces deux religions fait figure de bourreau du
voudoo (b). II en r6sulte un grief inextinguible, chez la masse des voudoi-
sants, contre les pouvoirs publics qui, par le Concordat de Geffrard, ont oc-
casionn6 les sevices, et qui, toujours par .< politique religieuse >, ne cessent
de traquer les loa sous les plus futiles pretextes.
Voici un example v6cu par nous : au course d'un service voudoo pour le-


(') Danser-vodu devient alors un voudoo civilis6 appel6 ironiquement ti-bal.








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quel le permis de police avait etd ddeja paye aux bureau dii fisc, la police
rurale fait irruption et suspend le service.
Un tel 6tat de choses est int6ressant A plusieurs points de vue. Les choses
qui se passent centre le voudoo, de nos jours, en rappelant celles qui se pas-
saient d6dj centre lui avant l'ind6pendance d'Haiti (1804), font non seule-
ment d6couvrir la cause d'un double marasme 6conomique et moral qui at-
teint et l'adeptat voudoo et les mysteres eux-memes dans leur psychologie
(comme l'a si bien montr6 notre conversation avec le voudoun Grande Alou-
mandia), mais modifient sensiblement l'infrastructure de la Soci6td haitien-
ne, ses habitudes superficielles sacrifices comme on l'a vu a un syncretisme
de ruses et de malices, en suscitant, sous Faction invisible des mysteres tra-
ques, un processus de revision occulle du continuum haitien (c).
Bien des changements incompr6hensibles de la vie haltienne sont unique-
ment dus a cette force occulte invisible qui oeuvre dans 1'ombre des kp6
voudoo (autels rituels). C'est ainsi que, macontents d'etre perp6tuellement
traquds, pers6cut6s, saccag6s dans leurs biens et dans leurs bagui-can (ser-
viteurs voudoo), les loa apportent successivement d'6tranges modifications
h l'existence politique des gouvernements et a celle de la Societe. Leur
influence quoique occulte est cependant tellement sentie par toutes les
couches sociales que, en d6pit de bien des denegations spectaculaires, le
monde haitien en sait l'atmosphere haitienne absolument p6nktree. II sem-
ble que rien ne se passe en Haiti et que rien ne puisse s'y passer sans
que comme dans un fond de tableau le duel Rome-Oum'phor
n'y joue un r6le de tout premier ordre : dans ces conditions, si Rome est
gagnante, le dernier mot des ev6nements sociaux et politiques est dit par
elle ; mais si ce sont les mysteres voudoo qui sont victorieux, ils dictent
leur volont6.
L'humanit6 terrestre qui subit ce duel bizarre oui les memes divinites
s'entremelent pour se ddchirer sous des formes soi-disant diff6rentes, sem-
ble perpetuellement en attente d'un jour ou ce duel cessera au grand profit
de la collectivity national.
Telles sont les consequences sociales et politiques d'un tel combat surna-
turel que des examples impressionnants sont fournis par ce que nous avons
appel6 A just tire une << revision occulte > des cadres constitutifs de l'exis-
tence haitienne ou de son continuun vital : le processes biologique de l'Hai-
tien est en pleine modification par les mysteres du voudoo.
De cette modification en preparation dans l'invisible, et que seuls con-
naissent de grands inities et des individus supra-lucides, sortiront des dvd-
nements aussi important que ceux qui furent donnas aux negres marrons
qui pr6parerent les rivoltes d'esclaves qui aboutirent A la Guerre de l'Inde-
pendance d'Haiti.








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II est bon d'avertir, ici, que ce n'est pas pour le plaisir de toucher a la
Politique ou a la Sociologie que nous parlons ainsi des voudoun. Cependant
il est un fait : on ne peut pas decemment 6crire sur le Voudoo sans aboutir
fatalement a ces considerations d'ordre national, dconomique, social, politi-
que, et meme international. Car on ne peut oublier que la vie occulte des
Invisibles Voudoo de la Tradition Orthodoxe Ethiopio-Afro-Haitienne a Wte
oblige de prendre un course special qui les menait A l'obligation imperieuse
de s'occuper de liberer leurs adeptes de jougs politiques divers des la Traite
des Negres sur le sol haitien, et que, retenus depuis lors A cette occupation
patriotique par des evinements politiques qui n'aboutissent pas encore d ce
u'ils ddsirent, ils continent A << faire de la politique > occultement tout
,n exereant leur sacerdoce 6vang6lique. Parler des mysteres du voudoo sans
nvisager ces questions en les passant sous un silence qui empecherait de
es 6tudier parfaitement, serait en faire une 6tude tres incomplete.
Nous n'en voulons pour preuve que l'6tat de choses qui a exist durant les
jours qui ont prec6dd l'independance. Le voudoisant qui est voudoisant
autant qu'il est n6gre s'il n'est pas voudoisant avant meme d'&tre n6gre -
est sombrd dans 1'esclavage ; il ne voit vraiment pas et ne trouve par con-
sdquent pas le moyen de briser le joug. A bout de resources personnelles,
il finit (apres plus de 300 ans de souffrances) par s'aviser que ses mysthres
peuvent l'en sortir.
Que fait alors l'esclave courb6 sous le joug ? II demand aux loa voudoo
de venir A son secours, non seulement pour sortir de l'esclavage, mais aussi
pour forger une ind6pendance n6gre avec les armes des voudoun !
De leur c6o6, que font les loa voudoo ? Elles acceptent mais moyen-
nant certaines conditions.
-" Alors, sous le couvert de moyens socio-politico- magiques, commence ce
' qu'on peut hardiment appeler la preparation des futurs Haitiens au self-
control national par les mysteres voudoo. C'est cette preparation occulte qui
ambne l'esclave de l'ancienne colonies de Saint-Domingue i l'independance.
Le colon blanc le sent et le sait meme si bien, grAce a des series incessan-
tes d'inspections surprises dans les cases et dans les bois oil la couleuvre
Danbhalah-Ydhwd, Linglesson Bassin-sang, Ogou-Ferraille, Ogou Bhatha-
lah,7iadrinette Bois-ChGche et Ti-Jean Pied-fin sont invoques, consults po-
litiquement et suivis, qu'il met tout en ceuvre pour emp6cher ces reunions
clandestines oif, d6ji, au rythme assourdi d'un tambour conique ou d'un
simpt efrIonc d'a-ibre mal d6grossi, les pr6paratifs guerriers se font, aides
par les officers noirs qui servaient dans les rangs de l'arm6e franchise, i
c6te d'6videntes transactions politiciennes au course desquelles un Mackan-
dal se voit d6ja empereur de l'ile.








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Les mysteres voudoo sont lh, les premiers, a entasser materiaux sur ma-
teriaux, pour la guerre et pour la liberty : ils initient ceux qu'ils doivent
initier, protegent leur vie n6cessaire a l'couvre presente et future, frappent
ceux qui peuvent lui 6tre nuisibles en les 6cartant ou en les supprimant par
le fer, par le poison, par les intrigues. La fameuse pharmacop6e des capre-
lateurs et des mackandals de la race noire joue un r6le historique de pre-
mier ordre : le myst&re Nannan Bloukou, du pantheon dahomeen, qui est le
vodoun de la pharmacie, instruit les adeptes voudoo qui, ainsi, rayent du
monde des vivants un nombre impressionnant d'adversaires blancs com-
me nigres, frayant, par le poison et la connaissance surnaturelle des feuil-
les, le chemin de l'ind6pendance par 1'effacement de la plupart de ceux qui
auraient pu s'opposer efficacement A la guerre de 1804.
Commence aussi la preparation des leaders et des meetings qui vont for-
mer les < soldats de l'Ind6pendance >. Car ce sont des leaders prepares par
les mysteres voudoo et des meetings conditions par des loba voidboo qui
ressemblaient d'ailleurs 6trangement A des < services voudoo > qui sont A
la base des guerres victorieuses d'ofi va surgir, fulgurante, la nouvelle na-
tioi hiaitienne.
-tidradition a permis de savoir, dans le monde des inities, qu'il n'6tait
pas du tout rare de voir un Bouckman, un Mackandal, un Biassou, un Jan
Francois, un Dessalines, et meme un Toussaint Louverture < mont6 > par
un mystere au course de reunions ofi se d6cidait le sort de la colonisation
dans les Ameriques. L'assistance comme cela se voit encore de nos jours
sous les p6ristyles des oum'phor, mais pour d'autres buts recueillait pr6-
cieusement les ordres ou les conseils de la loa qui possedait Biassou ou
Bouckman, pour les lui repeter lorsque le mystere, parti dans I'invisible, lui
rendait sa liberty d'esprit.
La Kabbale 6sot6rique voudoo a retenu, de maniere irrefutable, que pres-
que toutes les decisions heureuses de cette 6poque ont 6tW dict6es aux lea-
ders de ce temps-la par les Grands Invisibles de la Tradition Solaire du
voudoo.
La preuve de cette assertion est faite par la continuity observe dans cette
forme guerriere et politique, social et Bconomique de consultation des
Grands Invisibles : hiss6 au pouvoir totalitaire comme empereur par les
6venements, Dessalines, par example, sait et se rappelle si bien que, sans
ses mysteres et sans toutes les < flottes > de mysthres voudoo de la Tradi-
tion, l'Independance n'aboutissait pas, qu'il a toujours, apres la proclama-
tion de l'Ind6pendance, un ou plusieurs oum'phor a I'Arcahaie (*). De meme
que presque tous les gdndraux, ou m&me tous sans exception, q servent >


(') Sans computer les oum'phor situbs ailleurs qu'A l'Arcahaie.








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leurs mysteres-maitres-tMte dans des bagui disseminds sur tout le territoire
du nouvel empire, l'empereur Jean-Jacques Dessalines < sert >> A l'Arcahaie
dans des bagui qui sont encore debout en 1951.
Voilh done des faits concrets que rien ni personnel ne peut sortir de la
rdalit6 : ils relevent, en premier lieu, du processes voudoo ; processus qui
suffit a expliquer pourquoi la cat6gorie des myst&res d6nommes loa guidg
- et qui sont des mysteres de n6cropoles pr6dit in6vitablement-tout eve-
nementpolttTque ou social de quelque impor ice. C'est dire, une fois pour
to6utis7a-quet point les loa sont mel6es A la vie haitienne, et A quel degr6 les
conditions de cette vie dependent des mysteres.
L'ind6pendance acquise de cette mani6re, il 6tait fatal que son avenir
fut compromise du fait que ceux que les voudoun avaient precieuse-
ment et amoureusement pr6par6s h cette tAche grandiose s'appretaient,
en bons Judas, a les trahir. Dessalines, tout le premier, apres avoir fait
marcher son cheval dans le sang europ6en jusqu'au poitrail, fera bastonner
les adeptes des mysteres. Toussaint, au sortir d'un bagui ofi, comme Dessa-
lines, il < servait >, passait dans un autre bagui ofi il distribuait avec ironie
des racl6es de bAton ; A tel point que l'histoire a retenu le surnom de Tous-
saint, qui lui avait 6td donn6 pour son sens 6sot6rique et pour son sens
caustique : Bdton-Fatras.
Comme Africains, ils oubliaient l'axiome cultuel : < II ne faut jamais
obliger un mystire a avoir honte >>.
Ils firent honte aux mysteres qui avaient tout fait pour qu'ils eussent leur
ind6pendance, et, comme r6sultat, toutes les < flottes > de mysteres voudoo
se reunirent pour faire regresser ce qu'on se plait encore, par un reste de
patriotism larv6, A appeler L'Independance.
Ainsi, avant de parler, d'une facon toute particuliere, des l66ments su-
pernationaux que les loa voudoo form6rent avant 1804, il sied de poser les
mimes donndes de regression national et racial sur le plan moins dloign6
du probl6me haitien actuel admettons de 1916 A 1951. Qu'est-ce que l'on
trouve de particulier a ce plan plus rapproch6 de nous qu'au plan qui,
des affres de la servitude colonial d'avant 1804, aboutit d'abord A une
liberty fulgurante, et ensuite, A la perte progressive de cette liberty, dans la
corruption politique et administrative, dans des guerres intestines sans fin,
el, surtout, dans la r6occupation du territoire national en 1916 ?
II faut, en premier lieu, y voir ce que le processus mysterieux de r6gres-
sion racial et national impose mystdrieusement par les mysteres A qui
les promesses faites n'avai.ent pas 6td tenues annoncait fatalement : la
perte total de la liberty acquise en 1804, administration locale assure
par des strangers, les finances haitiennes 6migrdes dans des banques d'ou-
tre-mer, le drapeau bicolore de Dessalines form dans un elan patriotique A








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l'endroit meme oil il < servait les mysteres >> A l'Arcahaie hiss6 au mit des
monuments publics apres le drapeau de l'occupant (*).
Les armoiries de la nation haitienne (que toutes les < nations > de loa
avaient forgoes h la priere de leurs adeptes voudoo) sont desormais subor-
donn6es. Et, par dessus tout, la lutte Voudoo-Catholicisme remain, qui a
exacerb6 son ampleur deja demesur6e A l'occasion de la reoccupation du
territoire, traque encore plus sev6rement le oum'phor : les bagui sont vi-
des, les voudoisants menac6s, pers6cutes, les tambours coniques exiles apres
avoir Rt6 confisques, beaucoup de p6ristyles voudoo d6truits, un v6to im-
placable mis sur les danses rituelles et meme sur les danses voudoo de pur
amusement champetre...
Les loa sont lA. Elles voient, tapies dans l'Invisible, frapper leurs adeptes
et leurs temples ; elles ne disent rien, elles attendent que passe le nouvel
orage. Elles ont le temps de l'Fternit6 pour elles ; mais elles sont meconten-
tes, d'abord des leurs, et leur fantastique odyssde va se compliquer des
decisions qu'elles sont obliges de prendre pour force le voudoisant A ser-
vir come il faut.
II suit de lh les memes causes produisant les memes effects -
que si, actuellement, le voudoo est traque au point de bloquer sa magie
rituelle, tous les oum'phor cessent de s'approvisionner sur les marches des
endroits oil ils sont construits, et, fatalement, il en d6coule un marasme
commercial tant que durent les measures dict6es et prises contre le culte
des loa. Le fait est done patent que des que l'ostracisme vou6 politiquement,
socialement et politiquement, au culte s'exacerbe pour une raison ou pour
une autre, les myst&res semblent, par une contre-mesure don't beaucoup de
profanes ne se rendent pas compete, repondre A la provocation d'une ma-
nitre assez disagreable pour 1'6conomie locale.
L'influence des loa est grande au point qu'elle n'a pas 6chapp6 a toutes
sortes de clerg6s strangers aujourd'hui 6tablis en Haiti et qui la combattent
a outrance : pentecotiste, baptiste, trembleur, bahai, wesleyen, catholique
remain, adventiste. Sous la colonies, les Francais lutt6rent autant qu'ils le
purent contre cette influence, jusqu'a ce que cette influence les 6crase. Et,
de .1916 a 1934, les chefs de l'Occupation Americaine comprirent aussi l'im-
portance social du voudoo : ils commencerent par le combattre brutale-
ment ; mais quelques petits faits curieux les dissuaderent de perseverer
dans la maniere forte. Citons un seul de ces faits : les < marines >, g6-
nes par l'autorit6 d'un oum'phor situ ah Digneron, dans la plaine du Cul-
de-Sac, vont y saisir le tambour Assator qui y regnait en maitre ; ils appor-
tent ce tambour au bureau du Grand Priv6t americain, alors 6tabli a Port-


(') L'AmBricain.








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au-Prince, anu Champ de Mars, devant le palais de la pr6sidence ; IA, aussi-
t6t depos6 par terre, le grand tambour voudoo commence a grounder sans
qu'aucune main on aucune baguette ne l'ait effleurd. D'abord, les blancs
refusent d'en croire leurs oreilles, mais, it la longue le tambour repre-
nant de temps A autre son grondement sourd ils sont obliges de se ren-
dre A l'6vidence... et de rendre le tambour.
Cette influence du voudoo agissant toujours, certain Haitiens ont con-
nu et connaissent encore des Americains qui ont << servi > et << servent >>
encore les mysteres des bagui par example Rieser, ancien officer sa-
nitaire du Marine Corp, qui habite toujours Haiti, pratiquant, dit-on, ou-
vertement et servant meme d'informateur et de cicerone h des compatriotes
curieux de savoir et de voir des < services vaudou >.
Entre 1916 et 1922, on voyait parfois des officers am6ricains, certaine-
ment inities au voudoo comme lui, accompagner le president d'Haiti, Sudre
Dartiguenave, at des ceremonies voudoesques, et meme, une fois, sur l'ha-
bitation Freres, ofi ces officers americains se lewvrent et danserent par-
faitement le voudoo pour ne pas laisser le president danser seil.
Un cas encore plus typique est digne de retenir davantage l'attention.
Nous connaissons personnellement un mystere voudoo don't le nom est un
nom typiquement americain : Captain Daybas. Ce mystere du pantheon afri-
cain fut, jadis, un officer de la marine am6ricaine ; attire sans doute par
le voudoo, il s'y fait initier par la suite ; le sacerdoce magique du oum'
phor auquel il appartenait fait un << voudoun > de son Ame apres sa mort,
par un procedd kabbalistique consistent a retire l'dme du defunt de l'eau.
Depuis, Captain Daybas, devenu loa voudoo, descend posseder ses adeptes
comme les autres mysteres du pantheon africain et, lorsque ses fervents
sont << months > par lui, ils oublient litt6ralement le patois creole pour ne
plus parler qu'anglais pendant toute la duroe de la possession !
L'influence du voudoo continuant toujours 6 grandir, il n'est plus ph&-
nom6nal de voir un stranger de race blanche appartenir assez ouver-
tement au culte, et meme < servir > les mysteres en leur offrant des sacri-
fices rituels.
La bataille livree par le clergy catholique remain au Voudoo n'en conti-
nue pas moins. En voici un example des plus typiques. Le journal L'Haitien,
du samedi 9 f6vrier 1952, public cette curieuse lettre d'un cur6 ofi celui-ci
s'adresse ouvertement au President de la Republique d'Haiti pour lui de-
mander de faire cesser un << scandal voudoesque >. La lettre montre com-
ment un cur6 remain est mu6 en agent de police pour interrompre un ser-
vice voudoo !








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<< A l'attention du Pr6sident Magloire,
Je soussign6, cur6 de Saint Louis du Sud, declare m'Utre transport aux Oran-
gers, sixieme section de Saint Louis du Sud, vers minuit, le samedi 12 janvier,
chez le nomm6 Roberts (ainsi connu), bocor de profession, qui, d'apres la rumeur
publique, devait organiser une danse-loa suivie de manger des morts. Doutant un
peu de ces affirmations, d'autant que la maison de Roberts se trouve presque
sur la voie publique, je n'ai pr6venu aucune autorit6 de peur de les d6ranger inu-
tilement d'autant qu'on n'6tait pas fix6 sur le jour de ces c6r6monies diaboliques.
Accompagn6 de quelques citoyens, Vilbrun Alphonse, Famille Magloire, Ernest
Fantaisy, Henri Cima et Dieusoit Labastille, nous nous sommes rendus sur le dit
lieu plut6t en curieux. En route, nous avons contraint le mar6chal de section,
en l'absence du chef de police, de nous accompagner. Le chef de police se trou-
vait probablement A B6gond ofi je l'avais vu vers 7 heures du soir. Cependant,
nous sommes passes chez lui quand m6me, peut-ktre qu'A cette heure avanc6e de
la nuit, il serait rentr6 chez lui a mon insu. Laquery Damiens, le mar6chal de
section, est voisin de Roberts.
J'ai trouv6 les c6r6monies dans toute leur splendeur. Le nomm6 Roberts 6tait
en costume f6minin, un mouchoir rouge lui enveloppait la t6te, des boucles 6taient
suspendues a ses oreilles. De grandes chaudibres 6taient remplies de victuailles
a l'int6rieur de son < hounfort >, tandis qu'au dehors des tas de viande hach6e
attendaient la cuisson. Des peaux de cabrits et trois tetes 6taient au minme endroit.
Dans la cour, quatre hommes battaient 6perdfiment du tambour, et les danseurs et
les danseuses s'agitaient dans des convulsions effrayantes. Avisant le nomm6 Ro-
berts, je l'ai priM aimablement de me livrer ses << instruments > de travail et de
me dire de quelle autorit6 il organisait tant d'orgies r6prouv6es par les lois du
pays, car, je suppose, lui ai-je fait remarquer, que le Pr6sident de la R6publique,
quoi qu'on dise A Saint Louis (sic), n'accorde que des r6jouissances saines en
guise de distraction.
Roberts de me r6pondre en presence de mes compagnons plus haut cit6s, qu'il
a 6te autoris6 par la prefecture d'Aquin et par le magistrate communal de Saint
Louis A organiser ces << danses-loas > depuis deux jours et A abattre plusieurs
tetes de b6tes. << J'ai 6t6, dit-il, en deux fois auprbs du magistrate, conduit par
Th6oma Cima. Par deux fois, le magistrat m'a donn6 sa parole. Peu apres, ayant
su que j'avais a verser une forte some pour le << manger >, j'avais renonce en
disant que je suis un miserable qui ne pouvait disposer de tant d'argent. Mais un
soir, Th6oma Cima, conseiller d'agriculture, et un garde < jaune > sont venus chez
moi pour me r6clamer de la part du caporal et du magistrate 150 gourdes pour
1'autorisation. Press de toutes parts par ces deux messagers, malgre mes protes-
tations et de guerre lasse, j'ai dfi me r6signer a verser 110 gourdes, valeur comp-
t6e A Theoma et que je regrette fort >. Pas possible, lui ai-je r6torqu6, si la loi
d6livre des autorisations pour << bal congo >, ce qui est d6jA mal, mais il n'est dit
dans aucun d6cret-loi du Pr6sident de la R6publique que les danses-loas, les
mangers-loas, les mangers-les-morts et ces orgies peuvent se pratiquer librement
et que les autorit6s civiles et militaires peuvent r6clamer de l'argent pour les per-
mettre, et de plus aucun d6cret-loi n'est venu abroger jusqu'ici les articles 405,
406 et 407 du Code P6nal qui punissent tres s6v&rement les contrevenants A leur
disposition. En tout cas, peu m'importe pour le present quart d'heure, vous allez
m'accompagner en ville sous cet accoutrement et avec tous vos effects, et tous les
objets trouv6s dans votre hounfort, c'est-A-dire les quatre tambours, les quatre
chaudibres remplies de mets indescriptibles (sic), les tas de viande, la cuvette
de sang, le poignard, les cartes, les cordes, les cuillers et fourchettes crois6es,
les poules, les bouteilles, les pierres, les images des saints, les mouchoirs, etc....,
pour le reglement de cette affaire.
Le mar6chal Laquery Damiens a 6te charge d'accompagner Roberts et ses deux









- 59 -


< houncis > Exilias et Ti-Pierre aux bureaux de l'Arm6e d'Haiti de Saint Louis
ai toutes fins utiles.
Certifie sincere cette declaration d6taill6e qui confirm celle plus breve faite
aux bureaux de I'Arm6e d'Haiti le dimanche 13 janvier au soir.
Je prie qui de droit de croire que la declaration que m'a faite Roberts en pr6-
sence des t6moins qualifies, du mar6chal Laquery Damiens et devant toute une
foule, n'est pas tomb6e dans les oreilles d'un sourd.
Qu'il plaise A qui de droit de relaxer le pauvre ignorant (sic) Roberts et ses
disciples, bien moins coupables que les escrocs qui l'ont port a mal faire pour
que le pays soit de plus en plus en abomination devant 1'6tranger, et qu'il soit
ferm6 de plus en plus A la civilisation (sic).
Qu'il plaise A qui de droit de se bien rendre compete que les autorit6s don't il est
question dans la declaration de Roberts spent les bases de l'Eglise Catholique
et contrecarrent son oeuvre A Saint Louis.
Qu'il plaise A qui de droit de faire restituer a Roberts la valeur extorqu6e.
Qu'il plaise A qui de droit de savoir que je suis charge de recevoir la dite va-
leur pour compete de Roberts et d'en donner ddcharge aux escrocs personnelle-
ment (sic).
La presente declaration est faite sous toutes reserves.
Saint Louis du Sud J. M. Clerville, Pretre,
17 Janvier 1952. Cure de Saint-Louis.
Vu et approuv6 : R. Petit, Notaire, Saint-Louis du Sud >>.

La lettre semble indiquer a quel traffic officiellement lucratif est livr6
le Voudoo. En g6ndral, c'est ce traffic, covert par le Code Penal, qui se ca-
che sous les noms pompeux de << champagne de moralisation >, .( bases de
l'Eglise Catholique >, << champagne des rejet6s >, et qui rejoint, par un pont
historique de trois sicles de persecution racial, 1'interdiction faite aux
esclaves indiens et africains de battre le tambour et d'honorer leurs mys-
tires (d).















Les Leaders haltiens devant le Voudoo


Ce chapitre se charge de montrer un des principaux aspects haitiens du
voudoo, aspect sans lequel toute etude du voudoo demeure incomplete :
l'influence des loa voutdoo sur les lois organiques d'Haiti. Ainsi, ce qui, par
les mysteres, s'est produit en Afrique ofi, d'abord, l'ancien systeme monar-
chique 6manait du voudoo, s'est reproduit en Haiti, avec quelques notables
differences (e).
Nous allons done prendre successivement les principaux conducteurs du
people haitien don't la religion est rest6e le voudoo, malgr6 que la cons-
titution proclame le catholicisme remain religion officielle et montrer
non seulement l'influence prepond6rante du voudoo sur eux, mais leur com-
portement personnel devant le culte africain.

BOUKMAN

Voici ce qu'en dit I'histoire (Manuel d'Histoire d'Haiti, par le Docteur
J. C. Dorsainvil, avec la collaboration des Freres de l'Instruction Chritien-
ne) : << Des esclaves, d'intelligence plus d6li6e, comme Toussaint-Louver-
Lure, Boukman, Biassou, eurent I'intuition de cette transformation opirde
dans la conscience des esclaves. Ils resolurent de 1'exciter d'abord et de l'uti-
liser ensuite pour conduire leurs compagnons d'infortune a 1'assaut de la
libert6...
<< C'est alors que Boukman entra en sc6ne et r6solut de frapper et l'ima-
gination et les sens. N &A la Jamaique, Boukman 6tait un N'Gan (Gan-Gan,
Houn'gan, papa-loa) ou pretre du Vaudou, religion principal des Daho-
meens. Sa haute taille, sa force herculeenne, l'avaient signal au maitre de
l'habitation Turpin. Sur tous les esclaves qui l'approchaient, il exergait un
ascendant qui tenait du prodige.








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<< Pour faire tomber routes les hesitations eL obtenir un devouement ab-
solu, il r6unit, dans la nuit du .14 aofit 1791, un grand nombre d'esclaves,
dans une clairiere du Bois-Caiman, pres du Morne-Rouge. Tous 6taient as-
sembl6s quand un orange se d6chaina. La foudre zebre de ses 6clairs dblouis-
sants un ciel de nuages has et sombres...
< Au milieu de ce d6cor impressionnant, les assistants immobiles, saisis
d'une horreur sacrde, voient une vieille negresse se dresser. Son corps est
secou6 de longs frissons ; elle chante, pirouette sur elle-meme eL faith tour-
noyer un grand coutelas au-dessus de sa tate. Une immobility plus grande
encore, une respiration course, silencieuse, des yeux ardents fix6s sur la
negresse, prouvent bient6t que I'assistance est fascinee. On introduit alors
un cochon noir... D'un geste vif, la pretresse, inspire, plonge son coutelas
dans la gorge de l'animal (*). Le sang gicle, il est recueilli fumant et dis-
tribu6 aux esclaves : tous en boivent et jurent d'ex6cuter les ordres de Bouk-
man.
<< Le soul6vement 6clata dans la nuit du 22 aouit 1791. A la meme heure,
les esclaves des habitations Treme, Turpin, Cl6ment, Flaville, No6, se rd-
volt6rent...
<< L'insurrection s'6tendit comme une train6e de poudre... >
Tous les ecrivains d'histoire qui se respectent, sous peine d'aller centre
la v6rit6, ont trait les ev6nements auxquels vont donner lieu cette rdvolte
et le long m6contentement tricentenaire des esclaves avec le mrnme fond :
le voudoo.
Voici comment le Docteur Dorsainvil en parole dans sa brochure intitu-
Mle << Une Explication Philologique du Vodu >> :
< Par comparison aux autres tribus africaines aradas, congos, nagos,
etc., les fons ont 6td infiniment moins nombreux A Saint-Domingue. Com-
ment expliquer alors la forte empreinte religieuse don't ils ont marqud le
peoplee ?
<< C'est ici qu'eclate toute l'importance du culte des v6ddl 6 Saint-Domin-
gue. Qu'on le veuille ou non, le v6df est un grand fait social de notre his-
toire. Les colons toldraient toutes les danses bruyantes des esclaves, mais
craignaient les ceremonies vodouiques. Ils redoutaient instinctivement ce
culte A allure myst6rieuse et sentaient confus6ment qu'il pouvait 6tre un
puissant eldment de cohesion pour les esclaves. Its ne se trompaient pas,
car c'est du sein des cdrdmonies vodouiques que s'dlabora la grande rdvolte
des esclaves de Saint-Domingue >.

(*) Certains traditionalists pr6tendent que cette vieille n6gresse fut alors
<< montee >> par le mystere Erzulie Ges rouges (Erzulie-yeux-rouges), qu'ils pren-
nent pour la femme du mystbre Linglessoi-bassin-sang.








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MAKENDAL

Dans le < Bulletin du Bureau d'Ethnologie > de la Rdpublique d'Haiti (*),
de fevrier 1944, Num6ro 3, on lit ceci sous ce titre suggestif qui montre ddjh
le caractere d'dvolution qu'a suivi le voudoo sur le sol haitien : < C'est
sous l'empire de ces memes manifestations qu'il faut placer l'histoire mys-
tique des Makendal, des Boukman >.
La grande histoire rapporte que Makendal 6tait, lui aussi, un papa-loa
voudoo, et que, come les occupants francais d'alors savaient qu'il se li-
vrait au meme travail patriotique et r6volutionnaire que Boukman, il fut
arrWte et, A la suite d'un simulacre ou non de jugement, fut condamn6 A
6tre brfil vif en place publique. Entour6 de gardes, Makendal fut donc con-
duit au bficher. Mais, montM par un mystere voudoo au moment ofi les flam-
mes commencaient A lecher son corps, il poussa un cri strident pour se
moquer de ses bourreaux, et, se d6faisant de ses liens comme par enchante-
ment, il s'dchappe du lieu du supplice, sans que personnel put l'en empecher.
En formant une des plus belles 16gendes ou une des plus curieuses v6ri-
tes de l'histoire du voudoo, le sort de Makendal prouve 1'influence prdpon-
d6rante exercee par les mysteres dans la formation de 1'esprit des popula-
tions haitiennes. Makendal passe meme pour avoir Wte un des houn'gan qui
conseillaient politiquement l'empereur Dessalines don't un des oum'phor
6tait au pont de MWrotte ; un chant, encore assez souvent utilise dans les
c6r6monies voudoesques, en est rest :

Tous M jous Makandal ape pald Dessalines,
Dessalines vd pas coutM ;
L'apd moutd-descenne la caille Loman.
Loman fait li doux.

En reliant ce chant au voudoo, il est encore plus int6ressant parce qu'il
se rapporte A la maniere don't fut tu6 Dessalines par les troupes revolution-
naires du Sud commandoes par Gdlin et PNtion. Car, lorsque le chant indi-
que que Makandal donnait le conseil a Dessalines de ne pas monter et des-
cendre en allant chez Loman, il signifie que les myst6res de Dessalines, par-
ticulibrement Grande Alouba et Grande Aloumandia, lui dictaient des avis
de l'invisible par la bouche de Makandal ou par la bouche d'un autre gan-
gan. La preuve en est faite par les 6v6nements historiques eux-memes. Des-
salines meurt en effet au Pont-Rouge sous les balles de Garat et, aussit6t,
nait la suite logique du chant qui laisse comprendre que l'empereur est
mort d'avoir n6glig6 les avis myst6rieux de ses loa :


(*) Dont Lorimer Denis est le directeur.








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Defilde (la folle qui ramassa ses restes) oue ;
Defilde pe !
Nan Pont-Rouge ci-la a,
Loman fait Dessalines doucouman.
(Grande) Alouba Ouganman, complot ci-la la,
Li f6 passe ouanga.
General Dessalines oh gadez mist moin,
Gadez tracas pays-ld,
Pays-ld chavird.

Les mysteres avaient pourtant bien averti Dessalines. Ce chant en fait foi:
L'empere Dessalines oh !
Cld oum'phd-a lan main ou dejd,
Pas quittez li gdtd.
On c'd vaillant gacon,
Pas quittez pays-a tombe,
Li lan main on dejd.
Loco-De, Loco-Miroi-Z&,
L'empere Dessalines,
Pas quittez pays-a gdtd.

Ce sont done les mysteres voudoo qui menent Dessalines don't Makendal
semble avoir 6td le conseiller. Dans l'article cited, on lit par consequent ce
tamoignage : < Dessalines qui fut d6sign6 pour mener les armies au com-
bat devait 6tre 1'objet d'une preparation sp6ciale. Nombreux ils (les mystB-
res voudoo) accoururent pour le protdger et I'inspirer : Locco, PWtro, Ogoun
Ferraille, Bris6 Pimba, Marinette Bois-Ch&che, toutes divinit6s de la poudre
et du feu. D'abord, il sera rendu invulnerable, puisque le sang qui a 6t6
vers6 h la c6ramonie du Bois-Caiman, la figue, symbol de Loco, la poudre,
celui des Pimba et des Bris6 ajoutas ,i la farine de froment devaient com-
poser le migan magique qui aura la vertu de l'6pargner de la morsure des
balles > (f).
Le mime ouvrage content ces lignes oi l'on d6couvre un houn'gan que pos-
sede, au course d'une c6remonie P6thro, le general Dessalines don't I'Ame (*)


(*) Comme celle de Makandal.








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est revenue une loa voudoo : < Je tressaillis de stupefaction quand la per-
sonnalit6 du houn'gan chavira dans l'hypnose et que surgit, des profondeurs
de sa conscience, Dessalines l'Impirator. C'6tait vraiment lui, le visage fa-
rouche, la physionomie fanatique... il enfourcha deux homes come pour
mieux se cambrer dans sa pose de Chevalier >>.
L'auteur n'h6site pas alors A proclamer ceci : < C'est le Docteur Price-
Mars qui a proclam6 cette v6rit6 essentielle : 1804 est issu du V6dou. Les
demarches logiques de notre pensee devaient nous faire aboutir, nous aus-
si, a une telle conclusion. A ce point... l'dpopde national a cristallisW pres-
que tout un aspect des manifestations de cette religion... >
En feuilletant le livre d'Arthur Holly sur le Drapeau, nous rencontrons
ces lignes comme une suite logique de la triple conviction de Dorsainvil,
Price-Mars, Bureau d'Ethnologie de Port-au-Prince ; elles renforcent l'idde
de patrie africaine et de patrie haitienne places sons l'obddience occulte
des puissances de l'Infini, c'est-a-dire sous l'influx des mysteres voudoo -
liant ainsi tous les apports de l'existence haitienne au ph6nomene propre-
ment voudoesque :
<< S'agissant de l'idee de Patrie, le symbol ou le systeme de symbols qui
se dresse devant nous, c'est le Drapeau, c'est-a-dire le symbolisme quin-
tessenci6 que nous sommes amends A interpreter dans le sens de l'Infini et
par rapport d la race qu'il protege >>.
Ce livre porte done un titre qui oblige le lecteur A savoir que le voudoo
pratiqu6 en Afrique et le voudoo pratiqu6 en Haiti sont ins6parables, dans
leur caractere sociologique et dans le caractere de la vie haltienne elle-m6-
me. Arthur Holly pursuit :
<< A l'un des regiments forms a cette 6poque, les autorit6s remirent un
drapeau blanc portant une cravate tant6t noire, tant6t rouge selon les cir-
constances politiques et au milieu duquel on voyait l'image d'une salaman-
dre, avec cette inscription :

< JE VIS DANS LE FEU .
Aucun symbol n'6tait plus catholique ni plus orthodox en ce qui touche
le Voudo africain.
< Cette inspiration venait 6videmment des Invisibles qui sont les Protec-
teurs naturels de la race africaine. En effet, le mot vou-do signifie blanc-
noir. Et la salamandre m6ridionale des zones torrides est l'animal sacrb
du college des prktres africains connus sous le titre de kan-zo. Ces inities
africains se reconnaissent par le pouvoir qu'ils ont de manipuler le feu
sans se brller : ils < vivent dans la fournaise ardente > comme Daniel....
<< Or, la couleur symbolique de Mars est bien le rouge. Afin de mieux mys-




























































Fig. 6.
L'auteur en compagnie de houn-sih c6-drapeaux devant les tambours pethro.








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tifier les colons, les divinitis africaines s'dtaient ranges sous la banniere
de ceux-ci pour seconder plus efficacement la collectivist de leur ceuur.
<< A l'autre regiment, on avait projet6 de donner un 6tendard noir, rouge
et blanc avec une cravate blanche. Cet embl6me repr6sente toujours Satur-
ne, le dieu tant favorable (i Toussaint-Louierture et qui I'a fait grandir au
point de pouvoir jeter le ddfi a Napoldon. Le genre de mort de ce Napoldon
noir est symbolique de l'influence n6faste de Saturne...
< On arriva 5 cette conviction que Saturne, protecteur des Europdens, de-
vait etre s6pard de Mars, divinity favorable aux insurgds. Immddiatement,
Dessalines, tout a fait a la hauteur de sa mission quasi-divine, envoya l'or-
dre a PWtion, Capoix, Clervaux, Christophe, Vernet et a tous ses autres lieu-
tenants de rendre d6sormais bicolore le drapeau des regiments qu'ils com-
mandaient par la suppression de la couleur blanche. Ainsi, les forces oc-
cultes qui protdgeaient les guerriers de l'independance haitienne compre-
naient le Soleil, Mercure, Venus du c6te de l'Orient ; Mars, du terroir ; et
Jupiter du c6te de l'Occident. C'est ce dernier que les esclaves invoquaient
sous le vocable Hogou Phdrail...
<< Sous Dessalines Empereur THEOCRATIQUE par la bouche de
qui parlaient les Lois du culte voodoo qui le rendaient invulnerable pendant
les combats, notre drapeau subira une profonde modification pour repre-
senter plus strictement le Genie Protecteur de la race africaine. Le bleu qui
represente Jupiter, divinity de l'Occidentalisme, fut remplac6 par le noir,
couleur symbolique du Soleil, de la Reine d'Ethiopie, la divinity de l'Orien-
talisme Orthodoxe >.

CHRISTOPHE

Holly, parlant de Christophe, ecrit : << Christophe, d'accord aussi avec
les principles traditionnels africains, doit etre consid6r6 comme ayant et6
arm6 du pouvoir theocratique. C'est l'incarnation de Mars dans son orga-
nisation cerebrale : il s'attribuait l'inspiration venant de Mars et surtout
du Soleil.
< L''glise romaine fut tres inquikte et ne pouvait avoir aucune sympathie
pour ce monarque. La mort de ce << LION >> a l'6glise meme fut un triom-
phe pour le sacerdoce remain ; une plaque commemorative de cette mort
se voit tendancieusement encore A la place ofi le roi tomba face contre terre.
Cette plaque sert d'6pouvantail A tous les chefs d'Etat qui oseraient braver
l'influence sacerdotale de l'Occidentalisme >.

DESSALINES

D'apres toutes les donnees occultes de la tradition des loa voudoo, Dessa-








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lines portait sous son bicorne de general un foulard rouge, indiquant par ce
foulard qu'il 6tait .< mont6 > par Mars l'Ogou-Fer du pantheon africain;
ce qui indique en meme temps que l'influence g6ndrale des mysteres qui rd-
gissent Haiti est synth6tisde dans la Venus voudoo : Erzulie.
L'assasssinat de Dessalines sur un pont historique et symbolique dit
< pont rouge > semble 6tre, pour les 6sotdristes haitiens porteurs de la tra-
dition, un symbol non ndgligeable. II en resort avec evidence que Dessa-
lines, manquant a la parole qu'il avait donnee aux loa africaines lors, sur-
tout, de la c6remonie du Bois-Calman presid6e par Boukman, aurait 6td
frapp6 par la reversion magique de Mars ce qui signifie qu'il a W6t ter-
rass6 par l'influence ndfaste de Mars.

ANDRE RIGAUD

G6ndral ennemi de Toussaint-Louverture, dans le Sud ofu il devint mnme
chef d'Etat, Andre Rigaud, mulAtre nd d'un Francais, avait pour mere une
pure ndgresse de race Arada ou Rada : Rose.
Sur son habitation Laborde, il << servait > les mysteres rada don't sa mere
avait repris le culte.

ROMAINE-LA-PROPHETESSE

Un des g6ndraux haitiens qui fit le plus parler de lui peut-6tre, A cause
de ses 6tranges habillements qui prouvaient qu'il ne cessait d'etre < mont6 >
par les mysteres, Romaine-la-proph6tesse, allait au combat en se moquant
des balles, des balonnettes et des boulets -- un coq range (pr6pard magique-
ment comme talisman) A l'arcon de sa selle.

TOUSSAINT-LOUVERTURE

L'un des plus brillants leaders de la race haitienne, si ce n'est le plus
brilliant dans un ordre general, Toussaint << marchait )> sur les points mars
tlaux du mystere nago Ogou-Fer.
La tradition admet que son g6nie militaire, il le prit de ce myst6re nago.
Her-Ra-Ma-El enseigne que, des sa naissance, ses parents le consacrbrent
A cette loa voudoo. C'est du fait de cette consecration qu'il recoit le surnom
de BAton-Fatras, qui le place, aussi, sous l'influence balancee de Mercure
et de Jupiter.
Dans le pantheon voudoo, Mercure est le mystbre Sim'bi ; tandis que Jupi-
ter est le mystere Qudbidsou ou Kdvid-Zo.
Toussaint recoit aussi le < nom-vaillant >> de Papa-Lio ; ce qui le rap-









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proche dsot6riquement du roi Christophe : le Lion du Nord. L'expression
occulte Papa-Lio prouverait que Toussaint, plac6 d'abord sous l'influence
b6ndfique de Legba (le mystere principal du voudoo comme nous l'avons
expliqu6 au debut de I'ouvrage) qui lui vaut toutes ses victoires, tourne cette
influence sur Saturne (mystere Baron-Samedi) qui le laissera faire prison-
nier par Brunet, conduire en France sur l'eau, et, enfin, mourir de la poi-
trine dans le froid du Jura.

JEAN ZOMBI

Jean Zombi est un des prototypes les plus curieux de la Tradition voudoo.
II fut un de ceux qui, d'ordre de Dessalines, massacrerent le plus de blancs
pendant la liberation d'Haiti du joug francais.
Jean Zombi est actuellement un des mysteres les plus influents du pan-
thdon voudoesque : comme loa, il appartient au rite P6thro.





















Les Mysteres come g6n6raux haitiens


Par.l'exemple cite au sujet du Capitaine Daybas et par celui du houn'gan
qu'un membre du Bureau d'Ethnologie de Port-au-Prince vit poss6dd par
l'Ame de Dessalines revenue comme myst&re voudoo, il a R6t montr6 com-
ment les morts deviennent des loa.
Mais ces loa ne font que suivre une tradition multimillionaire qui veut
que les morts deviennent des myst&res a leur tour pour avoir 6td dans la
tradition et pour avoir 6td guides, de leur vie, par des loa -- comme ce fut
certainement le cas pour Daybas et Dessalines qui ktaient des inities.
Tel est aussi le cas pour presque tous les g6ndraux de 1'ancienne arm6e
d'Haiti. Nous allons voir, par des extraits d'une 6tude sur le << Serment du
Bois Caiman > par Lorimer Denis, comment les loa procederent pour obtenir
ce r6sultat : elles remplacaient les dldments de I'armne en les possedanl.
< Nous allons essayer, 6crit Lorimer Denis, de d6gager (d'apres des ren-
seignements fournis par un houn'gan) le r6le jou6 dans la guerre de l'Ind6-
pendance par chacun des loas qui avaient particip6 aux ceremonies du Bois
et du Trou Caiman.
< Commencons par les Rada :
<< Voici Loco-dd. C'est lui qui a procured la figue sacrde, et qui est (en-
tr6 ?) dans la composition du migan magique. G6ndralement, il confdra ses
pouvoirs a Dessalines au point que la chanson le confond avec le hdros de
l'Ind6pendance :
Loco-de, roi-dd,
Loco Miroir oh !
L'emperenr Dessalines
Clef oumphor-ld lan main ou,
On pas pe quittez li gdter pays-a.








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Traduction :
Loco-dd, roi-dd,
Loco Miroir oh !
L'empereur Dessalines
La cld du oum'phor est entire vos mains,
Voiis ne laisserez pas abimer le pays avec.

Voici Sogbo Kerson qui, eu regard a sa connaissance profonde des feuilles,
reinplissait, dans l'armee indigene, le r6le de mddecin-savane ; Sogbo Ker-
sou qui, a n'en pas douter, inspirait Toussaint-Louverture quand, parmi
les siens, il remplissait la function de docteur-feuilles.
< Voici Hogoun Ferraillc et son frere Badagris...
< Et, s'il faut en croire la tradition, les foulards rouges que portaient
Toussaint et Dessalines leur venaient d'Hogoun Ferraille don't ils 6taient les
fiddles serviteurs. Mais, plus que Hogoun Ferraille, Hogoun Chango, le plus
puissant des nagos, communiquait l'ardeur guerriere a Dessalines. Hogoun
Chango, << n6gre-guerre >, remplissait aussi la function de garden des for-
teresses.
<< Azaca, dieu paysan, pour mener les travailleurs a la victoire, s'6tait
mue en general d'arm6e. II s'agit d'Azaca Clide et d'Azaca Tonnerre, leur
frere Azaca Mdde remplissant le r6le de cuisinier et de fourrier.
< (Parmi les loa Rada) les Reines Tine, Zinc et La Sirene porterent la
condescendance jusqu'd se constituer V6nus faciles pour inspire les pros-
tituees qui se faufilaient dans les camps francais aux fins de renseigner les
noirs sur le movement de l'ennemi.
< Les (mysteres voudoo) Rada, plus specialement, combinaient les plans
de guerre que les Zandor allaient ex6cuter sur les champs de bataille. Quel
fut le r61le jou6 par chacun des Zandor ? >>
Parmi maintes loa, l'auteur cite alors :
1) Marinette : Elle preparait (entr'autres multiples functions), la poudre
a tirer on << zinzin >>, qui entrait dans la composition du << migan >> ; elle
composait les bains magiques ; elle commandait A l'arm6e des Haoussas,
appel6s a voler armes et munitions dans les camps francais ; elle remplis-
sail le role de mambo (prktresse voudoo) dans les camps ; elle servait de
canonniere.
D'oil la chanson :
Tirez cannon, Marinette ; tirez cannon...
Tire le canon, Marinette ; tire le canon...

2) La Reine Boucan : qui rendit fou d'heroisme, devant Vertieres, le g6-
n6ral Capoix, surnomm6 pour cela << La Mort >>.










70 -

D'ofi la chanson :
Eya Maitresse Boucan.
Eya Maitresse Boucan.
Eya Loa Lion,
Eya Loa Lion !

3) Zaou Pemba et sa femme Manman Pemba : qui inspiraient les ca-
nonniers pour faire pleuvoir sur 1'ennemi une grele de mitraille.
4) La Vierge Marie-Louise : qui < monta >> la fameuse Marie-Jeanne,
cette amazone n6gre qui, tout en se battant, enflammait le courage des
soldats.















Les Houn'gan renomm s


Aprbs avoir forg6 un pays de cette maniere, les loa voudoo devaient fa-
talement repr6senter de telles vertus civiques integrees mysterieusement A
son infrastructure national qu'elles n'en pouvaient plus sortir.
C'est ce qui advint, en effet, malgrd clerg6s strangers sur clergds 6tran-
gers, le Concordat lui-meme, et certaines dispositions constitutionnelles con-
damnant 16galement les pratiques voudoo.
Ainsi, A la suite des Biassou, des Boukman, des Makandal et des Tous-
saint, une s6rie prestigieuse de gangan allait surgir des chambres d'initia-
tion des oum'phor afin de maintenir dignement le flambeau des myst6res
Rada, Dahoumin, Congo, Banda, Ibo, Pethro, Nago, Fon, jusqu'A ce que les
houn'gan d'aujourd'hui en heritent, avec un rituel qui a b peine vari6 de-
puis des millionaires.
Apres les grands houn'gan de l'dpop6e national : Boukman, Biassou,
Makandal, Pierrot, vient le fameux Antoine Lan Gommier mais dans un
temps beaucoup plus proche de nous.

ANTOINE LAN GOMMIER

Antoine Lan Gonmier v6cut dans les hauteurs de la province d'Haiti ap-
pele JHr6mie, dans un endroit don't le nom serait ou aurait W6t Lan Gom-
mier ou Lan Gommiers.
Tout en 6tant aussi un grand houn'gan, selon l'affirmation de gens don't
il aurait servi les grands-parents, Antoine Lan Gommiers excellait surtout
grace a ses facultis surnaturelles de divination et de clairvoyance.
II aurait predit presque tous les 6venements survenus par la suite aux
gens qui non seulement venaient quotidiennement le consulter, mais en-
core aux regions du Sud d'Haiti qui interessaient son sacerdoce.








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Jamais l'on n'a entendu dire qu'un autre divinor ait b6nfficie, des puis-
sances invisibles qui l'en avaient pourvu, de dons aussi puissants pour
lire dans le passe, le present et l'avenir.
Antoine Lan Gommiers a laiss6 une renommee brillante et sa re-
putation qui dure encore sans aucune marque de faiblesse qui pour-
rait laisser croire qu'elle s'6teindra un jour a largement d6pass6
les limits territoriales de J6remie et meme du Sud de l'ile : cette renomm6e
est encore universelle dans le pays, et, pour l'asseoir davantage, les Haitiens
ont pour coutume de dire a toute personnel exposee h un tres grand danger :
< Antoine Lan Gommier lui-meme ne pourrait voir ce que je vois pour
vous >, translation plus ou moins franchise de cette phrase creole : < Ca
m'ou& pou ou, Antoine Lan Gommiers pas oue 1' >.
On raconte volontiers qu'il devinait toujours 1'arrivee des gens qui ve-
naient le consulter. Et, chaque fois qu'il s'agissait d'une personnalit6 de
marque, politique, militaire ou civil, il envoyait une monture a sa ren-
contre pour l'impressionner. Le consultant, arrive a destination, n'avait
jamais besoin d'exposer l'objet de sa visit, cet objet etant dejA connu d'An-
toine.
TI-PLAISIR

Plaisimond de son vrai nom, le houn'gan Ti-Plaisir a pour ainsi dire
< regn6 >> non loin de la capital d'Haiti, c'est-h-dire non loin de Port-au-
Prince. II habitat A l'endroit dit Mer Frappee, ofi, sur une colline, il avait
un ajoupa qui passait pour lui servir de lieu de consultation.
Plus loin, sur la meme route de Ldogane, Grand-Goaive et Petit-Goave, il
avait des terres d'une certain 6tendue qu'il faisait cultiver et oft d'autres
oum'phor consacres a des mysteres divers 6taient construits.
Ti-Plaisir avait une reputation 6norme. A entendre les gens qui se prd-
tendaient au courant de ses realisations, il < faisait et d6faisait > a sa guise.
Personnellement, nous l'avons vu assez souvent sur son petit cheval, entrer
dans la cour du palais presidentiel sous la presidence de Louis Borno et de
Sudre Dartiguenave. entire 1916 et 1926. On a mrme souvent pr6tendu que
ces chefs d'Etat ne manquaient pas de prendre avis de lui, a cause de ses
profondes connaissances relatives surtout A la mentality du milieu.
Ses r6alisations, telles que cures medicales, enrichissements de clients,
d6couvertes de fortunes enterrees par les colons francais au moment pre-
cipitL de lear depart durant les journdes brfulantes de la r6volte des escla-
ves, et meme resurrections des morts, ne se competent pas. Ses pouvoirs sur-
naturels 6taient sans doute d'un ordre si 6lev6 que l'opinion populaire le
considdrait presque comme un dieu sur la terre : gnou bon died sous la te,
telle 6tait l'expression qui le-d6signait.








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Malheureusement, et contrairement a ce qu'on a toujours dit d'Antoine
Lan Gommier, Ti-Plaisir < servait des deux mains >, ce qui signifie qu'il
servait et le Diable et le Bon Dieu. En g6n6ral, les papa-loa qui servent des
deux mains sont les plus riches ; aussi, Ti-Plaisir a-t-il laiss6, semble-t-il,
beaucoup de richesses.
En bien ou en mal tout depend de l'opinion des gens sur ce genre spd-
cial de sacerdoce sa reputation rayonne non seulement a l'endroit oui it
vecut et professait comme gangan, mais cette reputation jouit d'une certain
universality dans toute la r6publique d'Haiti. Les gens sortaient de partout
pour aller le consulter. Les homes politiques ne manquaient surtout pas a
cette abondante clientele qui ne fait que suivre la tradition 6man6e des es-
claves d'abord et des soldats de l'Ind6pendance ensuite.

DOCIMA

D6cima etait de la region du Nord-Ouest d'Haiti, oii, lui aussi, r6-
gnait en maitre : il habitat a Mare-Rouge, dans les hauteurs de Jean-Rabel.
Sa puissance kabbalistique, h l'instar de celle des plus grands houn'gan
d'Afrique, terrorisait ses ennemis autani qu'elle satisfaisait sa clientele. II
semble m4me que ses dons de clairvoyance et de clairaudience 6galaient, ou
presque, ceux d'Antoine Lan Gommier.
D6cima a surtout assis sa reputation en l'Mlargissant sur le plan politique.
Beaucoup d'hommes politiques, militaires ou non, passent pour lui devoir
leur advancement. Certaines voix populaires affirment que son client le plus
eminent fut St6nio Vincent, alors que, de 1930 A 1940, Vincent etait pr6si-
dent d'Haiti. Les gens avertis il y en a toujours en Haiti disent m6me
que Vincent aurait fait ses pires erreurs politiques et aurait perdu les r6nes
du gouvernement parce qu'il aurait comme Dessalines m6prisant les
avis de Makandal fait fi des conseils de D6cima. Vrai ou faux mais
plut6t vrai que faux, car le people haitien est ainsi fait qu'il n'avance ja-
mais rien qui soit absolument inexact -- les consultations que Vincent et
ses amis demandaient A Docima rehaussent sa reputation deja fameuse, de
m6me que la personnalit6 militaire et politique de Jean-Jacques Dessalines
apporte plus d'6clat A la renomm6e d6ji grande de Makandal.
Malheureusement, Vincent, tout comme Dessalines, ne fut pas trbs heu-
reux comme politician (exception faite pour Dessalines sur le terrain mi-
litaire et -patriotique) parce que les avis qui lui venaient de l'invisible par
la bouche de D6cima n'6taient pas 6cout6s. Ici, la personnalit6 de Vincent
n'int6resse qu'A ce point de vue : consultant de D6cima en tant que chef
d'Etat, sa position de chef d'Etat donne un lustre suppl6mentaire au lustre
qu'avait deja le houn'gan personnellement.








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Si 1'on en croit meme la rumeur publique, des chefs d'Etat dominicains
traversaient parfois la frontifre pour aller le consulter sur des probl6mes
assez compliques auxquels il savait toujours apporter une solution savante
autant qu'heureuse.

LOUIS SANGOSSE et MARGUERITE JEAN VODOU

Louis Sangosse, houn'gan de La Coupe-a-David (environ du Cap-Haitien),
fut arrWt6 par la police du roi Henri Christophe qui lui reprochait de battre
le tambour trop souvent. D&s que Sangosse comparait devant Christophe,
il est < monte > par le myst&re voudoo Papa So-sih Baderre (Saint Joseph)
qui s'adresse ainsi au roi : << Vous avez deux poules-h-Joli, 1'une bonne,
I'autre mauvaise. Vous allez tomber du tr6ne, car vous vous croyez Dieu.
Quand l'orage du ciel gronde, vous lui r6pondez en faisant tirer, par vos ar-
tilleurs, le canon Manman Pim'bha (*) points sur le firmament. Or, comme
moi, votre nom cach6 est Papa So-sih Baderre >
Christophe supplies Papa So d'empecher sa chute, mais Papa So lui rd-
pond que 1'heure de cette chute a sonn6 : << L'heu-h-ou sonnin >> dit l'ange.
En effet, l'6v6nement tragique de 1'eglise de Limonade ofi le roi tombe lors-
qu'il essaie de frapper de sa cravache le pretre qui critiquait son adminis-
tration, se produit peu aprbs. Et, une fois que le roi est tomb6 centre la
paroi de l'eglise en se blessant, son premier soin est de r6clamer une < poule-
a-Joli > pour confectionner le remade qui pourrait le sauver...
Sangosse, renvoyd a La Coupe-a-David par le roi, devient, peu apr6s, son
conseiller. II1 devient meme un des constructeurs du fameux centre voudoo
de Nan Campeche, oii il est, sur la demand express de Christophe, associ6
A Marguerite Jean Vodou (Ded6 Marguerite).
Jusqu'en .1946, ou peut-&tre 1944, le oum'phor ou bagui de Sangosse sub-
sistait A La Coupe-a-David. C'est la champagne soi-disant anti-superstitieuse
menee contre le voudoo par le clergy remain avec I'appui gouvernemental du
president Elie Lescot champagne religieuse dite des .<< rejetes > qui le
fit disparaitre. La champagne des rejetes, en 1941-1942, fit disparaitre le
bagui en parties, et, dans les deux anndes qui suivirent, les restes de ce bagui
disparurent, laissant, n6anmoins une table, c'est-a-dire un p6 mystique oui
les anges sont encore servis.
A la demand du roi Henri Christophe, Louis Sangosse s'associa a D6de
Marguerite pour fonder Nan Campeche sur une propri6t6 de trois carreaux
de terre que Ded6 Marguerite acheta A la suite de son initiation qui eut lieu


(*) Ce canon baptism par Christophe portait le nom du mystere qui est 1'6pouse
de Zaou Pem'ba : Manman Pem'ba.








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de la maniere suivante : encore profane, elle puisait de l'eau h une source
lorsqu'elle fut < montee > par un mystere blanc qui la ravit en l'emportant
sous l'eau. Le mystere lui fit faire un sejour de trois annies et demie sous
l'eau d'oii elle sortit parfaitement initide.
Dans la cour meme du bagui de Nan Campeche, existe encore la tombe
de Ded6 Marguerite, qu'on honore comme un ange, comme un mystere,
comme une loa. La tombe est place de maniere que ceux qui la visitent
puissent voir, a la fois, la Citadelle Laferriere construite par Christophe
sur le sommet du Bonnet-A-1'Ev6que, en se tournant vers le Sud-Est. Cette
disposition existe de par la volont6 meme de Christophe.
Le maitre occulte de Nan Campeche est l'ange Papa Pierre Bangui Bha-
sih-co et le mystere qui command h D6d6 Marguerite d'acheter la terre est
Zaca Ma-s6-c6 (*). Dans les archives secretes du bagui existent des lettres
signees des plus hautes personnalites de I'histoire d'Haiti signalant leur fi-
dUlit6 et leur gendrosit6 envers le centre : Dessalines, empereur d'Haiti ;
Christophe, roi d'Haiti ; Florvil Hyppolite, president d'Haiti... Le roi Chris-
tophe avait meme donn6 au oum'phor de Nan Campeche une autorisation
Oternelle d'y c6~lbrer les mysteres autorisation malheureusement perdue
et qui, d'ailleurs, a ktd, par la suite, injustement revoquie par les chefs
d'Etat qui 1'ont suivi au pouvoir.
Nan Campeche c6l6bre bien encore ses mysteres, mais sous le baton des-
potique du Pouvoir Central, et, comme tous les autres oum'phor d'Haiti, se-
lon le caprice arbitraire du Pouvoir Central le plus souvent conseill par le
clergy breton qui dirige le catholicisme remain depuis le Concordat sign
sous le president Fabre Geffrard avec le Saint-Siege.


(*) Zaca Tonnerre.






















R6le du Houn'gan (g)


Tous ces grands houn'gan laissent, en d6pit de certain reproches qu'on
leur adresse parce que plusieurs d'entre eux < servaient des deux mains >
- ce qui d'ailleurs a entrain6 la chute de plusieurs chefs d'Etat qui leur
demandaient conseil laissent une reputation qui, some toute, fait hon-
neur a la tradition voudoo, en laissant, en m6me temps, une sorte d'aur6ole
autour d'Haiti. Il semble que l'atmosphere haitienne avec un fort relent
magique d'Afrique en soit toujours imprdgnde au point que la vie des
individus comme celle des families s'en ressente sans cesse dans un senti-
ment trbs curieux de gloire et de crainte.
C'est que le r6le du houn'gan, 6troitement li6 a celui des loa, d6passe tout
cadre et toute conception ordinaire. Pour bien en juger, il ne faudrait pas
le compare au r6le d'un pr6tre d'une autre religion, telles que la religion
catholique romaine et la religion des Wcsleycns ; mais bien plut6t au r6le
que joue le pape. A premiere vue, la comparison semble risque et m6me
exag6r6e ; mais tout compete fait, elle n'est excessive que parce que la ju-
ridiction du pape de Rome est plus 6tendue, car, dans la Kabbale Voudoo,
le houn'gan est aussi ( pape >, ce pourquoi il s'appelle aussi < pape ) :
papa, papa-loa. Le titre traditionnel qu'on lui donne est papa, de mnme
que, sur le plan du sacerdoce f6minin, on donne le titre de manman (ma-
man) Ai toute mam'bo.
L'autorit6 du houn'gan et de la mam'bo est d'autant plus grande et plus
sore que tout ce qu'il fait 6mane directement des puissances de l'invisible:
des loa voudoo, des mysteres voudoo. Ses ordres ou ses conseils sont ceux
des loa, des mysteres, et, par extension, des Ames des anc6tres, des manes,
puisque le Voudoo est la religion des manes.
Or, comme, dans le voudoo, le processus qui permet A l'Fme d'avoir tou-
te sa puissance savante est astrologique, la science des gangan est ax6e sur
les astres ce qui fait qu'elle n'est faillible qu'autant qu'un houn'gan ou








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une mam'bo ne sail pas consulter un Invisible ou ne pent pas, pour une
raison ou une autre, enter en relation avec l'invisible.
Dans ces pages, nous pourrions citer un grand nombre de houn'gan pro-
fessant actuellement en Haiti. Certains sont d'une certain force. Beaucoup
d'autres, de puissance kabbalistique mediocre ce qui porte l'ethnologue et
le kabbaliste a d6plorer deux ordres de choses nefastes au voudoo : il y a,
depuis quelque temps, un trop grand nombre de houn'gan, du fait que la
vie, en Haiti, offrant un nombre trop restreint de carrieres liberales, les ini-
ties de bas grades sont trop tents de ( prendre l'asson > (expression tra-
ditionnelle pour dire que quelqu'un devient houn'gan), parce que le metier
de houn'gan est assez lucratif et tres respect par le people ; ensuite, ces
houn'gan en trop grand nombre, moins respectueux de la grande tradition
6sotlrique des Makandal, des Boukman, des Loman, ont trop tendance a
sacrifier A de nouvelles normes que leur imposent les lutles perp6tuelles
entire le pouvoir politique qui aide les cultes ennemis strangers, ces cultes
strangers eux-mmies, et le voudoo. 11 s'ensuit un syncretisme de mauvais
aloi auquel trop de < p6ristyles >> se livrent par int6r6t imm6diat ou par
lachet6 : par peur de l'autoriLe politique qui fait former brutalement tel
ou tel oum'phor a la demand du clergy stranger.
Par suite, les dons surnaturels que confirent les loa-ancdires aux imti6s
du culte voudoo se rarefient ou diminuent de puissance magique ; parce que,
devant de telles fautes contre la tradition orthodox des Toussaint, des Rose
Rigaud, des Antoine Lan Gommier, des Pierrot, les marines se fLichent et,
progressivement, se relirent en Afrique, abandonnant l'Haitien A lui-meme.
C'est ainsi qu'un houn'gan ou une mam'bo perd parfois ses pouvoirs, tombe
meme malade et, sans de tres rigides sacrifices, est incapable de remonter
le courant que les mystlres lui ont fait descendre !
Les myst&res voudoo exigent une science et un s6rieux d'autant plus
grands de la part des houn'gan et des mam'bo que toute la collectivitL hai-
tienne est de par la tradition des loa elle-meme place magiquement
sous la jurisdiction des pr&tres du voudoo : la moindre d6faillance sacerdo-
tale lse non seulement les justiciables de cette jurisdiction, mais les mys-
teres eux-mimes parce que le vulgaire et les ennemis du culte sont toujours
pr&ts A trouver les fausses preuves de son incapacity et m&me de sa d6mo-
nicit6.
Le pr6tre voudoo est confesseur, medecin, magicien, conseiller priv6 des
individus et des families, conseiller politique, voire financier des plus hautes
personnalites comme des plus humbles ; devin. De telle sorte que presque
rien, dans la communautd voudoo don't il est l'axe, ne se fait sans son avis.
Dans le oum'phor, il preside i tLout ce qui se faith. Son autorit6 y est ab-
solue.








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La some de ses connaissances est vraiment 6tonnante. Leur source est
connue : du moment que sont taries les siennes propres, il << prend son as-
son > et il consulate les loa pour en avoir de nouvelles. Cependant, ce n'est pas
seulement en << appelant les loa >> qu'il peut les voir ; il les voit aussi en
songe, trbs souvent, ou encore par une faculty percipiente surnaturelle re-
levant de sciences telles que la chiromancie, la cartomancie, la pyromancie,
l'aquamancie et la g6omancie dans lesquelles it excelle assez souvent.
II appelle les loa dans des recipients rituels et sacr6s du nom de govi('):
les loa y viennent et, IA, elles causent non seulement avec le houn'gan mais
aussi avec tous ceux qui peuvent se trouver present. Toutefois, le papa
s'enferme dans la pi6ce qui sert de oum'phor, et c'est lh, hors de la vue
meme des initi6s, qu'il demand aux loa de descendre dans le govi : il y
r6ussit par des paroles magiques traditionnelles qui attractent le mystere
des zones astrales de 1'invisible, au rythme persistent de l'asson voudoo.

LE PROCESSUS DU MYSTERE

Les loa sont cens6es r6sider, en premier lieu, dans la ville sainte d'If6, pour
l'Afrique dans aviUT Camps, pour Haiti. Mais, de lA, selon les zones
de l'airlfqule Grand Maitre (le voudoun Da-n Gbd, repr6sent6 6sot6rique-
ment par une couleuvre qui grimpe sur un baton ktoild) leur assigned, elles
se rdpandent un peu partout. C'est de ces zones qu'on les appelle, d'une ma-
nidre classique car elles peuvent bien, pour une raison ou une autre, se
trouver A << travailler > ailleurs : dans un arbre, dans une pierre, dans une
personnel, dans un animal, dans une fleur, dans une feuille ; voire
qu'il y a des loa que les grands initids .< bornent >' ou limitent magiquement
a des zones terrestres ou aeriennes d6termindes ou dans des objets precis.
Sur la situation des mysteres voudoo dans 1'air, voici quelques temoigna-
ges concrets :
1) En causant personnellement avec un myst&re congo, sur l'habitation
Nan Soucri (une ancienne sucrerie coloniale, ce mystere m'a dit: < Les mys-
teres sont appeals de Doudou (Afrique) (**). Ils arrivent A la vitesse du son
ou A la vitesse de la lumibre, tout depend et m6me plus vite, parce que
les mystbres voudoo .<< n'ont pas de limited > pour se deplacer d'un lieu A
un autre, voire meme qu'ils peuvent < venir > ou < descendre dans la tate
de quelqu'un > en le << montant >> (en le possedant) sans se d6placer.
Comment cela ?

(*) Pratique qui comporte assez souvent des < trues > de la part de certain
houn'gan verses dans le charlatanisme.
(**) Dou-dou on du-du signifie : double signe kabbalistique ou diagramme ri-
tuel supr6mement puissant.








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A cause de leur don d'ubiquit6. S'ils sont par exemple occupies quel-
que part dans l'atmosphere, ou < dans la tate de quelqu'un > (qu'ils pos-
s6dent dans le moment), ils peuvent n'envoyer qu'une parties seulement du
pouvoir qu'ils repr6sentent.
Est-ce qu'ils savent qu'on va les appeler ?
Oui.
Peuvent-ils refuser de venir ha 'appel du houn'gan ?
Non. Sauf decisions particulibres 6manant << de plus hauts que nous >.
Venez-vous imm6diatement A l'appel ?
Autant que possible et le plus souvent...
Quel est le processus de votre retour .<< Doudou > ?
Nous .<< venons > ou < descendons >> des qu'on nous appelle, sauf de-
cisions particulieres relevant << de plus hauts que nous >. Mais pour re-
tourner a Doudou (en africain : Du-Du), nous mettons un jour et une nuit...
Comment se fait-il que votre temps de retour soit plus long que celui
de l'arrivee ?
Non pas parce que nous ne pouvons aller aussi vite, mais bien parce
que (s'il s'agit par example de Soucri oiu nous sommes en train de causer
en ce moment) nous aimons beaucoup certain endroits (tel que Soucri,
particulierement, que nous considerons comme notre petite patrie), et, d6s
que nous y sommes, nous regrettons d'en partir. Le N'Gan a mille difficul-
tes a nous renvoyer : alors, les loa sont tristes, elles pleurent, se cachent
pour qu'on ne les reexp6die pas...
Of ?
A Doudou, en Guinde.
Etes-vous exclusivement cantonn6s en Guin6e, a Doudou ?
Nous occupons souvent certaines regions atmosph6riques, ici ou ail-
leurs.
Par example ?
Le mystbre me montra alors, du bout de l'index, une hauteur de l'atmos-
phdre qui, plus loin que la ville des Gonaives, repr6sentait un point de l'air
que notre regard pouvait d6couvrir. Je lui demandai encore :
Mais Doudou, Doudou ?...
Doudou ? fit-il, trbs assombri, tres pensif (on voyait qu'il concentrait
sa pens6e comme pour trouver un point d'appui ou, peut-6tre, solliciter
une autorisation...)
Avait-il eu l'autorisation ?
En tout cas, il devint moins sombre :
Doudou reprit-il en souriant angeliquement. Doudou ? Mais vous
savez, vous : Du-Du... O-Du-Du-A... Le Pare de Laoca don't le pays est Dudu,








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dans le pays de Chakalah... L'ancitre de Ganga, Noc Loufiatou Ganga, de
Bazou, de Man Inan.
2) En interrogeant un mystere Canga sur le lieu de l'origine des myst&res :
Les Ganga, d'ofu viennent-ils ?
Ils viennent de Matoun'dou (*).
Les Yati-Bois ?
Ils sont originaires de Sala.
Sont-ils aussi << rapides >> que les autres ?
A venir, ils mettent le temps maximum d'un chant (rituel), ou d'un
mot.
Le Canga ajoute, comme si je devais le savoir ou comme s'il sait que je
le sais :
Mystires c'est la Lumiere ; mysteres c'est son. Personne ne connait
leur vitesse.
1 m'entraine alors un peu plus A l'ecart et il me dit :
Mysteres c'est vo-dii, vo-houn hwd-t6.
Laiss6 seul car le Canga ktait all danser devant les tambours je
reflichis pour trouver la traduction, et je traduis :
vodou, vohoun : super (vo) son (houn, doun)
hw6-t6 : du soleil (hw6) dans l'eau (to).


(') Une des puissances cosmo-gbographiques du signe.































Fig. 7.
Batterie pethro pr6sentee rituellement
au soleil par des houn'sih


Fig. 8.
Tambours pethro couches au pied du poteau-mits


Fig. 9.
Asson voudoo et clochette rituelle.


Fig. 10.
Ogan.
















Le processus de la Loa


La traduction que nous avons faite de la revelation de Canga enseigne
que la loa participe autant de l'l66ment-feu que de l'616ment-eau. Nous ne
faisons pas encore d'6sot6risme pour 1'expliquer ; des r6v6lations plus im-
portantes viendront A la suite de ce travail qui est seulement charge d'in-
troduire les lecteurs dans l'antichambre des mysteres. Contentons-nous done
de dire que, pour venir IA ofu le houn'gan ou papa-loa l'appelle (des fois dans
la tote d'un adepte), le mystere sort du lieu atmosph6rique que lui assigned
la personnalite occulte qu'il d6signe ainsi : << plus haut que lui >.
Le mystere s'incarne ensuite en .< montant > l'adepte, ou en << entrant, en
descendant dans sa tete >. DMs lors, I'adepte-m6dium perd absolument la
notion des choses ; ce n'est plus que le mystere qui agit : il vaticine, danse,
fait de la magie, sans que l'adepte ainsi montd (l'adepte prend alors le nom
de cheval de la loa) sache quoi que ce soit de ce que le mystere fait ou dit.
Meme quand le mystere est << part >, I'adepte-cheval continue A ignorer
ses faits et gestes, jusqu'ia ce qu'un t6moin les lui apprenne.
Apr6s la possession, I'adepte voudoo est g6neralement plong6 dans un
complex qui participe, en majeure parties, de l'ennui d'ignorer ce que le dieu
a fait pendant qu'il le montail. II faut dire aussi que certaines possessions
rituelles sont tres ext6nuantes pour le medium-cheval, en particulier s'il
s'agit de loa puissantes. Plus les loa sont puissantes, plus le cheval qu'elles
viennent de monster est fatigue.
En regle g6n6rale, la personnalit6 du cheval est tellement effac6e pen-
dant ce qu'on appelle traditionnellement la << crise de loa > que meme les
malades ou 12s infirrnes que content les myst6res operent instantan6ment
une abstraction totale de leur inal ou de leur impotence. II n'est pas rare
de voir un malade se trainant iI peine sous un p6ristyle se lever vigoureuse-








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ment, se mettre A danser, a gesticuler frdn6tiquement, a sauter meme, d&s
qu'il est monte.

SA MANIERE DE MONTER LE CHEVAL
Une personnel de l'assistance est assise on march. Tout d'un coup, on
dirait qu'elle recoit un coup formidable A un endroit du corps (les initids
disent que c'est a la nuque) (*). Elle pousse assez souvent un cri ou une
plainte, donne l'impression tres nette qu'une force invisible veut et essaie
de s'emparer d'elle. Elle se d6mene, titube, en tournant presque toujours
sur elle-meme, lance ses bras partout dans des gestes qui tentent visible-
ment de chasser la force qui veut la poss6der.
Le cheval se jette avec une certain violence sur les assistants, sur les
genoux desquels il se couche, comme pour implorer un secours. En effet,
certaines personnel connaissent des signes et des mots qu'elles peuvent des-
siner et prononcer pour renvoyer le myst&re. Mais du moment que la puis-
sance invisible a mont6 le cheval, le medium se transform, se redresse, et
se livre enfin aux occupations du myst&re qui a pris sa place dans son pro-
pre corps. Le mystere salue et demand, le plus souvent, ses attributes.
Ces attributes consistent en armes, costumes, mouchoirs dits de tote ou de
reins, de poignets ou de chevilles, en bAtons magiques, en boissons, en par-
fums, qui repr6sentent des symbols aux couleurs et aux formes herm6ti-
ques des Invisibles. Le symbolisme de ces objets permet aux loa de mieux
faire leur magie.
Les loa s'en vont plus facilement qu'elles ne viennent. Souvent, elles font
le geste de se d6sint6resser soudain de ce qu'elles 6taient en train de faire,
laissent choir les objets qu'elles ont en main, poussent quelquefois une plain-
te douloureuse et s'appuient sur quelqu'un ou se couchent sur des genoux
pour abandonner le corps materiel du cheval. D'autres fois, elles ont aban-
donn6 le corps du cheval avec tant de simplicity qu'on ne le sait que diffici-
lement, au point que certain demandent .<< si le mystere est encore 1l >> ; on
parole meme, dans ces conditions, assez souvent h quelqu'un qu'on croit en-
core << mont6 > en s'adressant au mystere alors que le mystere n'est
plus 1l. La m6prise peut aussi bien avoir lieu dans l'autre sens : souvent,
une personnel a 6t6 monte si simplement qu'on s'apercoit soudain qu'en lui
parlant on parle plut6t A une loa.
Un mystere n'a pas pr6cis6ment besoin d'etre appeld pour monter quel-
qu'un, et, souvent, c'est un mystere qu'on n'appelait pas qui se pr6sente.
En tout cas, appel6 ou non, le mystere peut toujours etre renvoy6, soit par
le houn'gan, soit par toute personnel qui en a les moyens.

(*) D'autres disent que c'est aux jambes.








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L'UTILITE DES MYSTERIES

Un mystere peut monter quelqu'un pour le prot6ger comme on l'a vu
pour les g6n6raux et les soldats de l'Ind6pendance.
Pour lui conf6rer un pouvoir ou une faculty don't il a besoin pour mener
une tACche a bien et qu'il n'a pas ordinairement.
Pour lui permettre de se d6placer avec une rapidity surnaturelle.
Pour lui permettre, par exemple, de nager jusqu'A la terre ferme s'il ne
sait pas nager, en cas de naufrage. Beaucoup de gens racontent ce fait :
un tel ne sait pas nager et tel voilier ayant fait naufrage A bord duquel il
se trouvait, il devait se noyer fatalement, l'accident 6tant survenu en pleine
mer ; mais Agoueh l'ayant mont6 l'a ramen6 sur le rivage.
Pour gu6rir ou meme emp6cher de souffrir son cheval.
Pour lui donner un conseil. Dans ce cas, ce sont ceux qui parent au me-
dium pendant qu'il est mont6 qui lui r6petent le conseil que la loa a donn6
pendant la crise de loa.
Pour faire un traitement sur quelqu'un d'autre ou simplement pour in-
diquer ou composer un rembde.
Pour punir son cheval d'une infraction quelconque. Dans ce cas, malgr6
les commandments et objurgations du houn'gan, le myst&re voudoo refuse
de partir, de << d6seller > le cheval pendant des heures et des jours, s'appli-
quant h le fatiguer autant que possible. Assez souvent, les suites d'une telle
punition sont figures par un membre d6mis ou une maladie, que seul, le
mystbre qui l'a occasionn6e, peut gu6rir.
Pour indiquer un interdit rituel.
Pour avertir d'un danger public ou priv6.
Pour pr6sider ou aider a une c6r6monie rituelle.
Pour venir prendre l'offrande sacrificielle.
A cause de Loutes ces functions touchant autant au culte qu'a la
vie de tous les jours, les consequences les plus importantes, relatives tant
a la mystique qu'a la vie national, d6coulent de la participation des loa
voudoo a la condition humaine. Ainsi, en ce qui concern particulibrement
la vie haitienne, le voudoo est comme une ame sup6rieure qui double l'Ame
que l'on concoit plus ordinairement, et qui accompagne l'homme dans tou-
tes ses occupations ; souvent m6me, cette second ame sup6rieure est con-
cretement repr6sentee par un talisman, une amulette, un onanga, ou par un
baka (h).
Le baka remplit un r6le d'ange protecteur, tandis que le ouanga a la
function que l'on donne h remplir a une image, a un scapulaire, A un ro-
saire, A un chapelet. Le voudoisant le porte et s'adresse A lui A tout moment
oi un danger ext6rieur peut le menacer. Ce fut, par example, le r6le garden








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que remplit le migan ou mingan que les loa pr6parerent pour rendre in-
vulnerables tous ceux qui participhrent aux ceremonies du Bois Caiman
et du Trou Caiman.
La constitution du baka comporte une force superieure ou une ame ae-
rienne et une force inf6rieure ou Ame terrestre. Le melange donne un ca-
ractere assez dangereux a 1'Ftre kabbalistique qu'est tout baka : il suffit
qu'on s'en serve mal pour qu'il se retourne contre son propri6taire, A cause
de la duality meme de sa composition, pour lui faire un mal irremediable.
Par centre, celui qui sait s'en servir en obtient des r6sultats stupefiants.
Le baka d'origine voudoesque fonctionne occultement a peu pros a la ma-
nitre de ce que des kabbalistes comme Paracelse et Agrippa appelaient leur
ddmon familiar : c'est un daimon voudoo.
Le baka (*) peut etre log6 dans une chambre, dans un arbre ou dans une
pierre, ou encore dans tout autre endroit qui lui convienne comme < re-
posoir >, de meme que d'autres mysteres ont des arbres ou des pierres com-
me << reposoirs >>.
Le terme baka a fini par avoir, en Haiti, tin sens assez pejoratif ; sans
doute parce que l'on s'en sert parfois a des fins douteuses. Mais, en rdalit6,
son sens scientifique ne porte pas, de pr6f6rence et forc6ment, a de tells
fins. En un mot, celui qui le possede a aussi bien A sa disposition une puis-
sance malifique qu'une puissance benefique : la puissance mal6fique prime
la puissance b6nefique (comme d'ailleurs toute puissance) si le dktenteur du
baka joue son destin sur les pouvoirs de la puissance mal6fique ; mais, si
c'est la puissance bnd6fique qu'il < sert >, le baka est seulement bin6fique.
Tout compete fait, tous les ouanga de preparation voudoo peuvent 6tre n6-
glig6s quant a l'analyse et A la description que nous pourrions en faire, du
fait que, magiquement consider6es, toutes les preparations magiques ayant
pour essence et pour but la nature des deux atmes don't le baka est compose,
le baka, ai lui seul, les resume avantageusement.
Pour qui sait preparer un baka, et pour qui sait s'en servir, le baka vou-


(*) Voir a la parties < Prieres >, 1'importance accord6e au terme Buka-Lah. En
principle, les mysteres baka ont cette 6norme valeur mystique parcel que le baka
voudoo 6quivaut A Bacchus (Bacch6, Baccha), correspondence qui explicit le
nom de Legba : Ba-Cho-Lo, Baccho-lo. Ritueliquement, baka signifie << jeter d'
l'eau > (verser rituellement de l'eau) ; 1'eau 6tant parfois remplacke ou double
par du vin de messe, attribut de Bacchus, comme sang sacrificiel. La Tradition
orthodox emploie done le mot < baka > ou bakalah pour < pleurer > (dans le
sens de prier), pour << se lamenter avec humility apres les mysteres > (dans le
sens d'implorer leur secours), action qui suppose les deux sens de l'eau rituelle
que les inities versent par terre au course des services voudoo pour saluer, prier
les loa et demander leur aide surnaturelle, de meme qu'on se signe avec de l'eau
b6nite en entrant dans une 6glise. Ainsi, c'est en << jetant l'eau > que l'initi6 pro-
duit sa demand, prononce ses voeux.








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doo repr6sente toutes les ldgions d'anges et toutes les ldgions de demons
auxquelles commandait le roi Salomon.
Le kabbaliste n'exagere done pas en disant que, a lui seul, le baka synthd-
tise toute la constitution rituelle, cultuelle, et pratiquement magique du
voudoo. Tous les mysteres se retrouvent entierement, en principle kabba-
listique, dans sa composition savante : il est A la fois charme magique,
garde magique, sacrifice magique, expedition magique, Ame terrestre, ame
celeste, culte, ath6isme, arme magique, menace et danger magiques, inter-
dit magique, hostie magique, divinity, d6monicit6, richesse, catastrophe,
santd, maladie, vie et mort.
Le ba-ka voudoo a une importance magique telle que tout grand initid
voudoo sait qu'il tient lieu parfaitement de toutes les pratiques possibles et
imaginables du culte et de la magie voudoesques. Cependant, l'on aurait
tort de croire que le principe-baka, en magie comme en religion, se trouve
limit au seul voudoo ; en cherchant avec quelque persistence, nous le re-
trouvons partout, mais sous d'autres noms. Dans la savante magie des tem-
ples d'Egypte, Osiris, comme mystere psychopompe, le personnifie, en y
remplissant le r6le que, dans la magie voudoo, RA Nibbho remplit, parce
que, dans la kabbale 6gyptienne, le baka a un double emploi qui, pour ceux
qui savent s'en servir, n'est pas un r6le de desharmonie, de discorde occulte,
mais plut6t un r61le d'harmonie, de conjunction heureuse, de fusion prati-
que, de rdussite magique.
Le baka, dans la magie d'Egypte comme dans la magie d'Haiti, prend
cette acception comprehensible meme au profane : le mystere ba ou bha
(qu'on retrouve dans le nom du mystere Dan-Bha-Lah W&-Do et dans celui
du myst&re nago Ba-cossou, par example) est l'Ame sup6rieure qui n'est
dans le corps materiel a partir de l'embryon foetal que pour lui inculquer
les notions du bien ; a la mort, il retourne dans les hautes atmospheres so-
laires ofi le culte voudoo puise son origine magique et il laisse le corps
mort et pourrissant se d6brouiller avec l'Ame inf6rieure avec laquelle il
partageait la chair (i).
L'Ame infdrieure est done le ka ou ca (qui fait dire que le corps est ka-ba
lorsqu'il est mort). Elle ne monte pas dans les hautes atmospheres du so-
leil, A la mort du corps ; elle reste, par nature, avec le cadavre, r6dant au-
tour, se repaissant de ses senteurs del6teres comme si la terre qui content
la pourriture de la chair en decomposition 6tait sa psyche. Elle habite me-
me tous les objets qui ont pu appartenir A son cadavre et c'est elle qui fait
peur, dans les maisons ofi il a habits, aux families du mort. Certaines ope-
rations magiques lui donnent une faculty terrible : certain houn'gan vont
recueillir le ka dans les cimetieres oii il reste naturellement A r6der et A
se nourrir de son cadavre ; ces houn'gan s'en servent ensuite pour < en-











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voyer un mort > prendre possession d'un ennemi, par exemple, et il faut
une operation magique sp6ciale pour << enlever le mort du corps > de celui
que le ka a possid6.
Ainsi, lorsque l'on apporte des fleurs pour les d6poser sur une tombe ;
lorsque l'on donne A manger > aux morts, c'est, consciemment ou non, le
ka que l'on allege symboliquement et magiquement : une bonne priere, une
jolie fleur, une belle musique adoucit ses instincts pernicieux et le rambne
aux atmospheres moins abyssales du tombeau. Mais le summum de l'aide
qu'on peut lui apporter consiste A le purifier magiquement au point de l'd-
lever a la hauteur du ba. Des sacrifices sp6ciaux tendent I cette 616vation
dans les rites voudoo, et cette sorte de sacrifice se range sous la d6nomina-
tion de < boulez zain les morts >, sous la denomination de < ouian-zain >>...
Pour les rites < froids >, la ddlivrance du ka se faith par le cassez-canari,
cdr6monie qui consiste, en substance, A briser un ou des canaris A coups de
baguettes et A en deposer ensuite les morceaux A un carrefour de routes ou
un autre lieu d6sign6. L'op6ration s'accompagne d'une musique funebre,
obtenue en battant des calebasses poses sur 1'eau, et don't le nom est b6-
houn'.
















La Constitution rituelle du Voudoo


En partant du ka-ba ou ba-ka comme synthese de la magie voudoesque,
on peut dire que la constitution rituelle du voudoo se limited A ces terms
qui (sans aller profond6ment dans 1'6sot6risme du culte) permettent aux
profanes de voir que le voudoo est une religion don't les assises pratiques
ne different nullement des autres, sauf par ce qui concern sa manibre per-
sonnelle de les mettre en spectacle :
/ 1. Le oum'phor (temple voudoo)
I son pe ou ses pe, son djdwo (chambre d'6preuves).
1 2. Le p6ristyle (ou tonnelle)
le poteau-mitan.
3. Les drapeaux rituels.
4. L'asson c6remoniel.
5. Les viv (diagrammes rituels).
, 6. Les reposoirs on arbres-reposoirs.
7. Les houn'sih can-zo.
8. Les batteries de musique sacr6e.
9. Le chceur.
II est entendu que nous n'offrons ici qu'une synth6se de ce qu'est le vou-
doo, en le montrant par ces 616ments nous reservant de les d6velopper
entierement plus tard par des ouvrages qui front suite A celui-ci et qui
comprendront tous les facteurs cdrdmoniels de la magie voudoesque abso-
lument revglds.
Les elIments prdsentes en ce moment offrent neanmoins un apergu qui
suffit A faire comprendre pourquoi le voudoo existe cultueliquement et
comment il se comporte rituiliquement.








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LE OUM'PHOR
Le oum'phor haitien resemble, a s'y m6prendre, au premier dessin que
l'Invisible de Moise lui communique pour qu'il put batir 1'arche d'alliance
et le tabernacle (*) : une court couverte ou non au milieu de laquelle 6tait cen-
sde plant6e la verge de Moise, et une maison carrie que prec6dait cette cour
avanc6e. Ces dispositions furent tant soit peu modifies par la suite dans
le but de montrer que ce qu'on appellera plus tard le << temple de J6rusalem >
n'avait rien A voir avec le voudoo. Nous avons pourtant expliqu6 ailleurs
que I'architecture des temples h6breux drive du oum'phor de l'instructeur
madianite de Moise : Rd-Gu-El Pethro, le pare de S6phora, cette negresse
qui deviendra la femime de Moise et que Moise pour des raisons qui 6car-
taient malheureusement la tradition voudoo oui il avait perfectionne ses
connaissances, rdpudia, apres qu'il lui eut donn6 deux fils, Guerschom (qui
signifie : j'habite un pays stranger) et Eli-Ezer qui signifie : Dieu-Secou-
rable).
L'histoire et la tradition voudoo ont mime retenu la source de cette rd-
pudiation sans laquelle, encore aujourd'hui, la synagogue serait toujours
dans le oum'phor : les intrigues de Marie et d'Aaron, frere et sceur de
Moise.
La tradition voudoo rapporte que Marie et Aaron se plaignaient sans ces-
se, disant que Moise n'aurait jamais dfi 6pouser une n6gresse (S6phora 6tait
6thiopio-madianite) et qu'il n'aurait pas df lui faire des enfants (qui 6taient
par consequent mulAtres). Alors, le Grand Mystere qui, dans le oum'phor
de Pethro (qui fut sacrificateur A Madian), avait 6t6 donnd voudoiquement
comme maitre-tete A Moise, apparut, courrouc6 A Marie et A Aaron, en s'in-
carnant dans un cheval just A l'entr6e de la tente d'assignation. Apres leur
avoir s6verement reproch6 leur conduite, le mystere voudoo frappa Marie
de la lipre blanche.
En principle, le oum'phor a done maintenu, en Haiti, la forme qu'il avait
chez Pethro, A Madian : un p6ristyle ou tonnelle precidant un corps de bi-
timent representant une ou plusieurs chambres.
Certains oum'phor se passent du p6ristyle. Mais c'est rare.
Lorsque le oum'phor proprement dit comprend plusieurs chambres, ces
chambres peuvent 6tre autant de pieces consacrees a des autels eux-mnmes
consacr6s a des mysteres ; autrement, tous les mysteres sont logs dans la
mrme pi&ce, avec des autels separds. Parmi les chambres d'un oum'phor se
trouve une chambre don't le nom est djio6 sur laquelle nous reviendrons.

(*) Bible. EXODE : XXXV, 10 et ss. ; XXXVI. Dans la construction primitive de
Moise, sa verge a la place qu'occupe encore le poteau-mitan dans le p6ristyle du
oum'phor voudoo.









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Dans la chambre servant de oum'phor, il y a une sorte d'antichambre
form6e par une tenture de couleur s6parant la pi6ce en deux parties : il y
a done l'antichambre et le saint des saints que cache la tenture. Cependant,
cette separation ne s'impose plus A tous les oum'phor haitiens. Dans le
oum'phor ou plus pr6cis6ment sur les murs intdrieurs du oum'phor, sont
souvent points des attributes de loa, des vivo (diagrammes rituels), des noms
de loa, parmi lesquels on voit, en premier lieu, les deux couleuvres rituelles:
Danbhalah WVdo et Aida Wedo, les formes sup6rieures de Legba et d'Er-
zulie, et, tres souvent, le bateau d'Agoneh R Oyo, 1'6poux oc6anique d'Er-
zulie.
Nous donnons, dans l'ouvrage, une photographic qui laisse si bien voir
ce qu'il y a en g6n6ral sur ces murs et sur 1'autel du oum'phor que cela
nous permet de ne pas en d6crire davantage l'int6rieur. (Voir fig. 21).

LE Pi

I Le Pe voudoo est simplement la pierre de l'autel et I'autel lui-meme.
Le mot, dans le dialect dahomeen, par example, est kpd, qui signifie en
effet < pierre >>, expression voudoo qui laisse comprendre que Moise est
aussi pros du voudoo que l'est le catholicisme remain !
Sur le pd, se trouve une quantity fantastique d'objets relatifs au culte et
aux rites : hochets rituels, cloches, pierres kabbalistiques dou6es de pou-
voirs surnaturels et appel6es pierres-tonnerre : elles relbvent surnaturelle-
ment du mystere voudoo que les Haitiens appellent Qudbieson le Ki-
viesu ou Hdviozo des Dahomdens, des Fons, des Nago. Evidemment, ces
pierres, source scientifique du voudoo, sont personnifi6es par le mystere
Legba Ati-Bon, parce que la pierre, en occultisme, est le Christ, et que Legba
est, lui aussi, le Christ du voudoo. C'est ainsi que le baton qui repr6sente
symboliquement la Foi, en religion et qui est I'attribut majeur de Legba,
est non seulement le principal ornement rituel du oum'phor, mais s'ap-
pelle aussi du nom de la pierre : kpe, avec des variantes : kpo, kpa...
La photographic montre le pd et tout ce qu'on peut d6poser dessus ou
contre : drapeaux, pots-de-tite (pots dans lesquels se trouve, grAce h une
operation magique, une parties du ba des voudoisants appartenant au oum'
phor), armes magiques, chapelets, colliers rituels, livres d'occultisme, et
meme les tambours (fig. 21).
Le houn'gan ou la mam'bo s'appuie sur le pe lorsque, enferm6 dans le
oum'phor, il appelle les loa dans le govi (un canari dans lequel descendent
les myst&res quand ils sont appel6s).








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LE DJEVO

Le djdv6 est simplement la chambre d'initiation et, d'abord, d'epreuve.
Les recipiendaires (hougnior) y sont enfermes dans un but de pr6para-
tion scientifique traditionnelle et de purification. Ils y sont couches, sur
des nattes de jonc et sur des paquets de feuilles ripondant, chimiquement
et symboliquement (car les feuilles jouent un r6le preponddrant dans la ma-
gie voudoesque), au caractere des loa auxquelles doivent 6tre vou6s les impd-
trants. Us y passent un certain nombre de jours prescrits et en sortent pour
recevoir le grade qui leur est destined.
Nous avons vu souvent le djdvd servir de magasin, de ddp6t, au oum'phor,
meme lorsque des hougnior y 6taient couches.
Un regime alimentaire ad6quat au degrd d'initiation des r6cipiendaires
est relatif au s6jour dans le djdv6.
Dans l'initiatique africaine, le mot djd-vo ou ji-vo dit bien ce qu'il veut
dire et ce A quoi il sert architecturalement : ji ou dje (cr6er ou donner, con-
f6rer) vo ou v6 (une hauteur, une 616vation). Le mot signifie done en clair :
crder un grade, conferer un grade, donner un degrd, clever a un degrd ma-
gique. Le terme << hauteur >) ayant aussi, en occultisme, le sens de << pou-
voir >, djevo veut aussi bien dire : conferer des pouvoirs magiques au rd-
cipiendaire. Le .<< recipient > ou la chambre du oum'phor qui << recoit > le
< recipiendaire > est alors le djevo.
Le dj6vo repr6sente la tombe, et mime la mort par consequent : une
mort qui lave le hougnior de sa vie passee faite de souillure que la chambre
d'6preuve est charge de supprimer. C'est pourquoi Saint Jean dit que ceux
qui ne sont pas morts ne savent pas la vdritd.
Le recipiendaire, sorti du dj6v6, passera done par le peristyle pour aller
au soleil levant, symbol astral de Legba A ti-Bon, presenter son Ame iavie
a Saint Nicolas.
LE PERISTYLE

A de rares exceptions, le p6ristyle est de forme rectangulaire. Plac6 de-
vant le oum'phor proprement dit, presque tout ce qui se fait dans le oum'
phor passe par le p6ristyle ou y aboutit.
C'est sous le p6ristyle voudoo que se pr6parent les ceremonies et c'est lb
qu'elles s'y font. L'axe de ces ceremonies se trouve au centre exact de son
rectangle ; ce centre mystique et rituel est consid6r6 comme le milieu du
ciel, par son sommet, et comme le centre de l'enfer, par sa base.
Le p6ristyle sert de << refugium >> i tous ceux qui << visitent > ou vivent
dans le giron du oum'phor. C'est, la plupart du temps, la qu'on fait cou-








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cher les malades en traitement ; c'est 1A aussi qu'on les traite, ou du moins
la majeure parties du traitement s'y diroule (*).
Le p6ristyle sert encore A beaucoup de fins : il s'y trouve les bancs sur
lesquels les houn'sih du culte s'asseyent pour aider a l'office voudoo ; c'est lA
que se rangent les musicians sacr6s et leurs instruments, instruments qu'on
voit, accroch6s ou non aux traverses de la construction en dehors des
ceremonies (**). Assez souvent, l'une de ces traverses du plafond support un
petit bateau affect h Maitresse Erztulie ; ce bateau fait dire que le mystere
Erzulie est monte.
Le choeur voudoo se tient aussi, pendant les services, sous le p6ristyle,
le plus souvent devant la range ou les ranges de bancs sur lesquels sont
assis les autres houn'sih ; ceux-ci sont charges de faire les r6pons au
chceur que dirige un des houn'sih plus grad6 (le plus souvent une femme)
qui porte le beau nom de houn'guinicon.
La ou le houn'giunicon, apres le houn'gan, est le personnage le plus spec-
taculaire du p6ristyle. Elle y dirige le chceur en << envoyant > les chants
avec des movements de danse, allant et venant devant les houn'sih, dans
des gestes de bras et de mains qui la font ressembler h un arbre magnifi-
que agit6 par la brise. Avec le houn'gan, elle conduit les ceremonies et c'est
sa function qui est A la base de la magie du son par quoi le voudoo < ap-
pelle > ses loa et les fait < descendre > assister ou participer aux services ri-
tuels. Sa fonction est d'autant plus important, sous le p6ristyle et meme
ailleurs, que c'est elle qui << envoie > les chants rituels necessaires A l'ob-
tention du contact des loa dans l'astral. Toute la magie chromatique repose
sur ses connaissances : elle est Il'Ame sonique du p6ristyle.
C'est d'ailleurs a cause de ses connaissances relatives, surtout, aux chants
liturgiques, que le dictionnaire de la tradition donne cette acception h son
nom :
Houn' : tambour (ou tout instrument de musique sacred .
gud ou jd : suppose 6tre.
nukon ou nikon : la premiere.
voudoun-sih : des houn'sih (ou : des femmes).
Le peristyle n'est jamais pave, carrel6 ou cimentd mais toujours de
terre battue. C'est lh que se font les danses rituelles, et, la plupart du
temps, c'est la que sont < months > les chevals ou chouals des myst&res.

(*) Les malades sont aussi traits dans des < cailles >, bities a cet effet dans
la cour du oum'phor.
(**) Les tambours sont aussi appuy6s centre la maconnerie du pe ou ranges dans
uine chambre speciale, dans le bagui.








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C'est aussi l1 qu'6voluent ces chouals, qui n'en sortent parfois que pour y
revenir, attires, en grande parties, par les chants.
C'est encore sous le peristyle, par terre, que le houn'gan trace le plus sou-
vent, les diagrammes rituels (vev&).
C'est le p6ristyle qui recoit toute la decoration du oum'phor, surtout h
l'occasion des c6r6monies. Le principal motif de cette decoration consiste
en des guirlandes de petits drapeaux le plus souvent aux couleurs (et
aux armes) du drapeau haitien : bleu et rouge que 1'on accroche en tous
sens en I'air comme pour faire un plafond de drapeaux au temple. Mais
I'une des habitudes decoratives les plus frappantes est de toujours placer
le portrait du chef de l'Etat sous ce p6ristyle : cette habitude vient probable-
ment du faith que, traditionnellement, les monarchies africaines sont de droit
divin, et, bien que le droit divin semble n'avoir plus grand chose a faire au-
jourd'hui quant A l'accession aux tr6nes d6mocratiques, la coutume n'en
a pas moins subsist.
II faut dire aussi que la raison majeure qui aujourd'hui preside A
cette coutume est plutot une obligation de flatter, parce qu'en flattant le
chef de I'Etat haitien qui, surtout depuis le Concordat sign par Geffrard
avec le Saint-Siege, a encore plus de motifs pour traquer le culte voudoo,
la tendance est d'adoucir les rigueurs d'un 6tat de choses dirig6 officielle-
ment contre les loa. Ce palliatif est d'autant plus utile que rien n'est plus
ridicule que cette rigueur legale.
Le p6ristyle sert encore a tous ceux qui viennent ou peuvent ve-
nir assister aux ceremonies. II est bord6 par un muret, g6ndralement, don't
la hauteur ne d6passe pas celle de la poitrine d'un homme, de telle sorte que
les curieux qui ne sont pas trcs habitues a un oum'phor ou ceux qui sont
plut6t mal v&tus pr6ferent se mettre derriere ce muret pour voir ce qui se
passe de l'autre c6t6 sans se faire trop remarquer.

LE POTEAU-MITAN

Le poteau-mitan voudoo est ce qui s'y trouve de plus important.
D&s qu'un stranger arrive sous le p6ristyle, c'est sa presence d'abord
architectural qui le frappe, et qui le frappe le plus. Ce poteau est, ar-
chitecturalement, appel6 ainsi parce qu'il est plac6 just au milieu du pe-
ristyle. II est vrai de dire que quelques rares oum'phor d6rogent A la tradi-
tion du < just milieu >> et le placent, ce poteau, plus A gauche ou plus h
droite.
Nous avons vu certain p6ristyles qui en comptaient deux, s6parant le
peristyle en trois parties gales. Ailleurs, dans la champagne des Gonaives
(Nord-Ouest d'Haiti), nous avons meme pu voir un oum'phor oii le poteau








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n'est pas du tout au milieu du p6ristyle, mais bien au milieu du oum'phor
proprement dit.
II y a ceci a retenir : m6me quand un temple voudoo n'a pas de poteau-
mitan (c'est-a-dire de poteau-mitan visible), il en poss&de un : invisible.
C'est ce qui se produit pour le remarquable bagui dahom6en de La Souve-
nance, ce bagui renomm6 ofi le signataire du Concordat, Fabre Geffrard,
avait 6t6 promettre months et merveilles pour 6tre president d'Haiti : dans
ce bagui, on ne voit aucun poteau-mitan ; le p6ristyle un des plus grands,
sinon le plus grand que nous ayons vu n'est soutenu que par des poteaux
de pourtour, int6rieurs et extdrieurs formant comme deux p6riphdries a la
construction. Dans ce bagui, le poteau-mitan est savamment remplac6 par
un d6cagone en relief clou6 au plafond, just au milieu du plafond : un
plafond 6toil6 !
Gen6ralement plac6 au centre de p6ristyles rectangulaires, le poteau-mi-
tan est plant ordinairement dans un socle circulaire don't le bloc de ma-
connerie est le plus souvent creus6 de niches ou d'une niche don't la forme
est presque toujours triangulaire. Ce socle de maconnerie peut 6tre de deux,
de trois stages formant comme des marches circulaires, ou d'un seul etage
- voire sans 6tage, c'est-A-dire formant une seule march.
Ce socle est parfois dans un nombre plus restreint de bagui conique,
mais toujours avec une ou plusieurs niches triangulaires.
Le poteau lui-mime adopted davantage la forme carrie, avec trbs peu de
variantes rondes. Sa hauteur qui accede au plafond est comme enru-
bann6e d'une spirale don't les couleurs different selon les rites et les loa qui
sont services 1a ofi les couleurs sont appliques. Comme il a djai 6td dit que
les deux loa sup6rieures du voudoo sont deux couleuvres (Danbhalah Wido
et Aida Wedo) (*), il est facile de voir que la spirale en couleur en est la
synthese ; la synthese rituelle.
Plant ainsi, le poteau voudoo repr6sente le mystere-principe du culte :
Legba Ati-Bon, don't la formule Ati ou Adi-n est un bois (le poteau, juste-
ment) et un bois just, un bois de justice figurant les << hauts lieux >>
de la Bible parce que juche sur son socle. Le socle voudoo repr6sente alors
la << montagne sainte > des Ecritures.
Le poteau-mitan des loa est done alors bien le bois de justice de la Loa,
- la LOA, ensemble et synthese de toutes les loa voudoo ou de tous les
mysteres voudoo, 6tant personnifiee et d6ifiee par le Mystere Danbhalah-Y&-
H-Wi-Meto-Lon-Fin, don't seul le nom Danbhalah, Dambhalah, ou Dombha-


(*) La couleuvre Ai-Da repr6sente la connaissance (ai) des divins mysteres (da).








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lah, Donbhalah, Sambhalah, Xambhalah a Wte conserve en Haiti, les varian-
tes s'appliquant i des regions g6ographiques diverse (*).
Partant, ce poteau est < mitan > ou << plac6 au milieu >> du peristyle par-
ce qu'il est l'axe cosmique, et 1'axe cosmique de la magie voudoo voire
meme de la magie universelle. Non seulement en le pregnant avec l'horizon-
tale de son socle, il compose, comme verticale, une croix don't les dimen-
sions p6riph6riques se trouvent 6tre r6gulierement et kabbalistiquement
le CARRE PARFAIT, mais cette perfection geometrique realisee sous tout
le p6ristyle oblige a le prendre pour MAITRE DE MAGIE.
En effet, ce p6ristyle r6alise gdom6triquement :
-- le mitan ou milieu qui est le point sans dimension ;
-- le rectangle ou carr6 long ;
le cercle ;
le triangle ;
la ligne droite horizontal ;
la spirale ;
la ligne courbe horizontal ;
la ligne vertical ronde ;
l- a ligne vertical carree ;
l- e carrd parfait ;
la croix ou droites interf6rentes ;
le triangle 6quilat6ral et le triangle isoc61e qui finissent tres souvent
le poteau contre le toit.
D'autres objets que nous n'avions pas mentionn6s et qui sont accroch6s
aux traverses du p6ristyle ax6es par le poteau-mitan (tels que calebasses,
paniers, laiers sortes de paniers plats oriflammes) compl6tent le sens
geometrique du culte. Ce sens revele pourquoi le myst&re Danbhalah cor-
respond non seulement au Grand Architecte Cosmique (le Grand Architecte
de l'Univers) qui est GRAND MAITRE DE MAGIE, mais explique pourquoi
Dieu est d'abord gdometre.
D'accord avec cette perfection gdom6trique don't Legba A ti-Bon est lui-
meme l'axe et la perfection, le poteau, que personnifie et d6ifie Legba, im-
plique et explique la Resurrection car Legba qui, ici, est, A la fois, la
pierre de la maconnerie de son socle et le bois du poteau, est le CHRIST
VOUDOO.
En terms moins gdom6triques, 1'ensemble poteau-socle est ceci :
poteau : milieu du ciel,
socle : centre des abimes.

(*) Dans le Nord, par example, A Nan Campeche, on dit Papa Dambara.








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Ces terms indiquent nettement pourquoi les offrandes sont d6posees ou
sur le socle A la disposition d'une loa ou d'une autre, ou pour Legba lui-
meme : l'offertoire ou table de propitiation qu'est done ce socle implique A
la fois une penitence cache dans l'obligation de sacrifier h la divinity
et un haussement spiritual qui est masque par la forme vertical du bois.
C'est ainsi que l'objet qui frappe le plus sous le p6ristyle est le fouet ac-
crochb au poteau fouet qui symbolise l'obligation p6nitentielle elle-m&-
me et le rachat de la penitence, par l'esprit de la correction de la matiere
offerte propitiellement dans la forme du sacrifice rituelle et par le sens oc-
culte du commandement (magique ou non). Ce fouet represente done, du
meme coup, la Foi et la Maitrise.
La couleuvre de couleur en spirale peinte sur le poteau est le symbol de
Danbhalah ou Grande Maitrise.
Le poteau-mitan qui porte la couleuvre et que la couleuvre explique est
le symbol de Legba ou Maitrise.
Le socle ofl est plant le poteau qui porte la couleuvre est le symbol de ce
que sera le haussement de la matiere du sacrifice d6pos6 dessus et que les
myst&res sont census accepter, prendre, et enlever dans les atmospheres su-
perieures. Le socle, lorsque le sacrifice materiel devient spiritual par cette
le6vation de la matiere offerte, est done n6cessairement Maitresse : Mai-
tresse Erzulie.
En terms sans doute plus spectaculairement rituels, le poteau 6quiVaut
au feu rituel (*), et son socle 6quivaut h l'eau rituelle que l'officiant est
kabbalistiquement oblige de presenter aux quatre directions cardinals de
la croix formee par le poteau et le socle pour d6clencher les possibilitis in-
visibles de su magie.
Parce que le fouet qui y est suspend implique la correction des forces
magiques (leur purification) et que, forc6ment, le socle est son complement
contraire (architecturalement et spirituellement parlant), les membres de
la socift6 voudoo qui sont punis pendant une c6r6monie sont envoys con-
tre le poteau et sur le socle pour purger leur peine. Cette position correc-
tionnelle, rituelle et cultuelle s'explique du fait que le socle symbolise geo-
m6triquement les Abimes ou les loa abysmales, que la forme c6lestielle
du poteau punit et rachete.
Cette forme cdlestielle explique encore pourquoi, d&s qu'un voudoisant est
en d6tresse ou a besoin d'un supplement de force, il vient embrasser le po-
teau geste que font tres souvent les plus grands officiants eux-memes,
surtout lorsqu'ils saluent le poteau avec l'eau don't la correspondence est
justement le socle !


(*) Can.








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Nous avons vu des poteaux sans socle : la terre dans laquelle ils sont
plants represente alors les abysses et les abimes.
En tout 6tat de cause, le poteau est 1'axe rituel de toutes les ceremonies.

LES REPOSOIRS

Trone d'arbre 6quarri, le poteau explique l'utilit6 et le caractere magi-
ques des reposoirs qui sont des arbres : arbres-reposoirs (*).
R6ciproquement, les reposoirs expliquent la function synth6tique du po-
teau : ce sont des arbres servant d'asile et d'oasis aux loa, dans la cour des
oum'phor. Les mysteres y logent en permanence et ces arbres sont honors
comme des divinites qu'ils sont effectivement. On y donne A manger aux
myst&res sur leur socle de maconnerie construit A l'image du sole du po-
teau ou autrement. Des niches carries ou triangulaires sont pratiquees
dans ces socles ofi, souvent, brilent des cierges entourds de nourritures sa-
crees offertes en sacrifices. Au lieu de socle, c'est souvent une forme de has-
sin qui entoure le << pied > de ces arbres-reposoirs.
Les ceremonies se d6roulent souvent autour de ces arbres, ainsi que des
danses rituelles. Pour cela, les tambours sont amends tout pros de ces ar-
bres sacr6s oft loge souvent une couleuvre, symbol de Danbhalah Wedo.
et d'Aida Wedo. Les reposoirs sont d6cords et meme points aux couleurs fa-
vorites des loa auxquelles ils appartiennent 6sot6riquement, et, les myst6res
que repr6sentent ces loa y grimpent parfois lorsqu'ils descendent dans la
tIle d'un adepte.
La religion catholique a, elle aussi, conserve le principle voudoo de F'ar-
bre-reposoir, par ces reposoirs constituds de branches d'arbre que edlbbre
le rituel c6remoniel et magique de la grande procession de la fete-dieu.
Chaque loa a son arbre ou ses arbres-reposoirs. Pour ne citer que le mys-
tere Legba, comme il y a plusieurs Legba, nous l'avons vu diversement dans
un chine, dans un parkynsonia, dans un m6decinier-b6ni.
L'arbre de choix du mystere Danbhalah est plutot une liane : une liane,
parce que, comme essence v6g6tale, la liane rappelle davantage la flexibility
et la reputation de la couleuvre comme spirale sur le poteau-mitan. Cette
liane est la calebasse courante don't on prend le maitre-instrument magi-
que du culte : l'asson du voudoo don't nous parlerons bientot.
Voici quelques arbres-reposoirs de mysteres voudoo (ces essences varient
avec les regions et avec les << points > ou les < pouvoirs > des loa) :

(*) Des tas de pierres servent souvent de reposoirs aux mysteres. En principle,
un mystere peut demander qu'on lui consacre n'importe quel objet comme repo-
soir, voire le corps ou le coeur d'une personnel. La figure 27 montre un arbre-re-
posoir.




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LA TRADITION VOUDOO ET LE VOUDOO HAITIEN ( Son Temple, ses Mystres, sa Magie)

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MILO RIGAUD LA TRADITION VOUDOO ET LE VOUDOO HAITIEN (Son Temple, Ses Mystres, 50 Magie) PHOTOGRAPHIES DE Odette MENNESSON.RIGAUD fiDITIONS NICLAUS 34, Rue Saint-Jacques PARISV 1953

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7( Copyright hy Editions NicJaus, H153

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DU MEME AUTEUR En preparation: Vcve. Les Maraa (jumetlux voudou) Le Voudoo Astrologiquc. La Technique Soltlire du Voudoo. Legbha ou le Bton Magique dans l a Kabbalc. Le Tambour AssThor ou Erzulih habille du soleil. Le mystre Dambhalah Hwd o ou les c olliers rituels.

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PREFACE Dans la Traditio n V oudoo (1), l e m ys t re qui es t l a g arde magique du tronc d'arbre pri s comme axe cosmique des p ristyl es de s oum'phor se n omme Loko .iii-sou ou Ati-Dan l M Loko formul e a fro-h atienne qui s ignifi e e n subs t a n ce : Grand Arbre -Sec figurant une couleuv r e ganie ( dra gon, boa, caman, aga nman, lzard anolis) q ui poss d e tous l es sec r ets du V e rb e Crateur ou du Langag e Magiqu e m agnifi par la Musi qu e Sacre. EL c es t a in si qu e l e mystre le plus important du oum'ph o r voudoo es t la co uleuvre androgyne Da ( n ) bhalah \Vda-A Da W do. Parce que da, dans le s formule s, s i gnifie cou leuvr e ou serp e nt. Au lieu de n o u s livr e r personnellement une l o ngue anal yse de ce mys t re par rappor t a u Voudoo que n o u s allons d c rire, n ous pr f rons faire a bstracti o n d e t outes considra ti on s per so nn e lle s p our expliquer scie ntifi quement l a cou l euvre lIoudoo par ces lignes d e Don Nroman tires d e c: La L eon de Platon ( 2). Ces lignes di sent ce r tai n e m ent davantage que t ou t ce qui viendrait d'un adepte voudoo o u d 'un sotriste hatien, car elles ne peu vent pas a l o r s tre t axes de partialit. c: D a n s la mytholo g ie, l e serpent est t oujours m l aux emblmes de l a Connaissa n ce. E n Egypte, il es t l' attribut d'Isis la M agicienne, c 'e s t--dir e celle qui co nnat les sec r e t s des pierr es, d es pl a nle s e t d es animaux. celle qui connait l es maux e t leurs r e m des, ce ll e qui ranime le cadavre d'Osiri s. lui rend l a v ie. e t d onne l'immortalit. Dans ce cas, l e serpent es t lov sur lui-m me, en un anneau ferm, qu eue en b o uche, et c'es t jus t e m ent so u s cette f orme d Our oboros qu'il est l'embl me de la vie t oujours reno uv e l e touj ours renaissante de ses prop re s Jbris ; l'embl me en un m o t, du cycle t e rnel. c: Dans l'hymne Osiris (st l e qui da t e e nv i r o n de 3 4 sicles), Isis la Magicien ne d o it sa maternit des m oye n s surnaturel s, emprunts la m agie ; elle rend au cadav r e d'Osiri s sa pui ssa n ce virile. e t c'es t la m o mi e d Osiris qui l a fconde. (1 ) S'crit aussi vaudou. M a is l 'ort h ograp h e tra diti onne lle est bien voudoo (2) Niclaus, dit e ur

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10Le serpen t-naja es t reprsent par l'uraeus sur le pschent, coiffure my31c ; il !J .\'ymbo lis c la divinit ct la royal/l, ct aussi la sci ence (qui est ]':lllrihut dll divin c t du pha l'non-roi-initi ) parce qu' il reprsent e les deux iliyisions du c iel l'Orient ct J'Occident. $: Dans 1:1 Bibl e, dans l e Livre des Nombres, quand le peuple juif maudit j\f oisc cl son Dieu, l e ciel le c htie en lui envoyant des serpent s aux morsures hrillnnlc s ; et Mos e s ur J'ordre de Dieu conjure le flau en faonnant un serpenl d'airain, qu'il suffil il chacun de contempl e r pour tre guri. L e serpen t sa il modeler son corps sur l a s piral e comme su r le cercle, courbes c vollllivc., ; il sail fabriquer le s venins et leurs contre-p oiso n s qui "immunisent, lui si redoutablc ; l a g l ypti qu c ancicnne abonde en c. s erpents buveurs flail'ilnl l e rcmde dans la c oupe mdicale Les serpents s'e n roulent au tour du caduce; i l s sont les armes parlantes de l a pharmacie. El l o r squc, d:1ns In Bib le, Eve ne peut r etenir sa curiosit d e science, c'est l c serpent qui la g uide, qui lui livre la cl de la .connaissance, sous la forme mystrieu se de la Pomme, dont l a se ction inhabituelle (et sans doute indi cluce p al' l e Serpent) prscnte lc pentagone et le dcagone, rvlateurs du Nombre d'Or. Eve n'cst nutre qu' Isis; elle veu t connatre l a magic: et so n initiateur se rn le serpent dont s'ornern la co iffur e des initis. Pourquoi l Antiquit parmi tant d 'a nimnu x div e rs at -elle c hoi si l e Scrpent co mme tant l'Initi? On n e saurait le dire en: t oute certitude; m3is il es t hon d'observer que ln Science Moderne, si elle ava it foi dans le sy mh olisme, nppl'Ouverait ce choix .. C'est chez le Serpent qu'apparat l'il pin e al cet il central des cyclo p es, que les occ ulti s te s co n s idrent comme l'organe de seconde vue; les l zards ont tous la partie s uprieure du crtl ne, ce .c. trou pinal qui con Lient la g lund e pinale r elie au cerveau par un nerf. .cet il es t pour l a race humaine l'hritage du Serpent. Et nou s voyons bien, en tudiant l 'volution qu e l se n s du monde possde le Ser pent, qu elles possibilits furent les siennes. de l'eau, il s'est lanc "ers toutes les c onqutes. m me celle de l'eau, titre de retour sous S:l forlll e nouv e lle ; e t il s'est divis en se rpents nageurs, serpen t s marcheurs, sc r pents volant s. 11 :1 s u f aire les doigts adh sifs du gecko, qui lui permettent d e courir so us J e plafond l e plu s lisse, et le parachute du Dragon Vo l:lnt, co mplt pal' un gouvernail de drive sous l e menton. Et, pour conqurir la t otalil du continent, il a su sc di viser sur la plus formidable bifurcation d e l' volution a nimale, celle qui, partant de l a mme origine a duit l es uns vers lc s oiseaux e t l es autres v e rs les m ammif res. Il Mais en outre il a cr t o ute une c himie du venin, que le s oiseaux et les mammifres ont perdue en rQute ; il l'a complte par un appareil d'ino culatio n dont les progr s ressemblent tr angcment ceux d'un appareil

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-umcanique perfectionn au cours du lemps ... el on a pu dire que la seringue injection de Pr avaz n 'es t autr e ment con s truit e que cet appareil d'inoculatian: Pravuz a copi la vipre aspic. Les pythoni sses qui r e ndai ent le s oracles tenaient leur don de proph t ie du S erpent Python ... Mais si l'o n r e fu se d e croire a u x lgend es des pytllO nisses de D e lphe s, ou d'Endo r toujours inspir es par l e Serpent comme I sis c hez l es Egyptiens ou Eve c h ez l es Hbr eux, on peut t ou j ours se p e n c her sur les C aits d e notre t e mp s. Or n otre t emps connat le B oa Empereur :II qui fui un objet de grande vnration c hez les Inc as. sous le nom de Ser penl-Devin Aux Antille s. on lrouve so n trs pro c he parent, appel le B o a Diviniloqu c par l es Indiens. Et qu'e n dit l a Science mat riali s te ? q:: L'a nimal est nu dans la nature, alors que en n o u s calfeutrant sous des vtements et dans des logis, n o u s nOliS sommes cuirasss contre de s ondes que nou s n e per cevo n s plu s 1\ n' es t pas certain videmment, que l'atrophi e presque totale de l'il pinal s uffi se expliquer l'm o u ssement de tant d e fa cults dont l es autres vert br s jouissent; m ais ce tte atrophie : 1 certainement entrai n des pertes; e t puisque so n dbut remonte la di vision des Serpents e n Oiseaux et Mammifres, nou s sommes o blig s d e conclure que l 'il pinal du Serpent peroit plus int e n sment que ce lui d e tou s les autres vertbrs terres tres et que, dans t oute l a mesure o cet il peroit l'occulte, l e Serpent est /ln voyant l o 1'!1omme est dans la nuit. of M ag icien pu isq u'il cannait l es venins et l a spirale, devin puisque so n il pinal voit l'oc c ulte l e Serpent est en outre mus i cie n, e t sa n s doute ces trois facults ne sont-elles que l es tro is aspects d'une se ul e : l e sens de la quatrieme climension ... 4: Un jour, Colombo, je contemplais un psylle qui charmait louLe une petite troupe de najas ... J voquais la loi des Nombres, celle de l'inversion magique qui s'exprime p a r la musique, et qui Ollvre une f ent r e sur la quatri m e dimension, le temps ... il Il est donc po ssi ble que le Serpent, avec so n oreille se n si bl e la musi que et son il pin a l se n s ibl e l'oc culte, se dandine dans l a batitude de la contemplation du Nombre, en tendu dans le Rel e t v u dans l'Occulte ; l a Musiqu e es t, pOUl' lui comme pour l'Homm e l'aspec t charmeur el enivrant d e la Science du Nombre, donc du Cosmos, aride en ses chiffres abstraits, prenante e n l'enve, 's harmonieu x de ces abstractions 'b. Le voudoo n e dit pas qu'i l es t possible que la cou l e uvre ... Avec certitude -et un e certitude qui donne de s r s ultats phnomnaux visibles toutes l es h el1l'es du jour et de la nuiL -DanbllOlah e t Mda W d o inspirent le s voudoisants hatien s. comme Eve c he z l es H breux comme Isi s chez les Egyptiens, comme le boa empereur c h ez l es In c a s, comme le

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12-boa divinil o qu e pour l es Indi e n s, comme le Python pour l es pythonisses d'Endor, de Delphes e t d'ailleurs. Erzulic d a n s l e voudoo, es t Eve et I sis a illeur s. et, com m e alleurs, e t sa n s d o ute m me avant, elle est l e m ys t r e de la musi que. Exemple: une Er ;zuLie Frda, qui adore l'accordon, et qui aime qu'o n e n j o ue p our qu'elle vienne p oss d e r un adepte vou d oo. Personnellement, n o u s l'avons vu des cendre dans l a t t e voudosanl C ) au so n de l 'accordo n puis, vo lu e r avec une satisfncLio n diffi c ile dpeindre au son du m m e i nstrument. Il n' cs t do n c pas t o nn ant que, dans l e livre que n ous alIo n s c rire sur l e vourlOQ, l e sy n crtisme m agi que el le sy mb olisme fassent figurer le m ys t re Danblwlah par Saint Palrice ; parce que Saint Patrice l ance l a co ul euvre dans J'ea u d'o elle sortira pour r emplir l e f or mid a bl e r l e que vient d e nous pr sente r Don Nroman. L'il p in a l du serpent (to u jours appel couleuv r e dans l e vou doo) per cevan t plus in t e nsm e n t que ce lu i de t o u s le s autres vert br s t e rr est r es dans l a mesure o cet o r ga n e p ero it l' Occu lt e le l ecteur comprendra sans difficult que l' asson (l'in strument matre de la m agie voudoesque) so it orn de ver t ebres de couleuvre pour pouvoir obtenir sa puissan ce ph n omna l e e t diriger tou s l es mystres de l 'Occulte '. Le principe de divination r eprsent dans l e culte voudoo, par la cou l euv r e D a nbhalah n'est pas personnel aux oum'pllOr ( templ es voud oo) Il n'e s t que d e cop i e r cette remarqu e d e l 'abb Barthlemy dans V oyage du Jeune Anach arsis en Grce p our donn e r une i d e d e so n univ e rsalit: c De retour A r gos. nou s mont m es l a citade lle o nou s vmes, dans un t emp l e de Minerve. une sta tu e de Jupiter, co n se r ve autrefo i s, di sait-o n, dans l e palai s de Priam Elle a troi s yeux, don t l'un es t plac au m ili e u du fr ont, so it pour dsigne r que ce dieu rgn e galemen t dans l es cieux, sur l a m e r et dans l es en fers so it peut-tre p ou r m ontre r qu'il voit le pa ss, le prsent et l 'aven ir ... C'es t ai n si que le s pythonisses ti ennent leur don de l a co uleu vre. En m ontrant qu'il n'y a pas que d a n s le s oum'ph o r vo ud oo que la cou l euvre Danbhalah r g ne. un autre p assage du Voyag e e n Grce corrobore l es i des d e Nr o m a n sur l es con n aissa n ces c ,himiques du dieu africain : D a n s l e t emp l e d'Esculape ... l a voix d ivine presc ri t a u x m a l ades les r e m d es d es tin s l es g u rir. Les serpent s e n gnral sont co n sac r s ce dieu, soit parce que la plupart ont des proprits d ont la mdecine fait u s ag e ( ) Prononcez toujours voudosanl.

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13 -soit pour d'autres raisons qll'il est in utile de rapp o rt e r : mais Esculape parait c h ri r spc i a lement ce ux qu'on trouv e dans le territoire d'Epidaure, et d ont l a co ul eur tire sur le jaune. Sans venin d'un caractre doux e t pai sible. ils ai m ent vivre famili re m ent avec l es h ommes. Celui que l es pr tres entre ti e nn ent d a n s J'intrieur du temple, se r e pli e quelquefo i s autour d e l eur corps o u se r ed res se sur la qu e ue pour prendre l a n ourriture qu'on lui prsente dans unc assie tt e : on le l aisse rarement sor tir ; quand on lui rend sa libert. il se promne avec m ajes t d a n s les rues ; e t comme so n appa riti o n es t d'un h e u re u x prsage, elle excite une joi e universelle. Le s uns le r espec t e nt, parce qu'il est sous la prot ec ti o n de la divinit tut laire du lieu ; l es autres se p ros t ernent e n sa prsence, parce qu'il s le dent avec l e dieu On trouve de ces serpents f a mili e r s d a n s les a utre s temples d'Escu lape, dans ce u x de Ba cchus e l d e quelqu es autres vinits. Il s sont trs communs Pella, capital e de l a Macdoine. L es femm es s'y font un plaisir d' en lever. Dans l es gra nd es c h aleurs de l' t elles l es entrelacent autour de leur cou, en f o rme de co lli er, et d a n s l eurs o r g ie s e ll es s'e n parent co mme d'un orne ment, ou l es agitent autour d e l eur t t e P e nd ant m o n s jour en G r ce, o n di sa it qu'O l y mpi as. femme de Philippe, r o i de Macdoine, e n f aisa it so uv ent couc h er un auprs d'elle; on ajoutait mme que Jup iter ava it pris la f o r me de cet animal, e t qu 'Alexand r e eta it son fil s ). Milo RIGAUD.

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PREMIERE PARTIE LA TRADITION VOUDOESQUE ET SES INCIDENCES

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Fig. 1. C-d r apeaux c t drapeaux rituels p e ndant un se r vice vo udoo.

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Le Voudoo Son origine surnaturelle Rvla tion es t le Lenne qu'il faut emplo yer p our d s ign e r l'origine s u r naturelle du Culte Voudo o ( l'U/u/ou, selon l' express ion plus vu l gairemen t ou plus couramment employe pOLir parler de ce culte en Hati). Or, par le seul fait que l es con nai ssances surna turell es r e lativ es au vou dao ont L rvl es aux adeptes, le voudoo est une r elig i on, au sens entier du m o t. Cette rvlatioll es t elle -m me. d'ori g in e a s trologique, et sa n s alle r jus qu 'uux mages qui, sur le co ntin ent africain, on t prcd l es astrologues de Chalde ou les savant s de la T oul' de Babel, o n peut s'arrter aux travaux de ces derniers pOUl' avoir une ide juste du caractre de cette rvlation. Il ne s'agit pas encor e de dvelopper le sujet astrologiquement ou astrono miquement. Il es l Sl1\'tout queslion, ici de montrer, le plus simpl emen t pos sible. le caract re gnral du voudoo. quille. plus tard, en montrer l e ca r ac t re t!sot t!riq ue. En se basant donc Sl1r une donllt!e de la Tmdilion Africaine, l es adeptes du c ult e indiquen t l e lie u d'origine du voudoo en citant le nom d un e ville l gendaire dont la copie matridle existe r ellement sur l a cart e gographi que de la Hpublique d'Hati. Cette ville s appelle La Vill e ,1/1;[ Camps 0), et son nom peut lre inter prt de diverses lllllnir es. se lon les degrs de pui ssa nce du culte. Mai s il vaut mieux en rs e rver l es dveloppement s s cienlifique s il. la parlie so l (") Ou Ville-(IUX-Call. C'cstdire la dl clesle des puissal/ccs (fil {m. Iles pllis sances solaires: Il! co n centration ntmospheriquc des Ioa ou d es pouyoir s du So leil. 2

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-)8 -rique qui d evra s uivre ces p ages dont l e caractr e se contente d'tre seule m e nl la porte d e t ous Dans la gographie d' H aiLi, La Ville Aux Camps es t dans la montagne qui environne Sainl Louis du Nord si tu drlns la parti e Nord-Oues t de l'le, pas loin de Pori-de-Paix. La Tradit ion e n seig n e qu' il f a uL J'avoir visite pour trc Lout fail il la hauteur de J 'Initiation. Evidemment, seul s, les inilies savent exactement de quoi il s'agit. Il es t ce p endant un f .. il : l o rsqu'un t ra di lionalis t e voud oo parl e d e L a ViIJe Aux Camps, il cnlent! indiquel' que c'cst non seulement J'endroil l e plus important qui pui sse sy mboliser le c ulte voudoa, m ais e n core l e lieu mystique c t occ ult e o se conce nt re, d'une manire tout il fait mystrieuse. la force totale Ile la r el i g i o n C'es t d 'a ill e urs l a raiso n pour laquell e La Ville Aux .G:lmpS es t en t e rm es occ uUes, une sol'le de Quartier General des myste r es ou des IOll voulloo, c'es t-il dite de s vodol/fi afrcnins qui sont les lli eux du culte. "" Lu preuve que La Ville Aux Camps m ystrie u se r eprsente p OUl" l es udepr t es voudoo le lieu l e plu s f or t elle plu s l ev es t don n e par le rapprochement 1 qu 'il faut faire entre l e lieu dsign a in s i e n H ai ti par les initi s comme panthon terres tre des m ys t r es et l e lieu que l es Africains citen t g nralement pour s i g nifier q; le p ays d'ori g in e de l eur plus gra nd dieu L-e pays d 'o r igi ne, l gendaire, hi s t orique, myslique, so t r i que et ka bba lis lique d u G rand-Toul afr icain 1I0nt le nom est Pha se confond donc, sur l( la carle d'Afrique, avec la myst r ieuse Ville Aux .cam p s d H ai ti : Pha, le plus grand des m ystres a fri cai n s, vien t d u p ays d'l-Plw, 1I0nl le n o m es t \ sol1ven l permut e n Iph o u Tf. Alors qu e certai n s sc h is m es partiel s qui occasion n ent une sorte de lutte intestine a u sei n lles sec tes voudoo ont int r t a p r t e n dre que le Voudoo es t o rigin aire du Dabomey du Yor ub a. du .congo. du Sou dan, du S n ga l I:l. 'l'nuli lio n Orlhol.loxe rtablit l a vrit e n rv l ant que le v rai p ays d' ori gine lIu grand dieu d u Voul.loo est r ellement If, qui est, la f ois, une v ill e r elle s itu e dans l e pay s Yoroub:l, ct un e v ill e m yst i que d ont v i e ndrai ent l es plus grand s mystres du voudoo. En ralit, la v ille mystique, sort e de Mecque afri caine, se trouve dans l e S ud Nigrien. If es t l a patrie h e rm tiqu e du Grand D m iurge voud oo : c'es t de l a qu 'es t d esce n d u e l a rv lation dan s l' esp r it e L d a n s l e cur des voudosants qui t abliren t l a religion que l es descendants de s A friC:lin s pratiquent encore en Hati. La r v lation descend so u s l a double f o rm e de l a couleuvre D anbhala h \V d o e t de la co uleuvr e Aida \Vdo C O). (0) Les couleuvres rep r sentent le Grand Toul a f r icain J'Anct re, l e voudoo, l an t religieusement et ritu liq u cmcnt un culte ancestra l dont la pe r sonnalit su-

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19Il va san s dire que tout cc qui co n stitue j'armature d e l a vie e t du molle de vie des populations du g l obe terrestre vient de L a Ville Aux Camps-If : administraLion cl mthodes administratives, royaut, pres idence d'ElaL, c ul Lure, arts mineurs e L majeurs, m decine, archi tecture, marine, e t surtout r e l igion et m agie relig i e u se, mai s e n co re plu s pnrli c uli r e m ent l a part ie de la magie appe l e divina tion .---La r oya ut tnnl de droit d iv in il c n d co ule que l e portrait du c hef d e \ l E l a t par un e coutume h a ti e nn e issue de la tradition voudoo d'A fr iq ue. 1 cs t toujours ac c ro c h, il la premire place dans tou s les oll/n'phor ( templ e votlcloa), car, disent l es in itis, .c l e roi es t l e r e pr sentant direct d e Di e u :.. En p:tl"tanl dll pri ncip e que le r oi ou t out c h e f d 'Etat es t l e re prsentant de Die u SUI' l a terre, la tradition voudoo co n fond la Ville Aux Camps avec l'emp l acemen t c l es t e du So l eil c t avec l e so l e il lui-m me. Le roi ainsi. se tr ouvc tre confondu ave c l e so l e il. Dans ces con di tions, l'ori gine surnature ll e du culte voudoo se trouve tre un e o ri g in e l strolog iqu e : If ou L a Ville Aux Camps confondue avec l e so leil. Or, parce que cn Afriqu e comme e n H a ti, l e so l eil est l e mystere. -----. Legba Rha OioJ.----Je-lieU-----dll.--CieLo. seJye es t l.egbaJ i o u Lihsall-Ji, c}g n Lyo i c i la s ignification gnralc : -L oa --.---. -.. _---fic la c realwl/._ L egba l e de synthse du Voudoo es t donc l'Orient, ou l'Es t : 1 le point cardinal-ch ef, l e point de l' es pace qui pr si d e li l'Orientatio n o u qui \ l'Orientation du t emplum magique, 1 \ II s'e n s u i t que l'origin e du voudoo cs t d'ab o rd astl'Olog iq ue, pa r l'If ou l Ville Aux Camp s c l es te, e t, e n suite, t errestre, par l a po si tion gographique :.:... 1 de ces deu x villes, e n Af rique, da n s le pays des Yor ouba, e t en H a ti du_ ct de Saint L o ui s, ... '" A partir de l'A fr i q ue, l'or ig in e des {ua vou doo, dans l eur e n se mble, se co mpliqu e un pe u p arce que, si, d'un e m a n ire incon t estab le, L egba v i ent d'lf ou de la V ille Aux. Camps, tout l e pantho n voud o o n e v i ent pas du m me e ndroit. Ce panthon es t peupl de m ys t res o r iginai r es de di ve r ses partie s du m o nde : on y voit des myst r es du Dah o m ey, des myst re s d 'ori g in e Congo, des m ys t r es ve nu s d u pays Nago, d 'autres qui sont p lut t du Soudan; cert ai n s vie nnent du pa ys des Ib o, d'aulres sont de p r fre n ce Pe thro c t p OUl' citer loule s les nation s de m ys tres voud oo, il f audrait prme es t l e premier des vivan/s. C'cs t pourquoi St Yves d 'A lvcydrc ecrit ced dans La illiss i o n dcs Souvcrains : .4:: D u n s I cs societs untiquc s, et gr:"tcc l' i nfluen cc pratiquc don t y joui ssait la Religion, l Autorit appartcnuit aux morts, ccs l gataircs sociau x d o n t v ivcnt l es viva n ts : aussi, dcpuis l'Etrur ie ju s qu la Ch i ne, retrouve-l-o n lc c ultc d es Anctrcs comme hlOt la sourcc m mc dc J 'Autorit dans la FamiILc comme dans la Socit. e t le m o t prtrc s ignifi e l'Ancien .,

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20toutes le s rgions tribales de la carte d'Afrique: Maroc, Mauritanie, N i ger, Libria. Cameroun, Ango l a, j\-Iadagascar, et mme l'Egypte el l'Arabie. C omme on le verra p lu s loin, ('. c sont le s diffrences 011 distin c li o ll S tablies clans l e vo u oo pal' ces nu lions d e loa '1' qui vonl diversifier l e culte c n l e sparant pa r l'jle s -en lui lais sant cependan t t oute so n intgr it foncire ct toute so n homogniL traditionnelle. Contrairement ce que b ea ucoup de gen s pourra i en t penser, il faul co mpter, parmi les pay s d 'o r igine gographique des mystres voudoo, l a JLHle el l'Elhiopie. C'est a in si que le s culles juif et thiopien ont l e so le il pour origine : chez les Juifs, le soleil cst pe r son nifi par une co uleuvr e sur une perche ct celle couleuvre s'appelle Scrpenl-Da(uid) ; chez l es Ethiopiens, le so l eil est r eprsent par un Lion. qui est aussi bien Dav i d, le lion de la mai son so laire de Juda. 01', dans l e voudoo, l a m m e coul e u vre, appele a ussi Da e L l e m me lion, appel Legba, p r s ident suprieurement au culle, Si "on tend la comparaison il la religion catholique, on retrouve le m me lion et l a mme couleuvre solaire de Mosc, dc Salomon el de David dans le poisson du Chris t romain, Ce poisso n est un emblme so laire par excel lence e t comme l'H et La Ville Aux Camps du voudoo, il indique la posi tion du so l eil i l l'Ohent. C'est ainsi que, dans l e Ch ristianisme comme dans le oum'phor voudoo, on trollve la figure du poisson comme emblme so laire eL comme emblme du Christ. L e mystre qui porte l a couleuv r e Da est une autre co ul euvre: l a couleu vre Ai-Da ( *). Cette d e u xime co uleuvr e est donc la V i erge du Voudoo: Aida"D:il!O i COl.nme m r e du Legba voudoo, elle est b femme du So l e i l c'sr-a: dire l a Lune. Ces symboles ne sauraient l n f l e i' dns l e vou(Io o, pa'rce (j'iI-e, dans Lou l es l es relig i o n s, ]'Ere Sofai/'{' ou l 'Age d'Or est figure par un Lion, mme depui s nvnnl ln Bihle Le Lion est donc, dans l e vo udoo. l e s igne de l'Esprit, t andis que la Lune (sig ne tCl'l'cstre ) es t le signe de l a Vierge per sonnifi e par l a couleuvre Aia \V do, Mai s puisqu'il s'agit de montrer conectelllent l'origine du voudoo et de sa figure principale, voici une citation de Charles GlIignebel'l Ure de son livre c L e Christianisme Antique Celte ciLalion monLre il. quel point Legba, loa principale du voudoo, conespond :lU Christ es autres culles: Il sem ble que, so u s J e nom de ChrisL. ce soit l a v i e philosoph ique et religieuse du paga ni s me, avec tous ses contrast es el toutes ses inc o h r ences, qui ait re pris vigucUl' el triomph de la r eligion en esprit e t en verit que l e Matre juif a vcue C'cst donc en rel:ltion avec Je Lion de Juda et le Lion des al'lnoiries d'E thiopie que Legba s'appelle traditionnellement Papa-Lion, (') Prononcez toujours A-Da,

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2.1 -.Sa mre. Aia \Vdo. comme mre du par consquent t oute l a surface du ciel: les-Afrlcam s _son .. 1e connu..en Ha-tLest Ermiie. Dans le voudoo. Legba. ori gine et prototype mle du vourloo, est donc le so l e il qui prside aux rites. tandis qu'Erzulie. origine et prototype Cemelle, en est l a lune L egba en es t le Christ et Erzulie l a Vierge. Les autres mys tres v iennent il leur s uit e par ordre hirarchique, Dan s l'exo t risme voudoo, Legba es t figur par un homme qui jette de l'ea u par terre, C'est cet homme que J'on reconnatra dan s tous les adeptes qui jettent de l 'eau par terre ail dbut de c h aque cr monie, Les so t ris te s le comparent au Ver seau du Zodiaque. Tandis qu' Erzulie est reprsen t e par un e femme thiopienne tre:; noirl! ; elle est noire parce que brle par le so l eil dont elle est n cess airem ent l a femme. L'occultisme en est Caeile : cette femme tr s noire, mai s irs belle est co nfondue, dans l a 'tmdition afro-judaque, avec la trs noire nw is trs belle Reine de Chba, qui est Balkis, la r eine de Saba. Ainsi, lor s qu'on voit la couleuvre Aida Wdo sur l es murs d u o um'phor voudoo, on sa it qu'o n a affaire, su r le plan du syn crtisme r eligieux, la re i ne t hi opienne qui v i s ita Salomon parce que Sa lomon est le consLructeur du Temple Le culte voudoo parait, ainsi, beau coup mieux situ et bien mi eux expliqu en quelques mots quant so n origine as t rologique et qu ant ses aires d'i nflu ence religieuse travers le monde. Rien que ces quelques rares rapprochements le font voir trave r s tous l es pay s et au fond de tous les cull es. II ny a vraiment ri e n d' tonnant il cela quand on pense que la tradition africaine hrite par les oum'phor haLie n s r v l e que la cou l euvre femelle ou couleuvre lunaire que l 'on voit peinte Slll' les murs du oum'phor est u n chemin de sept coulellrs que la puissance divine emploie pour transmettre ses ordres du ciel l a tene. Ce chemin qui conduit Dieu du cie l sur l a terre est alors appel arc -enciel. Ncessairement. l'origine de l' a rc-en-ciel, comme symbole, es t aussi laire que l'origine m me du culte voudoo, non se ulement parce que l'arcen-cie l et ses cou l eu r s sont invis ibl es sans le soleil, mais parce que, d 'aprs une des d onnes les plus importantes du culte, l'arc -en-ciel (qui est a u ss i une co uleuvre Da ) marelle $lIr l es degrs magiques dll soleil. JI arrive donc ceci dans le oum'phor : Erzu lie, qui tient le rle de la cou l euvre lunaire Aida "rdo, comme nrc-en-cie l est l e principe m agiq u e de la richesse, de la p r osprit, et c'est elle que s'adressent tous ceux qui veu-lent changer de si tu atio n ou s'enrichir, parce que, l e symbo l e de la Lune t qu'elle personnifi e comme my st re voudoo est l'argent (sy mbole de l a Lune ) t andis que le sy mb ole d e L eg ba (le Soleil) est l' or. Telle est, en synthse, la m ca nique du oum'ph or o ces deux 10a li e n-

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-22oent les r l es princip:lux : e lles rcpl'{!sentent l e mouvement pal' excellence. C'est donc en l es dcompo sant pour trollver t outes les autres IDa su b ulter nes du panthon voudoo qu'o n va trOIn'er l otis les dtnils du mouvement qui anime l e t emple 1 1fricain Dan s un sens p l us concis, les sy mb oles qu i l aissent voir plu s facilement le s attributions I,ubbalisliqucs de ces denx mystres-principes d u oum'phor VDudoo sont: l e sol e il, l e f cu, l e cierge : pOlll' L egbn : 1.l a lune, J'cau, la mer; pour Erzulic. Toule l a mngie formidnble du oum'ph ol' sc droul e ;<1 partir de ces deux lments. 01', cornille ces lments fonl parti e du Quat ernai lc E lement aire qui est compos des qu at r e lments Feu-Air-Eatt Terrc l'univers pratique du vou doo n'es t pHS lim it nu oum'phor seu lement: ce l univer s comp r end le prin cipe l'itu e l en gnral, et dans tous l es cultes, pOlir l a bonne rai so n que tou s les cultes hns ent leur mngie SUI' les possibilits de l'CS l m en t s dont ils ti l'ent t ous l eurs p o uvoirs ,wrna t urels. C'es t il ce titre que le Legba voudoo es t ainsi exp liqu p.1r les tl'adtio nu lis tes \'omloo, dont Arthur Holly que nou s citons: 0: Donc Mercure e t Christ ont t o u s deux l a mme origine, les mmes caractres, les m mes attributs ,. NOlis continuons la citation en rappelant que le principal attribut magique et divin d e !>,' I ercure est j u s tem en t les deux cou l e u v r es dont le voudoo fail ses my s tres-principes et le blon dont les adeptes r oudoo font le sceptre cie L egba : Tous de ux, Chris t ef Mer cure, sont des D lgus Divins des Mess i es ... Identifi co mme i1l'esl dans ses attributs multiples les p lu s divers le Christ se prsente il n ous symboli q uement e n gendr par l a Lune et pal' l e Solt:il. Il es t muJtr e parce qu'en sa quali t de Fils de Dieu, il r e prs ente la synth se de Sol eil-Feu e t de la Lune-Eau. L'tre qui r un it en sa nature le sang du blanc et le sang de la n g r esse. L'analogie du Sol eil, quoique en sens inverse, est la Terre. L'analo gie de I:l Lun e est dans J t endue des eaux supe r ieures ( nu ages e t vapeurs) c t inf ri eures (me r s el rivires ), L'analogie de Mercure, fils du Soleil, est drillS l e rc gnc vgtal issll de ln Tel'fe par les racines e t l es eaux ... Donc Mercure etl c rg:n c vg l al cons titu en t l a manife s tation d'un mme mystcre plac drlns deux hirarchie s vol ut ives. JI off r ira l e parfum des arbr es a r omatiques avec l e b,itOIl l> .... H n'est pas nce ssa ire de poursuivre la cita lion qui conduirail il. un s ens de plus e n plu s sotrique. Il s ufllt de voir comment, par le b t o n dc Legba l\'lercure, qui harmonise la vie magique des deux couleuvres vou doo en les enroulant li ce bton, dmontre d a n s l a mythologie un iverselle. l e bienfond de la ville africaine d' H o u de l a mystrieuse Ville Aux Camps d'H a ti.

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-23-La preuve d e cetle o ri g i ne n o u s est pra tiqu e m ent e l irrfuta blem ent f o ur nie pa r un des princip a u x sy mb o les du 'o udoQ, sy mbol e qui es t jus t e m ent ce lu i des d e u x cou l euvres d u 0tl1n'phor dont les n o m s sont Da Ba La di t Danbh n l a h Wda el Ai-D a W do. Il s ag it si mpl e m ent de compa r e r ce sym b o l e voudoo a u sy mb o l e unive r se l de I\ r e r curc pour voir quel poin t l es tra d i tion alis t es voudoo ont raison d e tire r leur c ulle d e la m m e origine que l'origine de M e rc ure. Or, M e r cu r e est n ature ll e m ent pri s i ci comme pl a nte, cc q u i donne au v o ud oo, e n term e g n ral un e o ri gine n c U elllent plantaire i ndique par l es t o ile s du symbo le; c'est m m e p our marquer cette origi n e que l es oum'phor ont la rputation de loge r une coul e uvre dans un canari sacre :

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-24-DANBHALAH ct AIDA WEDO

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Les origines des rites Voudoo L es o r igi n es des rites vou d oo d oive n t f orc m ent tre de d e u x sortes, pui s que l es rites doivent d ecouler d e l'ori g in e surnaturelle o u plan t a ir e d'a bord, et e n suite de l 'origine gogrnphique On doi t avant tout, su bo r d onne r t outes l es acceptions rituelles au m ot m me d e voudoo, plu s commun m ent crit vo-dou o u v a-du, parce que, tout ce qu'il y a d e connaissances e t de myst r e es t d a n s l e mot. Par une exp li cati on des plus si m ples e t des plu s l umineuses, "oici l e se n s d u m o t ; vo : introspec ti o n d u : dans l i n connu. Par co n sque nt, les rituel s qui permettent pratiquement l' e xer cice d es rites u culle voud oo sont l a somme de celte introspection, c'est--dire une tude qui p rocde de l'informa tion psyc h o l og i que .ce u x qui font ce tte in trospec ti o n d a n s l e Mys t re sont do nc mme de connatr e non se ulem ent les ioa voudoo du Mystre de l'I nconnu qui form en t l es p e r son nalit s mys trieu ses qu'i l s a ppell ent vodoun, myst res, 10a, mes sa int s, mais au ss i l m e d e ceux qui sont l es adep t es el l es serviteurs' de ces l o a C'es t se ul ement ains i qu e l a pratiqu e f co n de des rite s, par l es rituel s, es t poss ible. La co nnai ssa n ce pm 'faite du vo-do u m n c donc d es possib ilit s qui p ennclten t d'ob t enir, surnaturclle m c nt d cs phnom n es extraordinaircs. Les rites vo u doo, driv s d c l eur causc surna turelle, p r ovie nn en t d o n c de l'influ e n ce du soleil da n s l'atmosph re. Il serait difficil e de s' t endre sur ce principe fon d amenta l du Voudoo parce qu'il n' es t pas donn n 'i mporte qui de comprend r e l a partie so t r ique de l a m ag ie, mai s on p eut voir n a n moin s l es effe t s de cette cause s u rnaturelle a u cours des servi ces voudoo, ca r, tout o bservateur avis j ouit e nti re m ent d'un s p ec t acle dont t o ut l e c r m o nial es t ax sur l es attribuls c ultu e ls qui sy mb o li sent l e so l eil.

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-26En quelque sorte, la manire la plus simp l e et ln plu s facile de montrer que l e culte voudoo est ax sur l e soleil est de rvler que l e principal attri hut de l a magic sola ire es t le pilier ou l e pot ea u qui soutient, son centre arc hite ctural. la construction qu'cst l e pristyle du oum'phor. Le p risty le est la galerie couverte o u la II: tonnelle de paille Olt de tle qui prcde le saint des sa int s, l e quel est le o um 'ph al' proprement dit. C'e s t donc cette t onnelle qui est supporte :ll'chilecluralemenl par un pilier central. Ce pi lier esllc plus souvent, si non t oujours, de bois: c'est un poteau en bois dur qui prend l e nom d e p o tCQIHntan (pilier central: soulien central) avec le sen s hien net pour les initis de sou lien solaire Ce poleau est l axe des rite s. Tout ce que p e uvent tre les rit es s e r fre il ce poleau central. Le poteau-milan reprs e nte par co n squent l a so urc e o u l 'o rigine surnaturelle des rites voudoesques. Il est alors t ahli qu e ce po l e nu est une fig ure architecturale de Le g ha el voici pourquoi : l e bois du pot eau, en indiquant que Mercure, fils du Soleil et soleil lui-mme est le my s tre <.lu rgne vgCLaJ, montre que r-,' I ercure cst en m me temps le bton de L eg ba. C'es t SllI' c e bton que doivent normalem en t monter l es deux co u leuvre s du oum' phor pour qu'elle s so ient harmoni ses o u r conc ili es pa': Mercure En co n sq uence le poteau vo udo o de s p ris t yles e s t dcor par une bnnde rnmpn nt e de co ul eurs diverses qui sy mbolisent non seulement les couleurs de l'arce n-ciel, m ais les couleU\'res Danbahlah e l Aida. De plus, ce b ois sac r r \ 'c l e ce lu i avec lequel l e t e mple est construit: l e hois du Liban. Ainsi il c t de ce poleau, le symbo l e luna ir e peut e t devrait mme t o u jours figure r .ce sy mbol e es t accroc h e n l'air, au plafond, pour parfaire l a sig nification de l' o ri gine plan t ai r e des riles. Or, ce sym b ole est le symbole de la Lune. complment magique du Soleil : il est reprsent par un bateau, attribut d'Erzulie (*). Dans la magie pratique du voudoo, J e poteau est remplac par le cierge allum. et le bateau est repr sent par l' ea u rituelle. Dans l'analyse de la cons tituti on rituelle du culte, l es autres attributs de mystres secondaires achv eront dervler l a source astrale de la magie africaine. Il est cepen dant un f :lit que ces attributs, ainsi que l es mystres qui s'en servent magi quement, sonl divers et disparates parce que les appor t s de loa faits au voudoo par l'Afr ique r endent ses orig ines gograph iqu es aussi diverses. Le voudoo est d'abord constitu -comme panthon -par des loa qui viennent d e t outes les parties de l'Afrique. D'abord pal' les l oa principales venus d'If. Puis par des loa qui viennent de chez l es Fon et c'est mme pourquoi l'on dit traditionnellement que le t erme VOdOIl, ainsi que sa signi fication es t t ir de la bngue des fons : le fongb. (") En Hati, les oum'phor en font plutt l'attribut d Agoueh.

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-27 Ensuite les pays Nago, Ib o, .con go, D a h o m ey, S n gal, H ao u ssa, Caplaou, M andi n g u es, Mondongue. Angola Libyen, Ethiopien, !\' Ial gac h e, lui fournissent de s contingents. Et "on part gn ralement de la dnomination de ces e ndroit s d e la carte d'Afrique pour si tu e r n omina lem ent le s rites eux-mm es Par exe m p le, pour c. se rvir:t l es m yst r es mond o n g ue s, o n s uiVra le rite mondon g ue qui, sa n s diff r e r capit a l ement ct fondamentalement des autres rit es, est quand mme d iffren t en s u r face; p our se rvir l es m ys t res ib os, o n s u ivra le l'ile ib o. qui, tout en e t ant fonda m en l a l ement apparent a u x autres rites, I cur est aussi diffrent. Le rite p ethro -qui est celui d'une autre c. nation d e loa voudoo -est assez dissemblable des autres rite s : c'es t plutt un rite de feu. C h aque rite a so n cachet p e r so nn el. quoiq ue t ous le s rites, genralement CJue l co nque s, soient de l a m m e source, d e la m me origine, et s e co mpl t ent. Cependant le rite par excellence, est le rite R aDa, car le se ul nom d e rada ramne ce q ui a t dit d'esse nti e l au sujet de la couleuvre du ca na r i voudoo : la couleuvre Da o u Dan qui permet d e former l es n o m s des deux prin cipes suprieurs du culte: D an Bh a Lah \Vdo e t Ai D a W do. De plus, l e rite rada a ceci de particulier qu 'il perm e t il t ous l es m ys t res solai r es d e q: trava ill e r XI. Le rit e rada es t clo n e l e rit e royal du sol e il. Dans la Kabbale voudoo il port e l e n o m d e rit e de l a couleuvre D a Gb o u Dan Gb parce que cette cou l euvre, co mm e p erso nnificati o n de la Divinit Suprme, incarne la s i gnific.ati o n pmtique de so n nom : Dan : co ul euvre. GbC : de vie. Le rite rada prend e nc ore, cau se d e ce l a, l e n o m de rite du pytho n royal du Da-horney. Il s 'en suit que le rite rad a C) est un r i t e b eaucoup plu s brill ant e t be au coup m o in s vulgaire que cert a in s autres t e l l e r it e mondongue o. l' o n p eu t relever certaines o riginalites qui pour ne pas tre bien comprises d es pro fan es, sont traites de q: barbares e n oubliant que le mot b a r baresque youla i t dire seu l e m ent q: tranger lor squ'il fut forme! Les rite s voudoo ont pa rticuli rem ent pro fit (on souffert, se lon le s points de vue ) de l a T rai t e des Ngres. Ce qui fait que la partie littorale de l'Afriqu e que l'on d n omme Cd t e d es Esclaves, va j oue r un rle pr p o nd r ant dans l' t a bli ssement des rites, t out d' a b o r d, en d e h ors de l Afrique e t jouer un rle tout aussi important dans le s a mal ga mes de mces ou de tribu s di s p a( ) A l 'endroit appel Lan Ca mpe che, d ans le Nord d'Hati, l e rite Rada porle l e nom de Rit e de la Toison d or

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28 r a tes donl l e fus i o nn e m ent o u la disper sio n creron t de v ritable s axes ri tu e l s. Im ag in ez par exe mpl e de s Aradas et d es Ib os vendus e n semble: ou bi e n il s fu sion n ent l eurs de u x rites. ou bien la diffrence de leurs rituels l eur im pose un i so lem ent c ruel dans l e propre sei n d e la nouvelle comm unaut que l a 'l'l'ail e c L j 'esclavage l eur forgen t de f o rce! II est sa n s douL e a r r iv que deux g roupements r eligie ux diff r ents aienl p lu s ou moins fu s i onn leurs l'les e n c r ant alors un rite qui jusqu' prsen t en Hati n' est pa s fmne Mais. l e phnomne l e plu s souvent co n s l:ll est ce lui-ci: les m embres d'une tribu, s i di sperss par la Traite l'lisse nti l s ou b ien on t s u sc re gro up e r mal g r venl s et Il1nres. pouss s par le se n s reli gie u x de leur rite. pour yaulcr ce l 'Ue intact, ou bien ont quand m me gurd ce r i t e int ac t Lout en res tant a u sei n d'autres tribus. C'est ains i quc, e n H ati, o n re n eontre es descendanls authentiques de r-.londo n gucs un peu partout a u sei n desque l s sont des l m ents peulh s o u bambara s ; ce ux-ci garde nt, mal g r ce tt e promi sc u i t e r ac i a l e l e se n s exac t el intac l de l eur rite. En consullant div el's ini ti s ou m me des e thn o l og u es, il semblerait qu e d es aire s d influ e n ce se seraient commc r e parti es rituclle m ent sur la catte gcogm phique d Hati dcpuis e t pal' le f a it dc la transp lantation de nombreu ses tribus africaines dan s les A n ti lle s. Nous traitero n s ce tte d licate que s lion de l'c p a rlili o n d'autorit ritue lle au pl'Oc h ai n chapitre. Tout ce qu'il faut co n s t a l er d'ores et dj, c'es t que l a c:lrle r elig i euse d'Haiti acc u se ':'f. un e m osaq u e d' i nflu e nc es rituell es due s a u b ois d' b n e :i> que l es n griers ont j et, dan s un f o uilli s assez indc hi ffrab l e SUl' l e territ oire de l 'n n c i en n c Quysqueya, L e cu lt e vou doo s'y est m ainte nu, e t avec une for ce d e in croya ble su rt o ut parce que J e nombre de vodoun qui accompag nrent les noirs tmils a in s i t ai t dj consi d ra bl e Par exemple, il n'y a qu' voi r l es re l atio n s de Fal'row o il cite dj six cents m yst re s v o udoo pour l e seu l pays yoruba; a in s i que celles de Johnson qui en comp t e auss i six cents pour t re d 'accord avec lui. II n'y a qu' compte r l e n o mb re de tribu s afric ai n es qui ont pu r oumi r des co ntingents d' esclaves pou r l es r i ves d'Hati et aUd hu e r seu l e m ent il c h ac un e 300 mystr es pour comprendre que la quantit d e loa formant J 'effectif d e c h aq ue rituel es t naturelle ment de 300, mais se trou ver dans l a presq u'impo ssi bilit de compler l'effe c tif g lobal de tous l es ri tuels r u ni s Le ritu alisme voudoo, en H ati, es t donc trs div e r s, e t sa r partition en zone s d 'innuences d ifficile, dl i cate. C e p e n dant, l e fait capit a l retenir e n d p it d e ce ll e multip l e diversit es t que to u s les r ites son t d'accord sur les loa axi ale s de l e u rs )l'uliques m agiques : L egva, es t ,leur prot o t ype sol:lre, l' a rchCt ype m agi que la scie nc e 'et l a matri se de qu i

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-29-tou s les rituels se rf re nt. Tous les rituels le comprennent donc com me le mystre qui ouvre le porfail ; sa ns lui toule magi e est probl e matique, sino n fran chement impraticable. Le l'Hu e l dbute donc par une invoc atio n chante Papa-Lcgba ; e n voici les prem ires paroles: Papa Ouvri barrie pou nous passer D'ailleurs, d'autres invoca lion s c h antees. sur le mm e mod e rituel, dsi gnent bien "origine du voudoo, son origine solaire: P apa Legba qui p6tez chapeau, Legba par-sol e il. L'origine d' ensemble dcs 10a voudoo vient se compliquer trangement, sur le plan surnaturel comme sur l e plan gographiq ue. par l'apport de nou veaux. my stres in corpors journellement au panthon. Ces n o uv ea u x mys tres s'incorporent il un ritue l ou il un autre, du fail qu'ils prov iennent de hautes personnalits d'initis morts et dont les ilmcs sont devenues des di vinits (/lOIrOllll ou vo-dol/Il) o u enco r e de mystres qui n'appartiennent pas h rditairement au rituel consid re. Ces derniers mystres tranger s il un clan tri bal sont alors dits mysteres ach e t s Le rituel du clan tribal qui les achte se complique 3insi pal" l e fait que chaque m ys tre a ses habitudes rituelles et ses attributs personnels qui viennent augmenter le magasin d accessoire s el le cremonial lui-mme. Voici un exemple des plus instructifs. Si, dans un rite quelconque l e mystre Ogou 8halin'dio e t le m ystre Ogol! Fer sont servis leurs dia grammes rituels sont diffrents ainsi que leurs couleurs, bien qu'ils so ien t de la m m e ./I: famille de l oa. Leurs c hants ritue l s sont aussi sensibl e ment diffrents. Dans ces condi tion s. l'on peUL conclur e en disant que, quoique l'origine planlaire de ces deux 100. soit l n mme source s i cler.de qui v e ul, astronomiquement, que tous le s mystres drivent, ainsi que les astres auxquels il s sont 'lssi m i l cs, de l'Orient sol:.lire, l'origine distincte de leur cr monial personnel rend le ri tuel voudoo tres divers. Ainsi. une des couleurs du mystre OgOll Bhalin'dio est le violet C O ) so n lment l'eau; tandis que l' l m ent du mystre Ogoll Fer est plutt le feu avec l es couleurs rouge et bl eu. Quant il l eurs diagrammes rituels, voici les nouvelles dilTrences qu'ils prsentent c t qui dmontrent que les origines illdi/lidllclles des loa vondoo expliquent ct ncessitent les origines diff r entes d es m odiHcations y'll e com portent mme un seul r it uel : (0) Ce mystere ne porte p as for cement I:l mme cou leur partout. Su co ul eu r traditionnelle passe mme pOlir Ir e le g renat principalement, :.lssoci :m jaulle, au vert, nu bleu et au rouge.

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30 -!\'ystrc A Za n ( rit e R a d : l ) Ti Pierre DanTor ( rite Pth ro)

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-31 Ogou F er (rite Nngo)

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Origine du Voudoo d'Hati et ses aires rituelles dans la gographie de la Rpublique d'Hati En reprenant le youdoo selo n ses origines plantaires, c'est--dire surna turelle s le voudoisant Her-Ha-Ma-El, africaniste et sot ri s te hatien qui a pui s son nom dans la Bible p our montre r dav antage la fili a tion e t le sy n crtisme des religions (II R o i s : VIII, 19) (") nous permet de montrer le se n s de s i d e s tradi ti onnelles de l a race no ire e n ce qui co n cerne le culte. Her-Ra-M a-,El crit dans so n livr e 4: L es Da im o n s d u Culte V o ud oo :t ; C'est e n vain que des ont t mi s e n uvre p our e nv e l opper d e t n bres les phases brill antes d e l'evo/ul i on mentale du Ngre. Il es t hors de contes t e que l'antique civilisation thiopio-gypto-assyrienne doit tre inscrite so n compte ,. En c r ivant ce la, l'afrir.aniste hatien lai sse voir que le v o udo o hatie n pl onge ses racines dans l es c ivilisati o ns le s plus bril l antes p our les f ormer, el plus loint ai n es. A l'appui de son assertion, il apporte ees preuves: D es milli e r s d'annes avant l'av n e m ent du Christ, des thologiens, des philosophes ngres, groups e n se mble, avaient ri g e s es p ces d'acadmies pour tudi e r l es probl mes du monde pll ysique et d e la destine huma in e Tout e la l gislation th ocra tiqu e d e Mo se, c'est-dire le co de social et reli gie ux inscrit dans ln Bible porte l 'emprein t e des f ormules sacres de la f oi ngre ... L'cri vai n r vle ensuite l'apport mtaph ysique du voudoo : .c: L a forma t io n d e l'id e reli g ieu se implique des croyances sur la constitution du m o nde, sur l'me. sur la m o rL .. L es patientes obse r vations de l' es p ace cleste et d es astres qui le peupl ent on t donn naissanc e cet animisme suivant le( -) L Eternel ne voulut pas d t ru ire D a(v id), son se r v iteur, il c o use d e la pro me sse qu'il lui avait f aite de lui donner une lampe >

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.. l'ig. :L Un voudoun-sih c 'monte:t pur le myst r e Aloumand ia ( un de!; m ys tres d e Dessa l ines )

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33 quel des tre s surnaturels dirigenlles mouvem ents de ces as tre s. D e l tuiti o n pri mitive q ui conduira aux con t empla ti o n s gn ratrices des l ge nd es e t des m y th es. D e 1<'1 a u ssi l a gen se des sc i ences d'o b se rvation c n t te des quelles il faut placer l'astro nom ie. T out l e sys tm e h irog l y ph ique tle l'Egyp le est bas sur l e rapport symbolique qui" exist e entre l es divers tres e l l es forces cosmiques, entre l es Lres c L les lobi d e la crllUon Nou s so uli g n o n s l e moL l ois qu e J'on crit plut t loa dans l e voudoo, parce que cc sont ces lois qui vont crer l es l oa, sous des a pparen ces visi bics : plant es. anim a ux, hommes, mais surtout anctres, ca r l e voudoo est d'essence anc e strale, par le fait que l es Africains, en fai sant rem o nter l e urs m n es d a n s l e c i e l l es con f o nd en l avec de s astres. C'est ce qu'acc u s e le tra ditionaliste : La croyn n ce sur l'me, sur la m o rt, ont engendr naturellement l e culte des tr pa sss, en t ranant il sa suite la divinisation d es a m es humaines. Ces m es divinises (Oll ca nonis e s) par l a mort, c'est ce que les Gre cs appelaient da im ons ... :. L' c rivain atteste e n s uite que toule s ces manifestation s du sentiment religieux n e vont p as sa n s un e n se mbl e de rite s, de crmonies cultuelles, san s des sy mbol es appropris e t sa n s l e dploiement d'un a pp a r eil propre capter l'imag inati o n qu i es t n cessaire a u recrute m ent du plu s grand nombre pos si bl e de n ophytes. P ourquoi r efuse r d e m a nde-t-I d'appliquer au Voud oo ce principe so t r ique? Cela nou s fixe sur le pmccssus pra tique qui de l'Inv i si ble n u m o nd e des h ommes, a m e n les a depte s au rite magique En ce qui co n cerne les rites voudoo, le pmcessus n'e s t pa s diff r e nt, quant so n o rigin e surnaturelle. Il re ste maintenant savoi r pa r qu e l ac cid en t ou par qu elles s ri es exlraonfinaires d'vnements l e voudoo a transport s e s rite s p e r sonne l s sur le so l h a t ien. D'abord l a Tra ite des n gres a lieu, des ctes d'Afrique aux pays amri cains. Toutes l es AntiIles sont couvertes d e n g r es ex trait s d es cales d e ba t ea ux n g ri e r s. Le Brsil e n r eoit un nombre important. Les terres de Qui s qu ey a ( r edevenue plus tard H ati) e n sont p eup l es On en s me mme dan s l es Etats-Unis S ud e t Nord, Ouest e t Est. L a co nqute blanche en tra n s plant e parti c uli r e m ent dans ln partie amricaine que les Amricains n omment l e Deep South: l l 'exode forc d es n gres atteint une sorte de p aroxysme avec t outes l es sortes e p opulatio n s triba l es africaines : Anm i n es, F o n s. D ahome n s, Yorouba, .co ngol ais, Sngalais, Soudanais ... Il se produit a l o r s une c h ose curi e u se e t n cessairement fatale: en tra n splanlant ces ds h rits noirs d'Afrique pour le s jete r en p ture a u x coloni \ sa t eurs, les bl ancs n'ont pas p e n s que dan s l'affreu se d tresse o. la dpor \ t a li on bruta l e e t massi,'e l es plonge. ces pave s garderont une foi inextin1 g uible dans l eurs di e u x dans l eurs loa, dans leurs voudolln, dans leurs pha,

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-34-1 et quc, mme dans les fers e t l es chanes, i l s ne sorliront r eligieuse ment el mystiquement jamais de J'If ou d e ln Ville Aux Camps de l a Grande Tra dition Astrologique. La preuve en es t grande: jusqu'il cc jour, il exis t e en Hati un endroit qui m ai ntient celle lrndilion astrologique; -en dpit d e plus de 300 nn nc es d e servage, l a tradition vo u doo s'cs t maintenue, intacte, \ avec cc L endroit pOlir e mbl me. Alors se produit une sorte de miracle. Dans l es f ers, el pendant qu'ils son t cnclwins sur les bli fun d i a coloniaux, l es ngres transplants invoqu ent n o n se ulement l eurs 1 0a, mnis in s t allent avec paticnt. e les rites divers du vOLldoo aux endroits de l eul' mn r l yre. L a Tmite a donc pOlir curieuse consquence morale, non pas d'abrutirses l mnrt y r s pnr l eurs souffrances mais plut t d'exalter l e u r f oi r elig ieuse par une ex tension de celle f oi dans leurs divinits voudoesques. Cette extension de foi a po u r nouvelle co n squence importante l'extension des aires a fri caines du Voudoo : toute l 'A m rique, du Brsil il Cuba, de Cuoa H a li (alors Quisqueya). de l a u x Il es-so u sI e-vent. des I1es-so n s -l e -vent New York, de New-York il toules l es parUes du continent. l e voudouisme fait tache d'huile mais avec des pt cautions d e pirates. Ca r sentant dj l eur f aute, l es trniteurs, qui, pour l a plupart sont de f o i catholique. tra quent l e voudoo M a l g r ce la l'origine nmricnine du voudoo se fnit j o u r, et s'tablit hi storiquement. Rien ne pourra plus arr t e r l'tablissement des loa vOlldoo e n A mrique -dans tout e l'Amerique et, particulirement e n H a ti Cuba, et nu Brsil, olt elle s sont restes e n f o r ce, dans leurs ci tadelles d'exil. On y rencontre encore le Legba voudoo sou s l e nom d' Ecu ou d'Oct/male, en tour de I oules s es loa subalternes. lei que Dell Bhalhalah que l es riles d'H ati ont conser v sous l e nom peine diffrent de Ogoll Bhathalah. Quant il l n Vierge du vou d oo h a ti en, Erzulie, on la r e trouve d a n s I cs rites c u bains, comm e Vierge de l'Eau so u s l e n o m de Y-Maya. Mais l e ncore, son o rigin e nfro-hatienne est indniable, parce que son p r fixe YI'! est, dan s la Kabbale dahomenne, l a formule de l'introspection d es magicien s noirs dans l e domaine mtnphysique de l 'lime. Ain si, le s grands initis du voudoo parLent de cette dnomin:llion d e l a Vierge pour donner son scn s astrologique au nom voudoo de leur pre m ire divinit: YI'!-W, o u Y-/iw, que l es Juifs ont l g rement chnng e n Ya-V Alors, non se ulement l e sy ncrtisme naLurel aide il l'tablissement d e la Doctrine Voudoo (car, parmi l es n g r es transplants par l es ngri e r s. il y a beaucoup de ngres-juirs) par d es n oi r s qui, alors, parlaient un peu l h breu. mais celte doc t ri n e s'inipl ante dfinitivement clan s l es Amriques a u p oint que tout es l es violences possibles cL imagin a bl es ne pourr ont jamais plus l' e n draciner.

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-35-Les aires -plutt dliniti\'es des rites voudoo se f o rmenL.. De l'Afrique proprement <.lite il Hati, et d'Haiti aux rives cubaines eL aux sites profonds du Brsil, le phnomne tymologique le plus frappant issu \ de la religiosit el d lan gage africain, es t t out d'abord l'implantation du \ Illo t qui dsigne le grand prll'c vaudoo : en Afrique. i 1 s 'appelle baba-lao ; e n Hati. il s'appelle papa-loa ; :tll Brsil et Cuba, le terme est re st pres \ que pareil en se rf ran t il ses racines d'origine africaines. bflba-Olllllla-aie en babaluwa. Tous le s rites voudoo d'Hati venus d'Afrique se sont dvelopps a Cuba, all Brsil, el mme (klns des endroi t s des Etals-Unis que l e commun des mortels, peu curieux de ces choses. es t l o in de se figurer. Les aires rituelles africaines du voudoo en Amrique parlent d e l a pointe Est d'Hati pOUl' Hnir sn pointe Ouest, e n faisant de mme du Nord au Sud; il en es t de mme pOUl' la Rpublique Dominicaine ; la mme c hose existe d'un bout de Cuba il l ';lutre : toutes les Iles de la mer des Antilles en font partie: Ba [Sr CARTE-GUIDE

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36-humas, Guadelo u pe, Martinique, La Jamaque. PorL o-Rico, L es Bermudes, La Trinit, allant m m e jusqu' compr endre les ctes d es Etats-Unis, avec la Floride par l a Nouvelle Orl:m s, Galve slon e t C h a rl es ton Quant a u x aires rituelles du culte en Hati proprement dite. l es voici, sc Ion des informations r ec u eillies a u x sources m mes par OdetLe Mennesson Rigaud: l es p o pulati o n s N ago son t plutt dans l e Nord, sa n s y tre abso lument, avec un riluel plus ou m o in s pur ; l es populations Ib o sont plutt d a n s le Sud Ouest dan s les m me s conditions; l es populations Congo, sa n s tre t o talement aux environs de s Gonaivc s, entre J'Artibonile e L le Nord Ouest. e L l a valle de Jacmel dans l e Sud, s'y retrouvent d e prfrence, ave e l eur ritu e l gard le plu s po ssi ble de tout e altratio n ; l es Dahomens sont plutt du c t de s Gonaives, dan s l es m me s parages que l es tribu s Congo; l es tribu s Anmine s o u r..Una sont dans l'Al'libonite ; les tribus don gues sont tablie s d e prfrence dans les environs de Log a ne o u dans L og: me, compris dan s l e ; e t les Mandingu es se rencontrent plus so uvent dans l e Nord e ll'exLr m e Nord a u Cap H atien. La tribu l a plu s r ace a"ec le rituel radieux de la traditi on so l a ir e l e rituel rada es t tablie en majeure partie dans l a partie de Port o au-Pri nce: dans la Pl a in e dite Cul tle Sac. Or, qui dit Rada dit Arada : c'est la tribu de l e roi arada qui est l'anclre de Louverture el c'est a ussi la tribu qu i a donn il l'h is t oire d'Hati la mre du gnra l Andr Hig aud, ri va l d e T oussai nt Louverture dans l e Sud : Rose. 1 qui fut une n g resse arada.

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Les altration s du Voudoo dues aux consequences religieuses et politiques e t l'conomie force de l'esclavage N o u s a v o n s lai ss comprendre comment e t p ourquoi l e s y s tm e esc lav 3 g i s t e co l oni3lis l e a vai t t a m e n un peu tard, s a isir s on erreur au sujet de l a t rn n splanta ti o n -n o n pas des n g res africai ns sur le sol a m ri cain mais d e l eurs cro ya n ces e l d es l o a voudoo qui les r eprsente nt. Pou r o bvi e r aux di vers in co nvni ents qu'o c cas i o nnai ent a u x co lon s l e mainti e n c hez l es tribus afr ic a ines tra n splantes des m ys t r es v oud oo au iculte d es qu e l s elles co ntinua ient f a r o u c h e m ent se livr e r l e co l onia i1i s m e e urop en comme n ce il Ixtill o nn er l e sacer d oc e v o udo o auque l se livra ient l es p apa-lo a. D a n s l es d buts ce u x-ci s'exe r a ient leur v a nglisme sans b eauco up aUire r l 'aLLe nli on ; m a i s l es eITels e l't:van g li s ali o n occ as ionnr ent la r a c ti o n Le s p oss e ssio n s qui ava ient lie u d a n s l es ca se s, le son voil de que lques t a mb ours c oniqu es a in s i que l e d s ir d ind p e nd a n ce qu e s u s cit a it ceUe sort e de rapatrie m ent a u s ein m m e d e l' e xil attirrent l'atte nti on d es m atrcs Ces d e rni e r s r agirent f r oce m enL. pro hib ant, l e plu s qu 'ils l e p o u va i e nt, t oute pra tiqu e du v o udoo. C' e s t d aill eurs ains i que les m th o des d e l' es cl av:tge parvinrent dtru ire c h ez pres qu e t o u s l es n g re s h a itie n s le se n s e t I c gol d e la sculpture e t m m e d e l a sculpture s acre p o urLant t elle m e n t intg r e il la culture e t aux civ ili s ati o n s ni g ritique s au p oint que d a n s t out H a ti il es t presqu'imposs ible d e trouver une se ul e sculpture reprse nt ant cultue llem ent un f 6 (amu l e tte ) o u u n f tic h e qu el conque. Le f o u e t l es e rilpri sonne m ents, l es p e ndai so n s, l es blanchie menl s i (s uppl ice qui c o n s i s t a it corc h er vi f t out escl a ve d so b is sant: l es bless u r es a u coutel as m ettaient ses t iss u s so u s pid er miqu es il nu fai sant vo i r la co ul eur blan c h e d e ses ti ss u s) e U es il. m ort lig!lirent t out jama i s l e go t d e p trir l' a rgil e e t d e sc ulpter le bo is.. ._-.::....._ ._---

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38Mais a ucun d e ces suppli ces n e put teindre la foi qu e l e noir transpl a nt avail gard e e n ses m ystres. L a lulle r eligieuse conLinu:! p endant troi s s i cles au moins, ouvertement du c t i nd p en dnn l d es bbncs lig u s contre t oute r a ppariti o n des "odonD, avec les p ir es r a ffin e m e nt s de cruaut e. t a n d i s que l es noirs rusaien t l e plu s possibl e pOlll' garder l e ul' s vodouD. Ave c le rec ul de l h is t oire, on ne saurait dire si l es choses n e serai ent pas tclles qu'clles onl l sa n s ces persec uli o n s religieuses que, naturellement, la politique col o n iale con seilla it et ne cessait d'encoura ge r tout l e clerg euro p e n d ebo u t pour dtru i r e t ou t ce qui tait vou d oesquc. Il n'en es t pas moin s vra i que les consq u ences de celle bataille d e f o i furent non seu l e m ent l 'exaspra lio n p or t e il so n m aximum du c L d es vou doisants qui faisaient tout p O lir l'ester dans l'exercice cach
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1 39 -"J'renL : n 'c c ulle o b s t ination que surv eillaien t l eurs mysUres. Ains i e n d e p i t d es sl h'ices les plus inimaginables o la c ruaut dpassait toules l es bornes, la lulte p our l 'indpenda nce des ngres. e n Hati, tait ne sou s les a uspices surnature l s d es loa voudoo. devait se p oursuivre dans J'ombre sou s les auspices des 1 0a vo ud oo, e l plus L ard, vcrs 1 800, tre gagne SOLIS l a h a u te pl'OlecLio n des loa voudoo ( *), A ce m o ment l ce sera J 'effondrement d e J'con omie m tropolitaine dj t erriblement m i n e par ce lte sor t e de g rve perl e d 'avant l a l e ttre, par env o t cJl1cn L s d 'eu r o p e n s, p a r l es em p o i so nn ements r p ts il J 'aide de la domeslic il n o ire, mai s t o ujou rs so u s les auspices de s Ion voudoo. Cep e ndant, l'econo mi e m lropoli 1 3i n e va s'cfTonrcr san s que pourtant, la luU c r eligie u se entre le voud oo e t les autres cultes e n particulier le c llll e ca th o liqu e cesse. Nous allo n s, pal' tapes s u cc e ss iv es l a voi r se d r oule r t o ut l e long e l hi s t oi r e d Ha ti p o u r durer enco r e no s jours d ... tns l 'cx. L es di e u x trangers n e voud ront dsarm er, so u s n.u eun prtex te. Et l es Il!!lst,:rcs "oadoo lutteront d e toute l eur nergie. On l es voi t luU e r encore d ans d es co n d iti ons parr o i s plus que dplo rabl cs, sans pour ce la que leur c lien t le se mb le avoir jamai s dimin u [tu contraire. C) P lus tard, lorsque l a Rpublique d H ati aura t forme les myst res voud oo signaleront l e u r influence par maints exe m ple s, c elui -ci entr'autres : Florvil H yp polilc. qui f ut prs id e nt d'Hati du 9 octo b re 1 880 au 24 mars 1 806, tai t f o u avant sa r.rsidence ; il fut soign et guri il L an Campche, f a meux centre voud oo du Nord de l'le. et l un anBe:. (mystre you doo) lu i predit q u 'il se r ait, dans six a n s, president de la Rpublique. Hyppolite n e \ 'o ulut p as croire il l a prdiction. Que l qu es annees a p rs, il fut lu en effe t il la prsidence d'Ha ti, ce qui lui l'appela l a p r di ctio n j il offrit. par reconnai ssance, d e nom b reux o bjet s de \'aleur au oum'phor de Lan Campc h e, Cinc i n n atus Leconte (p r si dent d'Hati du 14 aot 11)1 t au 8 aot 1912), qu i y servait co m me H yppolite, fit a u ss i d e magnifiqu es et nom b reux dons au mme oum 'phor.

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L'conomie locale passe et actuelle du Voudoo en face de la politique hatienne A aucun m o menl d e so n h is l oire hati e nne le Voudoo n'a l e t n'a pu lre d issoci de l'Hi stoire pl'Opre m cnt dite qu'il s agisse de l'hi s toire po litique, qu'il s'agisse d e l'hi s loir e co n o m ique, qu 'il s'agisse d e l'hi sto ire r elig ieu se. 1 II Y a un f a it cu ri eux e l t roublant dan s l'histoire p o lit i qu e du 'Voudoo. 1 D ja e n A frique, l e vou doo est plus qu'intim e m ent m l la vie politique, 1 il l a c on s tituti on politique. e t u l a vie des r ois co mm e a u x plu s petit s faits 1 d e l'a dminis trati o n L e fait politiqu e l e plus important da n s la vic d'un peu l p ie. cel ui d'avoir un monarque, est rgl de d r o it divin au Dah o mey p a r e x e mpl e par l a constitution soh! riqn e d es loa voudoo, depui s le d but du conc ept de la ro yaut jusqu' ses m o indre s dtails de c r mo nial privs e t publi cs. C'est ainsi que tou s l es r ois a fr icai n s sont s ubordonns soit d es mystres de famille, so it des m yst r es imports o u 0: achets :0 de tribus trang re s c he z l esquelles la r pu t atio n m agique d e ces mystre s tait taI bHe. Un de ces fameux exe mpl es d e m ys tr es adopts pnr le Dahom ey est fou r ni p a r l hi s t oire religieuse de la cour r oya l e du D a homey: l a mre du roi T eg b s ou, H o uan-i1 e h alla c h erc her un my s t re jusqu'au village d e J a louna, d : lIl s l e cercle de Snvalou ( d ont le '{ou doo ha lie n lire plu sieurs de s e s loa nago, lei que Bacoss o u ) H Oll:m-ileh in s talla ce m ys tre tra nger qui s'ap pelait Bagb o en dehors d u pal ais d e Sin gboji. Ce m ys t re avait justement l achet ,., comme le sont so uvent des l oa voudoo. H o uun-il e h s tait fait donner bea u cou p d'argent p a r Je roi T eg b so u e t avai t m m e organis l o ute une exp diti o n pour pouvoir ramener l e mys tre sa ns e n co mbre Abomey, aprs l' avoir chrement pny. L e roi ne conna i ssant pa s bien ce

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-41-my s tre, se fit conse iller par l es hauts dignitaires religieux du p a lai s qui lui firent comprendre qu'il valait mieux relguer Bagbo dans un lieu qui n'tait pas trs loign du pala is e t qui. ds lors. prit le nom d e Bagbonongonn'. Mais comme personne ne savait servir kabbalisliquement Bagbo. Bagbo n e fit jamais rien de retentissanl. On croit m m e que l es d ev in s attachs la cour fir ent exprs de mal le servir pour n e pas laisser dtrner l es ancie n s mystres : ils bornrent Bagbo par des procds m agi ques. Le roi dabomen T egbsou, so u s l'influence d'un m yst re. prit le surnom de B assou Ashadefl. Or. jusqu' prsent, l e voudoo hatien a un m ys t r e qui s'appell e Ogau Ashadeh, e t la mre de Tegbsou, a e n core sa r p liqu e e n Haiti d a n s un mystre voudoo dont le n om est Houan-il e h. Les m ystres, intg r s depuis toujours la vie politique et conomi qu e d'Hati, n' on t jamais c h a ng d'attitude. On voit a l ors, depuis l'Ind pendance (804), d es gouv erne ments h a iti e n s se succde r, avec, com me prsidents, tantt des c h e f s d'Etat qui perscutent le voudoo avec p lu s o u moin s d e si n crit, tantt des c h e f s d'Etat qui le persecutent avec t oute l'hypocrisie possible, tant t des c h efs d'Etat qui p r o t gen t o uvert ement l e culte. Parmi ceux qui ont traqu le vou doo, o n peut citer D essalines ; mais Dessalines traquait l es a d ep t es voudoo t ou t e n tant, lui-m me, pratiquant fervent du voudoo ; encore m ain t enant, il existe une loa que les vo ud oisants voient souvent s'incarner et cette lo a s'appelle Grande Aloumandia ; celle l oa tait l'un de s m ystres qui possdaient Dessalines, surt ou t quand il se rendait a u oum'phor o il se rvait, l'Arca h a i e ( *). Ce m ys t r e fut m m e un de ce u x qui avertirent D essa line s qu'on devait l 'assassi n e r de ne pas partir pour l 'Ouest d'o il devait se rendre dans l e S ud contre ption pour r pri m e r une rvolte: Dessalines partit e n m p risant l'av is des m ys t res e t ds qu'il eut atteint le Pont Rouge, l'entre de Port-au-Prince, il fut abattu par le s balles des rv olutionnaires. Le cas d e D essa lin es rappelle un axi o me bien connu de t o u s ceux qui servent l es l oa en A fr i que: Il n e faut jam a i s faire honte un vodoun :il. D'autres prsidents d'Hati se m oquant des exigences du cl e rg ca tholique romain, protgrent si n c r e m ent e t o uvert e m ent le voudoo. On peut l es cite r : Soulo uque, Dumarsais Estim. Soulouque pratiqua ouverte m ent, Es tim a u ss i ce qui l eur vaut une cert aine reconnaissance des oum 'phal', e n dpit du caractre politique assez scandal eux de leur administrati on, ca r l e pire, en religion, es t d 'avoir h onte d e ses convictions. C'est d'ailleurs ce mal heureux comp le xe qui a, le plu s souvent, comp l iqu l 'ex.is ten ce d es loa VOll dao e t du culte voudoo en H a ti ; l'Hi s t oire d'Hati comporte a in si nombre (') Au pont dc Mrottc. Il se r vait aussi dans d'autres oum'phor situs aillcurs. Voir fig. 2.

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-42de c h e f s d'Etal qui, lravnills par cc comp l cxe d'infrioril sc sont livrs maladi,'clll en l il une g uerre d'cxlcrminnlion ans le but de supprimer le culle des loa alors que, dans l'ombre, ils le pratiquaient! Un des exe mpl es l es plus frrtppn nt s de cette perscution politique deme u re marqu, dnns l'histoire d'H ati, d'une pier r c rouge. Geffrard cst prsident de la H Jluhliquc d'Hnti de Janvier 1859 1o.'lnr s .1867. Le peuple h atien tait fatigu de l'cmpir e de Sou l o uque; l'arme p r parait sa chute. Le Co mil H volutionnaire des Gonnives rtablit bientt l a Hpublique en prodnm:lllt Gelrrard p r s i dent. Pendnnl ses dmls avec Soulouque qui l e soupo nn ai t de lc trahir, et vou l nit le frapper, G elTrard s'adressa aux I on l'oudoo qui prsident Ic bagui du oum'phOi' de L a Souvenance, pi's de l a ville des GOllaivcs. GcITrard, pour se protge r de Sou l ouque, se fit protger par le:; loa de Ln Souvenn n ce. Il p romit monts et m e rveilles ces l oa, l es f
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43 traque les voudoisanls jusque d a n s leurs mai so n s pri ves. raflant tous l es objets cultuels que s e s pouv a i ent ll'Ouver : t a mb ours coniques, as so n s. drap ea u x rituels, asse n s d e f e r forg, pierre s -tonn erre, attributs ri tuels des l oa t els qu e l es co s tum es l es chapeaux et les f o ulard s. L' glis e r o ma i n e e n fait des a utod a f s publics e t exige arm e officiellement par L es cot, qu e t o u s les vo ud oisants se converlissent la r e ligion de H o me Un e J nqu isi tian-miniature. Le s mystres africains se pli ent docilement; puis, se l o n la m thod e tra ditionnelle ils laissent pa sse r le flo t puis, l ente m ent, trs l ente m e nt, ils re prennent pie d d onnent l'ordre de refaire des tamb ours, de replfltrer les ba gui de confecLionner de nou veaux drapea ux d e reprendre d'autres as s ons, de r ecommencer les s ervices ritu e l s ... Comme D essa lin es qui a t tu a u Pont R o uge d evant la capi t a l e alors qu'il marchait un triomphe sanglant, le madras rouge d es OgOIl et de s Pethro nOll all t o llr de son crne SOilS son bicorne,. comme GefTrard qui es t tomb d u pouvoir apres que d es conspirateurs, qui l' attendirent en vain il l 'ang l e des rues d e l H p ital et de s case rnes pour l' assass iner se ve n grent en tu ant s a fille, Mad a m e Mann ev ill e Blanfor t de d pit. d'un coup de fusil tir travers les per s i e nnes, Elie Le sco t tombe aussi du pouvoir et part pour l'exil. r-.lais l e .concordat continue liner la b a taill e des m ys t r es : mystres de Rom e contre l es mystcres de la Guin e, du Congo, d e l'Angola du Da h o m ey, my s t res des Fons, de s Nagos ... A l'heure o nous trao n s ces lignes, un p i sode trange df' cette bata ill e de s l oa-pays contre les loa-t r ang r e s se d roule, diton, aux Gonaiv es so u s l a forme d'un duel m ag iqu e entre l e s iege cpi sco pal et les oum'pho r des e n viro n s. Monseigneur Robert, cvque du lieu construit un palais episcopal il l'endroit o se tro u vaient se rv is d es my s t re s voudoo ; il es t empch, p a r ces mysteres, d'habi ter l e palai s. D e plu s sa sant p ri cli te; un mys t re lui apparait de t emps autre so u s l' as p ec t d'une dame e t lui demande de r e ndre l'empl acement ( a ) C). D a n s le domain e pure m en t co n o mique, l a situation l oca l e se co mpliqu e d s qu e l a persc ution r ep r e nd contre les t e mpl es voudoo. Voic i p ourquoi: les exige nc es du ri tu el \'oudoesque forment une clientle r e m a rquabl e au comme r ce h a ti en; et, du moment que l es oum'phor 50nt empchs d e tr3.\ vailIe r tous ce ux qui s'adonnent a u voudoo cessent d'ach eter, ce qui signifie que l es troi s quarts des popul ations hatienn es cessent d 'ac h eter la f or mi( ) Les lett res (a), (b), (c), (d), etc., r envo ient aux l eUres cOITespondantes de l Index hagiographique. (Voir pag e 401).

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44 -d able qu anLitc de mati r es r it ueIJes h abituelle m e nt n cessai r es l a m ag i e voudoes q ue. C'est d ire q u e c h aq u e fois qu' u n vnemen t p a reil se p ro duit, il se pro duil. par vo i e de co n sq u e n ce, un m a ra s m e commerc i al. A in s i m a l gr que pal' le com p l exe q u e nou s avo n s essay d'expliquer. l a poli ti q u e du Conco r dat de Geffrml f er m e les t em pl es vou doa ils n e restent pas f erms b ie n l o n g t e m ps ---L!.: l b n l a n ce commercia l e d p e nd a n t d'une b a l ance d e po litiqu e rel i gieuse que les m ys t r es d es oum ph o r se mbl ent avoir tabli e co mm e p a r malic). ... U n e co n versa tiOn q ue n o u s cumes avec l e m ys t ere qUi p r o t egeai t D essa lin es, Grand e A l o llm a nd i a d ifie curieuseme n t ce u x qui p e u ven t ft un titre q u e l con que, s'int r esse r il celte aventure q u asi-s u r n aturel l e P o urqu o i H a li est-elle da n s un si triste tat, d e m a nd ai-je a u "mys t re? P arce q u e l es c h efs d'Et a t h atie n s, au lie u de res p ecte r l es l o a de Guine, ont p r f r i n sti tuer un syst m e poli ti q u e q u i co n sis t e l es b r im e r Presqu e t ous l es che f s d'Et a t h a ti ens o nt trahi l es myst res a fr ica in s. Ils les consulLe n t pour tr e q u e l que c h ose e t d u m o m ent q u 'ils sont arri vs $ ils n e pen sent qu' su p pri m er n os b agui empc h e r n os services, in terd ire nos danses. A u ssi, l orsqu'on nous app elle maint e n ant, n ou s ven on s, m ais seule m ent pour notls a muser u n pen e t surto ut pou r f aire qu e l q u es t raite ments indiv i d u e l s a fin de r e nd re se r vice il des m a l a des ... N'y at -il pas un m oye n d e fai r e : llIlr e m enl ? Sans dou t e L eq u e l ? J e m 'en r f r e r ai a Gra n d-Ma it re et, l orsque j e vous r everra i n o u s e n r ecause r o n s. L e plu s h aut so m me t d e l a lutte R o m e-O um ph o r se mble t re, to u tefo i s, l 'aventure h is t ori qu e du ro i H enri Chris t op he. Christop he. dit H e nri 10', ro i d e l a p a rti e Nord d' H ati entre 1 8 0 6 e t 1 820, tai t un f e r vent prali q uan t d u vo ud oo, q uoiqu e m e n a n t, dans l es d buts, une po l itique assez ast ucieuse a,' ec le cle rg exo t i q ue. essayant adroit e m ent e s ub ordonner les p rtres romai n s son aut orit polit ique p e nd ant que ce u x ci essayaient d 'en faire autant pour l' am e n e r d a n s l e g ir o n d e Rome. Cepe n da n t, l es prtres romains allrent s i l o in d a n s leurs critiqu es contre la fidli t d u m o narqu e aux m yst r es afr icai n s que l e roi se promit de tra ce r un exe mpl e public qui l es fil cesser ; il se r e ndit do n c l' g li se catho l ique de L im o n ade e t pen dan t que l e p r t re critiquait o u ver t e m e n t l a co n du ite voudoo de la monarchie, m l ant sa ha in e du vo u doo des c on si d r atio n s sur 1'3dmi n istratio n po litiqu e prop r e m ent di te, H enri 10 s e l e v a d e son trne e t c r avac h e e n m a in se di r i gea ver s l a c h ai r e ... M ais, di t o n

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-45-:tu mom ent o il allait lever l e b ras p Olll' frapper le pr d ica t eur, il fut te r rass par une pui ssa n ce i n v i si ble qui le projeta avec une force extrao r d i na ire contre l a paroi d u hflti m en l. Il sc b lessa, marquant l e mur de son sa n g c h aud. On voit e ncore unc large mac ul e rouge fuit e a u mur en question ( ) Les prtres du clerge catholique aur:lien l parnt-i l. volontairement omis de laver celle L ac h e d e san g qui r eprsente, il 1l'3vers l e L emps, une de l eurs victoires sur le culte voudoo, el il s onl plac, cntre l a port e de l a snc ristie e t l e coi n du matre-au l e i une inscri p ti o n L a propagande catholique romaine n e m nn que pa s d'aj outer qu e le r oi Christophe. l:l suite de ce lt e scne lr:.lgique, r entra au p a la is de SnnsSo uci, Milot, pour m ourir, p endant qu'clatait la rvolutio n qui devait r enverser l a monarchie. (') D'autres di sen t qu e c'est il l' glise du Cap. La vrit h istori qu e est q u e J e 1 5 ao t 1 820, il dev ait assis te r la messe a u Cap, mais il se ravisa ct se rendit il Limon a d e.

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Notes supplmentaires pour montrer quel point le Voudoo exerce une influence sur la politique hatienne et quel degr tes dirigeants hatiens lui sont traditionnellement subordonns. Fauslin Soulouque tait e n core esclave en 1789. Il fut affranchi par Andr Higa ud en 1793. P rsident d H:lli de 1 847 .18 4 9 e t Empereur d'Hati de 1 849 1859 l e gnra l Sou l o uque fut lu la prsid e n ce l e lor mars .1847. Soulouque servait les l oa ; c'est ainsi qu'il ful surnomme ou se surnomma Bon'nllOnme Cocll( ou Bon'nllOnme surnom franci s par l es hi sto ri e n s en Bonhomme Coachi. Son empire fut renv e r s par le mul:1lre Fabre Geffrard, en J859 (janv ie r ). G clTra rd, qui se r vait lui-m me, trahit, comme on l e verr a dans r .el ouvrage, l a tradilion des m ystres qu'il se rvait da n s l' o mbre e n signant l e Concordat qui permellait : l 'Eglise d e Rome de s'i n s taller e n H ati d a n s l e but avo u d'en arriver il l a suppressio n radi cale du c ulte voudoo. Antoine Simon ( pr s i dent d'Hati de d cembre 1908 il ao t .19J 1) se rvait les IDa sous ln forme d'un c.ondensa t cllr des f orces mystricuses de l'Afrique reprsent par un ca bri auquel il donna l e nom d e SUI-Ma-Lo. J ea n J acques De ssali nes Cin ci nn al u s Le conte (prsi d ent d' H ati de aot 1911 ao t .1912) doit e t so n acc ession a u p o u voi r el sa chute du pouvoil' aux loa d 'Afriq ue. Voi c i J h is t o ir e de ce r g ne: L econle fut lu prs ident g"nce Saint ,Jacque s qui il avait fait Iles promesses Saint Jacq ue s est l e mystre Ogou d u vo ud oo, d 'aprs le syncr ti s m e te Iigie ux e n v i g u eur dans l e Nor d d' H ati d'oil Leconte es t originaire. Mais, conseill par M o n seigneur !{ersu zan, c h ef du clerge r o m a in e n Hati il fit mettre so u s corde l e tableau reprsentant Saint J acq u es ds qu'il eut le p o uvoir! Elu l e 14 ao t .1911, L econte prit d'une faon tragi que par le f e u

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-41 -l'explo sion et la poudre, a UribliL s magiques d es mystres Ogau : ,4: A ln suite d'une situation p olitique assez tl"OlIble, rapporte l'Histoire, oil une pri se d'armes rvolutionnaire tait imminente, la population de Port-cm-Prince ful r veille en sursaut l e 8 aOLI1 1 9J2, 3 heures du matin, par une fOi'mdable explosion: l e pal a i s national venait d e saute r. Dans les flammes et l e c rpite m ent de la mitraille, L econte disparut avec 300 sol d a t s de sa gan!e" personnelle L e f e u, mystrieusement, avait pris l a poudl'ire. Le t a bl ea u repr sentant Saint Jacques B/wlin'dio avai t t plac dans l'glise de l a Plaine du Nord aprs qu e Sain t J acques Bhalin'dio l' eul fait mystrieu se ment d co uvrir, du temp s du rgne de Christophe. sous d es 1"0-(:h es entasses (comme une grotte. disent certains) a la Porte Saint Jacques silue non loin du Palais de Sans-Souci, rside nce royale btie par le m m e Chris t ophe, Christophe, averti pal' plusieurs pe rsonn es qui avai ent miraculeusement vu ce tableau il ce t endroit le fil e nfin chercher a p rs mille hsi tations et il le plaa d'abord so u s une t onnelle faile de taches de palmis te, dans les jardins du palais; Bhalin'dio .. m onta un initi de l'endroit pour l u i reprocher d'avoir log aussi prcairement lin aussi grand negre, et il fit disparatre le tableau, roi dut alors promeltre une glise a u tableau et, cette glise, une f ois construite, l e tableau fut r etrouv. encore plus m yst ri e u sement, dans l e cimetire, D s que l'glise fut prte, Ch ristophe l' y fit accrocher, C'es t lit que le gnral Chapuzelle, qui avait t c h a rg dit-on par le prsident L econ te, de mettr e le tab l eau sous corde, devait accomplir ce forfait; C lw p u zelle arriv devant le tableau s'excusa auprs de Saint Jacques Bhalin'dio, disant que se ul son chef serait responsable de ce qu'il a ll ait faire et. comme Bhalin'dio avai t soign e t guri sa femme, il n'excuta pa s personnellement l'ordr e, mais l e fit excu t e r pnr ses soldaI s, Auparavant, Bhalin'dio avait averti L econte qu'il n'avail pas .. m:1l'c h personn e llement pOUl' le fai r e li r e prsident d'H ati, mais qu'il :1vait plu, t t fait travailler l es anges Ma-Rah-Sah ct, e t il avait rclam, pom ceux-ci, une rcompense ( 0). Stnio Dra Vincent (p rsident d'H ati de 1930 il 1 941) servaiL aussi les 10<1, mais sans l' avo u el'. Le oum'phor d e sa famille sc lrouvait encore (oul rcemment, ln C roix-des-Bouqucts. Son bco pr fr tait le f a m e u x D 6 -cima. Vincent. en 1932, fit sacrifie", dans la cour d u Ba g ui de Nan Camp che (prs du CapHatien), trois bufs dans le but de se perptuel' au pouvoir. .-::-::-C) Monseigneur Kersuzan, qui avai t conse ill il L ccon t e de mettre St Jat.:ques Bbali n dio sous co rde, eut la langue p ara l yse avant de mouri r. Il blnit, prlcnd on, comme u n ca bri a u li e u de parler. Il fui tu par Bhatin 'flo, affir ment les rer vents de cc mystre,

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48-Elie Locnrdie Les cot ful l e successe u r de S t nio Vincent. Elu e n 1941, il fut renverse par une r volution e n 1 946. Lescot naquit il Saint L o ui s du Nord. Sa grand mre servait, il. Nan Campche, le mystre Papa P ier r e. Papa Pierre, aussit t que l e p etit Lescot tait n, prit l e b b et s'empressa d'aller l e bai gner mag iquement a u CapHatien, juste au carrefour de la Place Mon tarch e r (place qui exis t e encore). La matire du h ai n magiqu e co nsistait e n un gallon d e tafia. En le baignant, Papa Pierre pronona ces paroles m m o rables : Cet enfant s era che f parce que sa tte es t c1lQncre (calvitie en U d ont Lescot sera atTubl, en efTet, plus t ard) L a prop h tie de Papa Pierre se r alis a : L esco t fut prsi d ent d'Hati. grce sa 4: tte c h a n cre :o. Mais, perscuteur invt r du voudoo, sa side n ce fut dplorable e t il f ut bmentablement c h ass d u pouvoir p a r le p e upl e exas p r.

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F ig 3. Dra peau ritue l p o r t e par llne h o tln s ih c odJ'lIpClIIIX. Fig. 4 Fig. 5 B atteri e Con go. B atte ri e B ada. 4

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La survivance du Voudoo et ses consquences sociales et politiques 1I3lgr toutes ces misres, le vo ud oo se survit pe r ptue ll e m e nt. Tant t dans J'ombre, tant t ciel ouvert ct mme par le canal de viru lentes p ol m iques de journnux, l a luUe Home-Voudoo continue, sn n s merci, attnue cependant. parfois, par de rares t empr: lInenl s ll, So u vent traqu s dans l a personne de leurs p ropres m ys l r es, h o n o r s par 1 le s voudoisants sou s la form e de ccrtaines statues de glise catholique ro maine, grce il une volutio n morph ologique due au sy ncrtis me relig ie u x opr entre le Ca tholicisme romain c t le Vo udoisme africain le s adeptes voudoo se sont vus privs de ces statu cs ellcsm m es ; ce qui veut dire que certaines glises et cert a in s lieux de plerinage cath oliques ont t privs de l eu r s ornem en t s que le s vOlldoisants avaie nt, par un tres adroit syncn! lisme reli gieux, ,alopt s pour Jlo u voir conLimle l il adorer l eurs propl'es m ys t res, Le clerg cath olique, c h aq u e fois qu'il d co uvre un subte rfu ge de cette so d e. s'cmpresse naturellcment de crier nu sacrilge, et il fnit rnpi dement di spnrnitre l' ob jet de celle ruse syncrti q ue, Plus ou moins oblig de se cac h er, l e sace r doce vou d oo lro u ve nlofs hicn plus adroit d'oprer t o t n l cmcnt le syncrtisme religieux entre le Voudoo el les saints de Rome: il p i nce c:lrr ment les divini t s e n images de la chr tient dans les o um phor : sainl Nicolns, saint Michel, sainl Matthieu, saint .Jean, saint Chrslop h e, sainl Luc. s;\nt Patrce, saint Jacqu es l e majeur e t saint Philippe. s:lnte A ll ngr:ce, sHinte Hose d e Lima, sainte Ursule, sain t e Marie, sainte Philomne. sainte UHrIJe ('), Noll'e Dame de la NHtivit, (') Sainte Barbe aida les artilleurs Ilg r cs ( l e tout son pouvoir. e n sc nlclt:mt li cn lifourchon su r l a gueule dcs enno n s pour lcs pointer, Ellc dansait sur III .1

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-50Notre Dame du Perptuel Secours, pOlll' les udorer sous ('CS formes-doubles dont voici d eux ou trois exemp les: suint Michel: Ling l essoll Bnssin-sang sainl Nicolas: Marassah-3 saint Antoine: Le g ba sainl Jean: Agami Lphant sainl George s : Diable Linglessou J..sainl Chris tophe: Legba sainl Patrice: I h llbh a l a h \Vda saint Ulrich: Agouc h R Oyo sainl J acques: Ogou-Fer saint Philippe: Ogou Bhathalah saint e Ursule: Soline Agouch N. D. de la Nalivit : Siouannih sainle Philomne: Philomise sainLe l\'1arie : Matresse Erzulih Cc syncrLisme reprsente un des m oye n s ado pt s par l e sacerdoce voudDo pour survivre cn Hati ; mais il est vra i de dire que cc syncrtisme n'a pas t ado pt sa n s aucune scie n ce. La yrit est qu e l e saint catholiq u e qui es t cboisi pour avec tell e l oa vouoo ;p lui correspond so trique-g ueule d e ces canons au so n du .ca n on. Sainte llarhe, mystre) ou <1: lo a}) de l'Artillerie, est connue, dans l e \'oudoo, sous le merveilleux no m de Zide 8aderre Codonozme, femme de Bad o u Bad erre, frere de Saba et, com me Saba, plac l a tte d e l'escorte de P ha, qui est l e Grand-MHitre du voudoo Uide 8aderre COdonozme, qui reprse nt e en quelque sorte l'oraj:l"e (donl le bruit est imit par le canon) est h o n ore, dans le Nord d a n s une chapelle rustique btie l 'Ac ul -du No rd au pied du morne Macarti, 3 ou 4 kilomtres du fam e u x centre mystique afri c ai n de Nan Campche o l 'on peut en core \'oir tou s les grands anges dits du Nord; Lali-Hw, Lah-Hw-sih, Nil/-ra /Jan-Thor, P apa Sosill 8aderre (Saint Joseph), nilo-si II-a, Sou-Dan-Soll .ill-Ii-ran, 100 noms BllaLih-Hin'dio, Papa Pierre Blla-Sill-Co Zaca Tonnerre, SL ah-S GOl/ell-T/lOr, I l e nombreux Ma-Ra-Salt (les Jumeaux) dont :llall/1lall-Jumeaux, [ "oko, D-Blra ( Papa Legba) L-1JI1l/ Grand-Chemin et L-lJlla Carrefour, Sill-Ni-Thor, Grande IJfw-T/w Lall, Ogou-F er, Mailresse ZWe (Erwlic), Mailres.e [ ,orvalla, JJoco I-:on. GOligolln' Dan-Gnon, Dan-BfIO-Ral!. .. Dan s la rgion du Nord o se trouve Nan Campche et qui compren d le fameux "lorne Rou ge ou les n gres marrons quc Sainte Barbe devait aider surna turelle ment pendan t l a Guerre d e L'[ndpenda n cc, se runirent pour decider ce lle re, on voit la grotte de Makandal. L a grolle est situe S UI une proprit qm ap partient aujourd'hui au docteur AuvilJon Duros i e r et, pour la dsigner, l es gens du Nor d dise nt c Trou l\Iakanda :t. en sorte :w;.: .centres \'ou d oo du Nord et d e l'Arlibo llll e ou les mysteres afncams sont tradtlionnellemenl clhrs : Dral, Castel, Bois-Neuf, La n Dornau o le Chrisl p orte le n om de OIlQn'glli/o, Saint Mi chel, La Coupe David, l3che. 3 Cailles pour le Nord ; La Souvenance ct Lan Soucri Dan ac h e pour l'Artibonte.

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-51 -m ent d'une mani re parfaite pal' l'apport il. su fonction hel'mtHique el sc ieq. tifique et par rapport ses attributs sy mb o liqu es. Prenons ce t exe mpl e qu,'_ iJlu stre m e rv e ill e u sement ces c h oix : saint Ulrch est synertis avec l e mystre voudoo :llatre .4goucl! R Dyo parce que sai nt Ulr ic h lienl un poi s son el un e crosse e t pnrce qu e Agouel! R oi 1 0 ou R Oyo cs t le m0-Ire d e l a mer et Neptune-Roi. Un autre exemple illtlstre l e chix de sa int Christophe pom 4: m arc h e r avec Legba : Legbn esl l e matre es pas:,'ages, y co mpri s les passes d'eau e t l'on voit toujours saint Chri stop h e en train de f aire passer l'eau il l'agneau pascal. Le sy n crtisme es t enco r e plu s r or l qu e Le gba esllui-mme l'a g n ea u 1 de l a Pque. .... L'autre forme de sy n c r lis m e qui contribue il la s urvivan ce socia l e dU';" voudoo es t celle de ses d;loses d'origine afl'icaine : yanva l o u djouba, congo, p ethro, rada, ibo, banda, crabi g nin pigni, avec d'autres danses d'origine: internati ona l e acceptables 011 plus o u moin s acce ptables o u accep i tes pal' l a soci t e t L e gra nd m a lh eur n'en demeure pas moins que l es si b elles danses du Congo, du D a hom ey du Yoruba des ibo, des nago son t cartes des sa1 I ons pour satis r a ir e a u dictat polilico-religiellx du Saint-Sige ("), Les dan1 ses rituelles de l'Arrique prennent alors une revanche blo u issa nt e les jours d e serv i ce /Joudoo o il es t enfin p er mi s de les exc uter, ) Cependant, mme lorsque l e ,4: permis officie l de la police a t accord un oum'phor les consquences politiques s u sc it es par la lutte des deux croya n ces OUlu'phor-Home se f o nt se nti r pniblement, car le permis de f aire un service VOl/dao ou l e permiR de danser-vol/doo est pa y par l es oum'phol' t anis que l'Elal paye a u conlrail'e catholique pour qu'elle exerce so n sacerdoce c n H ati il c t du bagu. Ces consquences e n entrainent d'autres peine croyab l es que la cl ient l e e nn emie des deux glises apprcie avec des variations diverses: e n face d'un tel ostracisme cont r e l e culle des m ystres arricans e t d'une t elle sol licitud e enve r s le culte ca th oliq u e romain -donl les dieux se trouvent pourtant, ironie ru sionns pal' les astu ces v it ales du syncr ti s m e reli g ieu x l e pays 011 s'exe r cent ces d e u x r e l igions fait figure d e b ourrea u du voudoo (b), Il en rsulte un g r ief inextinguible, chez la masse des voudoi sants, contre les pouvoirs publics qui, pal' l e Concord n t de GeITrard, ont oc casion n les svices, et qui t o uj ours pnr ."" po litiqu e religieuse ne cessent d e traque r l es loa sous les plu s futiles prtextes, Voici un exemple vc u par n o us: au cou r s d'un service voudoo pour le(") D anser-vodu de,'ient a lor s un ,"ou
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-52-quel le permis de police avait t dj pay (lIlX blwUII/:l : (/11 fisc, la poli ce rurale fait irruption e t suspend le sen' ice. Un t e l tat d e choses es t intr essa nt plusieur s points de vue. Les c h oses qui se passent contre le voudoo, de nos jou r s, e n rappel:mt celles qui se pas saient djit contre lui avant l 'i ndpendnnce d H ati (1804), fonl non se ule ment dcouvrir la cause d un double mat 'as m e cono miqu e c t moral qui at teint c t l'adeptat voudoo e l les my s t c r es e u x m mes dans l eur psychologie ( comme l 'a s i bien montr noire conve r sation avec l e voudolln Grande i Ho umalldia), mai s modifient se n siblemen t l'infrastructure de l a Soci t hatien ne, ses habitude s superHc.ielles s a c rifies comme on l'a vu il un sync ret isme de ruses e t de malices. e n s u scitant, sous l'action invisible des mystres tra qu s, lin proc essus rte rvision occulte du continuum hatien (c). Dien des changements incomprhensible s de la vie hailienne sont unique ment dus il cette for ce oc c ulle invis ibl e qui uvre dans l 'ombre de s kp voudoo (autel s ritue ls ) C'est ainsi que, mcontents d'tre petpetueIlement tmqus, perscut s, saccags dans l eurs biens ct ans l eurs bog/ll'-can (se r viteurs voudoo ), les 10(/ apportenl successivement d'trnnge s modification s l 'ex i s tence p oli tiqu e des gouvernements e t il celle de la Socit. Leur influence quoique occulle est cependan t t elle ment se nti e par t o ute s les couc hes soc i ales que en dpit de bien tles d n ga tions s pectaculaires, l e mOllde ha/ien en s: lit l'atmosph r e hatienn e abso lum ent p ntre. Il se m ble que rien ne se pusse en Hati e l que ri en ne pui sse s'y passer sa n s que comme dans un fond de tableau -le cluel Home-Oum'phor n'y joue un rle de t ou t pre mi e r 'orre : dans ces conditions, s i Home est gagnante, le dernier mot des vnements sociaux et politiqu es es t dit par elle; mais s i ce sont les myst res voudoo qui sont victori e ux, ils dictent l eur volont. L'humanit terrest r e qu i subit ce du e l bizarre o les mmes divinits s'e ntrem lent pour se d c hirel' SOII S des formes soi-disant difTrente s, sem ble perptuellement en aUenle d'un jour oil ce duel cessera a u gra nd profit de la collectivit nationale. Telles sonlles co n s quence s so ciale s el politiques d'un tel combat surnu turel que des exemp les impress ionn a nts sont rournis pur cc que nous avons appel just e titre une rvisi o n occulte :il des c:ldl'es constitu lif s de l'ex is lence hati e nne ou de son con/jnl/ull oital : le processus biologique de l'Ha tie1l est en pleill e modification par les d ll vOl/doo. De ceLLe modification en prpa rati on dan s J invisible e l que seuls con naissent de grands initis et des individus supra-lucides, sortiront des v n e m en t s aussi importants que ce u x qui furent donns aux ngres marrons qui prparrent les rvolte s d'esclaves qui n.boutiren t il la Guerre de l Ind pendance d'Hati.

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../... 53 Il est bon d'avertir, ici, que ce n'cst pas pOUf le plaisi r de loucher la Politique ou il ln Sociologie que nOLIs parlon s ainsi des voudoun. Cependant il cst un fait; o n ne p eul pas dcemment crire SUI' le VOlldoo sans aboutir falal e m ent il ces considration s d'ordre national, conomique, so cial, politique, et m me i nt e rnational. .car o.n ne peut oublier que la vic occulte des Invisibl es Voudoo de la Tradifion Orthodoxe Elhiopio-Afro-Ha/ienne a t oblige de prendre un cours spcial qui les menait l'obligation imprieuse de s'occuper de librer leurs adeptes de jougs politiques diver s ds l a Traite lies Ngres sur l e sol h ntien. cl que r e tenu s d e pu is l o rs celte occupation nlrioUque par des vnements p olitiques qui n'a b outissen t pas encore ci ce IL' ils dsirent i l s continuent il fnire d e la politique occultement lout n exeranlleur sace r doce vanglique. Parler des my st res du voudoo sans nvisager ces questio n s e n les passanl sous un silence qui empcherait de es tudier parfaitement, serait en faire une lud e tr s incomplte. i Nous n'cn vou l ons pOUl' prcuve que l' tal de c ho ses qui a exist durant le s jours qui onl prcd J'independance. Le voudoisant qui est voudoisant aulant qu'il est ngre s'il n 'es t pas voudoisant avant m me d'tre n g r e es t sombr dans l'esclavage; il ne voit vraiment pas et ne trouve par con squent pas l e m oyen tic briser l e joug. A bout de ressources personnelles, il finit ( aprs plu s de 300 ans de so uffrance s) par s'aviser que ses mystres peuvent l'en sor tir. Que fail :'ll ol's l' esclave courb sous le joug? Il demande aux loa voudoo de venil' so n secours, non se ul ement pour so rtir de l esclavage mai s aussi pour forger une indpe ndance ngrc (lflec les armes des voudoun De l eur ct, qu e fonl le s l oa voudoo ? Elles acceptent mai s moyen-nant cerlnines conditions. / Alors, so us le co uvert de mo ye n s sociopo liticomagiques, commence ce \ qu 'o n peut hardi m e nt appeler la preparation des futurs Hati e n s au se lf control nation. a l par le$ mysleres vOI(doo. C'est cette prparation occqlte qui ,amne l'e sclave d e l' ancie nne colonie de Saint-Domingue il l'indp e ndance. Le co lon blanc l e sen l e t le sait m me si b ie n gr:ice il des s ri es tes d'inspections surprise s dans l es cases et dans l es bois o l a couleuvre Danb/wlahYtHllUe, Unglessoll Bassinsang, Ogou-Ferraille, Ogoa Bhalhalai!, :1Tiirine -Ue RoisChche et Ti J ean Pied-fin sont invoqus. consults po et m e l tout en mr rc pour empcher ces runion s clandestines o, dj, au rythme assourdi d'un t ambour co nique ou d'un sinrpl elronc d'al1re mal d g ro ss i lcs prparatifs guerriers se font, a ids pat: !!:s noirs qui servaient dan s l es rangs de l'arme franaise, il cl d'videntes transactions politiciennes au cours desquelles un Mackan dal se voit djil de l'le

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-54-L es m yst r es voudoo son t l. les p r e miers, il entasse r m a t riaux sur m a l triaux, p our la g u er r e et pour l a lib ert: ils initient ceux qu'ils doivent 1 i nili er, p rotge nt leur vie ncessair e l 'uvre prsente e t future, frappent ; ccux qui peuvent lui tre nuisibles en les cartant ou e n l es supp ri m a nt par l e f er, par l e poi so n par l es intrigues. L:l fameuse pharmacope d es cap r e llatc/us et des mackandal s d e l a race no i r e joue un rle historique de pre mier onlt 'c : l e mystre Nannun Blouko u du pantho n dahomen, qui est l e ./lOdOllll de la p lwrmfltic, instrui l les adeptes "011(100 qui, ainsi. rayent du monde d es vivants un nombre impr essionnant d'adversaires blancs com m e ng r es, fmyant par l e p oison e L la conna i ssa n ce s urn:Jtu relle de s feuil l'les, le c h e m in de l ind pen dance par l 'eff .. ce m ent de la plupart de ceux qui :tllr:lie nt PLI s'o pp ose r effic3cement 13 guer r e de 1 804. Comm e n ce 3ussi 13 p r p:lra lioll des l e ader s e t des meetings qui von t f or mer l es so ldnt s de l'Ind p en dan ce ,. C!!,r ce sont des leader s prpars par les myslres e t meetings p ar 6oUdo .qui r essembla ienl d'ailleurs tmngem e nt s ervice s voudoo $ qui sont l a b;-lse des g;}l : res victo ri euses d 'o va surgir flllglll'nnl.e la nOlivelle nn------._._-----tioilTHl itien ne. La trdition a permis de savo ir, dans l e mond e des initi s qu'il n 'tait pa s du tout rare d e voir un Bouckman, un Mac kandal un Bia ss ou un Jan Frano i s, un De ssa line s, e t m me un T o u ssain t Louverture m on t pa r un mystre au cours de runions ol se d cidait l e sor t de la co l o ni sation dans les Am r i qu es. L'assistance comme ce l a se voit encore de n os jours so u s les p risty les des o um 'phor, mai s pOlir d'autres buts -r ec ueillait pr cie u se m ent l es ordres o u les co n seils de l a l oa qui po ssda it Biassou ou llouckman, pour les l ui rpler lor sq u e le m yst re, pa r U dans J'invisible, lui rendaiL sa libert d'esp r it. La Kabbal e so t riqu e voudoo a r e t e nu d e manire irrfutable, que p resque t outes l es dcisions h eure u ses de ce tt e poq u e ont t dictes aux lea ders d e ce temps-l par l es Grands In visibles d e l a Tradition Solaire du vOlld oo. La pre uve d e ce tt e asse rti on est f aite par l a co ntinuit obse rv e da n s cette for m e guerri r e e t politique socia l e e t co n o mique d e consu lt ation d es Grands In v i s ibles : hi ss au pouvoir t otaliLaire com m e empe r eur par l es evne m enls, D essa l ines, par exem ple, sait e t se rappelle si b ien que, sans ses mys t res et sa n s toutes les t: flolles d e myster es V01Ldoo de la T radi tion l'Ind pendance n 'abo utissait pas, qu'il a t oujours, apr s la proclama ti on de l'Ind pe n da n ce un ou plusieurs oum'phor l' A r cahaie ( ), De m m e que presque tous les gn r aux. ou mm e tous sa n s exception, 4 serven t :. ( ) Sans compt er les oum'p h or situes ailleurs qu' J'Arc ahai('.

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-55lel"rs mysteres-matres-ffe dans des ba gui dissmins sur tout le territoire ciu nou,'el empire, l' empereur .Jean-Ja c qu es Dessalines .. sert l'Arcahaie dans des hagui qui sont encore deboul e n 1951. Voil donc de s fnits concrets que rien ni personne ne p eut sor tir de la ralit: i l s relvent, en premier lieu, du processus /Joudoo ; processus qui suffit il expliquer pourq uoi la catgorie de s my st r es d nomm s loa gud -e t qui sont des pn!dit inv i tah l ememtouCcv ql!elqueTmporffd C C's[" ir e une fois pour t Olites, que ] poin t les loa sont m l es la vie halienne, e t ft quel d egr les condi lions de celle vie dpendent des mysMres. L'indpendance acquise de cette man ire, il tait falal que son avenir fut compromis du fait qlle ceux que l es voudoul! avaient prcieuse ment e t n m oure u seme nt prp:us ce ll e t
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-56-l'endroit mme Oll i l servnit l es m ys t re s l' il J 'Arcnhaie hiss au mill d es monuments public s aprs l e dra p ea u de l'occupant ('). L es armo iries de l a nati o n h atie nne ( qu e toutes l es nations e toa aV!lienL for ges li la pri r e de l eurs adeptes v o ud oo) sont dsormais subor donn ees. E L par dessus L o ut l a lutte Voud oo-Catholicis m e r o m ai n qui !l exnccrb so n ampleur dj d mesur e 'ocC:'lsio n de ln roccupati o n du t erritoire. traqu e e n co re plus svre m ent l e oum'pho r : les bngui sont vi d s, le s 'o udoi s nnt s m enncs, per scu t s l es L ambours co n i ques exils a p rs avoi r t co nfisqu s, b ea u coup d e pristyl es voudoo dtruits. un vl o iinp lnca bl c mis sur l es dnnses r ituelles ct m m e sur l es clanses voudoo de pur amuse m ent champtre ... Le s 10:1 sont l Elles voien t tapi es dans l 'Inv i s ibl e, frapper leul' s ade pte s e t leurs t e mples; e ll es n e d i sent ri e n e lle s attend ent que pass e l e n o uvel orage. Elles ont l e temps de l t ernit pOUl' elles; mais elles sont m conte n t es d'abord des l eurs, et l eur fantastique odysse "<\ se co m pliq u e r de s d cisio n s qu'elles son t o b l i ges de prendre pour forcer l e vou d o isant s er vir comme il faul. Il s uit d e l l es m m es causes p roduisant les m m es etTets que si, aclu e ll e ment, l e voudoo es t traqu HU p oint d e bl oque r s a magie rituelle, Lous l es o um 'phol' cessen t de s'approvisionner sur l es march s des endroit s o il s sont co nstruits, e L falalement, i l e n dcoule un marasme com m ercial tant que durent les m es u res dictes ct pri ses contre l e culte des loa. L e f ait es t do n c patent que ds que l' ostracism e vou e p olitique m ent. soc ial e m ent e t p olitique m ent, au culte s'exacerbe pour une raison o u pour une autre, le s m ys t res se mbl ent, p al' une conLre-mesure dont b eaucoup de pro fanes n e se r en d ent pa s compte, r pondre i la provocati o n d 'une m a nire assez d sag rable pour l 'co n o mi e local e. L'influ e n ce des l o a es t grande a u point qu'e ll e n'a pa s chapp il toutes sorte s d e clergs tr a nger s a ujourd'hui t a bli s en H ati et qui l a com battent outrance: p entec ti s te, baptis t e. trembleur, bahai, wesleyen, catholique romain adventis te. Sous la co loni e, l es Fran ai s hlLtrent autant qu'il s l e purent contre ce tt e influ e n ce, jusqu'a ce que cette influence l es crase. E t de .19 16:l 193.t, l es c h efs de l'O cc upHtio n Amricai n e comprirent aussi l'im pol'l a n ce socia l e du vo u doo : i l s comme n c r ent pal' l e com battre brutale m ent; mai s quelqu es p eti t s f ai t s c uri e u x l es di ss uad r ent de persvrer dans l a m anire forle. Citons un seul d e ces faits: le s m a rin es g ns pal' l' autorit d'un oum'ph o r situ D ignero n da n s la pklin e du C ul de-Sne vont y sa isir le t nmbour A ssalor qui y rgnait e n maitre ; ils appor tent ce tamb our au bureau du Gra n d Prvt a m ricain alors tabli Port( ) L'Am ric ai n

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-57-au-Prince. au Champ de Mars devant le palais de la prsidence; l, a u ssi tt d pos par terre le gmnd tambour voudo o commence ci gr o nder sans qu'aucune main Oll au cune baguette nc l 'aif effleur. D'abord, l es blancs r e fusent d'en Cl'oire leurs ore ille s, mais, la l o n gue l e t a mb our repre nant d e t emps il autre son gro nd ement sourd -ils sont obligs de se r e n dre l'v id ence ... c t de rendre l e tambour. Celte influ ence du vou doo agi ssant t o uj ours, certains H atie n s ont con nu el connaissent enco r e des Amric a in s qui onl servi :1\ et se r vent :II e n c ore le s m ys t res des bagu i par exe mpl e Riesel', a n cien officier s a niLaire du Marine Corp, qui h a b i t e t ou j ours Hati, pratiquant. dit-on o u vertem ent et servnnt m m e d 'informa teur et de cicerone des co mpatriote s c uri e u x de savoir et de voir des services vaudou ... Entre J916 et 1922 on vo ya it p arfo i s de s o ffici ers a m ri cai n s, cer ta ine m en t initi s au voudoo comme lui, accompagn er l e prsident d'Hati, S udr e Darti gucnlwe, il des c r moni es 'o udoe sq lle s, e t m m e un e f ois, sur l'ha bitation Frres, oil ccs officic rs amrica ins se lc vercnl c t dan sercn t par fait e m cn t l c v O lld oo p ou r n c le prsid cnt danscr scul. Un ca s e n co r e plu s t ypique es t dig n e de re t e n i l da va ntage l'attention, Nous co nnai ssons p ersonnellement un my s t re voudoo dont l e nom es t un n o m typiquem ent nmrica in : Captain Dayba s Ce mys t re du panth co n a fri cai n fut jadis. un officie r de la mari ne am r icai ne; attil'c sans doute pal' le voudoo il s'y fait initier par la s uite; le sacerdo ce m ag ique du oum' phor auquel il appartenait fail un
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58 oC A l'attention du \la g loirc J e soussign, c u r d e Saint L o ui s du Su d dclar e m'h' c tra nsport aux Orange l 's, sixim e section d e Saint Louis du Sud, vers mi nuit, le samedi 1 2 janvier, c h ez le nomm Roberl s (ai n s i connu), bocor d e p rofession qui, d'opres l n rumeur p u hliquc, deva it orgnniser une (Ianse-loa su ivi e de manrler des morls. D o ut a nt un pell d e ces a ffirm atio n s, d'aulanl qu e ln ma ison de Roberl s se trou ve presque :;u r l a voie publique, je n'ai prven u aucun e lluto ri t < l e peur de l es drangel i nu tilement d'au l an t qu'on n'tait pas fix sur le jour de ces crmonies d iabo l iques. Accompagn d c que lques c it oyens, Vilbrull Alphonse, Famille Ma,gl o i rc, F n nl nisy, Henri Cima ct Dicllsoit Labastille, nous nous sommes rendUs sur le dit li eu p lu tt en curieux. En r o ut e, nou s avons contraint le marchal de section, cn l'absence du c hef de p o lice, de nous accompagner. Le chef de police se trou va it prohablement il. l3gond ol je l' tl\'ais VII ve r s 7 heures du soir. Cependant, nous so mmes p asss chez lui quand mme, peut-tre qu' cette heure avancee d e la nuit, il se rait rentr chez l ui il. mon insu. L a qu ery Damiens, l e march a l d e section est ,'oisi n d e Robert s. J'ai trouv les crmonies dans loute leur splendeur. L e nomm R oberts tait en costume fminin, un mouchoi r ro uge l ui enveloppait la t te, des boucles taient suspendues ses o reilles. D e grandes c haudires t aie nt remplies de victuailles il l'intrieur d e son hounfort :t tandis qu'au dehors des tas de viande hache a ttendai ent la c uisson. Des peaux de cabrit s c t Iro i s t t es etaient a u m me endroit. Dans l a cour, qu atre hommes batlaient perdment d u t nm bour, c t le s danseurs e t les d anseuses s'agitaient d a n s des convulsions effrayantes. Avisant le nomm Roherts, j e J 'ai pri a imabl e ment d e me livrer ses Il: instruments d e travail c l de me dire de quelle autorit il ort:[an isait tant d'orgies rprouves p a r les lois du pays, car, je suppose, lui ai-je fmt remarquer, que l e President d e la R publique, quoi qu'on dise il Saint Louis (sic), n'accorde que des l'j ou i ss:lnces saines en guise d e distraction. Hoherts d e me rpondre en prsence de mes compagnons plus haut c it s, qu'il Il t a utoris par la prfecture d'Aquin ct par l e m agistrat commun a l de Sai n l Lo ui s il o rganiser ces c danses-loas depu is deux jours ct il abattre plusieurs ttes de btes. J'ai t, dit-il, en deux fois au prs du magistrat, conduit par Thoma C i ma. Par deux f ois, l e magistr a t m'a donn sa paro l e. Peu ap r s, ayant su que j'avais il verser une forte somme p our l e c manger j'avais renonc en disant que je suis un m israble q u i ne pouvait disposer de t ant d'argent. Mais un soir, Thoma Cima, conseiller d'agriculture, et un garde c jaune, sont venus chez moi pour me rclamer de l a part du capora l e t du magi stra t 150 gourdes pour l'autorisation. Press d e toutes parts par ces deux message r s, maIgre mes protestations et de g uerre l asse j'ai d me rsigner il verser 110 gourdes, valeur compt e il Thoma e L que je regr ette fort -Pas possible, lui ai-je rtorqu e, si l a l o i dlivre des autorisation s p our c: b al congo ce qui est dj mal, mais il n'cst dit dans aucu n decret-loi du Prsident d e la R publique que l es danses-loas, les mange r s loas, les mangers-le s-mor t s e t ces orgies peuvent se pratiquer librement e t que les autorits c i vi l es et militaire s peu"ent reclamer de l'argent pour les permettre, ct d e plus aucun dcretloi n'est venu abroger jusqu'ici les articl es 405. 406 et 407 d u Code Pnal qui punissent trs svrement les contrevenants il leur disposi ti o n. En tout cas, peu m'import e pour l e p r se nt quart d'heure, \'ous a llez m'accompagn e r en ville sou s cet accoutrement et avec t o us vos effets e t t o u s le s objet s trouvs dans v otre hounfort, c'est-dire le s quatre tambours, les quatre c h audires remplies de mets i n d escriptibles (sic), le s tas de viande, l a c u vette d e san g, l e poignard, l es cartes, l es cordes, les cuillers et rourchettes c r o i ses, le s poules, les bouteilles, les pierres, les images des saints. les m ouchoirs, etc ..... pour le rglement d e cette a ffaire. L e march a l Laquc r y Damiens a t char g d'accompagner R o berts c t ses deux

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-Ml-Il houncis ,. Exilias c t Ti Pierr e aux bureau x d e J'Armee d'Hati de Saint Lo uis il toutes fins utile s. Certifie si ncre ce tte dclaration dtaille < l ui con firme cellc plus br\'e faite aux bureaux d e J'Arme d H a ti l e dimanche 1 3 janvier au soit. Je prie qui de droit de croire que l a dclaration que m'a f aite Roberts e n pr sence d es tmo ins qua lifi s, du marchal Laquery Damiens et de\'ant toute une foule, n 'est pas t ombe dans l es oreilles d 'u n sourd. Qu'il p la ise il qui d e droit de r e laxer le pau"re ig norant (si c ) Roberts et ses di sciples, bien m o in s coupable s que les escrocs qui l'ont !>ort I mal faire pour que l e pays soit d e plus e n p lu s en abomination devant 'trange r. ct qu'il so il ferm de plu s en plu s I l a c ivilisati o n (s i c). Qu'il plaise il qui de droit de se bi e n r endre compte que l es autol"i t s d on t il est ques t io n dans l a dclarntion de Roberts sapent les /Jase s de l'Eglise Catholique ct contrecarrent so n uvre il Sa i n t L ouis. Qu'il p l aise il q ui de droit de faire r est ituer il Roberts l a vat eur extorque. Qu'il pl a i se il qui d e droi t de sa,'oir qlle je suis charg de recevoir la dite va leur pOlir compte de Roberts et (l'Cil dOl/llcr dcharge al/x personnelle ment (sic). L a prsente dclaration cs t f a ite sous toutes rse r ves. Sai nt L o ui s du Sud 17 Janvier 1952. J M C l e r ville, Prtrc. Cur de Saint-Louis Vu et approln' : H P e tit Notaire, SaintL ou i s du S ud La leUre se mbl e indiquer il quel trafi c officiellement lllc!'atif est livr l e Voudoo. En gn ra l c'es t ce trafic, co uv e r t par le Code P nal qui se ca c h e so u s les nom s p ompeux d e campagne de moralisatio n ,q; bases de l'Eglise Catholique >, ca mpa g ne des rejet s c t qui r ejo int par un p on t h is torique d e trois s i cles de p e r sc ution raci ale, l 'inte rdicti o n fait e aux es clave s indiens e t a fri cai n s de battre l e lflll1bour et d'honorer l eurs mys ( d ).

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Les Leaders hatiens devant le Voudoo Ce chapitre se charge de montrer un des principaux aspects hatiens du voudoQ, aspect sans lequel toute tude du voudoa demeure incomplte : "influence des toa vOlldoo sur l es lois organiques d'Hati. Ainsi, ce qui. par l es m ys tres, s est produit en Afrique o, d'abord, l 'ancien syst me chique manait du voudoo, s'est r eprodui t en Hati, avec quelques notables difTrences (e) Nou s allo n s clone prendre success ivement l es principaux conducteurs du peuple h atien -dont la religion est r es t e le voudoo, mal gr que la cons Litution proclame le c:ltho licisme romain reli gio n officielle -e l montrer non seulement l'influence prepondrante du voudoa sur eux, mais leur com portement personnel devant le culte africain. BOUKMAN Voici ce qu'en dit l'histoire (Manuel d'Histoire d'Hati, par le Docteur J .G. D orsai nvil avcc la collaboration des Frres de l'Instruction Chretien ne) ; De s esclaves, d'intelligence plus dli e, com me Toussaint-LouverLure, Boukman, Bia sso u curent l'intuition de celle transformation opre dans la conscience des esclaves. Ils r solment de l'exciter d'abord et d e l'uti lise r ensuite pour conduire leurs compagnons d' jnfortune l'as snut de la lib ert ... C'est a l ors que Boukman entra en scne et r solut de frapper et l'ima ginalion et les se n s. N la Jama que, Boukman tait un N'Gan ( Gan Gan Houn'gan, papa-loa) ou prt re du Vaudou, religion principale des Daho men s. Sa haute taille sa for ce hercul enne, J 'ava i ent signal au maUre de J'habitation Turpin. Sur tous les esc lave s qui l'approchaie nt il exerait un ,Iscendanl qui tenait du pro dige.

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61pour faire tomber loules les h sitations e t obtenir un d vouemen t a h solu, il runit, dans la nuit du .14 notl l, un grand nombre d'esclaves, dans une clnirirc du Bois-Caman, prs du 1 forne-Rouge. Tous taient as sembls quand un arrlge se dchana. Ln foudre zbre de ses clnil's blouis sants un ciel de nuages bas c l sombres ... Au milie u de ce dcor impressionnant, les assistants immobiles, saisis d'une horrcur sacre, voienl une vieille ngresse sc dresser. Son corps est secou de longs frissons; e ll e chante, pirouelle sU!' elle-mme el fait tour n oyer un grand cOllle l as :lU-dessus de sa tLe. Une immobilit plus granorsainvil en parl e dans sa brochure intitul e c: Une Explic3.tion Philologique dn Vodll : 1 .Par comparaison a u x .mtres tribus afric3.ines aradas, congos, nagos, elc., les fons onl t inflllment moins nombreux Saint-Domingue .co m ment expliquer alors la forle empreint e religieuse dont ils onl marqu le peuple ? C'est ici qu'clate toule l'importance du culte des vr/Ii Saint-Domill flue QU'ail le veuille ou non, le vd est un grand fail social de notre hi s toire. Les colons tolraient loules le s dunses bruyantes des esclaves, mais craignaient les crmonies vodouiqu cs. Ils retIouttlient insLinclivement ce culte nllure mystrieuse el senla i cnl confusmenl qu'il pOlluait tre Ill! lment dl! cohbdon pour les esclaves. Ils ne se trompaient pas, car c'est u sein crmonies voolliques que s'labora la grande rvolte .des esclaves de Saint-Domingue. ( ) Ccrtains traditionalistes prtendent q ue c ette rieillc ngresse fut alors monte par l e mystere Erwlic Gs rouges (E rzu lie-yeux-rougcs), qu'i l s prCIl nent pour l a femmc du mystrc

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-62-MAKENDAL D a n s l e t:. Bull etin du Burca u d'Ethnologie de la H publiquc d'Hati ("), de fvri e r 1944 Numro 3, on lit ceci so u s ce titre s u gges tif qui montre dj le caractre d 'volu ti on qu'a s uivi l e "oudoo sur le sol hatien : C'est so u s l' empire de ces m mes m anifestatio n s qu'il fnul placer J histo i re mys tiqu e des M a k e nd al, des B o ukm a n La gra nd e h is t o ir e l'apporte que Mak e nd a l tait. lui a u ss i un papa-Ioa "oudoo, e l que, comme les occ up a nt s f ranais d'alors sava i ent qu'il se li vrail au mm e lrava.i1 patri o tiqu e e t r vo luti on n aire qu e D oukman, il fut arrt(' et, la s u ite d 'un si mu lac re ou n o n de jugem ent, ful condamn tre brl vif en place publique. Entoure de gardes, 1'1akendal fui d ODc conuit a u bch e r Mais, m ont par un mystre voudoo au m oment o l es fla m me s commenaient lc her so n corps, il p Ollssa un cri strid ent pou r se moque r e ses b ourrcaux, e t se dfaisant de ses lien s comme par e n c hante m e nt il s'ec h appe du lieu du s upplice, sa n s que personne put l'en empc her. En formant une des plus belles lgend es o u une d es plu s c uri e us es vri t s de l'hi s t oire du voudoo, l e sorl de M a k e ndal prouve l'influen ce prpon d rante exerce par l es mys t r es dans l a formatio n de l'esprit des popul a tions hatiennes. Makendal pa sse m m e pour avoir t un de s /wun'gan qui co n se illaient p o liLiqu eme n t l 'e mpereur Dessa line s dont un d es oum'phor tait au p ont de Mrolte ; un c h a nt e n co r e assez so uvent utilis d a n s le s ce r m onie s voud oesqucs, e n est rest : Tous Je jOllS M alcandal ape palC D essali nes, D essalines ve pas cou te ,-I.'ap Ir/ caille I.oman. l.oman [ait li doux. En reliant ce c h ant au vou d oo, il est enco r e plu s int re ssant parce qu'il se rapporLe a la manire d on t fnt Lu D essa lin es par l es troupes r vol uti o nnaires du Sud commandes par G eli n e l P tion. Car, lorsque l e chant indi que que Makandal donnait l e conseil il D essa lines de ne pas mOlller e t des cendre e n allant c h ez Loman, il signifie qu e les mysteres de Dessa line s, p a r ti c uli r e m ent Grande Alouba e l Grande Aloumandia, lui di c tai ent des avis de l'in visible pal' l a bouche de Mak:llldai ou par l:t b o u c h e d'un autre gan gan. La preuve e n est fai t e par les v n e m e nl s histori ques euxm me s. De s sa line s meurt e n efTet au Pont-Houge so u s les balles e Garat el, a u ssi t t nat l a s u i t e logiqu e du c h anl qui l aisse comprendre que l'empereur est mort d'avoir n glige l es avis m yslrieux de ses loa : C> Dont Lorimer D enis es t l e directeur.

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-63-Dfil e (la folle qui rumas ... a se ... re s t es) oue ; D file p e Nan PonlRougc ci-l L om(l/l fait Dessalines dououmon. (Grande) Alou b a Ougan man, complot ci l la, Li f6 pass 0.110.1190. G n ral Dessaline s vII gadez mis moin, Gadez tr acas pays-M, P ays-lil. cbavire. L es my s tres avaient pourtant bien nver ti D essa lin es. Ce chant en fail foi: L'emper D essalines o h Cl ol/m'plloa 10.11 main 011 dj, Pas qHiltez li gt. Ou c' v aillant gaoll, P as quittez pay s-a tomb, Li {an main ou dj. L oco-D, L ocoMir o i -Z. L'emperc D ess alines, P as quittez [lays-a g t .cc sont d onc l es mystres voudoo qui mn ent De ssa lin es dont Makelldal semble avoir t le conseiller. Dnns J'a r ticle ci t on lit par co n squent ce t m o i g n age : ,Dessa line s qui fut d s i g n pour m e n er l es arme e s :lU co mbal dev:l it Hre l obj e l d'une p reparatio n sp ci:lle. Nomb re u x ils (les myst re s vou doo) accoururent pour le proteger et l'inspirer." L occo, Ptro, Ogoun F e n a ilie, Bris Pimba Dois-C hche tout es d i, r jnil s de l a poudre et du f eu D 'abo r d, il sera rend u i n v uln e mble, pui s que le sun g qui a t vers l u cere m onie du Dois-Ca man l a figue, symbo l e de L oco, la poudre, ce lui des 'pimba et des Br is ajo ut es la farine e fro m ent d evaien t co m poser le migan magi que q u i a u ra l a vertu de l 'epargnc r d e la m ors u re des balle s (f). Le mme o u vr
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-64-cst d evenue L1ne loa voudoo : t: J e l rcssH lli s d e slupf:1cti o n quand la personnalit du h oun'ga n c h 3vira dans l h ypnose et que surgi t des profondeurs e sa co n scie n ce, De ss alines J'lm pra t or. C'tai t vraiment lui, le v i sage f a r o u che. la physi ono mie fnnaliquc ... il en f ourcha deux h ommes com m e pour iniellx se cambre r dans sa pose de Chevalier L'auteur n h s it e pa s alor s il p r o cl a mer ceci : C'esl l e Docleur Priee. M a r s qui ft p r oclam cetLe v r it essentie lle: 1804 est issll du V d o u Les dmarch es l ogiques de notre p ense d eva i ent n o u s fair e abou tir. nous aus si, il Lill e t e ll e co nclus: on ..-\ cc p oint .. l'pope nationale a cristallise pre s qlle t out lin aspect des munifcslali om' de celte religion ... ,. En fe u illel.ml l e livre d'Arthur H o ll y sur le Drape:l.U, nou s rencontrons ces lignes co mm e un e sui t e l ogi qu e d e la trip l e co nvicti o n de D orsa in v il, Pri ee Mars, Bmeau d'Ethn olog i e d e Port-au -Prince; ell es renforcent l'ide de patrie africaine et de patrie hatienne places SOIIS l'o b dience occu lt e d es puissances de l Infini, c'est-ci-dire salis l'influx des mystres v oudoo -liant ainsi tou s l es a p ports de l 'exis tence ha tie nn e a u phnomne propre ment voudoesque ; c S'agissant de l'ide de Patrie, l e sy mb ole ou le sys t m e de symbo l es qui se dresse devant n o u s, c'est l e Drape au, c'eski-dire l e sy mbolisme quin t esse n c i que nou s so mmes a m e n s interprter dans l e sens de l'Infini et par rapp ort ci la race qu'il protge :1>. Ce l ivre porte donc un litre oblige le lecteur il savoi r que l e voudoo pratiqu e n Af r i que e t le vo udoo p rati qu e n H ati sont in s parabl es, d a n s leur caract r e sociolog iqu e e t dans l e caractere d e la vie h a iti enne elie -m me. Arthur Holl y poursuit: A l'un des r gi m en t s form s ce lt e cpo que. les autorits remire n t un drapeau blanc portant un e cravate tant t noire, tantt r ouge selon l es circOI/s tances p olitiques e t au m ilie u duquel o n voynl l'image d'une sa laman dre, avec ce lte ins cription: J E VIS DANS LE FEU Auc un sy mb ole n t a it plu s catholique ni plu s orth o d oxe en ce qui touch e le V oudo africain. .ce tt e i n s p iratio n venait videmment des Invis ibl es qui sont l es Protec teurs n a tu re l s de la r ace afric aine. En eITe t le mot vou-rio s i g n ifie blanc noir. Et l a sa laman dre mridionale des zones torrides es t l'an imal sac r du collge d es prtres a fr icains connus so u s l e titre de kan-z o o Ces initi s africa in s se re co nna issent par l e pou voi r qu'il s ont de manipuler l e feu sans se bniler : ils vivent dans l a f o urn aise ardente co mme D a n iel.. .. \!: Or, l a co uleur sy mb o liqu e de i\' Iars es t bie n l e l'Ouge. Afin de mi e u x mys -

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Fig. 6. L 'au l eur e n compagnl e d e h o un -s ih co( Ir a p ea u x d evan t t es tambours p e thro.

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6<>-tifier l es co lon s, les di"inits africaines s'taient ranges so u s l a bann i ere de cellxpOlir seconder plus l 'Ilicacement la co llectivit de l ellr cllr. ol A l'autre rgim e nt on avait projet d e donner un tendard 1I0ir rOl/g e et blanc avec une cravate blanche. Ce t embl m e reprsente t o ujour s Satur ne, l e dieu tanl faf/orabl e li l'o ussainl-l.ou/!ature e l q u i l'a fail g rantlir au point de pouvoir j e t e r l e tln il Nupolon. L e genre d e mort de ce Napolon n oir es t symbolique tle l 'infl uence nfas t e de Saturne On arriva il celte conviclion que Satu r ne, pro tecteur des Europens, d e vait t'Ire spa r de l'Ja rs, tlivi ni l favor'lbl e a u x i n surgs. Immdiut e m ent, Des salines, to u t il fa i l l a hauteur de su missio n quasi(]ivine, e nvoya l' ordre il Plion, Capoix, C l e rvaux, C llI is t ophe, Vernet e t il tous ses autres lie u t enants de rendre dsorlll:lis hic:olorr. l e drapeau d es rgiment s qu'ils co m mandaient p:lr la suppression d e l a couleur blanche. Ainsi, les forces occulles qlli prof{Jeaient le ... guerriers de l'indpendance hatienn e compre n aient le Solei l Me rcur e, Vnus du cot de l'Orient ; l\-Iurs, du terroir; et Jupiter du co l de l'Occid e nt. C'est cc d ernier que l es es cl aves i nvoquaient sous le vocable HO{Joll Phruil ... 'X Sous Des salines Empereur THEOCHATIQUE -par la bOllc h e de qui parlaient ll'!; l.ois dll wlle /JUIlI/OO qui l e r endaient i n vulnrable pendant notre drapeau subinl une l'rofon(]e modification pour repr :>enter pills s trictement le G nie. Praf ('e/eu/" rie la race afr:caine. L e bleu qui reprsente Jupiter, divinit de J'O ccidenlalisme, fut re m p lac par l e noir, couleur symbolique du Soleil, d e la Hein e d'Eth iopie J:. di vinit de l' Orie n talism e Orthodoxe CI-IHISTOPHE H o ll y, p:lrlanl de C hristoph e, crit : Chris tophe, tl'accord auss i avec le s principes traditionn e l s :lfr ica in s, doil tr e co n si d r comme ayant t :lrm du pouvoir theocratique. C'est l'incarnation de Ma r s d a n s so n organi salion crbrale: il s a ltrihu:li t l'inspiration venant tle Mars e t surto ut tlu So l ei l. L'gl ise roma ine fut trs i nquite ct ne pouvait avoir a u cune sympath ie pOlir ee monarque. LI mort d e ce c. LION il J'glise m m e fut un triomphe pour l e saccnlocl' rOlllain ; lIne ptaque comm e m o rative de ce ll e m orl se voitl en dancicusem en t encore ln place Oll le roi tomba face contre t e r re. Cette plaqu e sert dpou,'anlaiJ tous l es c h e f s d'Etat qui osernient br:lver l 'i nflu e n ce s:H:enlotale tle l' Occi d e ntnl s m e DESSAI INES D'apr s t auLes l es donnes occult es de la tradition des lo a vou(]oo, Dessa-

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66Hnes port ai t sous so n bi corne o c Uil f oula r d l'o u ge, indiqu ant p al' ce f o ul ard qu'il t ai t ... mo n t Of p flr M ars -l 'O qa ll-F er du p antho n a fr icai n ; ce qui i n dique e n mm e t e m ps que j i n flu e nce g n rale des mystres qui r g i ssent Hati est synthtise d a n s l a Vn u s vou d oo : Erzll lie. L'ussasssina l (je Dessalin es s u r un ponl h is t o r ique et symbolique dit c pont rouge,. se mbl e tre, pour les so L r is l cs hatien s porleurs d e l a t ra d itio n un symbo l e non nglige abl e Il e n l'essor t avec v id e n ce qu e D essa lin es. m a nqu ant il la p u ole qu'i l a v aiL donne a u x laa africa in es l ors, SUl' t out, d e l a cr m o nie d u Bois-Ca m a n p rside par B o ukm an. aur ai t t fr app p a r la r versiOll magiqllc de MaTS ce qui sig n ifie q u'il a e t t er rass par l influ e n ce n fns t e d e 1\'1n1"s. AND RE RIGAUD Gnral e nn e mi de d a n s l e Sud ou il devint mm e c h e f d E t a t, A n d r R iga u d, mul tre n d'u n Fra n ais, a vai t pour m r e une p u r e n g r esse de race Arada ou Rada : R ose. S u r so n h a bitation [ "aboNle, il ( se r va it :t les m ys t res ra d a d ont sa mre !lVail r ep ri s l e culte. Un des g n raux h a tien s qui l e plu s parier de l u i ca u se d e ses tr a n ges habill e m e n ts qui pro u vaient q u'il ne cessnit d 'tre m o n t :t p a r l es m ys t r es, allai t a u co mb a t e n se m oquant des b alles, dcs b ao n nettes e t d es boule t s .-u n coq ra ng ( p r p a r m ent comme t alis m a n ) il. l'aron de sa selle. T OUSSAIN T-LOUV E RT U RE L 'un de s p l u s b rill ants l eadcrs de III r ace h a ti enne, s i ce n 'es t l e pl us brilla n t da n s un o r d re gn r a l T oussai n t ( marchait :t s u r l es point s mar, tl a u x du mystre n ago L a traditi o n admet que so n g n ie militai re, il l e prit d e ce m ys t r e n ago. e n seig n e que, ds sa n aissance ses parent s le co n sac r r ent il ce tt e l oa voudoo. C'es t d u fait d e ce ll e cOllscration qu'il r eoit l e surno m d e qui l e place, a ussi so u s l 'i nfluen ce b alance de M e r cure e t de .Jupiter. D a n s J e p a n t h o n vou doo Mercure es t J e m ys t r e Sim'N ; t a n d i s que t e l es t l e m ys t re Q u b iso u o u Toussaint r eoit a u ss i l e de ; ce qui l e

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-67-proche so t ri qu e m en t du roi .chris t o phe: l e Lion du No rd L'expression occulte Papa-Liu prouverait que To u ssa int pl ac d' a bord sous l'influen ce b n fiqu e de L egba (le mystre principal du voudoo comme nous l'avo n s expliqu au dbut de l'ouvrage) qui lui vau t t o ul es ses victoires, t ourne cette influ ence sur Saturne ( m ystre Baron-Samedi) qui l e laiss e ra fair e prison nicr par BruneI, co n d u i r e en Fr.mcc Sil/' l'e au et, enfin, mourir d e la poi. trine dam le froid du Jura. .Jl:AN ZOMBI .Jean Zombi est un d es prototypes l es plu s c u rieux d e l a Tradition voudoo. Il fut un cie ceux qui d'ordre d e D essalines. massacrrent le plus de blan cs pendant l a libration d'Hati du joug franais. J ea n Zombi es t actuellement un d es my stres l es plu s in Jluents du pan lh on voudoesque : co mm e loa, il appartient au rit e P thro.

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Les Mystres comme gnraux hatiens P a l'.i'exempl e cit a u sujet u Capi taine et par celui du h oun'g: m qu'un m embre du Bureau d'Ethno l ogie d e Port -au-Prince viL possd par l'me d e Dessalines r even u e comme mystre voudoo, il a t montre comm ent le s morts d e\'iennent des lou. Mais c e s l o a n e font que s uivre une tr:HliLio n multi m il l n : lil' e qui veut que l es mort s deviennent des m ys t r es il leur t Ollr p OUl' avoi r d dall.s l a traiti o n e t pour avoir l g uid s, de leur vie pal' de s loa -comme cc fut certa in e m ent le cas pour Daybns e t Dessalin es qui tai ent d es ini t i s. T e l es t a ussi l e cas pour presqu e l o u s l es gnnmx d e l'ancienne arme d Hati Nous allons voir, par d es extrait s 'un e tude SUl' l e Serment du Boi s Cnmn n pal' LOl'imer D e ni s. comment les l oa p rocd r ent pOlll' obtenir ce rsull:lt : elles r emplaaient aimenl.\' rie l'arme ell p oss dull/. Nous allo n s ess ayer crit L O l'im e r D e n is, d e d g:lgel' (d'aprs des l'enseign e m ents foumis pal' un h oun'gan ) le rl e jou e dan s la g u erre de J'lnd pendance p a r chacun d es loas q ui avai ent p a rlicip aux crm o ni es du Bo is e t du Tro u Caman. II: Commenons par l es Hada : Voici Laco-d e, C'es t lu i qui a procur e la fig u e sacre, e t qui es t (e n tr 1) d a n s l a composiLion du m igun m agique. General e m ent, il conf ra s e s pouvoirs Dessaline s a u point que la c.hanso n le confond nvec l e h ro s d e l 'Indpe ndance : Loco-d, r o id, L oca Miroir olt 1 L'empereur D ess alines Clef oumphor-liJ. lan main ail, O u p as pc quitt ez li ater pays -il.

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-69-Traduction; L ac o-d, r oi d, L aco Miroir oh L'empereur D essa li nes d du oll/n'phor est entre vos mains, V O/IS ne lais serez pas abmer l e pays Guee. Voici S og b o J{c rsOIl c u gard s a connaissance profonde des feuilles. l'c mpli ss:dl, dans l'arme indigne, le r le d e mdecin-sauan e ; Sogb o Ker SOli qui. n'e n pHS douler, inspirait Toussaint-Louverture quand, parmi les s i e n s, il r emplissait l a fonchon de d octeur-feuilles. c Voici [-{OgOUfl Fermilfc c l son frre Ba dagris ... El. s 'i l faul e n c r oire l a t radition, l es ralliat'ds rou ges que portaient TOllSS:lint et Dessalines leut' ve nni enl <.l'Bagoun Ferraill e d onl il s taient l es fidles serviteurs l\Jais. p l u s qu e B ago un Fe n 'ai lle HOgOU fi Chango, l e plu s puissant des nagos, communiquai t ,'ardeur g u eni r e Dessalines. Hogoun C hango, '3: ngre-guerr e remplissait a ussi l a fonction de gnnlie n des for Leresses. '3: Azaca, dieu p:lysan, p our m e ner les travailleurs la victoire, s e t ait mu en gnral d 'arme. Il s'agit d', t zacfI Clidc c t d 'Azaca T onne rre, l e u r frre ItzaClI M/i(l r emplissant l e rle d e cuisinier et de fourrier. '3: (Parmi le s IO:l H a da) les R eines Ti ne Zin c et Da S i rcne porlrent la condescendance jusqu' sc con stitue r Vnus f aci les pour ins pirer les prosti t uees qui s e faufilaient dans les C:lmps fr:1nl.::1is aux fins de r e nsei g n e r le s noirs SUI' le mouvem ent d e l'ennemi. '1' Les ( mystres roudoo) Bada. plus s pcial e m ent, combinaient le s plans d e g uerre que le s Zandor allaient excuter SUI' les c hamp s d e bataille. Que l fu t le rle jou par c hacun d es ZandOI" '! Parmi maintes 10:1, l'auteur cit e a lors: 1 ) Marin e tt e .-Elle preparait (entr'autres multiples fonctions), la poudre ft li rer o u 4. zinz in qui entrait dans la compos iti o n du migan ; elIe composait l es bains magiques; elle cOlllmandait l'arme des Haoussas, appels il vol e r lI'Iu es e t munitions dans l es camps franais; elle remplissait l e rl e d e ma mbo (prtresse voudoo) dans le s camps ; e ll e servait de canonnire. D'o l a chanson : Tir ez canno n Illarineil e ; tirez ca nn on .. Tir e le canon, Marin e tte; tir e l e canon .. 2 ) La Rein e B Ollcan ." qui rendit fou d'hrosme, devant Vertires, l e g nrai C !lpoix, surnomm pOUl" cela La M ort

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D 'o u la c h a nson 70 -Eyo J/atrcil'se B o u can. Eya M a tr esse B o u can. Eyo 1 Loa Lion Eyo Loa Lion 3 ) Zaoll P em ba e t sa f e mm e !lJanman P e mfJa : qui in spiraien t l es cu nonniers pour f aire p l euvoir sur l ennemi une g r l e de mitraille. 4 ) La Vie rge Marie-Louise : qui 4" m onta,. la fam e use Jl.larie-Jeanne ce lt e a m az on e ngr e qui t o nt e n s e ballant, enflammait l e courage des soldats.

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Les Houn'gan renommes Aprs avoir f org u n pays de celle m anie re, l es loa voudoo devaient fa t ale m ent reprsenter d e t elles vertus civiques integrees mystrieusement so n i nfra s tructure n a tionale qu'e lles n 'e n pouvaient plus sortir. C'es t ce qui advint. en eITet, mal g r cler gs trangers sur clergs trangers l e .concordat lui-mme, et certaines dispositions constitutionnelles con da:nn:.nt l ega l ement les pratiques voudoo. Ainsi, il la suite des Bia ssou, de s Boukman, des Makandal et des Tous sai nt, une s rie pre stigie u se de gangan allait surgir de s chambres d'initia tion de s oum'phol' afin d e mainteni r dignement le flambeau des mys tre s Rada, Dahoum i n, Congo, Banda, Ibo Pethro, Nago, Fon, jusqu' ce que les hOlln 'g an d'aujourd'hui en hrite nt, avec un rituel qui a p e ine vari de puis des millnaire s. Aprs les grands houn'gan d e l pop e nationale : Boukman, Biassou, i Hakandal Pierrot, vient l e fameux Antoine Lan Gommier mais dans un temp s beaucoup plus proche de nous ANTOINE LAN GOMl\UER Antoine Lan Gommier vcut ans les hauteurs d e la province d'Haiti ap pele Jrmie, dans un endroit dont l e nom serait ou amait t Lan Gom mier Ol! Lan Gommiers. TOLlt en tant aussi un g rand houn'gan selon l'affirmati o n de gens dont il aurait servi les grands-parents, Antoine Lan Gommiers excellait surtout grce s es f ac ults surnaturelles de divination et de clairvoyance. Il aurait prdit presque tous les vnements survenus par la suite aux gens qui non seulement venai ent quotidiennement le consulter, mais en core aux rgion s du Sud d'Hati qui int r essaient so n sacerdoce.

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-72, Jumai s J'o n n a entendu dire qu'un autre rlivino r ait b n fici, d es PUIS sances i nvi s ibl es qui l' e n avai ent pourvu, d e dons a u ssi puissants pour lirc d a n s l e pass, l e prsent e t l a venir. ,\ntoi n e Lan Gomm iers : 1 laiss unc renomm e brill:m L e ct sa re putatio n -qui {hll' e e n co r e s nn s a u cune marque de fa iblesse qui pour rait l ai sse r c roire qu'ell e s'teinra un j our a large m e n t d pass l es limites l elTitoria l cs d e ,J r mie e l m m e du S ud d e l' il e : celle r enomme es t e n co r e uni v e r se ll e duns l e pn ys, e t p our l'asseoir d a anlage, l es H atie n s onl po u r cou tumc d e dire il l oute p e r so nn e ex p ose lIll trs g r a nd danger: ., Anto in e L a n G ommic r lui-mm e n e po un:lit yoir cc que je vo i s p our VOLl S trans l a ti o n plu s o u m o in s fran aise d e celle phrasc cr ole : a Jll'ou pOli o u An toine Lan Gommi e r s pas o u l' On l'acon le vol o nti c r s qu'il d evinait t oujours ] ':urive d es ge n s qui v e naient l e co n sulLer. Et, c h aque foi s qu'il s'agissait d 'une pe r sonna lit e d c m arque, politique, mi li t ai r e o u c h 'i le, i l cO\ 'oyail u ne m onture h sa ren contre pour lmpressi onncr. L e con sultanl, ,'1 dcs tination n'avait jamais b eso in d'exposer l' o bj e t d c s a yis i tc, cet o bj e t tant dj connu d 'An t o in e. TI-PLAISIH Pl a i s iln o n d d e son v r a i n o m l e h oun'g:lIl TiPl a isir a p our ai n si dire t regn n o n l o i n d e la capilal e d Hati, c'cst -li-di r e non loi n de P ort-auPrince. Il habilail l'e nd ro it dit l\Ie r Frap p e, o sur u ne co lline, il avait lin ajo upa qui passait p our lui servi r d e lie u d e co n s ult a ti o n P l u s l o in sur la m me r oute d e L oga ne, Gra nd-G o:ve e t Petit-G o ve, il ny a it d es t erres d 'une cerlaine tenue qu'il c u1L.iver e l o d'autres oum'ph o r consacr s li d es myst e r es d iye r s t aient construi t s. Ti-Plaisi r rivait un e r puta ti o n n orme. A ente n d r e l e s gens qui se pr t endaient a u courant d e ses r ealisation s, i l fa i sait e t dfaisait il sa g ui se, Personne llem ent, n o u s l' n v o n s v u assez so uvent s u r son p etit c h eva l entre r dans l a c our d u palais prs identi e l so u s l a p rs idence d e L o u is B o rna c t d e Sudre Darlig uC'n ave. entre 1916 e t 1926 O n a m m e sOllvenl p r tcndu que c e s c h e f s d 'Elal n e manquaient pas d e prendre avi s dc l ui enLIse de ses pro fondes conna issan ces r e l a U" es surtout la m entalit du mili e u Ses ralisations, tell es que c u l'CS mdical es. enric hissem cnts de cl ients, dcouv ertes de fortunes enlelTces par les colo n s fr a n a i s au m o m ent pre cipit d e l eli r d p art durant les joumecs b r l antes de l a r ,'olt e des e s claYCS, e t m m e rsurrectio n s d es m orls, n e se comptent pas. Ses po uvoirs sur n ature l s taient sans doute d u n ordre si l ev que l' o p i ni o n p opulai r e l e con s id rait presque comme un dieu Rtl r 111 t e r re .' g nolL l)on dM sou s l a t t ellc tait l'express i o n qui l e d s i g n a it.

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-73-Malheureusement, el contrairement ce qu'o n a toujour s dit d 'Anloi ne L a n Gommier, Ti-plaisir li: servait des deux !Dains ce qui s i g nifie qu' il servait et le D ia ble el le Bon D ie u. En g n ral. les papa-Ioa qui Berv ent d es deux mains sonl l es plus riches; a u ssi Ti-Plaisir a -t-il lai ss, semhle-t-U, b ea uc ou p e rich esses. En bien o u e n t ou t d pend de l'opinion des gen s SUI' ce genre sp c ial d e sacerdoce sa rputa lion ra yo nn e n o n se ulem ent il J'endroit al! i l vcut c t professa it co mm e ganga n mai s cette r putatio n j ouit d un e ce rtain e un iversa lit d a n s touLe la r pu bliqu e d'Hati. Le s ge n s sorta i ent de partout pour allel' l e co n su lt er. Les h o mm es p olit i ques ne m a nqu a i ent surt out pa s il celle abondante clientle qui n e fait que suivr e ln tradi ti o n mane des es claves d 'abord et d es solda t s de l'Indpendance e n s u i t e, DOCIM A Dc llla lait de la r gio n du Nonl Ou es t d HaHi ou, lui a ussi r gnait e n matre: il h abitai t dans l es h auteurs de I ean-Habe l. Sa puissance k abbalistiquc il l' i n star dc cc Ile des plus g r ands houn'gan d'Afrique, t el'l'ol'isail ses ennc m is :lutant qu'elle sati s f :lsait sa clientle, Il semble mme que ses dons d e cl airvoyance e l de c l a i l'Uudie nce gal aie nt ou presque, ccux d 'Antoine Lan Gommie r. D6cma a surtout assi s sa rputation en l' I Ulgissant sur l e plan p olitique. B eaucoup d 'hommes politiques, militai r es o u non, passent pour lui d evoir leur avan ce m ent. Certaines voix populaires n fr.rll1ent q u e so n clienl l e plus mine nt fut St ni o Vincent, a lors qll e, de 1930 il. 1 9 40 V incent Clai l prsident d 'Hati. Les ge n s avertis -il Y en II toujours e n H ati -disent m mc que V i n cent aurait b i t ses pires CITCtll"S p olitiques e t aurait perdu l cs rnes cil! gouvern ement parce qu'il aurait -comme Dessalines mprisant l es avis d e l\lakandal -fait fi des co nseils de D cima. Vrai ou faux -mais plut t vrai que faux, cal' le peuple h atie n cst ainsi fait qu' il n'avance ja mais rien qui soiL absolument inexact --Ics consultations que Vincent e t ses amis demandaient il Dcma rehaussent s a r putation dj fameuse, d e m m e que l a pcrsonnalit militaire et p olitique d e Jean Jncques D essalines apporte plus d 'clat il l a renomme dj grande d e Makandal. Malheureusemcnt, V i ncent, t out comme Des salines, n e ful pas trs h e ureux comme politicien ( excepLion faite p our Dessalines sur le terrain mi li13ire et .patriotique) parce que le s avis qui lui venaient d e l invi si bl e par la bouche de D oci m a n'e tai cnt pas couts. Ici, la p e r sonnalit d e VincenL n'intresse qu' ce poinL de vue: consultant de Dcima en t ant que chef d'Etal, sa p osition de chef d'EtnL d onne un luslre suppl menLa i r e au lustre qu' nv aiL dj l e h oun'ga n personnelle m e nt.

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74 S i l'on e n c r oit m m e la rumeur publique, des che f s d'Etat do mini cai n s traversaient parfois l a fr o nti re pour aller l e co n sulter sur de s probl m es assez co mpliqu s auxquels il savait toujours apporter une so luti on savante autant qu'heureuse. LOUIS SANG OSSE e t MARGUERITE JEAN VODOU L ouis Sangosse, honn'san de La .coupe--David (envir on du Cap-Hatien), fut arrt par la police du roi H enri Christophe qui lui reprochait d e baUr c l e t ambour t rop souvent. Ds qu e Sansoss c compa rait d evant Christop he il es t m ont li par le m ys t r e voudoo Papa Sa-sil, Badcrre (Saint J osep h ) qui s'adr esse ainsi au roi : Vous avez deux pOllles-il-Joli, l'une bonne, l'autre mauvaise. Vous allez tomber d u tr ne, c a r vou s vous c r oyez Dieu. Quand l'orage du cie l g r o n de. VOliS lui r po n dez e n faisan t tirer, par vos ar till eurs, l e can o n iIlanman Pim'blw C O ) point sur l e firmament. Or, co mm e m o i votre nom cac h es t P apa So-sil! Baderre li Christophe supplie P apa Sa d'empcher sa chute. mais P apa So lui r pond que l h eure de ce lt e chute a so nn: so nnin li dit l'an ge. En effe t l 'v n e m ent tragiqu e de l 'glise de Limonade o l e ro i t om b e l ors qu'i l essaie de frapper de sa c r avac h e l e p rtre qui critiquait son adminis tration, se produit peu npres. El, une fois que l e roi es t t o mb contre l a paro i de l' glise en se blessant, son premier soin est d e r clamer une poule -Joli li pOlir confection ner le re m d e qui pourrait l e sa u ver ... Sangosse renvoy ;1 La Coup e-ilD avid par l e roi devient, peu aprs, so n conse ill e r 11 devient m me un des constructeurs du fam e u x centre voudo o de N a n Campche, o il est, sur la demande expresse de Christophe, associ ft Marguerite Jea n Vodou ( D d M a r g uerit e). Jusqu'e n 1946 ou p e uttre 1944 l e oum'phor ou bagui de Sangosse qui l e fit disparatre. Ln campag n e des r ejets, en 194 1-1942, fit disparatre l e ba gui e n partie, e l dans l es deux annes qui suivirent, l es restes de ce ba gui di sparurent, laissant, n anmo in s une table, c est-a-dire un p mys tique o les anges sont encorc sewis. A l a demande du roi H e nri C hri stop he, L ouis Sangosse s'associa D d pour fonder Na n Campch e su r une prop ri t d e trois carreaux d e terr e que D d Marguerite ac h e t a l a su it e de so n initi a ti on qui eut li e u (') Ce ca non baptis p ar Cbristophe portait l e nom du myst re q u i est l'pouse de ZaOIl Pcm'ba : Manman P em'ba.

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-75de la manire suivante : enCOl'e profa ne elle puisait de l'eau une source lorsqu' elle ful m o nte :il par un mysterc blan c qui la ravit cn l 'empor t an t sous l'eau. Le my s t re lu i fit f aire un sjour de trois annes el dem ie sous l 'ea u d'o el le sortit parfaitement initie Dans la cour mme du bagui de Nan Campche, existe encore la t o mb e de Dd M a r guerite qu'o n h ono re comme un angc, com me un mys tre, comme une 100. La tombe est place de que ceux qui la visitent p ui ssent voir la fois, la Citadelle Lafcrrire construite par Christophe sur le sommet du Bonnel--I'Evque, e n se t ournant vers le Sud-Est. Celte disposition exis t e de pal' la volont mme de Christophe. Le matre occulte de Nan Campche est l'ange Papa Pierre Bangui Blla sill-co et l e m ys tre qui commanda D d Marguerite d'acheter la terre est Zaca Ma-sri-co ("). Dan s les archives sec rte s du ba gui existent des lettres signes des plus hautes personnalits de l'hi s toire d'Hati signalant leur fid li t e t l eu r gn ros it envers l e centre: Dessalines, empereur d H a iti ; Chri s t ophe. roi d'Hati; Fl orvil Hyppolite prsident d'Haiti... Le roi C hri s toph e avait m me donn au o um 'phal' de Nan Campche une autorisation t ernelle d' y clbre r les my s t res autorisation malheureuse m ent perdue e t qui, d'ailleurs, a t, par l a s u i te. injustement r vo qlt ce par l es che f s d'Etat qui l 'ont s uivi au pouvoir. Nan Campche clbre bien encore ses mystres, mais sous le bton d es poUque du pouvoir Central, e t, comme t o u s l es autres oum'phor d'Hati, se lon le caprice arbitraire du Pouvoir Central l e plus so uv en t conseill par le clerg breton qui dirige l e catholicisme romain depui s le Concordat s i g n sous le prsident Fabre Geffrard le Saint-Sige. (") Zaca Tonnerre.

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Rle du Houn'gan (a) Tous ces gra n ds h oun 'g:m lai sse nt ell dpit de certains r e pro c h es qu'on l eur adre sse palTe que plu s i e ur s d 'entrc eux rs: seryaient des d e ux ma i n s :II ce qui d'ailleurs a enLr'lin ln c hut e d e p lu s i curs c hefs qui l eur d e mand aie n t co n s eil la isse nt un c rputation qui so mm e t oute, fait han neur il 1:1 tr:ld ilio n \ 'o u doo, en la issant, e n mme temp s, un e sorle d 'auro l e autour d 'Hali. Il semble qu e l 'atmos ph re haitienne :wec un fort relent m agi qu e d'Afrique e n soit l o uj o u rs impr gne a u poinl que la vie de s in dividus com m e celIe es famille s s'e n r esse nt e sans ce sse dans un s enti menl trs curieux d e gloire el de Cl"njnt e C'est qu e l e r le du houn 'ga n troitemen t li il cel u i d es l oa, d pas se tout cad re ct tauLe concep tion ordina i re. Pour bie n en j uger, il ne faudrait pas le co mp a r er a u r l e d un pr t re d un e autre reli g ion te lle s qu e la r eligion catholique mma in e e t la religio n d es \Veslcycns ; mai s bien plutt ail rle que joue le p ape. A premi r e vue, la comparaison se mble risq u e el mme eXil gre ; mais tout compte f
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-77-une mum'bo ne sail pm' c:01l.wlfcr /III Invisible ou ne pelll l'as pOlir une rai s on ou un e tlutre, cntrer ell rdalion (mec l' i mlsi b le. Dans ces pages, n o u s potinions citer un gmn d nombre Ile h oun'ga n pro fessant aclueJlem cnl en H ati. Certains sont d'une cerLai n e force. B eaucoup d'nutres, de puissan ce kabbalistiqu e m diocre ce qui pol'le l'ethnologu e e l le kabbalis l e il d plorer deux ordres d e c hoses nfastes :lU voudoo : i l y a depui s qu e lqu e t emps. un tro p gra nd n ombre d e h oun'g:m, du fail que 1:1 vie, e n H ati, oITrnnl un n ombre tro p restreint e car rires lib ral es, les ini tis de ba s g rad es so nt trop tents e prendre l'asson ( exp r essio n ll'ndiUonnelle pour

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    78L a somme de s e s connaissances es t v r aimenl tonnante. Leur source est connue: d u moment qu e sont tari es les s ienn es propre s, il prend son as s on li et il consulte les l o a pour e n avoi r de nouvelles. Cep endant. ce n'e s t pa s se ul e m ent e n q: appelant l es loa qu' il peut les voir; il le s voil aussi en songe, trs so u vent, ou e n core par un e f acult p erci pi ente surnaturelle re levant de scie n ces telles que la chiromancie, la cnr loman cie. la pyromancie j'aqu a manci e e t l a go m a n cie d a n s il excelle assez so uvent. Il appe ll e le s loa dans de s rcipients ritue l s e l sac r s du nom de goui ("): les l oa y vennent et, l elles caus ent non seulement avec l e houn'gan mais auss i avec tou s ceux qui peuvent s e trouver pr se nt. Toulefois, l e papa s'enfe rme dans l a pi ce qui ser t de oum'phor, et c'est l, h ors de la vue m me des initi s qu'il demande a u x Ioa de desce ndre d a n s l e gov i : il y r u ssit par des paro les magiques tradionn elles qui atlr ac t ent l e myst r e des zon es as tral es d e l'inv isi ble. au r ythme p ersis t ant d e l'a sso n voudoo. LE PROCESSUS DU MYSTEHE Les loa sont censes r s ider, e n lieu, pour l'Afrique; dans f a-Ville-Aux.Camps, p our Hati. Mais, de l, sc i on les zon es de que l e Grand Matre (le 'oudoun D a-Il Gb, reprsent ment par une co ul e uvr e qui grimpe sur un btlt o n toil) l eur assigne, elles se l'p a ndent un p eu partout. C'est d e ce s zon es qu'on l es appe lle, d'une ma nire cla ssique -cal' elles peuvent bi en, p our une raison ou une autre, se trouver travailler li ailleurs : d a n s un arbre, dans une pierre, dans une perso nne, dans un animal, dans une fle ur, dans une feuille ; voire qu'il y a des loa qu e les grands initi s b ornent :II ou limit ent magiquement des zon es t errestres ou ariennes dtermines o u da n s d es objets pr cis. Sur la situatio n des mystres voudoo dans l air, voici quelque s t moigna ges concrets: 1) En ca u san t p ersonnelle m ent avec un m ystre congo, sur l'habitation Nan Sou c ri (une ancienne sucrer i e coloniale ), ce m ys t r e m'a dit: -t Le s mys tres sont appe l s de Doudou ( Afrique) ( ) Ils arri vent il. la vitesse du so n ou la vitesse d e l a lumi r e, tout d p e nd e l m me plu s vite, parce que les m ystres voudoo n'ont pas de limite pour s e dp l acer d'un lieu il. un autre, voire m me qu'il s peuvent venir ou d esce ndre dans l a t te d e que lqu'un e n le montant :II (en le po ss d a nt) sa n s se dp l ace r Comment ce l a ? ( ) Pratique qui comporte as s ez so uvent de s trucs,. d e l a pllr t de certains h oun'ga n ve r ss dans le charl a t a ni sme. ("") Do n-dou ou du -du s i g nifie : d ou bl e signe l\llbba l istique ou diagramme r i tu el suprmement puissant.

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    -79 A cause de l e ul' d o n 'uoiquit. S'ils sonl pal' exe m ple occups qu e l que part dans l'almos ph ere, o u dans l a t t e de que lqu'un (qu'ils p os sden t dans l e m ome nt ), ils p euvent n' e nvoyer qu'une partie seulemen t du pouvoir qu'H s r ep r sen t enl. Est-cc qu'ils savenl qu'on va les a ppeler 1 Oui. Peuvent -ils refuser dc vcnir ;'1 l'app e l u honn'gan Non. Sauf dcis i o n s parliculires manant de plus h a ul s qu e nou s Vene z vous immdiatement il l'appel 1 Aulant que pos s ible el l e plus souve nl... Quel es t le p r ocessus de votre rctour il Doudou :il ? Nou s venons ou CI: descendons ds qu'on nous appelle. sauf d ci s ions particulires r e levant de p lu s hauts que n o us Mais pou r re tourner il Doudoll (e n a fricain: Du-Du), nous m etto n s un jour e t une nuiL .. .comment se fait-il que votre t e mps de r e l our soi t plus l o n g que ce lui de l'arrive ? Non pas parce que n o u s ne pouvon s alle r a u ssi v ite, mais b ien parce que (s'U s'agit par exemple de Soucri o nous sommes e n train de cau se r en ce m ome n t) nou s aimons beaucoup certains endroits ( tel que Sou eri, particuli re ment, que nous considrons co mm e nolre petile p a tri e), et, ds que nous y so mmes, nous r e grettons d en partir. Le N'Gan a mill e difficul t s nous renvoyer: a l ors, l es l oa sont tristes, elles pleurc nt, se cac hent pour qu'on ne les rexpd i e pas ... O u. -A. Doudou, en Guine. Etes vous excl u sive m ent c3nlo nn s e n Guin e, Doudou ? Nous occu p o n s so u vent certaines r gio n s atmos ph rique s, ici o u aill eurs. P a r exe mpl e ? Lc m ys t re m e montra alors, d u bout de l index, une hauteur de l'aimos ph r e qui, plu s l o in que l a ville des GOI 13ives, reprsentait un point de l' a il' qu e notre regard pou va it dcouvrir Jc lui demandai encore: Mais DOlld oll, Doudou ? ... Doudou ? fil-il trs assombri, Ir es pen s i f ( o n voya it qu'il co n centrait sa pe n se comme pour Il"Oliv e r 1111 point d'appui 011, p eu t -8tre. so lliciler un e autorisatio n ... ) AV3it-ii eu l' autorisa lion .! En toul ca s. il devint moins somhre Doudou reprit-il e n so uri ant ang liq uclllcnl. Doudou 1 1 J ais vous sa vez, vous.' Du-Du ... O -Du-DuA ... L e P r e de Laoc a dont l e pays es t Dudu,

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    80-(/(l11 S l e pays de C ha/;:afah ... L'anctre de Ganga Noe LOI/Iiatou Ganga, d e B azoll, rie :llan Inal1. 2) En interrogeant un m ys t r e Canga s u r J e li e u de l'ori g in e des mys l cres : m oL. Les Gang a d'o viennent-ils '! Il s viennent d e Mnloun'doll (" ) Le s Yati-Bois '? Ils sont origi n aires de S nla. Sont-il s a u ssi q; rapides que les autres A venir, ils Illcllenl l e temps maximum d'un chant (rituel), ou d 'un L e Canga ajoute, comme s i je d evais le savoir o u comme s'il sail que j e l e sais: M ys t r es c'est la Lumire ; mystr es c'est son. P e r sonne ne connat leur vitesse. Il m'entraine alors un p e u plus il l'cart e t il Ill e diL : Myst res c 'est va-du, vo-bolln hw-t6. Laiss seul ca r le Canga e l ai t a1l6 d a nser d e yanL les tambours Je rflch is p our trollve r la t raduc li o n e t je Lradui s : vodou. vohoun : supe r (va) SOIl ( hou n cloun ) hwL o : dll :soleil ( hwe) dllllS l 'eu u ( ta). C ) Une des puissa n ces cosmo-gogntphiques du s i g n e.

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    Fig. 7. H ullcrie pcthl"o presentee rituellellll'nt au soleil pal" I les hutlnsih Fig. tl. Asson voudoo et clochelte rituelle. F ig. 8. T :Hubollrs pet/nu COlH ;hes :lU picd du poteau-mit; -Fig. 10. Ogan. \

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    Le processus de la Loa L a traductio n que n o u s a vo n s fa it e de la rvl a tion d e Ca n ga e nseign e que l n l o a pnrticipe .lUtant de l'l m ent-feu que de l'lmentea u N o u s ne faisons pas encor e d'sot ri s m e pour l'expliquer; des rvlati o n s plus i m portantes \' i endront l a suite de c e lrnvail qui es t se ul e m ent c harg d'introduire l es l ecteurs (bn s l' antich:lInbl'e d es myst r es. Contento n sn o u s donc d e dire que, pour veni r l o l e h oun'gan o u papa-Io a l'ap p elle (des fo i s dans la tte d 'un adepte), le mys t c l 'e sorl du lieu ntmosph l'iqu e que lui assi g n e la p e rsonnalit occulte qu'il d sig n e a insi: plus hnut que lu i Le myslre s'incnrlle e n suite en. montant .. l'ndepte, o u en enlmnt, en descendnnl d a n s sa t te D s lo r s, l'a dept em dium perd absolument l a notion des c hoses; cc n'est plus que l e mys t re qui agit: il vaticin e, dnnse, f:li t de l a magie, sans que J'adepte ninsi mOllt O'ndepte p rend alors le nom de c heval de l a Ioa) saeh e quoi que ce soit d e ce que l e mys tre fait o u dit. M me quand l e mys t r e e s t II: parti l'ndepte-ch e val continue :'1 i g norer ses fails et ges t es, jusqu' ce qU'lin tmoin l es lui npprenne, Aprs la possession l'adepte vou doo est g n ralement plong dans un complexe qui particip e, e n majeure par tie, de l'ennui d'ignorer ce que le dieu a fa il p endnnt qu'il l e montail, Il l'nut dire aussi que certai ne s possession s dtuelles sont tl s cx t nu nntes p OUl' le mhIi1l1ll-cJlcval, e n particu lier s'i l s'a g it de 10<.1 puissantes. Plus l es 10:1 sont puissantes. p lu s le dleyn l qu' e ll es viennent de m o nt e r es t f:lli g u. En r g l e gnmle, l u personnalit du t'h ev ;ll e s t tellement e ffa ce p en dant ce qu'on appe ll e traditionnellement 1;1 crise d e loa l} que m ln e l es m a l a d es ou !!s infirmes que m ontent l es mystr es o p r ent instantanment une abstraction t o lale d e l eur Illal ou d e l eur impotence. Il n'est pas rare de vo il' un m a lade se lminant : 1 pe i n e so u s un p ri s tyl e sc lever v i go u re u se-

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    82 -ment, sc m ettre il. d3nser, ft ges ticuler frntiquement, sauler m me. ds qu'il es t mont. SA :MANIERE DE MONTER LE CHEVAL Une personne de l'nssisLance es t assise Olt m arche. T out d'un coup. on dira it qu 'clle r eoit un coup formidab l e un endroit du cor p s (les inilis di sent que c'est li. la nuque ) C ). Elle pousse assez so uv en t un cri Olt une plainte donn e l'impression trs nette qu'une force invisible veut e t essaie de s' emp are r d'elle Elle se dmne, titube, en Lourmml presque touj ours sur elle-mme, lance ses bras parlout dans d es ges t es qui t entent visiblement de c hasser la force qui vcut l a possder. Le cheval se jette avec une certaine violence sur les assistants, sur le s genoux desquel s il se couche, comme pour implor er un secours. En effet, certaines p erso nne s connaissent de s sig n es et des mol s qu'elles p e uvent des si ner e t prononcer pour renvoyer l e m ys t re Mais du m oment que la pu is sa n ce invisible a m o nt le cheva l le m dium se tnms forme, se redresse, e t se livr e e nfin aux occupations du m yst r e qui a pris sa place dans sail pro pre corps. L e mystre sa lu e el dem n nde l e plu s souvent, ses allrihuts .ces attributs consistent e n arm es, costumes, mouchoirs dits de t te ou de reins, de poi g n e t s Olt de c h evilles, e n bton s m agi qu es, en h oisso n s en par fums, qui reprsentent des symbo l es aux couleurs e L aux formes h e rm ti ques des Invi s ibles. Le sym h olis m e de ces o bjet s permet aux loa de mi e ux f ai re leur magie. Le s loa s'en vont plu s facilemenl qu'elles ne v iennent Souven t, elles fonl l e geste de se d sin t re sse r so udain de ce qu'elles taient e n train de faire, l a i ssent c h oir les objets qu'elles ont en m ain, pOlIssent quelquefois une pla i n te doul ou r euse et s'appuient SUI' quelqu un ou se couc h en t sur des genou x pour abandonner l e corps m atrie l du c h eval. D'autres fois, elles on t [ ,b an donn l e corps du c h eva l nvec t a nl de simplici t qu'on n e le sa it qu e diffici lement, au point qu e certains demandent. c s i le my stre es t enco r e l ; 011 parle mme, dans ces co ndition s, assez so uvent qu e lqu un qu'on croi t en co re .c: m onL -en s'adre ssanl au m ystre alors que l e mystre n 'es t plus l. L a m prise peut aussi bien avoir lieu l'autre se ns: souvent, une p ersonne a t m o nt e si si mpl e m ent qu 'o n s'ape r oit so ud ln qu'en lui parlant on pade plutt un e l oa. Un mystre n'a pa s prcisment b esoin d'tre appel pour m onLel' quel qu'un, e t, souvent, c'es t un my s t re qu 'o n n'appelait pas qui se prsente. En tout cas appel o u non le my s tre peul toujoul's lre r e nvo y, so it "par le houn'gan, soit par t o ule personne qui e n fi l es m oye n s. (') D 'autres disent que c'est tlUX jambes.

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    83 -I.'UTILITE DES MYSTEHES U n m ys t re p eut monter que lqu un pour l e pro t ge r comme on l'a VlI p our l es g nraux c t le s solda Is de l 'Indpendance. POUl' lui confrer un pouvoi r o u une fa cult d o nl il a h('-soi n pOUl' m e n e r une I;'lch e il bic n e l qu'il n'a pa s unUnaire m cnl. Pour lui perm ettre d e s e dplacer avec une rapidit surnature lle. P our lui p ermettre, par exemple, de nage r jus qu a la t erre f erme s 'il n e sait pas n age r e n cas d e n aufrage. Beaucoup cie gens racon t ent ce f ai t : un l ei n e sail pas na ge r e t t e l voilier ayant fait naufrage bord duquel il se tro uvait il devait se noyer fatal e ment l'accident lant survenu en pleine m e r ; mais 4 gouell l'ayant mont l'a ramen SUI' l e rivage. P OUl' g u ri r ou m m e emp cher de so ufTril so n c h e / l aI. P our lu i do nn e t un co n seil. D a n s c e cas, ce sont ceux qui parlent :lU m dium pcndant qu'i l es t m on t qui lui rpetent l e co n seil que la l oa a donn pend a nt la crise tic l oa, P our fair e un t raite m en t sur que lqu un d' autre o u s impl e m ent pOUl' in d iquer ou compose r un r e m de, Pour punir son cheval d'une i n fraction quelconqu e Dans ce cas, m alg r l es co mm ande m e nt s et objurgatio n s du h ou n' ga n, l e mystre v o udoo refuse Lie parlr, de -.: d seller le c h e val pendant des h eures e t de s jours, s'appli quant l e f atigue r autant qu e possible, A sse z s Ollvent l es s uit es d 'une teJl e punition sonl figur es par un m e mbr e dmis ou une m alad ie, que se ul, l e m ys t r e qu i l'a oc casio nne peut gu rir, Pour in Liiqucr un interdit rituel. Pou r :1\'e l'tir d'un d a nger public u u priv. POUt prs ider o u aid e r un e c r monie rituelle Pour venir prendre l'offr a nd c sac rifi cie lle. A ca u se d e L oules ces fonctions t o u c h ant autant :lU culte qu'a la vic de tou s les jours, l es co n se quen ces les plu s importantes, re latives t ant la mystique qu':'1 l : l vie nation a le, dc o ulent d e l a pa rti cipation d es loa vOlldoo l a co nd i tion huma ine. Ain si, en ce qui co ncerne p a rti c ulirem ent la vie h atie nne, l e \'0(1(100 es t comme nn e me s upri eure qui d o uble J'me qu e l' o n co n oiL plu s onlin airemenl, e L qui lIccompngne l h o mme d a n s lo n tes ses occupations: SOllvent m me, ce tte secon de :Ole s u prieure est co n c r t e m ent reprse nt e pal' lin l a lisman un e atnul c lle. 1111 o llan g a o u pal' un f la k a ( h ). Le bnk a remplil lin r l e d'rmge prote c t eur, t a ndis qu e l e o u a n ga n la fon c tion que l' o n d o nn e remplir ::1 IIne ima g e il un scapulaire, un ro saire, il un c h apelel. L e vouclo i sanl l e p or t e et s'adresse il l ui ft t out m omen t Ul! lin danger ex l{>riellr p eut l e m e n 'Iecl'. Ce fut par exe mple. l e rle gardien

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    84 -que l'emplit l e migan ou mingun que le s loa pre parerent p OUl' rendre i n v uln e rabl es t ous ce ux qui p a rti c ip re nt aux ce r m o nie s d u Bois Caman et d u Trou Ca m a n L a co n s Litut io n du hnka co mporte une f o r ce sup ri eure ou une :llle a r ienne et une force infl'e u re o u m e t elTestre. L e m lange donne un C:l r::J:ct r e asse z dan gere u x l t re kabbali sLique qu'cs t t ou t baka : il s uffit qu'o n s'en serve mal p O Ul' qu'il se r e tourne contre so n pro pri t aire, il ca u se d e l a dualit mme de sa compos iti o n pour l ui raire un mal irrmdiable. Par contre, ce lui qui sai t s'e n ser v ir c n obtien t d es r sulta t s slupfkmls L e baka d'origine voucloesqllc fonctionne occlIlt e m enl i l p e u p res :\ la In.\ ni r e d e ce qu e des k a bb a l istes co mme Parace l se e L A gl'ip p n appelaient l eur d mon familier: c es t un dai m on voudoo. L e baka C O ) p e u t tre l oge dan s une chambre, dans lin arbre o u dans une pierre, o u e ncore dans tout autre endroi t qui lui convienne connue r e p osoi r de m me que d'autres mys tres ont des arb res o u des pierres com me repoSOIr s :\1. L e t erme baka a fin i par avoir, e n HaiLi un sens assez pjoratif; san s d oute p arce que l' o n s'en ser t parfois d es fin s douteuses. M ais, en r alit, son sen s scienlifique n e porte pas, d e prf r e n ce e t rorcment. il de t e ll es fin s. En un m o l, ce l ui qui l e possde n aussi bien il sa dispositi o n une puissance mal fiqu e qu'une puissance b n fique: l a puissa nce mnl fique p r i m e l n puissance bn fique (comme d'nilleurs toule puissn n ce) s i le dtenleUl" du baka jou e son des t i n sm l es pouvoirs de la puissan ce m a l fique; m a i s s i c'est la puissance b n fique q u 'il sert l e b a k a est seul e m ent b n fiqu e. Tout compte fait, t o u s les ouaTiga de prparation vo u doo p euvent tre n g li gs quant :'i l'an a lyse e t li. b description que nous pou rrion s e n fnire, du fail que, m agique m ent con sid r es, tout es l es p r parati o n s m agiques ayant pour essence ct pour but l a nature des deux :imes dont l e bnka es t compos, l e bnka, IU seul l es r sume nv antageusemenL Pour qui sait p rparer LIn baka, et pour qui sail s'cn serv ir, l e bakn vouC') Voir lH parte. c Prieres > l 'importun cc nccor d e au tt'nue IJI/ku-Lah. En principe, l es mystres baka ont cette norme vale u r mys tiqu e parce qu e le baka vou do o q uivaut il Bucchus CBacch, Baccha}, correspon dan ce qui explicite l e no m d e Legba : B a -Cllo-Lo, BacellO-lo. Rtuli q uemenl, l}(Iku signifie jeter d l cau :\1 (,:e rser de l 'cau) ; l 'cau tant parfois remplHce ou d o ub le pa r du VIIl d e messe, attrib ut d e B acc hus co m me s an g sHcri ficiel. La Tradition o rt hodoxe emp loi e donc le mo t baka ) ou b a/wlu/! pour c pleurer) (dans l e sens p rie r), pour c se lame nte.r avec. humi lit apres le s m ys t c r es .. ( d ans le sens d 11!lI?'?rer l e u r secours), HelIon qUI s upp ose le s d e u x sen s d e l'cau rituelle qu e l es InIhes versen t p ar terre a u co urs de s services v oudoo pour sailler, p rier les {Da el demander leur aide de mme qu 'on se sIgne uvee d c l 'cau bmle en ent r ant d ans une glise. Ainsi, c'est e n j e tant l'CHU qu e l'init i p roduit s a d ema nde, pronon c e se s vu x.

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    85-doo reprsente toutes les lgions d'anges e l IOlLtes les legions de demons auxquelles commnndni l l e roi Salomon. Le k a bb alistc n 'exag re donc pa s en disant que, il. lui se ul l e baka tise toute l a co n sti tuti on rituelle. c ultu elle. e t p ratiquement ma g iqu e du vOlld oo. T ous l es m ys t res se retrouv ent entire m e nt, e n principe kabba IisLique. dans sa co mpo s iti on savan te: il est il l a fois c ha r m e m agi que. garde magique, sacrifi ce magique expdition m agique, m e terrestre, me cleste, culte. athisme, arme magique, menace ct d a nger magiques. inter dit m agique, h ostie magique, divinit, dmo nicit, richesse. cata strophe, sant m aladie, vic e t morl. Le ba-ka voudoa a une importance m agi que telle que t out grand initi vOlldoo sait qu 'il lient licu parfaitcment d e t o ute s les pratiques possibles et imaginables d u cu lt e e t de la magie voudoesques. Cependant, l' o n aurai t lort d e c r oire qu e l e p ri llcipe-bak.a, en m agie comme en religion, se tro uv e limit au seul voudoo ; e n c h e r c h ant ave c qu e lqu e persistance, nou s l e r e t rouvo n s partout, mais sous d'autres n o m s. Dan s l a savante m agie d es t e m ple s d'Egypte, Osiris, comme mys t r e psychopompe l e p erso nnifie, en y l'emplissant l e rle quc, da n s la m agie voudoo, R Nibbho re mplit parce que, dans l a k a bb ale gyp tienne, l e ba ka a un double em ploi qui pOUi' ce u x qui saven t s'e n serv ir n'est pa s un rle de d sharmo nie, de discor d e occulte m a i s plutt un r l e d ha rmonie, de co n jonc ti o n heure u se de fusio n prati que, de russite magique. L e baka, dans l a ma gie d'Egypte comme dans la magie d'Hati, prend ce lle acceptio n compr h ensib l e m m e a u profane: le m ystre ba o u bha ( qu'on retrouve dans le n o m du m ystre Dan-Blra-Lah W cD o et dans ce lu i du mystre nago Ba -cassou, p al' exe m ple) est l'me suprieure qui n' es t clans l e cor p s matri e l a partir de l 'e mbryon ftal qu e p our lui inculquer les notions d u bie n ; a la m or t, il r etourne da n s les h autes a tm os ph res so laires o l e cu lt e voudoo pu ise so n ori g in e m agique e t il lai sse le corps mort et pour r issant se d brou iller avec l 'me infrieure avec l a quelle il partageai t l a c h a il' (i). L'me inf r ie ure est donc l e ka o u ca ( qui fait dire que l e corps est ka-ba l o rsqu'il es t m o r l). Elle ne m o nt e p as dans l es hautes atm osp h res du so l eil, il. la mort du corps; elle reste pal' nature avec l e cadavre. rd ant au tour se r epaissanl de ses senteurs d elt r es co mme si l a terre qui co nti e nt la pourriture de la c hair e n dcompositio n tait sa p syc h. Elle h a b ile m me t ous l es objets qui ont pu appartenir 'ion ca d avre e t c'est elle qui fait peur, dans les mai so n s o il a h a bit aux familiers du m or t. Certaines op ratio n s magique s lui donnent une facult terrible: certains h oun'gan vont recueillir le k a dans les cimeti res o il reste naturelle m ent rder e t s e n o urrl de cadav re; ces h ou n 'ga n s e n servent e n suite p our Il en-

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    86 -voye r un mort $ prendre possession d'uo en n e mi pal' exe mple, c l il faut une o pration magiqu e spcia l e pour
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    , La Constitut ion rituelle du Voudoo E n partant du ka-/Ja ou ba-ka comme sy nth se de la magie voudoesque, on peut dir e que l a consti l ulion riLuelle du voudoo se limite ces termes qui (sans aller profondment dans l'sotrisme du culte) permettent aux profanes de voir que le voudoo es t une religion dont le s assises pratiqu es n e diffrent nullement des autres, sauf par ce qui concerne sa manire per son n elle de les meUre en spectacle : { ,1. 2. Le oUI11'phor ( temple voudoo) son p ou ses p, son djv (chambre d'preuves). Le pristyle (ou t on n elle) l e poteau-mi ta n. '\ 3. Les drapeaux 'rituels. L'asson crmoniel. 4 5. 1 6. 7. 8. 9. Les vev (d iagrammes rituels). Les repos oirs ou arbres-reposoirs. Les houn's ih ca n-zo Les batteries de musique sac r ee. Le chur. Il est entendu que nous n 'o ffron s i ci qu'une synth se de ce qu'est l e vou doo, en le montrant par ces lments nous r servant de l es dve lopper e ntirement plus lard par des ouvrages qui f eront su ite celui-ci et qui comp r endro n t tous les facteurs cmoni els de la magie voudoesque abso lument rve!s. Les lments prsents e n ce moment o ffr ent su ffit faire comprendre pou r quoi l e voudoo com ment" il se comporte riluliquemenl. ,. n eanmOtDs un aperu qUI existe cultuliquement et

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    88 LE OUM'PHOn L e oum'phor hatien ressemble, il s'y mprendre. nu premier dessin que ] 'Invis ibl e de Mose lui communiq u a pour qu'il put b tir l'arch e d'alliance et le t abernacle C) : une cour couver t e o u non n u milieu de laquelle tait ce n sc plnnte l a verge de i\'I o se, e l une maison carre que prccd3il cette cour ava n ce. Ces dispositions furent tant soit p e u modifi es pal' la suite dans l e but de montrer que ce qu'on app ellera plus lard l e templ e d e .Jrusalem n'avait ric n voir avec le vou doo. No u s avons pourlnnt expliqu a illeurs que d es temples h breux d rive du oum'phor rie "instructeur madi anilc de Mose: R-Gu-El P efh ro, le pre de Sph o ra. cette negresse qui deviendra la (cmme de M ose e l que l\' I ose pou r dcs raiso n s qui ca r tai en t malheureusem e nt la t rnditi r on "OU dao al! i l avnit perfectionn ses connaissances, rpudia, npres qu'il lui eu t donn deux. Ji1s, GlIers c h om ( qui signifie: j'habite lin pays trange r ) et EH-Ez e r qui signifie: Dieu-Secou rabl e). L'histoire e t la tradiLion voudoo on t m me re tenu la so urce de cette r pucJi ntion sn n s bquel1e, encore aujourd'hui, b synagog ue serait toujours dans l e oum'phor : le s intr igues de Marie et d'Aaron, frre e t sur de Mose. La lrndilion vo ud oo rappo r te que Mari e ct Aaron se plai gnaient san s ces se, disant que Mose n 'aurait jamai s dil pouse ] une n g re sse ( Sphora tait thi op i o-madiani t e) e t qu'il n 'aurait pas d lu i faire des enfants ( qui taient par consquent multres). Alors, l e GI':lnd Myst r e qui. dans l e oum'phor de Pethro (qui f u t sacrificateur li Madi a n ) avait t donn voudoiquement comme matre-tt e Mose. apparut, COUI'l'Ouc fi Marie e t Aaron, c n s'incarnant clans un cheval j usle l'entre de la tenLe d'assig n a tion Apr s leur avo ir svrement ] 'e proch leur conduite, le mystre voudoo frappa Marie de la lipre blanche. En princi p e, le oum'ph ol' a don c maintenu, en H ati, la forme qu'il avait c h ez Pethro, Madian : un pri s tyle ou tonnelle prcdant un corps de btiment rep r sen tant une ou plusieu r s c hambres. Certai n s oum'phor se passen t du pristyl e. M ais c'est rare. Lorsque l e oum'phor proprement dit comprend plusieu rs c h ambres, ces chambres peuvent t r e aulant d e pices co n sac re s il. d es autels eux.m me s consacres des mys tres; autrem ent, Lous les mys t res sont lo gs dans Irl mme pice avec des a ut e l s spars. Parmi l es c h ambres d 'un oum'phol' se trouve une chambre dont l e nom est djv6 SUI' laquelle n ous revend r o n s. .C-= ( 0 ) Bible. EXODE : XXXV, 10 et ss. ; XXXVI. Dans l a construction prim:itive d e i\l o se, S3 verge a la p l ace qu'occupe encore le poteau-mi/ail dan s l e pristyle d u oum'p hor "oudoo.

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    89Dan s l a c h ambre se rv ant de oum' ph ar, il y a une sorte d'anti chambre f o rm ee par un e t enlure d e cou l eur spa r ant l a pi ce e n deux parties : il y a don c l'antichambre e t l e sa int des sain t s qu e cache l a t enture Cependant, ce tte spara ti o n n e s 'impose plus tous les oum'phor h a ti e n s. Dan s l e oum' ph o r ou plus prcis m ent sur les murs intrieurs du oum'phar, sont souvent p eints d es attributs de 10a, des v v e (diagrammes ritue ls), de s noms de 10a, parmi l esquels on voit, e n premier li e u, l es deux coul euvres rituelles: Danbh alah Wdo e t Aida W do, les formes supriclIcs de L cgba c t d'Er mUe et, Lres SOlivent, le b a t ea u d Agou c h R D yo, l' p o u x oc anique d 'Erzulie. NOliS d onno n s, dans l'ouv ra ge, une photographie qui l a i sse s i bi e n vOIr ce qu'il y fi e n gnral SUI' ce s murs et SUI' l' a utel du oum'pho r que ce la nou s permet de n e pa s e n dcrire dav a nt age l 'intrieur. ( V oir fig 21). 1 L e P C voudoo est s implement la p ierre de l'aute l et l 'autel lui-inme. I L e mot, dans l e dialecte d a hom e n par exemple, est kp, qu i sig nifi e en e ffet pie r re exp r ess ion vou doo qui l a i sse comprendre que :?!Iose es t nus s i pr s du 'oudoo que l' est le ca th olicis m e rom a in 1 Sm le p, se tro uv e une qunnlit fantastique d'o b je t s relatifs a u culte et a u x rites: h ochets r itu e l s clo c he s, kabbalistiques d o u es d e pou voirs surna tu re l s et a ppele s pierres-tonnerre: elles rel vent surnaturelle ment d n myst re voudoo que l es H a tien s app ellent Qu bi esoll le [{cviesu ou llbliozo d es D a h o m e n s, des Fom; fies Nago. Evidemment, ces p ier r es, source s cientifique du voudoo, sont per s onnifies par le m ys t re /"'c gba Ati-Boll, pa rce qu e l a pi erre, en occu lti s me, est l e Christ, e t qu e L eg ba es t lui aussi, le Christ du vou d oo. C'es t ainsi que l e b ton qui reprsente sy mb o liqu ement la F oi, en reli g ion e t qui es t l'attribut majeur d e L eg ba es t non se ulem ent l e principal ornement ritu e l du oum'phor, m ais s'ap p e lle aussi d u n o m de l a p ierre : kp, a\'ec des variantes : kpo, kpa ... La ph o to g raphi e m ontre l e p e t tout ce qu'on p eu t dposer d essus o u contre : drapea ux, pots-de-t l e ( pot s dans l es quel s se tro uve, g rc e il. une opration m agi que, une padie du lw des voudoisant s appartenant au o um phor), arm es m agi qu es, c hapelet s, co lliers rituels, liv res d 'occultis me, et m m e l es tambours (fig. 21). Le houn' ga n ou la m a m b o s'appuie sur l e p l o rsqu e, e nferm dan s l e oum'phor, il appelle les loa dans le govi ( un ca na ri dans l eque l des ce nd ent les my s t r es quand ils sont appels ),

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    -90- LE NEVO L e djlJo est simple m ent la chambre d'initiation cl, d'abord, d'pr e uve L es r ci piendaires ( h o u g ni or) y sont enfermes dans un but de prpara lion s ci en tiftqll c traditionnelle e L d e pmificatio n Ils y sont couches, sur des n a lt es de jonc e t sm" des paquets d e f e uill es rpondant, chimiquement et symbo liqu e m ent (ca r l es f e uill es j ouent un rle p r p ond r a n t d a n s l a ma gie voudocsquc), a u caractre des l oa auxquelles doiven t tre vous le s imptrants. Il s y passent un certain nombre de jours prescrits e t en sortent p o u r r ecevoir l e grade qui l eu r cst d es tin No u s avo n s v u so u vent l e djv se rvir d e lIIagasin d e dp t ail o tllll'ph or, mme lorsque des l lOugnio r y taient couchs. Un r gime a lim e ntaire a d cqunl au d eg r d'initi n li on d es rcipiendaires es t relatif au sjour d a ns l e djvo. Dan s l'iniLiaLique nfricaine, le mol djtJ-vo o u j i-v a dit b ien ce qu'i l veu t 1 dire e t ce il quoi il sert nl'chiteclu!'alem enl : j i o u djtJ (c rec r ou d onne r con f rcr) vo o u vo ( u ne h a u leur, une l vation) Le mot s i g n ifie donc e n cl air: c reer un grade, confer un grade, donn e r un degr l eve r u n degr ma giqlle. L e terme h nuteur ayant a u ss i en occu lti s me, le se n s de il poul voir d jvo veut aussi bi e n dire : confr e r d e s !JO/woirs magiqu es au r cipiendaire. L e .t: r cipient ou ]a c hambre du ou m ph ol' qui t: reoit le rcipiendaire es t a lors J e dj vo. L e (]jvo reprsente la tombe, et mme l a m ort par co n squent : une mort qui lav e le h oug nior d e sa vie passe fa it e d e souillure que l a c h ambre d'p r euve es t charg e de supprime r C 'es t pourqu oi Saint Jean d it que ceux qui ne sont pas morts ne sav e nt pas la vrit. Le rcipiendaire, sorti du djv, p assera donc par J e pris t y le pour aller a u sol eil levant, symbo le astral de Legba Ali-Bon p rsenter so n me lave il Saint N ico las LE PERISTYLE A de rares exceptions, l e pristyle est d e form e rectangulaire. Plac de vant l e oum'ph o r proprement dit, presq u e tout cc q ui se fait dans l e ou m ph or passe par le pristyle o u y aboutit. C'est sous le pri s t y l e vou do o que se prparent l es cr m onies et c 'e s t l qu'e ll es s'y font. L'axe de ces crmo n ies se trouve au centre exact de so n r e ctangl e ; ce centre mys liqll e e t rituel es t co n si d r comme le milie u du cie l par son somme t et comme l e cent r e de l 'enfer, par sa ba se. Le p ri s t y l e sert de 'li: r efugiu m il t ous ceux qui c visitent, ou vivent clan s le giron d u ou m 'phor. C'es t l a plupart du t emps, l qu'on fait co u-

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    -91 cher l es m a l ades e n traite m enl ; c'est l aussi qu'on l es traile, o u du moin s la majeure parUe du traitement s'y droule ( ). Le p ri s t y l e sert encore beaucoup d e fins: il s'y tro uve l es b a n cs SUI' lesquels l es houn 'si h du c ull e s'asseyent pour a ider l'office vou d oo ; c'est l qu e se rangent l es mu s i cie n s sacrs e t leurs i nstruments, in strume n ts qu'on voit. accrochs ou non aux traverses d e l n co nstru c tion e n dehor s des c r m onies (0.). Assez so u ven t J'un e de ces t rave r ses du plafond s u ppor t e u n petit b a l eau affec t il Erwlie ; ce bateau fail dire que l e m ystre E rzlIli e est montee. L e c h ur voudoa se lienl aussi, pend ant le s services. sous l e pristyle. l e plu s SOllvent d evant l a range ou l es ranges d e ban cs sur l es qu e l s sont a ssis les autres h oun'si h ; ce u x-ci sont char gs de faire l es r p ons au chur que dirige un d es h oun'si h plu s gra d (le plus souven t une f emme) qui porte le b eau n o m d e h O lln 'gunic oll. L a o u le llOun 'gllnicon, apres le houn 'g:m, es t l e pe r son n age l e plu s spec taculaire du p ri s t y le. Elle y dirige l e ('.hm c n e nvoyant les c hants avec des mouvem ents de dan se allant et venant devant l es houn'sih, d a n s des ges t es de bras e t de m ai n s qui la f onl r esse mbl e r un arbre m ag nifi que agil par l a b rise. Avec l e h o un 'ga n elle conduHles cr m oni es e t c'est sa f onction qui est l a ba se de la m agie du s on par quo i l e vo ud oo .. ap pelle ses loa e t les fait descen dre assis t er ou participer aux se r v i ces ri tu els. Sa fonct ion es t d'autan t plu s importante, sous l e pris t y l e e t m m e a ill eurs, que c'est elle qui e n voie :il l es chants r itu e l s ncessaires J'ob tentio n d u contact de s I oa dans l'as t ral. Toute l a magie c h romatique r epose SUl' ses connaissa m :es : e lle es t J'IIIC so n ique du p ri s t yle. C'est d'ailleur s ca u se de s es connaissa n ces r ela ti ves, surtout, aux c h ants liturgiques que l e dictionnaire de la tradition donne cette acception son nom: Roun' : t atnb6ur ( ou t ou t i n strument de musique sacr). gu ou j : suppos tre. nukon ou nik o n : la p r emi re. lJoudoun-h des h ou n 'si h (ou : des f em m es). Le peri s tyle n 'cs jamais p av, carr el o u ci m en t m ais toujours de terre battue. C'est l que se f on L l es danses ri t ue ll es, et, la plupart du t emps, c'est l que sont .. m o nt s Il les c hevals ou chouals de s mys t res. ( 0) Les malades sont auss i traites dans des 4: cailles bties il cet effet dans l a cour du oum'phor (O' ) Les tambours sont auss i a ppu ys con tre la maonnerie du p 011 nlngs dan s l1ne c h amb r e spcialf', dans l e hagui.

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    -92C'es t auss i l qu'cvo luent ces cllOuaIs, qui n'en sOl'lenl parfois que pour y l"c\'cnil', a lt irs, en grand e parU e par les c h ants. C'est e n core so u s le p ri s tyle par t erre, que le h ou n 'ga n trace l e plus so u vent, les diagrammes ritu els (v ve). C'est le p ri s t y l e qui r eoiL toute la dcoration du oum'ph ol', smtout l'o ccasio n d es cr m on i es. Le p ri ncipa l m otif de cette dcoration consiste cn des g uirlandes d e pe tit s drapea u x le p lu s souvent nux couleurs (e t aux armes) du dl':lp enu h atie n : bleu e t r o u ge -que l'on accroch e e n lous se n s c n l'ail' co mm e pOlll" Caire un plafond de drapeaux au t e mpl e. M a i s J 'une des h abi tud es dcoratives l es p lu s frappantes est d e tou jours plac e r l e po rtrait du c h e f de l'El a l so u s ce pri sty le: ce ll e habitude vient p r o bable m en t du fnit que, traditi o nn elle m e nt, l es m o na rchies afri cnnes sont de droit divin, e t bien que l e dro it di vin se mble n 'avoir plu s g r a n d c h ose faire au jourd'hui quant il J'access i o n am: t rnes d mocnllique s, l a coutume n 'e n li pas moin s s ub sis t. Il faut d ire auss i qu e l a rai so n majeure qui a uj ourd'hui pr s id e il. ce tte co u tume est plut t une obligation de n a li er, pa r ce qu'en fla ttant l e c h ef de l'Etal h a ti e n qui, surtout dep ui s l e Concordat s i g n par G e ffrard avec l e Saint-Sige, a e n core plu s d e m o t ifs p ou r trn qu e r l e c ulte v oudoo la ten dance es t d'ado ucir l es rig u eurs d'un etat d e c h os e s dirig officielle m ent contre les l oa. Ce pa lli atif est d 'autant p lu s util e q u e ri c n n'es t plu s r idicu l e qu c ce lt e rig u eur l ga le. L e pristyl e sert e nc o r e il. tous ceux qui vien n en t Olt p e uvent ve nir assis t e r a ux cr moni es. Il es t h ard par un muret, gnral e ment, don t l a hnul eu r n e dpasse p as celle d e l a p oitri n e d'un h omme, de telle sorte que l es c urieux qui n e sont pas tres h a b i tu s a un ou m 'ph r o u ce u x qui sont plut t m a l vtu s pr f rent se meUre derrire ce mure t pour 'air ce qui se pa sse de l'autre ct sa n s se fair e trop r e m arquer. LE POTEAU-l\nT AN Le poteau-milan vo udo o es t ce qui s'y trouve de plus i mporta nt. D s qu'un tranger arrive so u s le pristy le, c'es t sa prsen ce d'abord architec tu rale qu i l e fr a ppe e l qui le frapp e le p lu s Ce pot ea u est, ar chitecturaleme nt appe l ai n s i p a r ce qu'il es t p l ac jus t e :lU milieu du p ristyle. Il est vrai de d ire que quelques rares oum'pho r d rogent l a tra di tion du juste m ilie u t e t l e pl acen t ce poteau, plus il gauch e o u plu s droite. Nous avons vu certains peristyle s qu i e n compta i ent deux, sparant l e pri s tyle en trois p arties ga l es. Aill eurs, dans la ca mp ag n e des G o naiv es ( Nord-Oue s t d' H ati), n ous avons m m e pu voir un oum'phor o le poteau

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    -93-n' es l p as du tout a u mili e u du pristyle, mms bien au mili eu du oum'phor proprement dit. Il Y H ceci r e t e nr : mme qua nd un t e mpl e voudoo n'a pas de poteaumilan (c'est-dire de poteau-mitan v isib le), il en possde un : invi s ibl e. C'es t ce qui se produit polt r l e r emarquable hagui dahomen de La Souve n a n ce, ce bag ui renomm o l e signataire du Co n cordat, Fabre G effrard, avait t promeLtre m o nt s cL merveilles pour tre p r sident d'Hati : dans ce hagui, o n n e voit aucun poteau-miLa n ; l e p r is t y le un des p lu s grand s, sino n l e plus gra nd que nou s ayons v u -n'est so ut e nu que par
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    -94lah, Donbhalah, Sambhalah, Xambhalah a t conserv en Hati, les varian tes s'appliquant li des rgions gograp h i qu es d i verses ( *). Parlant ce poteau est mitan :t ou plac au m ilieu d u pristyle par ce qu'il es t l 'axe cosmique, cl l'axe cosm i que de la magie voudoo voire mme de l a m agie universelle. No n seulement e n l e prenant avec l 'horizon tale d e son socle il co m pose, com m e vertical e lIlle cro i x dont l es dimen sions priphriqu es se trOllvent tre rgulirement et kabbalistiquement l e CAHRE PARFAIT. mnis cette perfection gometrique renlise sous tout l e p ristyle oblige il le prendre pOlir j\I AITRE DE MAGIE. En eITet ce pristyle r alise gom triquement; l e mita n ou milieu -qui est le point sans dimension; l e rectangle ou carr l o n g ; l e ce rcl e ; le triangle; l a ligne droite horizontal e ; la spi r ale ; l a ligne courbe horizontale ; la li g n e verticale ronde ; l a li gne verticale carree ; le carr parfait ; la croix ou droites in terfrentes l e triangle quila tral e t l e tri a n gle i soc le qUI fin issent trs souvent l e p o t ea u contre le t o it. D'autres obje t s que nous n 'av i ons pas m e ntionns et qui sont accrochs aux traverses du p ri s t yle axes par le poteau-mitan ( tels que calebasses, paniers, Iaiers -sorles d e panier s plats oriflammes) compltent l e se n s go m trique du c ult e .ce se n s r v l e pourquoi l e m yst r e Danbhalah cor respond non seulement a u Grand ArcJu/ eele Cosmique (le Grand Architec t e d e l'Univers) qui est GRAND MAITRE DE mais explique pourqu oi Diw est d'abord gomtre. D'accord avec cette perfection gomtrique dont I.egba Ali-Bon es t lui m me l'axe et l a perfecLion le p otea u que personoiHe et difie Legba, im plique e t exp lique l a R smredion car Legba qui. ici, es t la fois, la pienc de la maonnerie de so n socle et le bois du poteau, es t le CHRIST VOUDOO. En t ermes m o in s go mtriques, J'ensemble poteau-socle est ceci p otea u : milieu du ciel, socle : centre des ab me s. (') Dans l e Nord, par exemple, il Nan Campc?:cb e, o n dit Papn Dambara.

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    95-Ces termes indiquent n ellemcnt p ourquoi les off r a ndes sont dposees ou sur le s ocle la di s position d 'une Ion ou d'une autre, ou pour Lcgba lui mme: J 'ofTerLoire ou Labie de pl'OpiLia tion qu'cst donc ce so cl e implique l a f o i s une p nitence cach e dans l'obligation de sacrifier la divinit e t un haussement spirituel qu i est nw s qll pal' la form e verticale du b ois. C'cst nin s i que l'obj e t qui frapp e le plus so u s l e pri s t yle est l e fouet ac croc h nu p oteau f ouet qui sy mb olise ( 'o bli gatio n p nitentielle e llc m m e et l e rD.ch a t de la p nitence, pm' l 'esp rit d e la correction d e l a m atire offerte pl'Opiti e llem ent dans l a forme du sac rifice ri tu elle e t par l e se n s oc cu lt e du co mm a ndement ( magique ou n o n ). Ce foue t r e p rsente donc, du m m e coup, la Foi c t l a l\Ialtri se. La cou l euvre d e couleur en spirale p ei nt e sur l e poteau est le sy mb o l e de Danbhalah ou Grand e Matrise. Le p olea u-milan qui porte la couleuv r e el qu e l:l couleuvre expli qu e est l e sy mb o l e d e ,Leg b a ou Matrise. Le socle o es t p lan t le po t e au qui porte la co ul e u v re es t le sy mb o le de ce que sera le h a u ssement d e l a matire du sac r ifice d p os des s u s e t que le s m ys t res sont censs acce p ter, prendre, et en l eve r dan s l es a tm osphres s u p rieures, L e socle, lor s que le sacrifice mal r iel de v ient spiri tu el p a r cette lva tion de l a m atire offerte, est donc n c essniremenl Matr esse : Ma tresse Erzulie. En termes sans doute plus s pectacula i r ement r itu e l s, l e potenu quivaut au feu rituel ("), e t so n socle quivau t l'eau rituelle que l'officinnt est k a bb alis tiqu e m ent o bli g de p r senter aux qu a t re dir ect i o n s cardina le s de l a cro i x f or m e par l e pot eau e t le s ocle pOlU' dclencher l es po ssibili t s in v isibles de s u mugie. Parce que le f Ollel qui y est suspe n du impli qu e ln correction d es for ces magiques (lem p lll' ifica l ion) et que, for cment, le socle e s t son compl m en t contraire (a rchitectumlemenL eL spirilu e llement parlant), l es membres de la soci t \ 'o u doo q u i sont punis p e nd ant une c r m o n ie sont e nv oys con1 re le p oteau el sur le socle p our purger l eur p eine, Cette position correc ti onne lle, rituelle et cultuelle s'explique du fait que le socle sy mb olise go m lrique ment l es A b m es o u les l oa a b ysma l es, que la forme c l estic ll e du poteau PWU! e t rachete, Cette f orme clestiellc expli qu e encore p ourquoi, ds qu' un voudoisant csl c n dtresse o u a besoin d'un su pplm ent d e f orce, il \'ent embrasse r le po t eau geste que font trs so u ven t l es plus grands officiants eux -m me s, surtout lor s qu'ils saluent le p o t cali uvee l' eau dont la correspo1ldance est justement le socle ( ) Cano

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    96 -Nou s a vo n s v u des p oteaux san s socle : la t erre d a n s l aquelle ils sont pl ants reprsente a l o r s les a b ysses e t le s abmes. En tout t a t d e cau se, l e po teau esll' axe ritue l d e toutes l es crmonies. LES REPOSOIR S Tronc d'arbre cquarri, l e p oteau explique l'utilit e t l e caractre mag i ques de s r e p oso ir s -qui sont des arbres: ar br es-re p oso i rs ( ). H ciproqueme nt le s r e p oso ir s expliquent la fonction synthtique du po teau : ce sont de s arbres servant d'asile e t d oas i s a ux loa d a n s la cour d es oum 'phal'. Les m ys t re s y l ogent en permane nc e e t ces arbres sont honors comme des divinits qu'il s sont effectivement. On y donne manger aux mys t r es sur l eur s ocle d e m aonnerie construit l'image du so cle du po leau o u autrement. De s niche s carres ou triang ul a ires sont pratiques dans ces socles o, souve nt brlent de s cie r ges entours de nourritures sacres offertes e n sacrifices. Au lie u de so cle c'est souvent u n e f orme de b as sin qui entoure le pied d e ces arbres-re p osoirs. Les cr m onies se droulent so u vent autour de ces arbres, ains i que des danses rituelles. pour cela, les t ambours sont a m e ns tout pres de ces arbre s sac r s o lo ge so uv en t une couleuvre, symbole d e D anbhala h lVda. e t d'Aida W do. L es r eposo irs sont dcco r s e t mme peints aux couleurs favorite s des l oa a u x quelle s ils appartiennent so t riqueme nt, e t, les mys t r es que r eprsentent ces l oa y. grimpent parfois lor squ'ils descendent d an s l a t le d'un adepte. L a r elig i o n catholique a, elle a u ssi, conserv l e principe vou d oo de l'a rbrer e po soir, par ces repmwirs conslitu s d e b ra n c h es d'arbre que clbre l e rituel cr m onie l e t m agique de la grande procession d e la f te -dieu Chaque loa a so n arbr e ou ses arbres-reposoirs. p our ne citer que l e mys tere L eg ba, comme il y a plusieurs Legba, nous l av o n s vu div erse m ent dan s un c h n e, d a n s un parkynsonia, dans un mdecinier-bni. L'arbre d e c hoix du mys t r e Danbhala h es t plutt une liane: une liane. parce que, eomme esse n c e vgtale l a liane rappell e d avantage la. fle xib i lit e t la r eptation de la couleuvre comme s p i ral e sur l e poteau-mitan. Celte liane est l n ca l ebasse courante don t on p r end l e maitre-instrument m agique u c ult e : l'assol! du voud oo d ont n ous parlerons bientl. Voici quelques arbres-reposoirs de mystres voudoo ( ces esse nc es varient ave c le s rgions et avec les II: points ou le s .c: p o uvoir s des l oa) : ( ) Des tas de pierres serven t souven t de r eposoirs uux mys t res. En prin c ipe, u n myst r e peut demander qu'on lui c onsacre n'importe quel objet c omme repo soir, voire Je cor p s ou le cu r d'une personne. L a fig ure 27 montre nn arbr e-re posoir.

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    1 l 1 1 1 1 1 1 j Fig. II. -1 -F 1" "If _. Les mystl'CS Danbhalnh cl Aidn \Vl i n (couleu vres l'ilu cltes Cil fer forge). Asse n nu asen vou d oo. 1 Fig. 1 3 Plnls Marn a Congo. c n t erre c uite. a\'e c pour dwq uc p l al, une pe ti te c ru c he.

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    -97-GRANDE BHlGITTE : Ciro llclli er, Boi s d'orme, mdeci nier-b ni. DANBHALAH : Cotonsoie, calebassier courant calebassier ordinaire. OGOU BADAGHI : Laurier r ouge. A I ZAN : Palmier, M d ecinicl' bni. I3ADERHE : Boi s d'orme. ERZULIE : Cirouclli e r G u d NOUVA VOU: Manguicl'. AGASOU GNINMIN : Manguier. OGOU-FEH : Grenadier. L 'A SSON E n parlant de l'asson, l es ethno l ogues qui s'occu p ent du voudo o disent sOllvent que c'est un hoch e t ritue l. En tout cas, l 'usso n es t une calebasse cOllrant e ( 0), pri se jus t emen t du ca I e b assier courant qui est l'arbre-re po so ir par excellence d u gra n d my s t re Danbhal a h \ Vdo C ) II dcoule de cette source magistra l e de l'usso n que ce h oc h e t est l'attribut rituel des houn'gan et des mam' bo d e ceu x qui ('ommandt'n l (II/X mystres et qui president aux c r monies culI /wlles. Le h oun'gan comme l a mam'bo a donc j'usson en main, accompagn tm diLionnelJemenl de la clochette: l'asson est tenu entre le pouce e t l' index de l a main droite t,mdis que la clochetle J'est entre l'annulaire e t l e majeur. C e fruit d u c n l ebassier courant e t du cal e bassier ordinaire est choisi kab hali slique m ent comme altribut e l symbole du comm ande m ent pnrce que, en premie r l ieu, il r flchit, gomtriquement, le princip e magique, c'est -dire l e haussement ou l'assomption d e la matir e bl'Ut e des sacrifices que les pl' opitiants dposent rituelle ment SUI' l e socle du poteau-mita n. L'asson o u c:'llebasse courante russit go m tl'iquement ce t our de f o rce e n repn : sentant d'abOi'd une sphre (o u cercle parfait) p a r la cal ebasse proprement (lit e dont le symbol e m taphysique est l'abysse et l 'abime, et e n se f orgeant elle-mme, e n suite son p ropr e manche: ce qui, dans la Symb olique G o m triq ue, signifie que III caleb::lsse se commande e ll e-mme par l a ligne d"o il e du m a n che. (') l .. age nari a vulgario (cu c urbta cere), ( ) La c a l eb as se ordinaire est perc e pour ] 'ccevoir un ma n che; c'est le COI/IIcOlin \'ou d o o qui sert a u x petits d igni t aires des r ites aulrcs que l e Pthro, t andis que 1:1 caleb asse co ur an l e a un manc he n atu r e l. Le COlla-COlla est plutt l'aSSOIl du rite P thro, Alor s que la ca lcba sse c:ourante vient d'une li a n e, l'ordi llairc v ie n l !l'un urbre : l e cresce ntia cujele (big nolliacere ). Il y a lieu de sig naler que ln 'l' rH' dilio n Sol nire d es Gr ands IO\' isible s cl'Et hiopie clo nne l e c alebassier co u rn nt pour 1

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    98 -En effe t par la sphre ou le cercle et par le Illanche qui symbolise le poteau-milan ou la verticale, ,'asson est une synergie gomtr iq ue rsumant les deux f acteurs-pri ncip es de toute magie: le bton magique qui es t l e manche e L l e ce rcl e magique. L'asson est alors rendu, en partie, sonor e, par "lement de la traition voud oo qui reprsente, magiquement. l es pouvoirs de ce u x de qui dcoule l e VOUDOO : le s mnes, les aeux, les anctres, les lares. Ce t lment de l a tradition or th odoxe eslla vertbre de cou leu vre puisque le mystre Danbhalah lYe-Do es t ce n s m e nt l e p lu s vieux des a n ct r es et que la co ul e uvr e cst (Da ou Dan, Dam, Don ou Dom). Les vertbres. enfiles soigneuse m ent se lon un rite kabbalistique spcia l qui sert preparer l'asson, figurent donc tous les pouvoirs astraux o u tOIlS l es pouvoirs des anctres confondus avec les asi r es dont l e Soleil ( Legba ) e t l a Lune ( Erzulie ) tiennent ma g iqu e :ment l a tte L'usson est encore entoure de co lli ers fabriqus avec des perles de por celaine de t outes cou l eu r s. Ces perles ont un se ns: eIles reprsentent, k ab balistiquemcnt, tous les pouvoirs atmosphriques d'E"rzulie, c'est--dire t o u s les pouvoirs du prisme solai r e r s ums cbromatiqucmcnt par le symbo l e du mystre Erzulie sur le point -cou leuvre-Aida W e do : l'ar c-en-ciel. A cause de l outes ces ver tus gomtriques, chromatiques e l m agiques, l' asso n est considr comme l'image traditionnelle de l'Orient. Bien prpa r, il doit con t enir tou s le s po u voirs m agiq u es de l'Ori e nt. L'Orient, e n magie p ratique, tant le matre de l' asso n comman de toutes l es loa o u puissances occultes de s asires anctres que nous allons r etrouve r, lout l heure, so u s la form e de s v ve voudo o ou diagrammes c rmoniels ; en co n sq uen ce, o n voi t le houn 'ga n frapper l es dessins rituels que reprsentent ces diagrammes: il les frappe aocc l 'asson pour dclen cher l e pou voir ast ra l et l'utiliser. LA CLOCHETTE Dans le vOlldoo, l a clocbette qui acco m pag n e l'asson aux doi g t s du houn' gan reprsente l'Occident: le s pouvoirR magiques lie l'Occid e nt. Son mys tere est Ossain o u Ossangnc reposoir il. Dambhal ah, tandis que les in iti s hatiens prtendent il. une altcratioll de l 'orthodoxie qui consi ste il. faire gri mper ce tte liane priodique sur l'essence co nsacre au mystre. L e Voudoo es t parfois controvers p al' ces sort es d'appro priations symboli qu es ; par exemple alors que la Tradition Sol aire attribue di rectement le bateau Erzulie (la Vierge), l es oum'phor hatiens en font l'attribut magique d'Agoueh, poux marin d Erzulie.

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    99 LES Les vv e sont, sans aucun lIoul e l e facLeur crm oniel l e plus s pectacu laire du cult e VOllUOQ, l e poleau-mitnn (j). C'est SUI Lout ans la l'(!g ion de PorI-au-Prince que le veut: est pratiqu. Le vve lan! un dessin fail SUI' le s ol du peristyle, sur Je sol du oum'phar, 011 sur tout es sortes d'objets e t m me d e n OlllTtllres rituels, dans la rgion de Port-au-Prince, la tradition est plutt de le bien faire, soi gneusement, de m a nire qu'il soil bien v i si b le, presque sans dfauts gomtriques ; t a ndi s <{u'ailleurs (sauf les endroit s ou l'on n'en fail pas Ju tout, com me p al' exe mple, les bay"i des environs des Gonaives ) il est fail n'importe com ment grossire menl. Dans un se n s diffrent de l 'asso n l es reprsentent des figures des forces astrales. produclion dans le oum'phor es t la rep rodu c ti on. par la m agie vo ud oo, des f orces astrales eIJesm m es : ce qui signifie que le s veu/!, e n tant qu e f o rces astrales sont ncessairement personnifi es par l es astres-anctres don t le voudoo est l e c uite, lesquels anctres sont euxm m es personniHs par les loa, espr it s, voudoun Oll myst res qui montent les voudoisnnts. ( Voir fig. 15). A u cours des ceremonies voud oes que s, l a reproducLion des f orces astrales figur es pal' les veve oblige le s l oa ( qui son t des figurations d'astres, d'tai le s, de plantes ) descendre SUI' la terr e Au prime abord, cela parat in vra i se mblable; pourtant, rien n 'es t plu s vrai, plus patent, plu s palpable, e t l'explication qui, pour la pre mi r e fois, en e s t donne ici, peut tre faci lement vrifie: en assistant un service voudoo, il n'y a qu' f aire l e rap port des fact e urs ri tu e ls comme nous l e f aisons pour s'en conva incr e snns difficult ... Selon les ri t es, le vv est trac avec de la farine de froment. d e la farine de ma s, de la fnrine-Guin e (ce ndres de bois), d e la poudre de feuille s, de l a poudre de briq ue r o u ge, de la poudre de r i z ( poudre de toilette). e t m me de la poudre ca n o n, voire de la poudre de c h arbon, quand ce n'est pas avec de l a poudre d'corce et de racines. En principe, les r it es doux r clamen t de la f.nine de fr o m ent ( blanche ou ivoire), lei l e rite Uar/Il qui est 1111 rit e so la i re. La tra dition (qui nest p as t o ujours r espec t e ) veut que 1:.\ far ine de m ais soit utili se pour l es riles inlennd iar es ; tandis que les poudres de brique rouge o u de terre rouge e t la cenre vont aux rites de feu dont l es age nt s kabbalistique s peuvent, ;\ l a rigueur, serv ir sur les points-chauds, non pns que ces rites so i ent f o nnmentalcllI cnt o u fatalement mflu vais mais plutl parce qui!s o nt plus tendanc e il hnHcr comme lc feu l o rsqu'on s'cn sert m a l ou imprudemmenl.

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    , .100 L es poudr es de feuilles, s i c ili es sont de feuilles apaisan tes. p e u vent servir p our les m ys t res de points-frettes ( points-froids ), S i elles so n t de f eu ill es n ocives ou se ul e m ent t: piquantes e lles doiven t marcher avec les J oa dites Bois-Piquants ; les Ioa des r i t es flambants, rite P e tllro r ite Zandor. La poudre canon sert pr cipiter magiqllcment les m ys t res. Quant a u x poudres de to ilette pe u o u p as u sites e n Hati p ou r les vv e ll es serven t traditionnellement flUX mystr es bl o ui ssants qui mar c h ent sur l es points sp len dides d u So l eil : Erzulie Za Gaza l e m ys t re J ol tire Viscire, L egba Brillant Soleil. Car ces poudres de toilette symbolisent l a purification, un trs haut degr, de l a matire c r m on ielle e t sacrifi cielle. Ces m ys t re s bl ouissants corres p ondent for ce m en t ce qu'il y a de plu s splendid e s l ellairc m en t o u plantairement dans l e syst m e voudoo de Legba Ali-Bon -n o n seu lement parce que l e systme m agiq u e de Le g b a est l e sys t m e so l ai re, mai s a u ssi parce qu e la formule qui ds i g ne les di verses sortes de p oud r es es t dan s le nom m me d e Le g ba : afi-n. Ati-n veut d o n c dire: Ali : boi s magique, o u matre ma giq ue. n : d e l' es p ace ast r al, ce qui fait qu'e n montrant ce vv de syn th se qui est un e synthse de ( 'es pace, une synthse de l'aslra l e t une sy nthse de leurs pui ssa n ces par L egba, n ous montrons une synths: du pri ncipe-vevi! LES ASSEN L'u ssen o u asen vo ud oo se tro uve tre une autre synthse, e n core plus synth tiqu e si l' o n ose dire, que l e veve. L'ussen es t un obje t en f e r : une b aguette surmont e d'lin ce rcl e pl ei n pos plat et qui dans l'herm ti s m e de l a c h ose. relv e des l oa du fer et de l a forge qui sont il la ba se d e l a doc trin e e t de la r v l a ti o n vo udoo partir de ('action sid ral e des astres. C'es t ai n s i que s i l es ve vi! a ttirent par sy m pa thi e go m t r i que. l es p ui ssa n ces astr a l es que sont les lo a voudoo p our l es o bli ger tmvaiIJer SOllS le p r i s t y l e ou dans le o um 'ph al' ou encore partout a ill eurs, l e pouvoir de l'a ssel! bien pre pare es t plu s fort (dans le sens de plu s ramass, plus co n centr) : l'obj et, ritu liqu e m ent. sert donc par son principe mag i que l e meillem et le plu s pouss fai re russir infailliblem ent l 'intercessio n reprsent e par une pri re o u par une offrande sac r ificielle. C'cst pour cela qu e l es govi et les bou gies sont pl acs sur l'a sse n (dont l es f ormes rituelles vari ent de celles du piquet et de l a si mpl e c roi x a u x asp ec t s l es plu s co mpliqu s, e n p assant p a r

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    101 (Le gba) l a f o rill e trs k abbalistique duparasol), et ont, l une puissa n ce d!inte r ces s i o n re m arqua bl e. P artant. t ou l e h ostie prsente comme il l e faut sur l a p e lit e a ssiette e n rcr q u i form e l e p lu s souvent l e somme t d e l'appa reil a be a u cou p plus de c h a n ce d 'tre accepte par l es m ys t r es a u x quel s elle peut tre de s tine.-. T out ce que n o u s p o u r ri o n s d ire e n core d e l'asse n re l ver ait un peu t r o p. d j d e s on co m porte m ent herm tiqu e ; n o u s r se r vons d o n c ce que n o u s d evrons en dire. sur ce pla n p our d es o u v rage s qui s ui vront n cess a i r e m ent ce luici. En attendant. p armi l es ph o t os n o u s o ffron s d e u x mod l es d a ssen youdo o qui ach v e r ont d 'e n d onne r l i de sur l e plan physiqu e immdia t e m ent compr h e n sible ( V oi r fig 12) Ep. un t ou t c:Je rn. hue .que l 'appareil une c a ta l yse astra l e e t un ca t a l yser magi q u e h o r s lig ne.

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    102 LES PARFU!o.IS En Afrique CO), dll moment que quelqu'ull est initi a u "ouJoa, il possde :llItolll31iquement son aSSCIl, au point qu' il y a de vritables marehs d'assen s pciali ss mme dans la vcnte des 08scn (flse n ). Si l'assen reprsente l'un des meilleu r s agents de lt'ansmission d cs o ffrandes sacrificielles, de 1:1 terre aux Ioa l es plus volues de l'astral, le parfum est, lui aussi, un sommcl parmi l es facleurs des riles : les parfums dont on se sert dans les r it uel s ne parfumen t pas inutil eme nt, o u simpl e m ent par snob i s me. les personnes mortelles, les immortelles que sont les loa ct que servent rituellement les personnes mortell es. voire les ingrdients de tout e sort e concernftnl le rituel ; le s parfums y jouent, :lU contraire, un rle surminenl. Si J'on s e rappelle que l e mystre Erzulie :1 pOlir aLLriblit mtaphysique la toilette et tout ce qui concerne l n lustration du corps .-cau de t oile tte sa vons, eau naturelle, peigne, brosse, pingles, broches, l es objets les plus m i n ents de ce domnine son t ses meilleurs affribllt s magiques: broche s, ro be s, mouch oirs, sous-vtements, soies, dentelles, broderi es, foulards el, surt out bijoux ... En consquen ce -puisq u e le mystre MAITRESSE ERZULIE personnifie la Maliere Crmonielle et Sacrificielle qui monte -tout ce qui est co n s tHu dans la toil e tte de malie res de plus en plus fine:>, occupe, en magie, une place transcendante. n s'e n sui t par voie analogique e t par voie de co n sq u e nc e, que les parfums occupent la premire pince dans celte magie de transcendance; a u ssi, l e meilleUi' cadeau qu'on puisse faire une loa est un fla co n ou mme une gou lte d e parfum : parfum, un mystr e est immdiatement ravi, son immatrialit bnficiant alors romm e d'une sorte de sur-imma trialit Le parfum profite encore plus il l'ascension d e la m a tir e des c rmon ies \,oudoo s 'il est choisi en co nsqu e n ce. Cela veut dire que le parfum olTerl profit e davantage s'il est le parfum prfr de la l oa qui on l 'offre. Or. chaque mystre a son parfum parce que ce parfum a sa co rre spondance dans ce que l'Initiatiqu e voudoo appelle l'Osmologie Sacre c'est-il-d ire lu Science des Odeurs. De mme que chaque my s tre correspond il un d eg r de l'ntmosp h r e a strale. chaque parfum y a aussi sa correspondan('e qui rejoint son mystre. Par consquent, l' o n voit trs souvent le houn'gan asperge r l'atmosphere astrale d oum'phor de parfum. Malheureusement, les houn'gal1 hatiens (') Du mOns, au Dahomey. L a figure 1::! montre des asse/! fabriqll:r; et utiliss en Haiti

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    103 on l pris l 'habitude de se servi!d e prf rence d'eoll de Florida comme par. fnlll ritu el; ce c h o i x a plutt l'air d e tenir il l'c o n o mie d'argent que repr se nl e ce parfum qui es t b o n m a r ch qu' un e pr f r e nce fonde r e lativ e aux m ystres e ux-m mes ... moin s qu e l e nom du parfum ne joue un r l e dans ce c h oix: florida car un e de s f o rme s m ystrieuses d'Erzulie est un my s t r e dont l e n o m est Florizoll o u Fleuri so n Les f euilles qui entrent dans la composition des b ains m agiques. ainsi que L o us l es autres in g r dients qui servent l a mag ie des p ris t yles et d es oum'phor proprement dits, sont choisis il cau se, d'abord de l eurs odeurs, cnr la matire m m e de l a c h ose n e scrt rien knbbalisliquemenL comme si elle tait entirement prive d'm e o u de pouvoir san s son parfum.

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    Les Balteries de la Musique Sacre dan s le Voudoo : Ogan, Triangle. Tambours, Sifflet L 'QGAN L'ogan est, en principe dans la lt'adition. le 1I1nifn c ilr o matique. rie "O!' chestre rituel ( 0), En effe t, so n battement est r yt hm ique m e nt l e c h e f de la chroma tiqu e sa-, cree. Sa ver tu es t due une corr es pondance qui existe e nlr e sa f o nction l'y th mo-ch o rgique et la formule sotrique qui lui ser t de nom: Q-gan. Car cetle formule s i g nifi e chef du cercle magique, empereur rie la matie c rmo nielle. Il es t t e nu par un musicien qui re ste (le plus sOllv ent) debout e l qui le frapp e avec une tige de fer. L'ogan a une f o rllIe classiq u e qui tienl exa cte ment d'une cloche un peu aplatie qui serait sans ballant: l a tige de f e r lui sert d e battant. Dans la plupart des orche s tre s, son rythme t e nace es t so u vent assourdissant, lancinant, e t J'on a toujour s envie qu'il se taise pour qu'on puisse entendr e mieux l e rythme prenant des tambours. Il n'est pas rare que ce soit le frappement m talliqu e qu'opre l'oganlier sur cette cloche un peu aplatie q u i donne le d part a u x autres instruments. Mais il y a de s exceptions, d'autant plus que J'orchestre se pa sse so uvent de l'ogan. Une chose frappe dans l e voudo o : l'ogan est l e se ul instrument que joue. traditionnellement, une f emme, bien que des h ommes soient plutt chargs de le jouer l e plus so uv ent; car aucun d e s autres instrumenLs (e n d eho r s peuLtre du Triangle) n'est jamai s j o u que par des hommes, sauf de ra rissimes exceptions. (') Son myst r e est Ogan-sih Hw-Do Ln figure 10 montre les ogan

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    105 -LE TRIANGLE Le triangle comme son nom l'indique, est un instrument de fer e n forme de triangle. Il est inutile de dire qu'il a sa correspondance dans l a niche trianglliaire qui est pratique dans l a maonnerie qui sert de socle ou d'abys se au poteau mitan (celle nich e est, parfois d essine se ul ement la p einture). Cette cor respomlance gomtrique veut d i re exactement, quant l 'co nomie magique du ritue l e t de la chromatique r i tuelle, que les abysses son t ouverts par la forme triangulaire qui reprs e nte ceci: DANBHALAH WEDO ERZULIE LEGBA Or. par l e fait mm e que le triangl e musical ouvre le s aby sses, il ouvre aussi l'eau rituelle figure sous la forme du socle donn au poteau. Ce so cle reprse nte donc Erzulih Sllr l e point de l'abme s'il n'est pa s ouvert par la cavit mnonnique du triangl e ou par le des s in chromatique du triangle ; tandis que Erzulie marche sur l e point de j'a scension blouissante de la Lu n e e t de Venus si l e socle du poteau est creus o u des s in )lnr le triangle C ) L e rle magique de cet instrument chromatique es t d' ouvrir la r o ul c de l air. Ainsi, en tant un instrument orchestral qui prside auss i aux airs ritue l s, il ouvre analogiquemcnt comme mystre d'an alogi e ou loa d'ana l o gie (loa voudoo de l'anal ogie magique de l'air rituel) la roule qui doit conduire taule matire employe durant les crmonies voudoesques y compris les voudoisanls -dans les hauteurs de ['air atmosphri qu e C'est dans ce sens que la Tradition Universelle lui donne le nom brillant de DELTA LUMINEUX. (") On voit donc pour quelles raisons profondment savantes la couleuvre D an bh a lah tant gomtre et musicienne, a cette importanc e dans l e ,"oudoo.

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    106 -Nou s re marqu ons que en cc qui a trait propre m e nt a u culLe vou doo, ce triangfc-dclJa-fumincux qui fait s i brillamment partie d e l a batterie vou doesque trouve, d'abord sa corresponda n ce dans la forme c u rie u se ( m a i s savn n tissime) que l es i niti s donnent il l a baguette du tambour qui r epr senL e orc h estra lem ent ln lumire c t la puissa n ce m agi ques du so l eil, c'es t il-d ir e le V Olldoun Lcgba . voudoo. JI est sous l'o b dience occulte du myslere Mam'bo Dela i Mdeh. Voici le c h a nt ritue l qui m o ntr e cette obdience: Eya, houn' td a .. h Dela i command ...

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    107 les profanes. Il est cependant ulil e <.le dire qu e pa r Danhhal a h L eg ba Er z ulie l e triangle musical indique la trinit divine P e r e Fils. Saint-Es pril. C'est sa n s doute p ourquoi Xnocrate co m pa r a it l n divinit un tri a n g l e quilatral. Le s fran c s_mao n s i ss u s comme on l e voit du soc l e voudoo de Le g ba dessinent donc l e triangle oeuM a u f ro nl o n de la ma o nneri e d e l eur l oge exac tement comme l es a d e pt es du voudoo l 'avaient dess in avant eux et l e d essinent e n core e n Hati SUI' le cercle parfait rill socle de! l eu r p oteau soleil. L'il qui sc t rouve dans l e triangle es t personnifi p a r J'lvation d'EI' z uli e par L eg b a. On co n state une c ho se curieuse, co-incidente o u pas: dans l e voudoo, l e somme t du triang le mus ical eL maonnique es t occup p::n l e m ys tre D an bhalah W eda qui, dans la Kabbal e a f ricai ne, porte aussi l e n o m d e D anbha lallY w (plus exactement l -H-1V e), et. c h ez l es francs-maons, c es t l e Ttragramme, figu r a lphab liqu e m e n t p a r I.E.V .E. qui e n occupe l e ce ntre oculaire. Cependant, tandis que Alexandr e W es tph al, c r ivai n ma onnique, avo u e qu e l'o rigin e du T t ragramme des l oges es t discute e t que personne ne sai t comment il doit tre prononc m algr t ou t es l es permutations qu e l es races cu lt e so la i r e lui ont infli ges (la, l a, Ya, l'auch, lll o sc/ m a h Jshuah, J e h o -uah J osc h oue h Josu, Jsus, J sus-Christ ... ), le s voud oisants savent, depu is t o u jours, comment l e p ro n o ncer par le se ul fait qu'i l s n 'ig n orent pas que l'il qui y est pl ac sy mb olise Erwlie rauie chro maliqucmcnt par Lca ba. Et c'es t p ourquo i l'un des nom s thiopien s ou solaires d e L eg h a AUbon est. l'-Ch-Ou ... L'il qui es t dans l e tri a n g l e es t d o n c une syn th se d e la connaissa n ce rituelle par le plan solaire du voudoo d'o le s i niti s lIoient la lum i re sor tir du so leil ( Le g b a) so u s la f or m e d'Erzuli e o u le s f ormes div e rseS d'Erzulie, e t en m m e temps. une synthse de Danbhal a h Ywe dans l'as t ra l -causal Dans le culte voudoo, l 'astral-ca u sa l se trouve tre alors les abysses d e t nhr es du so cle d e L eg ba co n vertis en un bassin rcmpli d'eau, puisque l es abysses son t le s profondeur ... de l'cau. Erzulie est ainsi a pp e l e Illaitrcs.w d' l' cal/ Ces ex pli ca tion s s u cci n c tes s uffi sent l aisser deviner l e r le n or m e que r e mplit salis le p ri s t y le du oum'phor, la b a tterie d e t a mbOlll"S co n i qu es au r ythme mag iqu e desq uel s prsident ogan el trianal e chro matiqu es. Cela, d'autant plu s qu e triang l e co mm e ogan pr disent go m triquement la for m e co niqu e d es tambours.

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    -108LA BATTERIE DE TAMBOURS Le s Lambours ( 0 ) co n stituent l'attrait majeur du voudoo -surt out pour les tran gers (en grande pa rti e Americains) qui ass i s t en t aux c r m o nie s voudoo e n Hati. e n qualit d e pro f a n es. En effet, rien n' es t plus s pe ctac ul a ir e qu'une baiterie de tambours voudoo, par la forme heure u se des t a mb ours c oniques e t par les ges te s capt ivan t s d es b o un'16-gui a u xq u els on donne aussi le nom l oca l de tamboll!Jcr s. Par l es ex pli c ations p rc d entes concernnnt l'oga n e t le tria n g le, o n sa it d j l e rle des tambours : l es t am b ours so nt, uvee oga n e t triangle. une .'iOmme th ologique. Ogan, Tria n g le, Tambours reprse nt e nt pour le oum'phor, l' quival e nce de t ou t es les atm osp h r es astrales. d ep u is la pyro -.'1pllre qui es t l e feu ce n tra l d e la T erre jusqu' l a lfuc1 co-s pll re, la chromo-spherc cl la photo::;phe r c qui sont l es trois zon es atmo sp h rique s de Legba (c' est--dire du Soleil). Plus pa rli c uli r e m ent el p our de s r a i so n s d e c himie magique r e lev ant du rituel s acrifici e l l 'aga n l es t ambours et l e trian gle r e l vent plus s p cialement d e la chro m os ph re so l ai re, tandis que l a c h orgrap hi e sac r e provoqu e autour du poteau par l a musique r e l ve d e l'a tm os phre du n oya u solaire. Le s co n s id ratio n s qu e l'o n pourrait ose r i ci sur l a co nstitution scie ntifi que des tambours se rai ent peut-tre d pla ces quant a prsent; elles s ui vront certainement dans l es tude s so triqu es qui viennent aprs ce t ou vrage. II vaut mieux, par exemple, m ontre r physiquement la co mpo si ti on d e qu e lqu es o r c h estres tra diti on n e l s relevant J e l' e n se i gne m en t africain qui donne u n e place africaine au voudoo hatie n dans t'hi s toir e de s reli gio n s. L es a n a ly ses qu i ont t faites au courant d e l'ouvrage de s d ive r s facteurs du vo udoo perm ettro nt, premire vue et a ux n o m s de s b atteries de comprendre ce q u'ell es sont e t que l est leur rl e rituel. Ce livre es t trop limit pour qu'il soit f ai t tat d e tout ce qu'il y a co mm e t a mb ours d a n s la tra diti on voudoo. Il faudrait un livre s p cia l e m ent con sac r aux t ambours pour le s numrer t o u s elles tud ier f o nd Voi c i donc se ul ement le s troi s b atterie s cla ss iqu es : LES BATTERIES RADA. PETHRO, CONGO L a batteri e rad a ( voir fig .5) est compose de 3 tambours qui r e comp ose nt, (') L es inities qui b a ttcnt le t am b our s'appellent Houn'thor-gui. Leu r my stere patronymique est P o p a -Tl oll n'll!or, dont le nom est lma-D a-Gov i

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    109chl'omatiquemcllt, les 3 atmosphres du so leil (c'estdire du mystre Leg ba) -CUI' c'est Legba qui anime l e voudo uism e -. Voici leurs noms par ordre de grandem physique: 1. Le plus grand -s'appelle Manman. 2. Le moyen -s'appelle Second. 3. Le plus petit -s'appelle Bou-Lai, c). Voici leur rpartition solaire: ,1. Le Manman rpond il. la (:hromosphre. 2. Le Second rpond la Photosphre. 3. Le Boulah rpond au noyau so laire .c'es t pourquoi la batterie Rada est la batterie la plus flamboyante du voudoo. s uivant le tempramen t m me des mys t re s rada. Le mot rada recompos quand il est ramen ses sources gographi ques et mystiques. dit encore mieux ce qu'cst l 'orchestre du mme nom : rada ;II est une si mplificati o n de arada d ont l'quivalence es t allada et le vrai sens .111ah-Da dont le voudoo prend trs scie ntifiquement mais tr s si mplement sa couleuvre-Da(n), qui es t d'ailleurs la cou leuvre du Judasme, selon les attestations de la Bible: il n'y a qu' r elire attentivement le testament d e Jacob pour la retrouv er, et so u s la forme de la couleuvre mystique qu'est Dan-Bha-LaI! ct sous l'autre forme mystique de s II: pouvoirs ma g iques : le Lion qui personnifie Legba. Le Coran lui-m m e prouve son existence n o n d'abord par Allal! ( AlIah Da ) mai s par l a cOlllellvre-Le{Jba que traduit parfaitemen t .11 Lal! Da il cause de la .significati on u tambour Bou Lol!. Voici maintenant les 2 tambours du rite P et/lro (voi r Hg. 6 et 8). Ils relvent particulirement de l'atmosp h e r e t e rribl e du n oya u .solaiie: ce sont des t ambou r s dits dcmoniaqucs et m me anthropophages, non pa s parce qu'ils le sont de nature, mai s t o ut simplement parce que leur temprament de lIaute temprature les r end tr s difnciles manier sur le pla n de la m agie. et, par co nsquent dangereux (k). Le plus grand de s 2 tambolll"s est confondu avec la foudre Son mystre voudoo est le voudoun hati e n Quebisou Dan LeI! (le Hvio-Zo dahomen qui est le Zo o u Zus de s temples gl"ccs). Ce terrible mystre ( d 'ailleurs a u ss i bon que terrible s i on sai t le se r Vil' ) est l e gardien-tambour du o um 'phal', la garde cleste ct foudroyante du pe ou pierre de l'autel des bogai : il est l e c h ef du tonnerre ou m yst(0) Ces 3 tambours s'appellent Na n C:lmpche, dans l e Nord d'Hati. ManmaT!, Gronde, Domioll. Les ligures 5 e t 25 montrent les tambours B.a da.

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    110 -l 'e : l ga Tonnerr e dit .'l gu-Oll l'mil/e r re cause d'une e ses nombreuses m tamorphoses. Le plus grand des deux L ambours pethro marche donc astro logiquement SUI' les poinls-dullIds de la plan t e Jupiter qui est l a corres pondance de la Ioa QlIbicsOll Dan L e h Le second tmnbo lll' pethro est f o r c ment J e complment cont rair e du pre mier ; donc l a parUe du cosmos qui entend ou reoit le ol coup de tonnerre. Cette parlie du cos mo s est La Gllin e, ce qui sig nifie, pOUl' le s Lrm1ilionalis l es ,roudoo, l e bout du monde L e premier t a mbour sc confo nd sidralemenl a vec l e Sud du ciel; l e sc cond t a mb ou r se confo nd avec l e Nord du ciel qui es t rgi \'oudoiquement pUI' l e myst cre Sakblla Lah Tha V ova Lill l'o. Ce dernier est connu e n Hati sous sa f o rm e tres a lt r e de Gudi Sa Bila Lah : une l oa du ci'tnetire qui indique la m a ladi e e t l'impure t co mb a tlue s justement. dans le oum' phor, par l e Jupiter voudoo. Voici enfin la batterie Congo ( voir fig. 4) (ou plutt une des formes s im plifi es de la batterie congo qui compre nd d 'autres tambours dans certaines socits vo u dao). L e oum'phor co ngo o cette batterie d e d e u x tambours a t photo graph ie possde aussi 3 autres t ambours, qui sont d'aill eurs l es mmes que les t ambours rada (sauf trs lgres diffrences ). Leurs n oms sont donc s en si bl e m en t l es m m es que ceux du ri t e rada. Voici l es n o m s de s 3 autres tambours: 1. L e plu s gra nd -s'appelle ilIanman. 2. Le m oye n -s'appelle Grondez. 3. L e plu s petit -s'app e lle K a-ThaBou. L e Grondez est d o nc p our le Secon d des rada -el son nom l' appare nt e a u tonnerre de l a b a tt erie p ethro tandis que l e H a tabou est pour le Bou-Lah rada. L'ASSATO On ne peut dcemment parler d es tambours voud oo san s mentionner le plliS grand d'entre eux: l'Assat. ( Voir fig. 31). Nou s n' e n livrons qu'une photographie qui m ontre J e t ambour habill pend ant u ne cere moni e la pa rtie t echnique qui d oit su ivr e cet ouvrage devant en parler plu s scie nlifiqu e ment. L a pu issa nce m ag ique de ce tambour voudoo es t incommensurable. C'est p ourquoi, analogiquement il ce ll e pui ssa n ce ill imite, il n'es t pas jo u avec une seule o u m m e de u x h aguettes, m ais p al' plu s de .1. 000 bag u ettes a u dire d e ses se rviteurs e t d 'aprs ce que n ous avo ns personnellement vu.

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    1.1.1 C'es t d'aill eu r s l e caractrc formi d a ble d e sa p ui ssance qu i d ic t c a u r i tue l d e l e fai r e b a tl re d e pn! fre n ce pal' des adep tes q u i son t possds pa r les loa : autant de baguettes, aulanl de ft :win/:s ,. a u tant de sa i nls, au t an t de baguettes qll le frappen t crdmon i ellcmen l La figure 32 nous mo n tre un as p ect des Lamb ours :lU repos so u s un p ris t y l e a l o r s qu e l e o um 'ph al' es t :lll r e p os.

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    Le Chur Voudoo Le chur voudoo est compos de houn's ih mle s et femelles dont le chef ( mle ou femelle ) est le houn'gun i con dont n o u s avons dj donn. l'impor tance crmonielle en en expliquant l e nom L es llOun'sih qui forment le chur sont classiq uement habill s de blanc (lin blan c de prfrence). On droge cette rgle si le se rvice se fait s pcia lement pour des loa pethro, par exemple : le s h oun'sih peuvent tre alors vtus tout de rouge. Nous vu des houn'sih habill s de bleu-violet pour un se rvi ce vOlldoo ddi Ogo u BlwUn'dia. Mais pendant les services peu importants le s houn'5t h sont habill s comme la ville. Le chur chanle les c h a nts rituel s qui comme l es autres facl eurs go mtriques et chromatiques du oum'phor correspondent d es for ces cultes de l'n.i r de l'atmo sphere d e l'astral. Les chants que les houn's ih voient. so us ln. conduite du houn'gunicon attirent donc magntiquement l es mystres dans l'aire de ln. ceremonie voudoo. Les chants riluels, composs en consquence, s'e n vont dans l'atmo sphre c1lercher les loa pour les magntiser, et, le s ayant trouve s, l es magnetisent comme for ces de l'in vis ibl e en l es obligeant :\ d escendre s'i n cnrner dans l a tte,. de l e ul' s choua l s C'est cela la premire fonction l'Hue H e du chur des houn'sih can-zo. Sa deuxime f o ncti o n est d'aider la batte rie de tambours faire danse r 100 incarn es et houn'si h non possedes. Dans l'occultisme du voudoo, le chur rituel e s 1Ioun'sih can-zo repr sente un de s facleurs le s plus importants qui soi e nt. D a n s le mtabolisme de la magie sac rifici elle, ce sont les airs c h ants par l es houn's ih qui aident le sa ng des ho s tie s animales e t l'essence des hoslies vgtales ou autres m onter par les my s tre s il leur de sti n a tion astrale; le chur joue ce rle de premire importance parce que, grflce un e successio n d'analogie s phi losophiques e L chimiques, il se confond kabbalistiquement au cur du mys-

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    " lg. 1'1. L e mys t re Le g ba sa l u pAr d es h oun-si h 8

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    1.13 tr e Erzulie Or, E r zulie tant l 'po u se de Le g ba l es h oun's ih d e l a c hor ale se trouvent t r e force m e nt, t o ute s. les f emme s d e Le g b a c'es t --di r e les f e mm es d u sys L me nstro -biol ogiquc du c u lte ; c 'es t en consquence qu e celui qui l es dirige (le h Olm'glln ic on) se trouve tre la premier/! femme d e f.egba L eg bn. ici tant tou j ours pris pOUl' l 'axe cosm i que du r i tu el. Dan s ce se n s, El' z uli c ct Legba o nl tous les d e ux, pOUt' atlributs r it u e l s, l e cur e L l e sang qu i l s dirigent biologiqu e m e nt. L e plu s so uvent c es t d onc parmi les c h nn l eu r s qu e les m ys t r es, atmos phriquement m agn ti ss par l es chants, c h ois issent leurs montures : on voiL soudain un houn'sih c hav ire r tOUl' noyer vio l emment S Ul' lu i m m e e n l ana n t ses bra s e tou s c t s dan s le geste cl ass iqu e qu 'ils f onl l ous pour essaye r d e se barrasser du m ys t re, tomber il la re nv erse sur l es gen o u x de ceux qui sont assis, et, aussit t que 1:\ loa l a e nfin parf a it e m ent possd. se re l ever vive m e nt p ar tir c n tro mb e au mili eu u p r i s t y l e avec une per so n nalit abso lum e n t t rans for m e, p ui s, sc livre r aux ex hib itio n s cou tumi res es i n visib l es ... Que l quefois l a l oa qui a m o nt ainsi un h oun'si h con tinu e il. partici p e r a u c h u r maI g r e que l:l possessio n ail e ntir eme n t a b oli l a co n scie n c e per so nnell e d e so n cheval. Lor s que l e h oun'si h est dsell, i l r epren co n sciemme n t sa pla c e parmi les c h anteurs. Il est ex trmement !'are, t outefois, de voir un h ou n' g u e ni co n a tteint pa r la crise rie {ua. LES DHAPEAUX Il s'ngi l d e drapeau:!.' ritllcill. Ce sont de ma g nifi ques rapeaux confec tionn s da n s l e o um 'phor m me. Faits d e ti ss u s qui r po n den t n u t empr.:unen t chromatique d es my s t res so u s l' influ e n ce desq u els ils so nt f a b ri qu s, tout e l eur beaut r s id e dans les d essi n s que des artis tes qu i sont aussi des adep t es, excutent d'ab o rd ct qu 'ils ornent en sui t e d e pa ill e lles 1ll1llLicolo r es. J >our b ie n montrer ce d ont il s'ag it il faudrait pouvoir ph otograp hi er ces d rapea u x e n co uleur. Par exe m p le, un drnpea u co n sac r ngoll Fer s era em b e lli d' un d essi n paillet aux cou l curs d u myst r e reprsentant Saint Jac qu es combattant les infid l es sur so n c h eva l blanc Or, Saint Jac qu es es t bien c h o i si pour in diqu er l e sy m bolis m e des dra p ea ux ritu e ls: ils sy mb olise nt l'impol'l a n ce que l a magi e a U ac h e il l a cce p l a ti on d es ofTrandes c r e m o n ielles p a r les my s t res a ux que l s on l es ddie: ils sy mb olisent ce tt e ac cep t atio n e lle m me, c'es t-d ir e l e ravissement de l a malic/'e sacrificie ll e pllr l es : ils sy mboli se nt e n c o re ce U e Ina tire d j acc ept e. d j rav ie dans l es plu s hautes a tm osp h res de la Lu m ire As trale par l e c. v ent de l 'esp r i t qui l' emporte alors dan s l a sp l e n

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    114 -deur blouissante du so l e il par le canal
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    115 -r i enne qu'o n se dem ;mde t o u jou r s c omment il s'arrange p OUl' n e jamais blesse r p erso n ne. Ce sabre joue lui a u ssi, un r le su blime dans l' aJT!l.ire : kabbalistiq u e m e nt i l es t l 'e mbl me e t l'attribut d es Ogou, ces l oa voudoo dont Saint Jacques Le Majeur es t la plus prestig i euse personnification r elig i e use. Il en re ssort n cessairement que ce sont les Ogou qu i lian s la I {abbale afri caine, ravi ssent tt 'a n seendanla l e ment l a m atire r itue lle. D e son vnd n o m ce s:lbre de La Pinc e s'a pp e lle ku-bhasah ,. ce qui veut forcment dire que le plus grand des (Bha) a tu ou aboli ( k o u ku ) tou t ce qui mrllr i el, l oa t ce qui es t abme ou abysses (sa h ). En somme, on p eu t dire que les vo luti ons des drapeaux ritue l s, d a n s l e vou doo, so nt /ln SOntllll'l d /Ill total Elles englo b en t et r s um ent l e voud oo, A cause d e so n ; tcti o n d'abo lir la m aLire, l a formule bllUsalt ou basa du Hu-Bhasah sig n ifie cOI/pan t l e sabre de J a Pla ce t ant le somme t rituel des couLeaux sac r ificiels. Cc sabr e s 'appelle auss i Og ouhhasah, e n tant que r plique du bflton d O gol/blll/ t a i alt. E n Afrique, l e sabre du L a Pl ace es t surnomm P ere des Armes Tran chantes, e t il r eprsente traditionnelle m ent le meill ellr t rav ail du forgeron parce que, d a n s la tradition voudoo, c est l e mys t re qui trava ille l e fer ( Ogo u Fer) qui a rv l aux h om mes l es se net s d e la mag i e vo udoesque (1), En principe, ce sabre ritue l d oit tt'e o uvr de essins go m etriques qui altesLent le bien-f on d de l'architecLure physique e t mtaphysique du o um phor co uLume p our ains i dire abol i e dans l es ba gui d'Ha ti. Ces de ss in s, c h ez l es houn'ga n a fri cains, r eprsenten t surtout l e so l eil d e Le g ba, la pier l 'e -t o nnerre o u h ac h e de Q u b iso u d es triang l es qui rappellent la forme (:on ique d es t nmbours vo ud oo ; u ne pa rti e d e l a l ame e n es t dentele pour r ep r senter la lllurche de s o n'ran des rituelles t ues par l'ou til de s Ogou vcr s l es rgio n s cles t es qu'elles ont pour de sti n atio n L e s abre, l a m ache tl e o u l e poi g n a r d des Ogou reprsente la co ul e u vre Dan Bha-L a h (da, dan ) e n fer fOt'g ( gOI/ ogou). C'es t p o u rquoi le s igne africain d es Ogo u est gOIl-da ou o g ol/ dan parmi le s s i g ne s o racul aires de l'alph a b e t magique. L'mill e pa sse :Htssi pottr tre le membr e vir il du inys t r e v o ud oo Qu bisoll Dan I.elt (le T on n etTe). C'es t cette arm e (cou t ea u, sabrc, mac h e tte, poi g nard ) qui Lue (okoll ) le sac rili ce. L'mille es t aussi bien okouMwsah et e n t a nt que \ 'e r ge d e Qucbiso u o u u T o nn erre e lle a un mpporL t rs ett'Oit a vec l e p otea u du p ris t yle, a vec sa pierre, don t les caractres sont sex u els, cal' Quchiso u es t un vieux Legba de s plu s sa va nt s. Cette arm e-coule u vre cs t d o n c H n e de s c h oses l es plu s important es du voudoo.

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    La hirarchie Voudoesque 11 Y a un e h ira r c hi e dans le vo ud oo. Cette h icrarc h ie es t sp a ree en deux branch es co nn exes : l a hi r a r c hie d u oum' ph or p r op r e m ent dit e t l a h irarc h ie de l a Soci t vou doo. Voi c i celle du ou m phor HOlln 'ga n M a m b o ( v o i r fig. 3 0 ) l\b,m' b o caill e Confi a n c e H oun'g u n ico n c a ill e H oun'gll n ico n p r is t y l e H oun'gu n icon quarLier-m a Ur e L a Pl ace Ogantier Tria n glie r M anma nier S eco n di e r B o ul a h i e r R e in e Sile n ce H o un'sih venta ill e u r E mp e r eur Imp r a tri ce Ap p r e nti h o un 'ga n Sor t e d'int e n da nt e R ei n e C h a nt e r elle q u i spar e e t d istribu e l a p ortio n clc!
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    HOl1n' si h cuisinire HOlln 'si h du chur rituel I-loun'sih bossaI es 117 -charge de cUire les btes sac rifi es e t le s mets sacrificiel s n o n enco re degrossis par la Ion : ils son t frachement initis ou pas du tout. Voici la h irarchie de la Socit Voudoo qui est une espce d'annexe so ciale au oum'phor e t en mme temps, un e entre pri se d'enlr 'aide mutuelle. Comme o n le verra, ceLLe soc i t imite la h irarchie gouvernementale du fail comme nou s l' avons largement dmontr au dbut avec les hisloi l'CS de g uerre pour l'ind pendance d'Hati -que l a forme du gouvernement (surtout imp rirtl ou monarchique comme les gouvernem ents autocratiques el thocratiques t e l s que ceux d e Dessalines e t de Christophe ) cst incluse
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    l18 -Tous ces dignitaires sont des r ep rsentants de lu d'origine oc culte d t enue en principe, par l e mystcrc L egba : l eu r est cense, par la magie voudoo passer de la il l'act e utile. Ils son t t ous, f onc tionn ellemen t s ub ordonns au hOlln 'gan qui es t hi ra r c hiqu emen t leur chef: l e h oun'ga n dlient donc une puissan ce qui synthtise. sur l e p lan humain principal de Legba, lous l es pou\'oirs des dignitaires; a u cour s d es cmo nies voudao c es t donc lui qui principole n wnt, cst cha rg de pa sse r de l a puissance il l'ac t e magique.

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    Le rpertoire des chants et leurs significations En raison de ce qui a de d i t du chur, du houn'gu nico n des t am bour s, de l'oga n du lrinn g l e cl u mode de communicatio n chromatique avec les myst re s de l'Im' i sible logs dans l'atmosph re les c hant s rituels expres sio n cla ire de la Musique Sacre, onlune sig nifi ca ti on e t une ulilit Ce rpel"loire vo udoo es t l eIlcmenl vas l e qu'il es t impossible de dire de combien de ch:mts il se compose: des milli e rs, pour le moins. Ces chants varient, su r le m me mode Illu sical, d'une r gion l'autre: par exe mple, le m me chant connu li Port-au-Princ e d'une mani re es t connu d 'une autre rnaniere PorL-de-Paix ; on voit bien qu e c'est le m me chant, venu de l a m me sou r ce Lraditionnelle o u kabbalistique, mais avec de s variantes. Il va sa n s dire que c haqu e rite a un rythme particulier sur lequ e l ses chan l s sont chan l s, bien que, d'un rite il l'autre, l a diffrence rythmique ne soit pas assez g r ande pOUl" empcher d e voir immdiatement qu'il s'agit n'impol"le comment d e chants voudoo. C'est ainsi que les c hant s Pethro dif f re nt, dans cette mesure, des chants .congo. Dan s ces condition s, il est inutil e de dire que le mme ph nomne se r pte pour la musique : l es diff rences musicales quivalent aux diffrences du rp ert oire chant. Don c s i J'on es t lant soit peu habitu a u voudoo, ds qu'on e n e nlend la musique, on sai l s'il s 'agit d une crmonie pelhro o u d une crmonie congo, d'une danse congo o u d'une danse pelhro, d'un rada ou d' un service ibo de m me qu'on peut f acilement distinguer rien qu'au son des tamb ours les .congo des R ada. 11 a rriv e qu'an cours d'une m me crmonie, les chants de rites diver s se succden t se chevauchent, parce que l es m ys t r es qui se prsentent sont euxm m es diver s o u parce qu'on sert plus d'une catgo rie de loa. Il es t utile d e fair e rem:lrqer 1:1 doubl e o nomi e des c h ants voudoo :

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    120 n o n seulement ils p e uv ent appartenir d es rites divers (Ibo, Congo, Rad a. P elhro, Caplaou, Mahi, e t c.), ma is l n sig nifi ca ti o n de l eurs parol es indique la s ignification rituelle el magique qui es t donne praLiquement :"\ leur e m ploi pemJanl une crmonie. On vcut di r e p31' l que s i l e i c h ant demande il Legba d'ouvrir une barrire, magiquement parlant, Legba est premptoirement c harg d'ouvrir cetle b arrire. e l non d e faire aulre c hose ; e t si un
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    121 -: Garde main l. Ttez! Oh garde main Iii.. Ttez coffrez 1 Bo Ouanminan. Ouanminan, con a n'a p' blani y. Ouanminan, h garde m a in chi r IBO-MONDONGUE Eh Uoi Zan. El! R o i Zan-Zan ... Nanchon I bo 1 H, roi nancJwn Ibo! Vive nanchon Ibo! Ct Grande Ibo? H roi. H roi Ibo mange cMen ... PETHRO: Ahi, man man h e n Tambour main tel ... J ou-m'allong ... Ahi 1 Ahi Manman. SALENGRO' Trou Sa ... Tro u S a ... RIez trOll Salengro. N'a r l trou Salengro. Trou Sa Trou Sa ... r etc trou Salengro! Tro u Sa ... Trou Sa ... tl IrOIl Saleng ro! K ITHA-ZANDOR : Zan-dor Li a ll Z a n-dor Qui ['he li li ? Zan-do r Li all Zan-dor 1 ANMINE-MAKANDA : OUQJwlinan a a !I e, Ouanminan ? Tlez-Coffrez, aay? A-Lah-Da driv: a li y, Ouanminan Garde ?

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    122 Du fait que le s chanLs veulent dire ce que leurs parole s lais sent clairement entendre, l e chur e nvoie donc d es chants qui s'adrcssent aux loa per sonnclle m e nt. Comm c o n va le voir, ces chants ritucls s'adapt ent aux rites sur le squels ces l oa travaillcnt e n d e m andant aux loa d e faire une c hose ou unc autre: YANVALOU : (chant pou r I c m yst re Manman Brigitte) M anman Brigitte! JlJanman main Oh Ou oue a A l'entour caillel, gangnin di t ldans ni. Nou:s c1wch bois p o u nous sembler di r ; Nous cIwcb d'l'eau pOli flOUS l ouge r d i t Da p luie pas lombe ... Ou p us oue ? Terr e [ gliss. YANVALO UFLA VODOUN : (chant pOUl" le mystre JupiterQu b isou) Bagui tovi, mali roi! Cc a, m'a o u !la -lM llIanmoulehvi. C' o, Molli GouCto. PI; diable Pa ssa noudeh ... H Anh MAHI (c h ant p our l e mys tre Mademoi se ll e Anaise). A nnase E n nago, pitite-l. (1 pc c ri ... l', ye Ba-li tt. l', y ... a pc cri, g, y Bali t l g, y Godez: m'Ion b t on. l'e, y Ba-li t l ge, y MARTINIQUE: (chant pour l e mys tre Nan [(io u ) Cousin Nan[(i ou, c' pa a ou l dit mOl1l. Ou t dit m a in con a : Jou ou a pla ave m'ou a mari QVe m ... Nan point ro b e, /lan point c h emise. Grand merci gnou pied mango qui t gain en ba s Qui par l'honne main. RABIGNE NAGO ; (chant pour l e m ys t r e Ogou Shalodeh). Liki, liki Liki, I1kf

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    123 -Ggou S lwlod e h Papa Dgou J acouman, Pap a O gau Shafod e !l. Liki, liki Liki, liki 6 Ggou Shalo d e h ... CONGO (c h ant pour l e m ys tr e Legb a). Legb a fan oum'plw r main! L eg ba lan ollm 'pllOr main! Ou min m e qui p l ez c h ape uu C' p o u parer pou main ... L eg b a congo [ an ol/m'phoT moin, Mondong ue iII olissai l an oum 'phOT m OllI. Pour corroborer la joncLi o n qu e n o u s avons s i gnal e au d but entre le s mystres vGudoa et l es hros d e l indpendance d'Hati d 'o sont so rtie s des loS sociales dicte s pnr l es lou voudoo e t qui co nditi o nn aient l'Etal S o cial des p op ul a tion s hali e nn es, il n 'es t p as s up er flu d'ajoute r d e ux c h ants ri tuel s dont l'un es t p our l n loa M arinelie-BoS-Chc h e o n JlIarn etle-Llimindi-t e t dont l'autre est pour D essalines T oro d 'llail. Si on s'e n souvient, Marinette est dite ici Illmin di f ( allumez le feu ) parce que ce m ys t re, qui fut l a t te de s Invi s ibles qui a idrent a u x g u erres pour. l'indpend a n ce d Hati a vait pour l'o ncti o n de mettre l e feu aux c anons -aux canons que l e gni e milit ai r e d e D essali ne s ( m ont lui-m me par un Ogou ) diri geait con tre l es troupes frana i ses : PETHRO : (chant p our l e mystre Marin eltc -lllmin-di-{). Marin e tt e B ois-Chc he, Oll pas gangnin bi en pou ou o ue. Lumin di r Ti-J ean, ou pas gang nin bien p ou Olt oue. Lumin di r. Chwnpre ll es, o u pa s gangnin bi e n pou ou OIlC. Lumin di r M a rinett e B o i s -Chch e Lumill di r. A ssoc i e d'autres loa qui l' aidaien t Marinette est encourage meltre l e {eu aux p oudres

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    124 PETHRO : (chant pour le mystre D essa line s), Toussaint t mouri mal, oh Li-minme ( Des s alines ) pa s p mouri mal. D ess alin es, l oro d Hati Yacanbanda Main sans manman sans papa Y o fin e louver toufe race -la, l'a pas t oue r main T oussaint t mouri mal, o()ooll / Li-minme pas p mouri mal. Dessa lin es c'e tar o d'Hati. Jourl, h Parole-l t pale djil. D essa lin es Gangan Par ole -l li! pale dja ...

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    Les danses Voudoo. Leurs caractres Leurs rapports. Leurs correspondances Ain s i puisque nou s avo n s expli qu que les chants rituels s'excutaient 'aprs les rites voudoo, ce l a s uffit a montrer r ie n que par les nom s des rit es -qu'ils sont connexes au r pertoire mu sical. Le s rapports qui dans l e voudoo, s' t a bli ssent alors par ce fat entre la Liturg ie et l a Chor g r a ph ie, di sent claire m ent l a fonct i o n kabbalistique des danses et rvlent leur s r e lation s avec l e ::"ys tem e l gislatif e t gouve rnemental d e l'astral sur l e qu e l le culte des loa est b as. '_, Tou s ees rythmes de canti qu es axs sur les thm es musica ux correspondants qui indiquent et le compo rtem en t rilu el e t les nation s, tribu s ou races des loa, ont t ga rd s pal' l e Voudoo Hatien t e ls que le s esclaves les ap portrent en Hati pendant la Traite des Ng res: de la Cte d'Ivoire. d e la .cte d'Or, de l a .cte d es Grains, p artir du Sngal, d e l Angola du Congo, du Dahom ey, du Yorub:.l, du Soudan... D'ailleur s, l es nom s des tri bu s africaines e nc o re existantes nommes clai rement par les noms de ces rite s prouvent srieu sement l eur a sce ndance. Il re ste note r que sur la m me c h e lle des diffrences, les danses diff r ent les unes des autres; mai s, se mbl e -l-il, dan s des propo r tio n s plus gran d es que les chants entre e ux Exemple: une dans e ibo diffre plu s d'une danse molli qu'un c liant molli d'un chant ibo Toutefois, il se p eul que ce jugement ne t ie nne qu une illu sio n oil les facults de la vue sont imm diatement plus pl astique ment sens ibles que celles de l'oue gnralement plu s mtaphys ique s. Nanmoins, en principe, le nom des chants e t des d a n ses cla sss par rite s ou par nations voud oo !>, d oit r eve l er automatiquement la composition et le comportement de s b atter ies" de tambours. Voici un essa i modeste de classification des danses ou rite s f on damentaux (sa n s l es danses d'app or t secondaire) : il r e n se i g n e suffisamment sur ce qui se passe dans les oum' phor :

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    -126Rada : 3 tambours. Danse voudoa ( rada). Fla voudoun (rada). Pethro : 2 t ambours. Kithn (pethro). Rilha m ouill. IUtha sec ( petbro). Anmine. Congo: 2 ou 3 tambours. Congo pailleLtes. Congo mazonne .congo creo le. Congo franc Congo Gui n e .congo Larase. Congo -p e th ro. Ib o : 3 tambours. Mahi : 3 tambours. N aga : 3 Lambours. Dahom e : 3 tambours. pahome z'pau l es. Djouba franc. Djouba Martinique. Djouba Baboule Moltsson gu. Boum'ba Lem ba ( pelhro ). Salengro (co ngo-guine ). Cap l aou-Canga. Asson-ro u (Y3n-valou) : 3 tambours. Yanvalou-franc. Yanvaloll cass. Y a nvalou nago. Yanv a l ou z'pau l cs. Ynnvaloll genoux. Yanvalou debout. Yanvalou dos bas. Banda : 3 L ambours. Crabign in Daga congo .... 3 tambours.

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    .127 -En raison m m e d e l'origine afri ca in e d u voudoo, voici d'autres danses et d'autres rites de b ase que l'on y ren co nt rait p endant l'poque de l 'escla vage el mme un p e u apr s, mais qui progressivement, ont plut t d isparu: l{ith a (que l'on voit e n co r e aujourd'hui, mais sur une c h e lle qui n c devrait tre l a sien n e (rite pelhro). Caplaou. CapIaon-Canga (ide m ) Sa lengro (idem). Voici maintenant des riles et de s danses qui, parlicipant du m m e fait hi storique et gographiq u e. se sont f o n d u s en quelque sorte dans J e premier groupe fondamenta l qui d ir ige e n co r e la chorgie vo u doesq u c : Fon Mandingue. Mondongue. Foulah. Saco -Io. Bambara. Haoussah l\.Iayombe h So b o-ho u n. Mnscolle. Congo-G li i n i n-ho LI n' t -Go u t6. Il exis t e a u ss i danses qu'o n p eut cite r e n vrac, et qui se r attachent diversement au groupe fondam ental s nns, toutefois, que l es prcisions que l'on a pporl e il propos d e cette paren t soient jamais bien prcises, bien formelles : Cnra bienn c Past o r clle. Moutsc h Bou l evcrse ... Mai s on ne peut passer SOLIS sile nc e l es deux grand es danses caractr e lotal e m enl popula ire dont l'origine es t l es crmonies afri caines masqu e s ritu els: ... Masc a ron: d e l'le ,Pethro. M l'in g u e : de l'it e mixte

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    .128 -Ces danses p a r suite de l eur or i g in e m m e sont devenues l es danses offic i elles des d e u x plus gra nd es bandes carnava l esq u es d'Hati : L e Mascaron e t La M e rin gue ( b andes masques ) Il y a enfm une danse aussi popul aire : une danse voudoo, mais qui se danse plutt sur l es rou l es des campagnes. C 'est l a danse RARA dont J'or c hestre est domin par les vacc i nes (ba mb o u flfltes de bambou) ; elle ruar c h e m ag iqu e men t sur des points t rs forts en magie, cause de l'in strument onL le s fois OU ra de ces bandes se servent: un j onc orn de f er b l a n c avec l eq u e l il f ont des p r estiges inimaginables. Naturelle m en t. ce jonc r p ond L egba, en bien o u e n m a l. La c h ose l a plu s important e retenir a u sujet de Loul es ces d a n ses vou d oo. c'es t que, l'instar de t ous les aulres fac l eurs du c ulte elles corr es p o nd en t il. des l m ents de l'astral que l so t r isme afr icain se c h arge d e dterminer. Autant qu e l es c h ants, autant que l es vv ( dia gr ammes ri tuel s), a ut a nt que l e s l ambours, elles peuvent mettre e n communica tion avec les f orces de l'invisible, Car elles reprsentent c/lOrgraphiquemenl ces for ces qu'elles reproduisent.

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    Fig. 16. Barrire ou portai l d e Legbn. Fi g. 15. L e poteau-milnn entouJ'e ( l e ueve rHces sur le sol du peristy le.

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    Correspondance synthtique des facteurs gnraux du Culte Voudoo par le rapport des danses, des chants et des Loa POlir mieux. montrer, e n une synt h se co nvaincante, les relation s ( a s tra les) qui existent entre les rite s, les my s tres et les chants voudoo c. en voys a u chur e s houn 'si h ca n-zo par le houn'gunic o n ( ou par le houn'gan ) a u cours d 'un serv ice-l oa, n ous reprodui so ns quelques-uns de ces chants en pbant ct d 'e ux. les nom s d es rite s sur le s quels ils sont exc ut s. Les noms des 100. qu'il s m e ttent en cause y sont inscrits: YANVAI.OU (chnnl pour Legba loa des portes et des routes ). J.eghu-Gra1ld-Cllemin. nvw, pr'all Ago ..... Ago Y .' L egba -Grand-Cliemin, 1IOI/S pr'all ou s i n'a pas se r ,Legba-Grand-Cllcmi/l, /lOtiS pr'all ou, Papa, si n a puss. Si /l'a pa ss gra/ld-ch imi1l mon roi Si n'a passe, Legba ,. si n'a pass ... :1go Grand-Chemin, nOlis pr'all vll, Papa, si n'a pass. o Ago / ....... Ago Y YANVALOU (chant pOUl" DanbJwlah et M-Da \vdo). D anbhalah Ol/cdo, gadez pUit e s 01/ yo lie flia Ouedo mirl pilites VII yo, h Dumblwluh QI/cclo, gadez pitites ou !10, o h h 1 .... !lc, (l !le, 0 Danbhalah, min o u M. 9

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    130 -NAGO (chant pour Alollmandia, un es mystres c matre-tte' de Dessali ne s) ; Alomnandia y est associ aux mys tr es Os san{Jllc Ba couM et Ogo u Ba d ag ri. A l o u M adia li 1 Os s angn e oh Ogo u .oh O ssang n e Ba cau l qui m andez d rap eau x A f OIl il1 adia li Oss an gne 0/1 Ogou Oh Dgou Badag r i qui mandez d rapeaux, Nous tout barr s ... MAHI (chant pour Erzufie Frda). C' chance oh 0 e'e chance oh C' pas wa n g a ou gang ni/! ; e' chance oh Grand e Erz u li c Frda, c' chance ou gan9nin. C pas wanga ou gangnin C' chance, Maitr esse. CONGO-.GRABIGNE (chant pour M otlsson d i ou une loa m oussongui). fi y a h fI ya M o ussondi Loa eila-a, e' loa M Ollssondi ... H ya h li ya I l lollssondi KITHA (c ha ,nt-degr compos p lI' l e m ys tre Bris). L'ennemi b a rre moin caille Santo M pa ss d jiJ. Zombi b a rr moin ca ill e Santo Caill e Santo m p ass dj! BANDA (c hanL pOUl" Gud NibbllO, Matr e des Cim elieres). fi f Gro s saint, (Jros loa ... Gu d Nibbh o gar fi Gro s saint, gros 100 Pap a Gud gar.

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    -,131 PETHHO ( BANDA ) (CRABIGNE ) (chant pour la loa J ean Zombi). Jean Zombi Oui-Oua. ba Candilis-m'aile. l a p houe lafia pOli .//0 fnil tilltin D evan t loa main. Jean Zombi! Olli-Olla Oui-Oua .' Condui ... -m' alle. m (chant pour le mystre ,4,yanman ). Ayanl1wn Ibo Let Ll, Lel Ayanman Ibo LM -tyanman a, COll a ; Ayanman danse con a. Ou pilez pied-m ', OIL pas di-m' padan. Ayanman a, con a ; .-tyanmall a, COll (I. a padon t'a fait p Oli main? CAPLAOU (chant pour le m ys tcre Zo Climo). 7..0 Commen t a y ? Zo Benga, papa! Comment a y ? Lo Climan, papa, commen t a y ? Si houn'sih tomb pas quittez-/' gte avanl yo fouiller trou. Cetle classification, t o ut en indiquant l es rites auxquels tels ou tels mys tres apparlicnnent. ne signifie pns que l es my stres apparliennent exclu sive m en t il. t e l o u lei rite; ce qui s i gnifie que si un voudoisant veut servil" ,. un Legua H m/a sur le rit e P ethro, la c h ose est tout fait possible. Il n'y a, semb le-t i l :IUX dires des iniLis, que les loa-Guinin qui refusent de se lai sse r servir sur n importe quels points; mai s l'assertion demeure as sez s p cie u se ; la preuve du contraire parait m me en tre fournie par l e fait qu'on ren contre la plupart des loa dans l a plupart des rtes. La se ule consquence que comportent ces c h :mgemen l s est celle qui r s ulte de la forme de magie qu'on professe : on rcolte le m al o u l e bien qu'o n demande aux my stres.

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    nes gots alimentaire s de s Voudoun et leurs rai s ons kabbali s tiques C'est une entreprise assez d iffic ile que de parle r des p r frences alime n taires d es l oa ; parce que l'on nc doit pas se haser se ulem ent sur l e voudoo t e l qu'il e s t enc o r e pratiqu e n Hati pOUl' dire de faon premptoire que l es m en u s que le ritu e l com p ose pour les m ys t res sont abso lum en t orthodoxes. Nou s di rons donc cc, qu 'e n prin cipe, J'ortho do x i e vo udoo en t e nd par nourriture rituell e des 10a (tropholog i e magique) ; e nsuite, nOliS donnerons des indicaLions su r les m ets qu e les adep t es h a ti ens du c ull c offrent g n r a l e m e nt. .. D' a bord, il faut se p ersu a de r que -Lout auL ant que l es c1umt s, les vv e e L les d a n ses t o ut es l es n ourritures rituelles on l l eu r s co r respondances mag iqu es dans l'a stral. De m m e qu e Erz uli e aime l e parfum, L eg b a p r fr e les o s des s acrifi ces anim a u x parce que ces l m en l s rpondent scie n tifiquement des degrs de l 'a tm os ph re; c: u l es offra n des rituelles, d a n s l a j(abbalah V oudoo (ide ntifi a bl e f ac ilem en t avec D a nb l wlah Wdo), sont f a it es pour nourrir, veille r ou f ortifier, e t con t acter de s pui ssa n ces invisi bl es Plu s l a n ourriture r itu elle d e ces p u issa n ces invis i b les es t adapt e elles, plus l a pui ssa n ce ma gique es t disponible immdiatement. L e voudois:l.ll t a d o n c intr t ft savoir ce que p r f r ent manger l es l oa qu' il invoque et qu'il doit n ourrir e n consq u e n c e afin d 'avo ir une puissa n ce d e plu s en plu s di s p o nible so n se r vice. Ainsi, s i Le g b a pr f re l es os pour cer t a ines raiso n s occ ulte s o la puissance magique est amene pra tiquement
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    -)33dpose au car refollr d'un vv, carrefour d'un dess i n rituel r eprsentant 1!l1C croix a u c roisement des branches de la c roix assimil au croi sement des r ou t es) pour que so n destinataire astral l' accep t e mieux. Le carrefou r relevant gom t riquement eL logiquement de Legba AH Bon (le solem, ce seul fait rituel prouve dj q u e la personne qui fait l 'offra n de sacrificielle joint -pour s'en servir pratiquement l es forces verticales e t les force s hori zontales de l o u t l'espace as t ral. C'est pourquoi Legba se ll'Ouv e tre (voi r un d es chanl s cils) L egba Grand-Chemin el mme Maitre Grand-Chemin. Le t: grnnd chemi n est, en principe el e n esse n ce, le nud interfrentiel de l a c r oix. Le dp t du sacrifice ce carrefour gomtrique pour son expdit i on consc ulive da n s l'a s tral-causal s'accorde n cessa irem ent avec tou.tes les si g nification s scien tifiqu es de la c r oix. L a croix et le can de l a cro i x (circo nfrence de l a croix) tant respec tivement form es de 2 et de 4 que r res l'Equerre (qui es t l e Grand Martr e rfe l'astral-causal e n voudoo ) sy mb olise la matire passiv e du sacrificc rcc tifi, o rganis actionn el activ, et qllilibr par celui qui la d pose au carrefour de 'Jegba ( qui es t a l o r s le Matre de l'astral-causal). Dan s le voudoo, ce carr efour magiq u e est synthtis par l a barriere parce que, comme le ca r refour des route s, la barrire o u r c l es rou t es pOlir laisser passcr. Voici l e c h ant vou doo qui expliq u e l e concep t de celle o u ver ture de s "oies de l'a stra l par o va monter la matire du s:lcrifice rectifi organ i s e t quilibr: .1ti, Bon l.egba Ouvri barre p OIL m a i n, A go, ye VOUdOOIl Legba, l'ouvri barrie pou m oi n, Pou m a in ca rent,.er. L'hc m'a tounin, m'a remerci loa-yo. Ici, la formule africai n e soulig ne est le. nud du <:hant, car elle veu t dire cec i : aga (faites attention) y ( l' me. la p syc h r ep r sente par l e sacrifice). C'est l e Mercure voudoo qui conduit alors l'me d u Visible a u x Inv isi bles partir du carrefour. e t qui amne donc l es In visib l es a u ca r refou r p r end r e l e sac rifi ce .cc !\'l c rcure voudoo porte le nom de Sim'bi (dont la forme est multiple) : c'es t l e mystre psychopompe qui dirige l es m es des morts dans toutes l es directions bord es par les -l orients magique s de l a croix; c'est le messie de Legba, l e mess ag e r du so leil. La Ioa voudoo Sim' hi cor r espond au mercure ltcrmt.ique de cette alc himi e ka bb a li stique du sac rifice rituel ; il est donc Herm s el Mercure ensemble : ce dieu-terme ou dieu-borneskilomlriques de s r outes et des c h emiris ainsi que gnie des points de croise m cn t s. S im 'hi es t l e principe createur d e l a vsicule smi-

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    -134 nal e parce que, dans l a tradition voudoo. Legba, comme poteau-mitan, est lui-m m e l e principe d e l a verge (magique) et de la moelle pinire. Dans l a sc i e nce du vOlldoo comme a illeurs, l e principe-sac rifi ce se con fond donc avec ce lui de l h omme (le plus de s lments sacrificiels ) plac sur la croi x e t dont l'anal ogie cruci ale e s t justement la forme phallique. attri bu e a u m ys t re 1 ti-B on Legba. Former ainsi l a croix pour pouvoir s'en servir com m e des forces d e l a Nature prend. en vo udoQ, l a formule de b l oa qui reprsente l a plus forte ries i n ter cessions divines : interces.!I ioll granrl -rnaitre-maitree l-matresse compose par la trinit africaine Dan-Bha-,La h LEGBA o u LAH ERZULIE GRAND MAITRE MAITRE MAITRESSE La f ormule m agique de celte intercession est n cessai r e m ent ( J sus) YE-SOU : l'm e, la psyc h l e miroir m agique (y), qui est mle o u c r eateur (so u ). ( Christ) la croix: produit du c r oise m en t spati a l Danbhalah-Erzulie. Ce miroi r es t donc l 'attribut defitltif d e l a l oilctle d'Erzuli e et Erzulie elle-mme comme loa Erzulie Mirai Ze ou Erzulie Mirai Zo (le miroi t de L egba sur point d e Jupi t er-Ton n erre, pere de Sim'b O ; t a n d i s que ce t as pect phil o l og ique de l'me rvle que le m ys t r e Erzulie es t un miroir d'a r gent (la lune) crois avec Y so u o u l 'o r (le so l e il ). C'est donc du croi se m ent s p a tial d e l a c roix d es sacrifi ces voudoo qu' Erzulie es t la l oa de la ri c h esse ce qui correspond l'omni science, e n voudoo. Cet aspect a stral de l' m e pa r l e sacrifice voudoesque m ontre a lors pour quoi le Voudoo est un culte animiste. Il ex i s t e d 'ai lleurs un c hant du r pertoire liturg iqu e du voudoo o il est c lairem en t parl d e ce p robl me: Grande A-Zan (la puret e de L e gba ) Salu ez L eg b a A l' h eure qu' il est, L'argent casse roche. M 'a p m and cOI/m en t nOlis y <) Saluez Leg b a. C reolei>' sond,e miroi L eg b a, A-Zan vie vie l .egba), C r eoles sond mirai L egba, Legba vi, vU. C r eoles, son d e z miroi A li B on l .cgba

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    -135 Voici, en co n se qu e n ce, l es correspo nd a n ces ::mimiques traditionnelle s d e quelques m ys t r es voudoo ; elles font voir le principe qui anime la m agie voudoesque (le prin ci p e m m e de l 'me) ; eUes font comprendre cette m a g i e d'aprs l es principes de la Rabb ale Universelle e t non d'aprs une tra ( lili o n partic uli r e qui serai t s uj ette il ca u lio n ; et e ll es r v l e nt, par l e caracfre animiquc mmc de la loa le s sac rifi ces prfrs par les l oa sur l e p l a n animal C ) : D an bh a lah ( Yci Dan-Gb) Legba : A-Dan A-Dan: Erzu1ie Agassou ( Ati A-Sou ) Loko Ali-Sou : Ogou-Fer Ogou-Shango Ogou-Badagri Ogou-Bhathalah : Agoueh R Oyo : Gud Z'aringnin : A-Zan Av l Kth A ssa l (le grand 'tambour ) : ,... cou l euvre ufs de coule u vre. lion. mouton bla n c (os m oe lle ) cou leu vre ( qui rvle l e caract r e d e la co ul euv r e que la Vierge c ra se sous ses pied s ou mange) ; pi geons blancs. cou l ellure a:iz.a o u azili, qui cor r es po n d aux 'miroirs parfums, denti frices. poudres, tissus de soie, d e n t elle parce que ceLLe es p ce d e cou l e u vre sig nifi e t o il e tt c cosmique, purification dcs matires sacrifi cielles. l opard r oya l (loa ga rdi e nne d es traditions da h o m e nne s du vo ud oo). A n olis, aganman. t aureau rou ge (couleur f e u ). taureau, mouto n ( blan cs ou noir s, se lon l e se n s intentionn e l d e l a m a gie). araigne -crabe. cmb e ( cancer ). crabe (if A mofns que pour des r aiso n s o cc ultes au contraire, des c int e rdit s ritu els ,. Inve r ses, c.es am maux ne soie nt.

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    AS53t6 o u A zint6 Micbo V a u doun : ( m ys t r e d es p apa-Io a ) ( m ys t res d e la sCi e n ce Iles a n c t res) Ta-Kpa magiqu e 136 -cama n c r oco d ile -qui son t l e m ys t r e de l'indpend a nce d H ati : il s up e r visa l n stratgi e des l oa Rada p e n dant le s cer m o nies voudoo du B o is-Caman e L d u Tro u -Caman. L e sac rifi ce y o ud oo am n e ain s i il sa i s ir e nfin l e se n s kabb alis t i qu e du c ru ci fiem en t C e p en dant, l'an i m a l qu e per sonnifie c h a qu e l o a n e suffit p a s t o ujours l'acc o mpli sse m ent d e sa m agie (d'auta nt p lu s qu e l e vou d oo h a ti e n a p lu t t perdu le sou venir de ces grandes corresponda nces astroanimiqu es). L e men u magi q u e des loa s 'Ct end d o n c d 'aulres m e l s plus faciles d onner c r moni elle m enl du f a it qu e l e c lim a t d Hati priv e le pa ys de lion s et d e l o p a rd s Le r e pas de s l oa es t a lor s p l u s si mple eL plu s compliqu ft l a f o i s En voici quelqu es exemples: L oa A -Za n : D a nbh a l a h W d o b a n a n es vertes, ri z blanc, glc nu x g l acs blanc s desser t s bla n cs, s ir op bhm c, d e l' ea u pure, H queurs lres d ouces, gira u mon i g n a m es, m a l a n gas ( tayo ) esse n ce d e ca nn elle a ni s toil va nille, v o l a ill e bla n c he c t c oul eur cannelle, des fruit s plut t s u c r es pro du i t s p a r des lia ries: asso r oss i ca leb assi. gre n adine ... f a rine d e m a s, f a r i n e de bl e. huil e d 'o live, huil e d e pa lm ac hri sti, g t ea u x d e t o u te sorte col a c ha m pa g n e (bo i sso n h a ti enne q u i re mpl ace h o m o ph o n i qu e m ent l es nOx de k ola qui sont l es attributs divi na toi res d u plu s grand de s m ys t res a fri cains: Apha ou Pha. d ont la co r r es p o nd a n ce gog r a phiqu e est Ifa o u Ife e t La Ville Aux Camps), fruits d ivers c h ampag ne, sir o p d 'o r gea l dans d es t asses blan c h es, p tis se rie d a n s des assie tt es b la n c h es, d u ca f s u c r, tres s u c r. un uf (plut t d e r ep til e) d a n s un e so u co upe bla n c h e dans l aquelle o n a m is d e l a f a rin e bla n c h e d u v in bla nc, d es d esserts d e p r f r e n ce blan cs o u cuits a u lait, d u lait t rs pur, d u sucre e n p oudre ... l e le so l eil es t p e r so n nifi .va r L.egba Bon du Bie n ). En r eprsent a n t a n a t o m i qu e m ent l a colonn e ver t bral e (qui lui

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    137 fait :limer kabbulistiqucmcnt l es os et l a mo e ll e). il rpo nd forcment l' os v ertebral dll oum 'pIlOT : l e po l eau-mitan ; il cOrl'espo nd a u ss i aux petits os magiq u es qui figurent les os des anctres l eu r sc ien ce. et la scie n ce reprsen t e pal' les vert bres de co uleuvr e qui garnissent l'usson avec l eq u e l le s h ou n 'ga n e t l es mam'b o d iri gent c r m o nie:). d a n ses e t c hur ri luel s. Legba o u son po leau est donc l a colon n e du oum' phor : b oa Ia-coll [cuvre, dont on prendra la co lon ne des autres temples. Bohas. Ce principe bois ou pri ncipe -B ollas du t emp l e voudoo es t co mp os n on seu l e ment d u poteau (le so leil ) mais a u ssi de l a loa voudoo qui le garde ma giquement : Ali Dan Tbo Loko, qui signifie exac t e m en t : Ali Loko : Essence Loko (arbre L o ko ). Dan : (rs idence de la ) co uleu v re ou des m ys t resa n clres. Ibo: com m e VerIJeCreaLeur ( Langage Voudoo ). dont voici le chant: Soleil 6 ,ttiDan I bo Lo/r:o Sol e il 6 Papa! Ou p as moune ici. Archange Ou s ti loin Soleil P apa Lo/w, ou pa s t vni pou ou reste r P ou rt ant, ou pa s capabe t raverser Soleil 6 Or. comme, dans l a t radition voud oo, L e gba Ali Bon est considr comme l e plus gntnd mdecin qui soit (le plu s gra n d magi cien), il aura parfoi s l e m m e arbre (atin) que Pap a 1.01.:0 A fi Dan: l e mdecinier bni. Son a nim a l a n a l ogique L oko sera donc l'a noUs cause de la f onction philologique de l a bte puisque l e m ys t re voudoo Le gba es t l e Verbe Magique: an (cy cle so l aire) e t holy (sacr) Le cycle sac r est le ca rrefour astral que l es deux extrmits de l a ligne ve rti ca le du vev ( page 101) r ep ro d ui sent so u s f orme de ce r cle crois En i ndiquant do n c l e mets ca rdi nal de Legba, l'an olis d u cycle sola ire in di qu e l a f ois l e Chri s t du crucifiemen t c'est pourquoi, dans l a Symbolog i e Vou dao, l a m embra ne las ti q u e qui es t sous la gor ge de l'animal et avec laquelle il se mbl e parler en l' tira n t circulairement passe pour symbolise r e t l e Verbe e t le So leil.

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    DEU XIEME PARTIE LES MYSTRES, LEURS SIGNIFICATIONS ET LA PHYSIONOMIE PRATIQUE DU VOUDOO

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    Le Panthon Voudoo Nous donn o n s une id e d u p anthon voudoo. ca l il es t imposs ible de citer t outes l es I oa d'autant plus que, chaque jour. l e sacerdoce africain en c r e d'autres qui procdent d e j'esprit d es initis d funts' Ati n-GbiNiMon-S (omnipo tence de Ati-G-B Le g ba ), Y Dan-Gb D an-Bha -L a h W D o ( Danbhalah Y-W ), Ai-D a W -D o (Ayidohw d o), l\Ia ou-Lihsah. Lihsah (Lihsa h Gba D ya) : L eg ba ( L e h Gb a d yu). L eg ba Ati-n B o n ( L eg ba Alibon ). Qubisou ( H viozo). Grande Ai-Zan ("). Assat Micho 1' 0 Kpo D auno u Vaudoun. A Dan Man Sih W -D o Aganman ( Cainan, Anoli s) Adya Halln t u (tambours Illo n t s se lon un systme d n omm G: dya l'. Agnou-Tonnerr. A gassoll-A llah D a. Erz uli e ( M atresse EI'ZlIlie. Grand e Erzulie ). Grande Fle urz on Ogou F e r O go u Bha Lin D yo. O go u Dha 'l'ha Lah. OgOli Shango. A golle h R Oyo. A zago n. (0) Comme l'OUI" AlJa prononcez Al-Zan.

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    Agoulll (Adoum Guidi). Aglaou Wc-Do. AgouehThn Dyo. Dgau Ashadeh (A Shah Deh ). Zocliman. Sim hi Y-An-Kitha. Sim hi y -An-D eh-Zo. Sim 'hi Y-An-Pha-Ca. Sim'hi Y-An, P o -Lah. Marassah-2. Marassah. Marassah-4. Avad r a n-Roi. Grande Alouba. Grande Aloumandya. Papa L o k o Azam blo Guidi. Al'oyo. D a n H wc-20. Boum' ba M aza ( f amille de ) oa). Lemba Fil Sabre. Saba. Bad. B a d -si h Cala H Olln'sou H oun' H oun's ih H oun'ga n. H oun'gu nico n. H a lln 'tO. Ti Gougoune. Gougoune Dan Leh. Qub i soll D a n Lch C m ). Can ga. Zin'ga. Lem'bha Zaou. M a n Imm l\f3dame Lah-Ou. La oca. La S ir n e ( Erzulie ). L a B a l ei n e ( ErzuIie), A n W c-Zoo Ogau Bha-Da-Gri. 142-

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    -)43 Zaou Pemba. Manman Pemba (un lambOlll' qui es t en mme temps un canon). O-Sou Mar. Mackandal. Silibo Vavo. Grande Sim'ba. Ti Kitha dmembr. Sim'ba Maza. A Dan Hi. Cousin Zaca. Zoo Zo Man Kil. Sophie Bad. Agaou Combl. B-Sou 3 cornes. Jakala. Danbhalah La Flambeau. Zinclin zain. Azaca 1 Ideh. Halln'noo'gono (le liell du son, personnifi par M atresse H ounoo'go n initie qui dirige le s crmonies). Ossangne. Ogau YAiTI-San. Gud Nouvavoll. Gued Mazaca. Gud L'QI'age. Gud 5 jours Malhemeux. Gud Ti .Puce lan d'l'eau. Zazi Boulonnin. Ogau Can-Cao N i Cano Criminel Pethro. Pin'ga Maza. Hoi Ou-Angole. Zntahi. Zantahi Mdeh. Ou-An li ( la mre du roi dahomen Tegbsou devenue un mystre). Ib o Sou-Aman. Bris Macaya. Bri s Pem'bha. Ogau Bacouleh. Nannan Bloukloll.

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    Ib o Kiki-Lih-b. Erzulie Taureau. Erzulie Frda. Erzulie G r ouge. Erzulie Mapian. T i Pierre Dantor. 'fi J ea n Ogou Ashadeh. 144 -Bossou Ashadeh (le r oi dahomen T eg b sou). As hadeh Bc. Dc Le gba. Linglessou. Marinette Bois. C hche Ti J eaD Pethro. J ea n Philippe Pethro. Gr ande Sobo. Adjinakou (le mystre l phant : AgaOlI l'pltant), Adahi (Adan-hi Laco ) K a di a Bossou. Baron La Croix Baron Cimetires. Baron Sa m edi. Grande Brigitte. Gud Ti Wava. Gud T i Pt. B o li Shah (famille de loa ) Danbhabh Grand-C h emin. Mademoiselle A n a i se. Mam'zelle C h a rl otte. j\ latr esse Mam'bo. Marassah Guinin. : Marassah Bois. Marassah Bord-de-Mer. Erzulie D osb as. Grande Allaba. Attiassoll Yangodor. Similor. Gud Z'clairs. Gud Nibhho. Gud Vi. L o k o Adan-hi-co.

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    Fig. 1 8. l-!ollll'gall snJuant Je mystcre Legb a Fig. 17. Taureau sacrifi c iel attach au poteau-mitan a\'ant te sa c rifi c e 10

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    ;"Iatrc Ka -Fu ( Legba l. Olishah. Ossau Gninmin. Grande Obatal nh. llayacou. Si m hi d'l'eau. Ibo L 'Asile. Ib o Can-Man. Malre Pem'bhn. Dan Pelhro. S ini ga l 145 -Ti J ean P ied-c h c h e ( pied sec). Ya B F er. Simalo ( n o m q u e Antoine Simon. prsi d ent d 'Haiti, suivant la tradition de la m o n a r c hie c1a h omenne de droit divin, donna so n cabri-Ioa). H oi Louanges. J ea n Zomhi. Captain Zombi. GlId B o n Pouss i r e de la Cl"Oix. B acosso ll. Gud D o ube. Gud Fatras. Gu d Ti C l os. Gu d D oc t eur Piqllres. Ag u H oi Linsou. Danbhalah Ta Can o Ami s i \Vda. Grande M i roiZ. Erzulie Houm b a. O go u Tonnerre (Baron Tonnerre). B lcoun. Caplaou P e m ba. Bds Pern 'ha. M a loul oll. i .... lavangou (famille de m ystres). Mitraille. Madame Trnvaux. Sidor Pem' h n ( r i te Colone l D a n P ethro). Fa-o u Dan-T. Ogou B aba (un gnral qui es t un cavalier m rite) lI-Iam'ho Ati-A-Soli.

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    -146-Gud Souffrant (Legba comme Chris t crucifi). Grand Boi s Adlade. Clairmsi n e Clairrn c illc Og a u B a li sre. Ib o Cass i o Madem o i se lle Florida. Papa H all n l o. Dame HOlln t Matre Cimetire. Brutus Jean (Ti Brutus). G n ral Jules .Ganmil. Gud R atalon (qui es t l e premier il creuser les t om b es ) Gu d Morp io n (qui pique la t erre pour Rablon). Cap t ain Debas, De chat, o u Dcb ard (le m ys t r e a mricain ) E sca li a Boum'ba. Tro i s f eu ill es. troi s raci n es Marinette Pie d s -.Gh c h es ( pieds secs). O gau Dan ,Pethro. Cit a. Zil a h Maya Tiaco u-Tiacou. Papa Pierre. Manman Di a m a nl. Mari eLoui se (une de s fa m e u x m ystres d es g u erres d e l Ind p endance). A ti-D anhi I b o Loko ( Accident Ib o L o k o). Tro i s carrefours Jean-Pierre P o n go u eh. Zo Fbnco P elhro. T o ro P elhro. Quita ([(itha) Kang a Pethro. R e in e Congo fra nc 6 000 hommes (Si mil o r sn n s doute). D razi ne. Dj o b o lo B oss ou. Sverine. Snrazine J ambe. E!"z u 1 i e-Sveri n e -Be Il eF cm m c. L a Belle V nus (Erzulie). Ogou P a l a mn.

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    Grande Bassine. Grande Dlai. Dame Tnaise. Dagoueh Dologouch. Mouch Pierre. Ti Pierre. Gros Pierre. Saba Quersou. e t c .. e t c llazou. Nantiou. Zan-Madone. el c .. cie .. 147 Le panth on voudoo est loin d'tre co m plet par ce tt e Iistc Un vol um e e n Lier de 1 00 pages suffirait peine fi. citer tout es les I oa qui le co mpo sen t en tenant compte de tout es les dformations t ymolog iqu es q u e l es sec t a teurs font journellement subir aux noms. Cela nous permet de dire que beaucoup de 10a paraissent bizarres par ce que leurs noms sont bizarres : il n'en est r ien, car la plupart de ces noms bizarres t e l s que T i Puce ['un d'l'eau, Ma demoiselle Florida Fl cu rizon o u Grande Flcllrizon, Gud S ouffrant, reprsentent de g r a n ds mystres cl assiques de l a trndition des deg r s divers qui onlleurs rai sons occultes pour se prsenter ai nsi. Voici un essn i de classificat ion de ces mystres par rite. Nous prenons l a prcaution de prv enir une nouvelle fois que cette classification es l forcment arbitraire; ca r, en toute c lnssificntion des mystres vou doo (et des m ystres en gnral) par riLes, es t spcieuse, du f ai t qu'un m ystre ap parLient gnralement au rite sur lequel il est servi -sauf, peut-tre, l es seul s my s t res d it s II: g u inin qui, t a n t traditi onnellement purs, refusent p l ut t de t ravailler sur n'impo rte quel rite et e ncore! Les Gud (loa de la mort, loa d es cimeti r es) qui ont des noms vaillan t s c'est-d i r e les nom s sous l esque l s justement se prsentent les g r a nd s myst r es classiques de la tradition lor squ'ils ne dsirent pas se m ontrer directement -figurent part, sans cla sse dfin ie, pou r l a bonne r aison que comme ils se pr sentent, pOlir la plupart, SOLIS des n oms d'emprunt (c noms vaillan t s ), il est difficile de l es classer clans un r it e bien dfini. Il es t vra i que l es grandes l oa classiq ues comme Ago ueh, Dan OueZo, Erzulie T oro, e u x-m m es, n e peuvent pns t r e rellement fixes dans tel ou t e l ri te, bien qu' on ait l'habitude d e proc d e r d e l a sorte. Les pratiques uni-

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    1 48 -verselles d e l a tradi tion semblen t pourtant nous l'int e rd i re. Prenons, pour nou s illu s t rer, un exemple : l es Da homens vont acheter ou prendre un mystre aux Fons; ils l'amn ent A b omey et le serf/ent sur le rite dan-/lOm qui es t l e rite da-houmill des bagui h atiens. C'est ainsi qu'on rencontre le m me mystre, so u s l e mme nom, da n s des rites diffrents .... LES RADA .. At Gbini Mon Se. Y Dan-Gb Danbhalah \Vdo. Danbhal a h Y-\V. Aida \Vdo ( Ayidahwdo ). Mawu-Lihsah. Lihsah Legba Ah ( n ) Bon. Qubisou ( H v i ozo). Grande Ai-Zan. Aizan Avlkth. Assalo. Adanmansih \Vda. Aganman, Canwn, Anolis. Adya Houn'lo. Agas so u Allada. M alresse et Grande Erzlliie. Fleurizon. Agoue h R Oyo. Agoueh 'l'ha Oyo. Sim'bi Yandehzo. Sim'bi Yanphaca. Sim'bi Yanpolah. les Maras sa h. Avad r a n -roi. L.oko Azamblo Guidi. Aroyo. Sobo. Bade. Badesi h Cala Houn'soll. Houn' Houn'sih. Houn'guni con

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    l loun'gan Houn t 149 -Gou gou n e Dnn L e h Qubisou D a n Leh. Ln Si r n e. La Baleine. A n Oue-Zo. Sili b o Va\'o. Grande Sim' ba. A D an-hi. Cou si n Zaca. Zoo Zo Man Jc. Sop hi e Bad. Agaon .comble. Zinclizin. Azaca Mdeh. Gud NOLl\,avou. Gud Mazaca. Zan Tha -hi. Zan 'l'h ah i ?lIdeh. O go u Bacouleh. E r z uli c Frda. Ti P iclTC Danto!'. Ti Jenn. Bc Lt!gbn. Ling lessou. Grande Saba. Adanh Loko. Baron L a Croix. Bnron C im eti. Baron Sam edi Grande BrigitLe. Damhhalah Grand Chemin. l \Iaitrcsse ?lln in'bo. i\[arassah Guinin. El'znlie D os-bas. Grande A ll a ba Gud Nibbho. Loco A Dan-hico. Matre I{a-Fu.

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    150Bayacou. Sim'bi d l'cau. Dan PeLhro. Roi Louange s. Gud Agu Roi Linsou. D ambhalah T Cano Amisi \Vda. Grande Mirai Z. B l co ll-n. Grand Bois Mgui Adlade. Cla il'me si ne Clairmeill e. Mademoiselle Florida. Papa Houn't. Dame Haun'L Captain D e ba s CIe mystre amricain}, Papa Pierre. \'Ianman Di atnnnt. Marie-Louise. Ali Dan-hi Ibo Loko. Erzulie S,'crine Belle-Femme. La Belle Vnus. Soho QlIcrsou. TOUS RITES, Assa16. Aganman, .caman. Adya Houn't6 Matresse el Grande Erzulie. Sim'bi d'l'eau. Sim'bi Yandehzo. Sim'bi Yanphaca. Sim 'hi Yanpolah l es Mar:lssah. Houn', Houn'sih. Haun'ga n. Houn'gucnicon. Houn't Qubisou Dan Leh. Grande Sim'ha.

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    151 Zoo Zo Man Ie. Danbhabh Grand .chemin. Matresse Mam'oo (Grande Ai-Zan). MaiLr e Ka-Fu. Papa Houn'la. Dame Houn'tu. RADA-DAHOMEY: A t Gbini Mon S. Y Dan Gbe. Ayido h wdo. Maou-Uhsah. Lihsah Gba Dya (Legba). L egba Atin Bon ( AdingbanL Qubisou. Ai-Zan. Sobo. Bad. A n Ou Zoo Sophig Bad. Erzulie Frda. Grand e Sobo. Zun-J\-Iadone. A D a n-hi Loko. Erzulie L a Belle Vnu s. RADA-NAGO-CONGO-DAHOMEY .. NAGO La Sirne ( Erzulie ). La Baleine ( Erzulie). Ogou Fer ( nago sec). Ogou Bha Lin Dyo ( n ago m o uill ). Ogou BhaThaLah (mix t e). Ogou Cha ngo ( nago pethro). AdoUlll Guidi. Lem b a Fil Sa bre (nago pethro). Ogou Bha Da Gri. Ossangne. Ogou Yamsun Cnago pethro).

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    PE1'HRO 152 Ogau Cancannican ( oago pethro). Ogau Bhacouleh ( nago rada). Ti Pierre Donta ( oago rada danlor) Ti Jean ( nago rada) B-Sou As h adeh ( naga dahomey ) Ashadeh Dco ( nago dahomey pelhro) BoIishah ( Bali Shah) Olishah ( Oli Shah) Grande O-Bhalhalnh. Bacossou. Ogou-Tonnerre ( oago pethro) Ogau Daba. Ogau Balisre ( OgOli Balisage). Gnral Jules .ea Dmil. Jean-Pierre Poungoueh. Ogoll Palama. Ogou Chango (pethro nago ) Sim'bi Y-An-Kitha. Lem'ba Fil Sabre (pelhro nago) Ti Gougoune. Lcm'ba Zaou (pelhro congo ) Zaotl Pern 'ha (pelhro co n go ) Manman Pem'ba (pelhro congo ) l\' lackandal. Sim'ba i\bza. Danbhalah La Flambeau. Linglinzin (pethro rada). OgOll Yamsan ( pethro nago ) Gud Mazaca (pethro rada) Gued L'Orage Zazi Boulonnn ( ou BOlllonmin ) OgOll Cancan ni cao. Criminel Pethro. Pin'ga Ma7.a (pelhro maza ) Brise Macaya. Brise Pem'ba. Erzulie Toro. Erzulie G roug e Erzulie Mapian.

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    DANTOR 153 Ashadeh Boco (pelhro naga dahomey). Boco Le g t a (pethro rada). Lingle sso u Ba ss in -sang (pethro rada) !\ I arinette Boi s -Ch c he. Marinette Lumin-di-f Ti Jean Pethro Jean-Philippe P e thro. Gud Bamn La Croix (pethro rada) G ud Ba ron cimeli (pelhro rada). Baron Samedi ( p elhro rada) Grande Brigitte ( p e thl'o rada). Similor. Gu d N ibbho ( peLhro rada). Ibo Gan-Man (pelhro ibo). Maitre Pern ha ( p elhro congo). Dan PeLhro. Ti Jean P ie d Chche. Simula. Jean Zombi. Captain Zombi. Gud Agu Hai Linsol! (pelhro rada). OgOll Tonnerre (pethro naga ) Bris Pem'ba ( pelhro z andor). M nloulou ( p cthl'o congo). Madame Trnvnux. Sidal" P e m 'ha ( p c th ro congo). Grnnd Dois I gu i (pethro rada). Escali Boum'ba (pethro bourn'ba) Trois feuill es, Troi s racines. 1\-l31'inetLe P ieds Chches (pelhro 7:3ndor ). O go u Dan Pethro ( n ago pelhro). Mm'ie L ouise (pethro rada) Trois Carrefours, Zo Flanco P ethro, Toro Pelhl'o. Kanga P eLhro 6.000 hommes. Dj o bolo Bosso u (pethro congo). Ti Pierre Dan-Tor.

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    [m'flA ZANDOR: IBO, CONGO -154-Ti Jean Dan-ToI' (Danlo ). Fa-ou Dan-Tor. Papa Pierre ( Dantor rada Daga ). Erzulie D a n Tor. Ti Kitha ,Dmembr. Quita. etc ... Bri s Pern'ha. Marinette Pieds Chches. etc ... Ibo Sou Aman. Tbo Kiki Lih B. Ibo L'A s ile. Ibo LI. Ibo Can-Man Ciba pelhl'o). Ibo Cossi Ciba cossi). e t c ... Sim'bi d 'l'eau. Grande Alouba. Grande Aloumandia. Can ga Zin'ga. L em'ba Za-ou (co ngo pethro). Man Inan. Madame Lah-Ou Luoen (le Le gba congo). Zaou P e m ba (co ngo pethro). Manillan P ern 'ha (congo pclhro) Hoi Ou-Angol e (co ngo aogoIa). Mara ssah Congo Bord-de-Mer. Maitr e Pem'ba (co ngo pelhro). Siniga l (co ngo s ngal ), Roi Lou a nges ( congo rada loan go). Caplaoll Pern'ba.

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    BOUM 'B.4 C A NGA GUED E 155 -1 l a loul oll (co ngo pelhro), S id a r P e m b a ( c o n go p ethro). Zil a h Maya. H e in e .co ngo fr a n c. D j o b olo (co ngo p elhro). B azoll (congo ango b fr a nc ) C imeti r e B ou m h a. E scalin Boum ba e t c ... Zoc limo. e tc ... Gu d L 'Orage. Gu d [) J ours M a l h eure ux. Gu d Ti Puce Lan d l e a u. Gud Ti W a w a o u T i OuaOue. Gud Ti Pt. G u d Vi (enfant de g u d s), Gu d B o n Pouss ire d e l a Croi x G ud Sa b a l a h Gud D oube. Gud F a t ras Gu d T i C l os. Gu d D oc teur Piqures. Gu d Souffrant. Gu d R a l a lon Gu d M o rpi o n e t c ... On a pu voir que quoique cl a ssa n t l es y u ed a part n o u s av o n s quand m m e cit p nrmi les R ada, ce u x qui p ortent un grand n OIll classique: Ba r on L a C r oix, Gud Ni bb ho ( N b o), BarOIl C imeti, GuCd il/ a z aca, B a r on Samedi Gud Nouvav Q u, .
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    156 On a p u voir e n co re que ce qu e n Olis avons avance au sujet de la diffi cult c fixer tel ou t e l m ys t re voudoo sur t e l ou lei rite est exact, pui s que la cl:lssifica lion ell e-m me ac c u s e beau c oup de myst res servis sur plu sieurs rites; exe mples: les m ys tre s l o u srit es ou les my s tres rada-da h o mey-na go-congo", (") ( ) Nous UVOllS rejet une classification rigide d es lo a comme celle, par exem ple, qui existe d uns J e "oud oo hatien, parce qu 'on p eut con tester leur caractere excl usif (le Pthro, d e Zan d o r de Congo, d'An mi n e, car, en principe, telle loa est ZlUU]U]' o u C O llgu puree lJu'e lle c:sl :servie le rite :uudor Oll :sur le rite congo. Celle conception r appelle les lignes que Frazer crit clans Les Origin es M ag iqu es de lu Royaut pour d truire l u diffren ce que certa ns myth ologues font entre .Tanus et Jupiter: 11: ... ces noms de d iv ini ts tant identiques en subs t a nce, mais. va ri ant de lorme scion l e dialecte de l a tribu spc ial e qui leu r ddiait un culte. Dans les commencements, quand les peupl ades taient trs voisines les unes d es autres, les d its n'auraient g u e r c diffr que de nom, c'es t --dire qu'il n'y aurait cu la que de pures vurianles nominales. Mais l a dispersi on graduelle d es tribus et l'isolement rci p ro qu e qui en rsulta p our elles fire nt s'accentuer des dh'er ge nc es lians l a r aon de concevoi r et d 'a dorer l es dieux que chaque tribu av a it r apports d e son ancienne patri e, si bien qu la lon gue, d es dissemblances d e mythe el d e c ulte t endirent il natre el finirent par transfo rme] en di s tin ct ion relle une distinction d 'a b ord toute nom inal e entre les divinits ... Il :l pu a in s i advenir qu e d identiques deit s, j adi s galement adores p al' des anctres co mmun s a\'ant l u di s p e r sion des tribus, aient t par la suite tellement deg ui ses par les effets ac cum u ls de diffren ces idiomatique s et qu'on n'ait pu reconnatre leur ide n tile originelle ct qu'on le s ail pl aces, 1 u n e cot d e l 'autre, comme d ivinites independantes ). Fraze r parle de c e qu i s'es t p ass parmi les peuplades grecques et italiennes; ma i s l e mme phnomene s'est forcment produit parmi le s tribus africaines: s i de la Grce l It alie, Zeus devient Jupiter Dianus p uis Janus, des rh'es de l'Afri que aux r i ves d Hati Heviozo se change d j en (jwJbie-soll Dan t ell

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    Valeur biosophique de la Tradition Voudoo D a n s l e but d'eclar e r l e profane sur l e r l e d e t ous ces m ys t r es, il s uffi t d e f ourni r qu e lque s i nt erpr t atio n s traditi onnelles r e l a tiv es a u x grand es 1 0 a f ondamentales du culte Voudoo p our m ontre r la f o rmid able i m portance es v o u do u n a i n s i que les raiso n s p our lesque ll es l'Ha tien les co n si d r e comme vitalcmenl i n se parabl es d e lui-m m e p a r rapport ce que f epre sente le m o l ( afrique ), SOlu 'ce d e ces mys t res: Si l ibo Vavotl o u S cibhlo Va" a u i\Ia r assah : D anbhalah O gOll F e r C : mzo : Myst re s Rada : Sirn bi y -An-Pha -Ca L es M ys t r es Nago O y o E rzulie :'t s a t o ilett e = L a Science l Om n i scie n ce la Pres ci e n ce. l e Sa int E s p r it de l'lnilialio n L e so leil co mm e r ge n ce m ag ique du ciel par l a naissan ce e t la ren a issan ce. H e l o u r de l a m a tire anima l e o u b o:,'sa l e ( n o n initie) :lll so l ei l p n r J 'initiati o n La Logique l.a Hai so n La Sagesse La Philosophi e L 'inte r c e ssio n Arme e t Intel ligente. L a puissan c e qui dirige la mati r e brute o u bossa lc ve r s l e solaire. Le s lo a d e l'lnte lli ge n ce. L a ClIlLlIr e Cos m ique. La r fl ex i o n vo l ontai r e e t consc i ente d e la mati r e initie dan s l'atmosphre l eve d es c o n s t ella ti o n s c l es t es par Erzulic -c es tiHlire par l e princ ipe d e l a V ie r ge p ri s e c omme miroir mag iqll e ( A go u e h Tha Oyo)

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    r\go u e h R D yo ; (iu d H oun'sou ; Qu b iso u D a n Leh ; Baya cou o u Bha Y a Chou Bh a-C a o u B a -Ca : Y ch-o u L es m ys t r es Mav a n go u : H oun'gan ; H oun'g u ni con : Oum'phor : 158L n vo l ont de se rd!IeMr mag i q ue m ent dan s les eaux rit u elles (Ago u e h Tho. D y o ) o u d a n s les a bm es r eprsents p a r le so cl e du p o teau -mita n L e so l du oum'phor e t l'asson. L a Vie r ge e t l'Enfan!. L a Lune e t l e S o le il. La jus ti c e supr m e o u la p ierre-tonnerr e du ba g ui : l a m orale cultuell e d es oum' pho r Tra v ail cos m ique du J our e t d e la Nuit (J -s-us). Scie n ce des T a li s m a n s o u T ls maliq ue v oudoo, r e p rsentant m agiquement l es 2 sace r doces cosmiques; BHA = Orient K A = O cc id ent S o l e il Lune H omme F emmc C L eg b a) (Erzulie) L es IDa VQu do o de la Ncromanc ie. L e ga r d ie n d es po u vo i rs m agiques du s o leil. L a p r i r e rituellc e t so n e O 'e t kabbali s tique : l a m is ri corde s t e llaire. L a ci t c l es t e. J rusal cTll. L e Z o d iaquc. L es 12 d e m eures k abba li stiques d 'ErzlI li e. L es portes d e Sio n Lc s secret s de la Lumi r e A stra le.

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    Le g ba ( Matr e Carrefour) .'lfrique : A ti-Dan I-B Loko : Gud Ni-b ou R Nibbho : -159 Sparation gomtrique de l a matire kabbali s tique (reprse nt e par l' ea u r itu elle) qui donne les possibilits magiques du phnomne visib le. ConcrtiSl.ltion ou centra lisation pratique des puissances disper ses de l'espace as tral. Utilisation gocentrique de l'atmosphre ste llaire La galaxie qu i r g it l e Saint-Esprit. Le sys t me spirit e et gomtrique du so l eil, reprsent par le m ys tre voudoo ;LEG BA ATI-BN ATI-DAN I-BO L-KO. L'arbre-principe. ;L'arbre du Dien et du M al. L e poteau-Mitan des pristyles voudoo. Le Christ r ess u scit. Le Soleil Levant. La ligne vertica l e du poteau-mitan. Le sace rdoce ol'iental voudoo Ces interprtations orthodoxes que, mal gr toute s les dforma ti o n s des formule s k a bbali s tiques d'origine (comme .4.ccident Ibo Lo/co pour A.ti-Bon ou A ti-Dan Ibo Loko ; Gud NibllO pour R a N-Ib6 qui s ignifie R = l e Maitre, I -b = de la pamle llesmatique, N -= p erdue) due s il. l'e s prit partic ulier des sectes e t des tribu s, le Voudoo reste ba s sur les grandes loa surnaturelles charges de reconduire l es corps matriel s dans les atmosphres su pri eures par l'initiation el par le rituel. De toute faon, ces s ignificat ions ont une t elle valeur qu'e lles prdominent universellement com m e loa. Il es t donc inuti l e d'essayer -malgr des dif frences notable s de concepts et d t ymo l ogie de sparer Congo d'An mine, Anmine de Pethro, ou Rada de Nago. Entre ces rites ou II: nation s de loa il n' y a plutt que des difTrences pratiques dans la manire d'ap pliquer la science de la magie; ca r ri e n de scienti fiqu e n e saurait se so us traire ces grandes l oa de h ase C'est ainsi que l es nations d'Afrique ( parce que l'Afrique occ ulte l a galaxie qui rgit le Saint-Espril), ont, c hacune, une sig nific a tion cache qui pri se voudoiquement est une universa lit scie ntifiqu e tribal elnent di ffr ente d'une autre universalit tribale. Cepen dant, si on lai sse le phm purement natiollal-scientifique ou tribal-scien tifi que pour joi n dre l e pla n puremenl eslhctique e l moral, l es diffrences s'a-

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    160 -verenl cerLaines entre les r it es. Exemple : le Rad a es t plu s m ora l en princip e que le Pethro. parce que le Rada es t Lraditionnelle m ent le rite par exce llen ce qui r git m o ral e m ent l e cie l sous la f or m e du m ys t re vou dao Ai-Zan A V l-[{Cth e h ; ce qui fait qu e le r ite R ada o u rite royal s'ex plique n o n se ulem ent par l 'image en toiles de ln cou l e uvr e vo udo o place au m i lieu el au sommet du ciel. mais par son n o m m me : D a = P yt hon. H = r oya l ("). Visiblement le s m ys t r es Ai-Da W -Do e t Da-nbhalah W-Do son t ses manife s L atio n s s up ri eures dans les oum'p h o r L es d i ffrence s thique s de l a p osiLio n rgente d e la co uleuvre D a-n se situent donc comme suit par rapport a u x rite s de b ase du voudoo : Rada : l'Etoile ou l'Ai t S up rieur. Nago : le M t a L Congo : l'Eau. Pethro : le Feu. Ibo; l e Verbe Min e o u An-Min e : l a Terr e P ourtant, chaque rite -ayant h rit de la tradition entire es t en lui m m e un sys tm e kabbalis liqu e comp let ; d e t elle sorte que chaque rite co n lienl donc, par lu i -m me, tauLes-l es s ignifications runies. avec la se ul e dif f rence que sa s i gnifi cation r v l e aux initi s son caract r e perso nnel et le temprament cos miqu e individu e l d e l a n atio n africaine qu'elle d s i g ne. En cla ssant par exe mpl e ces sig n ificalions r i tu liqu es par ordre d e mrite mor a l et p a r rapport l a lig n e verti ca l e d e l eur axe magiqu e qui est l e po teau d es p ri s t y l es v oic i ce qu'on o bti endrait sur le plan d e l'lvation mo rale ralise par la m agie vo udo es qu e : (') C'es t pour'Juoi d a n s l e c r ole parl a ujourd 'hui e n H a ti p ar les descen dant s des A fr ica ms de ln Tra ite, les gens de science el d'exprience s'appellent da-l' a-li, terme qui d coule de da ( c ouleuvre ) l' ( roi ou re ine) aU (Ati-Bon Legba).

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    Fi g. 20. Pl a t s i'l!nrnssnh. Fi g. Il). i\l n c outtc-il-Leg b n accroc h e il Ull de ses lll-bres reposoir s

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    magi e li e la uHli n dro ite o u Bonne M a gi c ( M ag ic llI a n c he) -)61 -magie de l a main ga u c h e o u ?'I auvaise M agic ( M agie Noire) 11

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    Le mode opratoir e Avec celte doumenta l ion, il ne m anque a u lecteur que le mode opra t o ire de la K a bbal e A fr icaine pour essayer de f :lire un \1: se rvice vo u doo No u s lui donnons donc la IIwniere d'oprer S i clle est comprime en nussi peu de mots que possi hle sn ns trop la d form er, c'es t que n o u s jugeons qu'i l faut e n magie voudoo com m e e n toute :l.lltl"e mngie moins de c h oses pour russir que l e vulgaire ne se l'imagine gn rnl eme nl. L'essentie l es t surtout d'uvoir bien com pri s ce que nous e n avons pu dire t ou t au long du livre. Dans celle synthse vritable epitom magique nous n'avo n s s ur t out nglig quc ce que les voudoisants appellent la prier!! dior : une intermina bl e lita nie, qui dbute par l'invocalio n de lous l es saints cath oliques de l 'glise romain e qu'on pcut ima giner et qui fin it pal" celle d'autant de loa voudoo dont l e houn'ga n peUL se rappeler l es noms C ) NOli S ave rtissons que, pour mieux b:Hir celle synthse, nous ne n o u s so m m es pas content des informations [ ccuei lli es des pl"flliquants hatien s el J e n oire dOClImentation vcue l oca lement; nous SOIllIllCS honntement re m on t aux sources africflines pures cl prcieu ses du culte voudoo quelque peli d formes pa r le c r o le antillais et ngliges pnr les bflUl1i Iwli e n s : le m o de oprat oire e n es t simplement rendu plus pur, p lu s net, et plus for t sans ces surcharges i nutil es issues, l e plu s souven t d e ncessi l s pe rsonnelles ou d'un manque de p r pnl'nL io n initiatique q u i p orLc il verse r dans l h t rodoxie une h trodoxie r egre ttabl e tous l es points de vue et que de vraient refuser d e pratiquer tous I cs h O lln'gan d'Hati. Noire dessein est encourag p:lI' l es nombr e ux bco qui aya n t gnrd l'hahilude heureuse d e s'abreuver il ses sources nulh entiques -disent, qu'eux, au moins, travaillen t avec un w;.wlI-(;/linin, L a l radilion-Gunin enseigne une c h ose que l'operateur ne doit pas pcr-(") Tcl est le vu de l a Tradition; mais en H :lti, la litanie comp rend de p r fren ce, les noms IO:l qui sont servies dans l a So(;it oi 1:1 prire cst dite,

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    -161$-. Ce fluide IIstral da sol esl le g/'O/ld agenl m(Jgique voudoo ; il s'ex prime donc par des signes kabbalistiques (vv) que les Ioa de ce t agent surhaturel comprenne nt immdiate m e nt. nuxquels elles se rendent, et, a u x quels e ll es o bissent. Le mode opratoire que nous donnuns ici quoique voudoo -a ce t im m e nse e t indisc utabl e avantage de s'accorder avec les modes divers d e l a Knhbale unive rselle avec, en p lu s la pos ie de s e s /Jeu ritu els j amais ga le encore pal' aucun e cole, l'exception d es sand IJaintings de la tradition dcs In d i e n s. f Bxgcse 1 1 Universelle d es signes de buse b ag uette m agi q ue. opraleur o u microcosme. llstral ou macrocosme. table o u cercle d'opr at i on. soit : 2 du \ 'oudoo Ilwgique : 3 4 Exgse des a ttri bu t s de synth se de la \l agie Voudoo appliques il leurs cu r a c tres universels: C r osse (sy nt hse de la croix c t du carrefour d e L eg b n), bt on l'oy:d d e Legba, sceptre des vve ou synthse d e l'assoll-(;lIinia, p o leau-milan parfait o u omnipotent.

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    164-Terre, so l o u socle du poteau ; socle d e l 'asson. socle du sceptre. C i e l ou somme t d e l'asson, du bidon, de l a crosse, du sceptre. Signe du houn'gan, V II ordina irem ent a l a b ase du potea u-mitan S igne de l'astral H uidique du sol. B ase ou socle du po t ea u -mita n com m e t able de s loa, table sainte synthse du ce rcl e operatoire LA MANIERE D 'OPEREH L e houn'ga n se signe. Le h oun'ga n dit o u non la pri r e dior XI ( n o n indispensable). Avec de l a farine qu'on a oriente comme il est di t plu s ba s : 1. -Tracer un dia gra mme kabbalis tiqu e d e synthse ( v v milo can) dont 'Voi c i un de s meill eurs exemples:

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    165 -L e tracer o u s u r l e s ol ;n'ec li e l n fari n e. o u sur une f e uille de papier blanc que l' o p rateur dpose sur sa ta bl e So uffl e r e n suite l e r es t e d e fa rme a u x quatre p oints cardi naux. partir d e sa p aume. S e s i g n e r ainsi: f ronl o u es t poitrine o u Ou es t paule ga u c h e o u Nord, paule droite ou Sud. e n di sant res pe c ti vement: Lins ah, Mawu V o vo-Lih-V Hwe (Sakpala Impuret). H v i o -Zo (K u .Ji : Puret). S i g n e r ai n s i l a terre: -12. D i r e d'une v o ix n ette, dcide el forle : ( 3 fois pour chaque Es prit) : p a r l es pouv o ir s d e Grand Matre : ATEGBINIMO;NSE ODANBHALAH WEDO DANGBE TAU-CAN ZO A-GLA YE-WE.

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    166 par le s pouvOirs de AIDA \VEDO. pnr les pouvoirs de TSILLAH \VEDO. par les pOUVOIrs de LOA-CAN LIB-CAN LEGBA ATl-BON qui je dis: ft K. Ecu-i\-f:il, Gba. k. dounon nou AI Pha. Vou doun Yk, hen-mi ace :t. Orienter un cierge, des allulllctles ; allumer le cierge: l e poser sur l u tnble ou dans l e cercle. Orienter de "eau de l a mme maniere : soit 3 1 APOLIHSAHGBADY fi. 1 Est 2 Ouest 3 Nord l 4 Sud 4 StH-YE 1'0 l\IENAN BQ DAN AHOUEN(;AN 2 3. Appeler les loh du Fil/ide 'J'erres/re en les citant chacune. 3 fois. et c n jetant 3 gouttes d'eau en Iri:lIlgle par terre: par les pouvoirs de LEGBA ATIBQN CATA-ROULQ (I{ether roulant) : par le s p o uvoirs de GBA ADU ; par le s pouvoirs de SEGBO LlHSAH : par les p ouvoirs de LOl{ .-\ Tl-ZO ; par les pouvoirs de AI-ZAN A VE.LEH KETHEH ; par les pouvoirs de KEVIOZO DAN LEH ; par l es pou voirs de S IM'DHI fAN-DE ZO I AN-P H A-CAN IAN-}UTHA par l es pouvoirs de MAITRE AGOUEH RO JO ; p:lr les pouvoirs de r-,' I AITHESSE ASEI-LIH FRE-DA DAN HOME TAUCAN MInOI-ZE ZAGAZA DAN-THOR ZAN-QOR KITHA-SEC IBO CONGO CAPLAOU PETHRO NA. GO FON FOULAH RADA NAGO ; par les pouvoirs de DAN WU-E-ZO ; pr" le s pouvoirs, de OGOU FER ; par' les' po\'oirs de OGU BHALIN'DIO ;

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    167 1>:"1 r les pouvoirs d e OGOU BHATHALAH IKI r [es pouvOIrs d e OGOU nHADAGRI ; pn r les I)OuvOii's d e Grande FLEUHIZON (FLEURI ZO) p:lr l es pouvoirs de BOHO-VI (les marassa) (l:lr les pouvoirs de Docleur PIQUHES ; par les pouvoirs de LEio.rBHA ZA-WU pal' les pom'oirs de ALOUMANDIA par les pouvoirs de tous [cs vOlldolll1 (de taules les lois) pai' les pouvoirs de la FOI l'ESPERANCE, et de la CHARITE, 4. Dposer ou phmter une pingle e n o r (qu'on a oriente) sur ou dans la t:lhl e, la pierre, le sol Olt le cercl e d'opration; y accrocher une chane e n fer ou en argent (qu'on :l oriente), Arroser (jcter de l'cau ) l e li e u d'opration en triang le, en disant' DOLOU BOYE BOCICE p our que la Terre ninsi llolluie comme Lumire Astrale, fasse la chai lle magique qui \ n produire le phnomne surnaturel : elle agit alors en li brant le volatil alchimique, dln d e raliser le ou les phnomnes qui lui sont dicts pnr la volont de l'oprateur." (n) L'opl':l t eul' nonce ses dsirs ou ses volonts: .. .. . .. .. .. .. c n terminanl par ceLLe formule supramagique ; KU DYO, ATEGBINIl\lONSE, LEGBA, AGOO DI PHA HWE, qui peut tre r emplace p:lr SILOE ...... A EILIH ...... AEI-LIH : ..... AEILlH : .... .. LAMMA .... SAH-BHA-K-THA-NI : tablis le circuit fluidique de ln trnnssubstanliation de pouvoir.

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    168 -5 Aider l a libration du q: vo latil e n vaporisant, avec sa bouche. J 'ea u dont o n boit 3 gor ges pour operer la t ranssubstantiation de manire comm u n i e lle. Parfumer l'en se mbl e de s f ac leurs op r a t oires pour aider d avantage e n core l a t ra n s m issio n d es pouvoirs. Henvoyer les loi s p a r ces m ots : YE-KE : e n se mbl e des lois. MARC H-ALLAH !!! : que la paix soit avec loi. KU 1\1 nHA-LAH DYA : retire-loi dans la Lumire

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    Recommandations 1. -.chaque fois que l'oprateur s'apprte tracer un diagramme (v ve ) kabbali s tique, il doit dire apres qu'il a oriente la matire qui doit servir faire le dessin: farine, encre, etc ... : Par pouvoir de la L o i LETEMAG Ngre Danhom toutes veve, Ngre Bhacouloll Thio-KAI{A ... II. Le s couleurs alli'ibu es traditionne llement aux lois les attirent magntiqu ement autant que l es mel s qu'elles pr frent. Les couleurs peuvent donc orner l e lie u o. se fait l invocation, pour aider le s lois raliser plu s facilement l a vo l onte mag ique de l'op ra teur. Exemples pour des cou l eurs bnfiques: O-Danbh a lah Jihwe-I e hwe : blanc lumineux ou soyeux Legba Atibon : blan c (p r frable ) et les 7 couleurs. Erznlih ( Azilih ) : blanc, bleu ( l'ouge viter), argent. Keviozo : noir, rouge blanc ( prfrable ). Sim'bbi : or. Ill. -De mme que l'operateur go le l'eau oriente dont il a jet une partie pour transsubstantie r le pouvoir divin, il peul activer et augmenter la transsubstantiation en gotant aux autres offrandes, goler mme au sa ng des ho s tie s animal es et avaler une partie des diagrammes au moment d e dposer l e sacrifice sur l e signe de la croix ou de J'enfouir des so us si cette croix a pu tre trace sur le sol: il m anduque a l o rs une petite portion du sacrifice pour la partager avec le s Invi si ble s e t il c reuse un trou ( cet instant preci s ou avant) o il l'enfouit e n r itrant sa volont. Cependant, avant d'y enfouir les sac rifices, il doit en faire le tour avec, .3 fois, en disant: 1 ) au nom de Bba 2) 3 ) au au nom de Dan nom de Lab

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    170 -dans chaque sens; c c qui v cul dire qu'il rait l e l our du tro u f ois en t out: 3 f o i s dan s un se n s, 3 f o i s d :\Ils l'autr e se n s. L es t o u rs ga u c h e s i g nifi ent qu'i! m o n Le il J'Or e nt d e l'op n.lli o ll prendre l es p o uvoir s e t l es gdces qu'il a requis; l e s t ours il d roi t e s i gnifi ent qu 'il r c \ 'icnt d e l'Ori ent ft l O c cid ent de l'op rati o n a v ec ces p o uvoi rs e l ces g r ces. Il e s t neccssnil' c qu' il fasse nccompng n e r l'hos t ie dans l'i nvisi bl e p a r que l ques pi c e s e m onna ie. L hosti e d oit lre tra d i ti onne ll e m ent consacr e (c r o i s i gnin) : 1. en l'arrosant e n c r oix aprs l a voi r oriente; 2 c n f aisant un e c r oix dessu s avec d e l:l f arine ; 3. e n d p osant dess u s 3 ta s d e manger en lrhln gle ; 4 e n ,'nl'l"o s:101 d e boi ss on s rituelles ; 5. e n l a fnisant mange r SUl' l es p ointscl s du vv

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    Appendice Le mage peut offrir d 'nutres hosties que l'eau. D a n s ce cas, il le s oriente. les fmppe 3 fois contre l a T erre il nourrir. dit K Ecumalc Gba ku dyo el, il ln fin de l' n o n c d e ses volonts, il l es enterre l o nu dbut de l'operation kabbalistique, il a s i g n la terre. L e vofatillibr pal' l'hoslintion sacrificielle correspond ft la colombe du SaintEspri l d escendue SLIl" o u dans la tte de l 'oprateur au m oment ail il j clle de l'eau : cell e descente du Sain t-E sprit se co nfond s ur n aturelle m ent avec la co llation m agi q ue des pouvoirs e t des grlces re qui ses de ce lui qui dtient l'Omni pot e n ce. L es o ffrand es qui sont fait es il l a T erre e n sus de l'ea u r pondent plutt a ux gots particuliers d e certai n s membres du p antho n des Invisibles. C'est ainsi que, pour meux b ire yen i r un Esprit, l e p rincip e es t d e l'attirer m agntiquement e n lui o ffrant, de pn! f l'e n ce ce qll'il aim e : vtements d ont i l peut mme s'habill e r qua nd il se prs ente aliments, c h ants, arm e boi s sons, parfums ce qui constitue l a cIlOne d'att r a ction m agn tiqu e D e m me. pour l e c ha sse r d'un lie u donn, le m age f a it exactement l e contraire: il produit les so n s l e s plu s di scordants qui soient. r pand l es p ir es odeurs, in s ulte l e M yst re, l e fr a pp e m m e e n l e co ngdiant avec force imprec[ltions, l inond e d 'eau pour lui donner froid au n o m de l E s prit-Saint. Les ph no m n es contra ir es d'allrndio n ou tle f asci nation e l d e rpulsion de l'Esprit s expliquent par l 'OMNIPOTENCE SYMPATHIQUE e l "Ol\.INI POTENCE ANTIPATHIQUE de ce qu'il ado r e ou dteste. L a tmnss ub s t a ntialion de pouvoir s surnature l s s'appelle pr ise d'a s so n eL corres pond la prise d asson. Au cas o l' oprateur ne dsire pas invq uer t outes l es lois du panth o n, mai s limit e r so n invocation il une seule loi. il se ser t se ul ement du d i agram-

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    , 172 -me de celle ci l a p l ace du diagram m e de la page .165 qu i est un diagramme milocan (loi s associes), e l parvenu (3), il cite trois f o i s le n o m de :Legba Atibon. pui s 3 foi s l e nom de la loi e n que stion sa n s se so ucier du nom des autres. Les pages s uivante s pr sentent 3 exe mple s d'invocations individuelle s. F ormule d'appel: Loi BRISE -En nom Papa Bris, Bri se Montagne, Craz l es os, Craz l es membres, Ngr e K assa Bambi Lab, Bila Congo, Bila Lou vemba. Aprs c' z'ordres Dan Pethro, Boun'da Cac h terre ct Ii chita, Zazi min-niD coi n'Da (c hio'da) Ima lolo Ngre Kiln b o i salay', Salam ma salay', N g r e K k Bran-k, Ngre Tale z Quittez. Di agramme

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    173 -Formule d'appel: Loi LlNGLE-SOU BASSIN-SANG. Au nom de Monsieur Linglessou Bas sin-sang, Ngre Rada Frda Danhom, Ngre 2 manires, Ngre Ba-Ka lan PAI{A Aprs c' z'ordres Dan .Pethro, Ngre 3 z il s !\1aza, Ngre Zazi Min-niu coin-Da hnalolo. Ngre KiIn'boi Salay', Salam ma Salay', Ngre K-k Bran-k. Diagramme' Ptlr P ouvoir Lingle sso u Guerre, Linglessou Tonnerre, Ngre en 2 caux, Ngre R ada Frda Danhom, Salamalkou ...

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    174 Formule d'appel : Loi SHvI'BHI. P a r p o u voi r Sim'bhi J a n D Z o, Si m 'bhi l a n PAKA P oun' go u c h Ng r e 3 l'oc h es 3 z'i l s li Maza, Sim'bha Z a nzou zi, Ngre E s c a lia Boum'bha, Kim' b o i Salay', Sa l a m ml! S alay', Ng r e K -k Bra n k l)iagmmlne P a r p o uv oir e t nu nom des 101 po i n t s K a-Fo u enr si K a f o u p as bnille p e r so nn e pns pren d K afu P m'b ha, K arou 3 M aza, J {a r o u L o u \'e m 'bIUl qu i comman d ez les 4 orients du mon d e, Salamal k oll ... ADDITIF: Dans l e c a s p articuli r e m ent imp o rt an t Ol! l e mage ofTre du sang eomme

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    [75-h os t ie il un I nvisib l e C), i l est pr f rable qu'il ajoute nu diagr a mm e qu e de cel In vis ibl e ce lui du mystre qui r git l e sa n g -car le m ys t r e qui r gi t l e sang es t l 'oppos complmentaire de L eg b a Ali-Bon ( L eg b a Ading b a n ), l' In visi bl e qu'on invoque le premier pour qu'il couvre lcs p ortes d u l1'u ide de la T erre. L e m ys t r e qui rgit l a circulation du sang corres p on d donc aux organe.'! gni taux fminins, p arce que l es rg l es :1> de l a fem m e sont occultes p a t l e sa n g e l march en t ka bb alisliq u c m ent sur l' a rgent; t a ndi s q ue L eg ba correspond co m p l m cnlairem enl a u x o r ganes gnitaux masclllins qui m a r c h ent ca bb a l is liqu ement sm 1'01'. D e t e ll e sorte que l pin g l e d'or sy mb olise l e m agic i e n da n s sa t oule puissance, et l a c h a ne d'argen t. l a m ag i e m m e d e l'opera ti on. A in si, l a c han e nrge n t est l a cha ne magique d e la Lumi r e 3s t rn le. Lcgb a donne. E rzulih prend. A l o r s q u e L eg b a rige l'h ostie 011 l n ral;e pour acco m plir la vo l o nt de l'o prateur, l e m ys t e r e qui regit l e S:ln g l ui es t d'ab ord u tile s in o n i ndi s pe n sable p arce qu e ce m ys t ere lui pe rmet m ieux cette r alisation en d i r i geant le sang de l'offrande dans les arcanes dll fl/lide t erres tr e so u s l e signe de la pl l re/ qui est so n attribu t. Ce mys t c r e q u i regit l e sa n g p eu t tOl//. C) Pour exemp l e, voic i dans l e ri t e P ellrro-Zazi Irais ma n i r es de luer Ull coq oncr t e n sacri ficc ; 1 ) L'oricntcr (lc p rscnter aux q u a trc p oin t s cardin a ux). L c fro ller a u potcau-mitan, ci r culaire m cn t. L'arroser d'alcool (ou de p trole). I. e avec de la fari n e. L ui dplumer le j abo t et en co ller le d uve t le socle d u p o t ellU, l;ur l e pot eau e t sur lel; us t e n s i les c r moniels, avec le sa n g de l a bt e p r l ev d e sa go r gc par cxlorsi on de l a l angue. L ui c r o i s igner la go r ge dplumc avcc de la farine, l'arroser d e liqui d e, l e p o SCE" u ne sccon d c sur les p o i nts-force du vve. L ui cou per la gorge H\cc un couleau, mais i l moiti pOUE" q uc l a bte respirc e ncore ct puisse gotel" aux gr:l i ns qu'on lui oll"re, puis lu i couper la gorge tout il fail. en rpandl"e le sa n g sur le p o t eau c t autour du pole au (a i nsi que sur la pince d e f e r qui peut a lors se trouver plant e ,lcvant l e m a is q u i l'es t pl us ordinairement d a n s l a cour, u u ce ntre d 'u n bl"asie r ), y coller l es pl u mes l gres du j abut a\'ec lc sung mme d e l a b t e, cl rpandre ensu it e ce s:ll1g par terre sur ln farine d u vve. Le poser par terre d 'oi! il sera ICI! pOllr lre cuit (on frappe l es btes sacrifies t r ois fois pu r l e n e avant d e les emport er)" 2) L u i donner il manger p:lr terre (1a hle esl l i b re de to u te a tt ache) pend unt
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    [76 C e mystre s 'appelle Erzulh On inv o qu e so n c oncours en l'app e lant 3 ou 6 fois sur ce diagramme rituel qui est un d e ses nombreux ecto pla s m es a straux : Le frotter au poteau circulaireme nt. Le r-arroser d'alcool. L e croisigner ave c le s liqueurs et les mets accompagnant l e sacrifice. P ose r le coq sur le s points-force du vv (diagramme rituel). Lui tordre le cou en lui f a is an! faire un mouli ne t : l e houn'gan tien! la bte par la tt e e t l a fait tourner jusqu' ce qu e la tte soit arrac h e ou pres que par la tors ion que r u ssi t le mou ve ment. 3 ) (sacrifice tu par l e myst re Ogou Balin'dio) : Le mystre y a et vient avec l a bte devan t l e p o teau mitnn ( l 'Est),

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    F ig. 2 1 Intereur d e oUIll'phor ; le p es t orn d e rlr:lpeaux, de dess ins kabbalistiques. d e pots-de-tte, d e c hromoli l ogr:lp hies ct il es t surmont e (il droite) d un trinng lc en lTIao nnel"ie. Le balean d'Agouch R Oyo es t peint sm le mur de ga u c h e. 12

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    177 Ce m ys t r e rgisseur d u san g sac rifi c i e l est l e d ix i m e s i g n e de l' a l phabe t oraculaire d es l ois (des Invis ibl es ) et il corres p ond a u l ever du so l ei l : l'AU ROR E. En i n voquant celle pUIssa nce i l f aut dire. pOl, r l a r e ndre b n fique; Par pou voi r M adame l n Lune L a B e ll e V nus a u n o m de f emme Bri llant So l eil, au n o m de M a d a m e Magi e qui p rc d L oso iVl ji (le m ys t re qui p r e nd l e diagramme e t la v o l o nt d u mage p o u r l es a p porte r au ci e l), :ltl n o m d e N g r esse Gba-D o u N g resse L o k o, Ng rcsse Yalade, Ngresse Lihsn h N g resse l'Arc e n-ciel M atresse Ago u eh-Tha -O y o. M atresse L a Sirne, Mai t resse L a Balein e en!" p o u voir E r z ulih Fraey j a D anho m Ng r esse Ima m o u L a d e Ngl'csse Fr d a Rada Con g o P ethro Nago Caplao u Ibho s e Frd a sih F rda, Li h Frda-sih F r d a e t l'Frda Lib hom d accord, Lih Can, N g resse Fla v oudoun' C isaO eur voud oun' Ngresse Thabo r M a n gnan Voud, N g resse Ci bracan .. Ng resse C ordo n B le u Ng resse Coquille D o r e, Ngresse l'Ocean. 11 fr o tt e l e c oq d ess u s Il lui c a sse l e cou Il lui casse p a tte s e t a il es e n l'o r i e ntant. 11 l ui arra c he ( p as t o u jo u rs) l a t te d u n c o up d e d e nt s, np r s l avoir fruit sur l e vv trac avec de l a f ari n e sur l e sol d u oum'pho r 11 l e jette s u r l e vvc, p a r terre, e t a rrose le ",c d e l i q ueu r s a l c oolises. R ema r que. Cer t ai n s b o un 'ga n c rois i g n c nt l e sa cl"lice a nim a l avan t d e l ui d o nn e r il ma n ge r D 'autres l e cl"Oisig n c nt aprs. 12

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    LE MODE OPRATOIRE (suite) LES OPRATIONS Une crmonie voudoo sur rite rada : le boul. zain ( Document a t i o n Odett e MENNESSON-RIGAUD ) ( ) Nous sommes ici d : lIls l e r it ue l voud uo t e l q u' il a t c amnag p r og r es si ve ment par des o um'ph o r excl u s ive ment hatien s

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    Un Boul-Zin (rite rada) Dan s lou s le s Houmfor s de la r g ion de porl-au-Prince e t d e l a Plaine il est d'usage d e faire un boul-zins Caille:. il intervalles plus o u moins loi gn s pour le s M ys tre s s ervis c'est-a-dire pour l eur donner une augmentation de puissanc e qui sera employe au b n fice de ceux pour qui le s zin s sont bnils Celle cr m o nie peul se f a ire chaque ann e l ors d 'un Service Gnral ou bie n t o u s le s trois, ci nq ou sept ans, par exemple. Dans d'autres parties d Hati cette cr moni e e s t totalem ent i g nore ( Nord, Nord-Ouest) Le ritue l peut diff rer avec l es Soci t s sur des points de dtail, o u s ui vant les L oas se rvis a u H oumfor. Les 4: zins ct sont de petite s c h a udi r es e n t c n e cuil e o u en font e ( celle s -ci pins petites que l es pre mi r es). L eur nom, vritable secre t est o uan zin Chaque rite a un zin qui lui est par ticu1ier. Le zin Rada est une poterie. de m me que le z i n Congo e t Ibo (sur p oint Rada ) Le zin Nago est en font e ou e n fer ainsi que le zin Peth'['o ; ce dernier es t un peu plu s petit e t porte gnralement 3 pieds h auts et grles. Rami se est M a mb o depui s de lon g u es annes. Son H oumfor. as sez impor. Lanl. cst s itu e n Plaine du Cul-deSa c. Au dbut du Service Gn ral qu'elle clbre tou s le s d e u x a n s, e ll e a coutume de fair e l e boul zin s Ca ille p our tous le s Loa s d e so n Houmfor. Elle invit e il cette occasion plu sieurs autres Socits qui se dra n gen t p arfois de fort loin pour venir l' assister dans ses devoir s. Parmi ces S oc its se trouve toujours celle du Houngan Norvilus, qui lui donna l'asso n autre f o i s. Il y a une g r a nd e a fflu e n ce dans l a cour d ep ui s la t ombe de la nuit. C'est un vaetvient in cessa nt, de s c h evaux s ont attachs en grand nombre prs de la barrire d entre. Des petites marchandes de fritures, de bonbons et

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    182 -de tremps C O ) on L inst a ll leurs SUI' des eventai r es bnls. Les grands arbres forment des masses sombres o scintillent e l la les petites lampes place s :lU pi ed des reposoirs. Les btiments li'npus du lI oumfo r on t t construits sur l cs indications des mystres dl! Ramisc ; ils s 'tendent nu centre cles c haum ires, habilations de hl famille e t d es c pititescaillcs ( ). Le peristyle est clair par cie petites hllnpes krosine runies en form e de lustre p endant de c hnqu e ct du p oteaumilan. Celui-ci vient d'tre peint el ses couleurs, brillantes cl vives, r p ondent il celles des dcorations murnles. Celles-ci en tourent une g r :mde inscription servant d' enseign e :\ la Socit: Socit l.a Fleur ce nous Sur unc lignc plus bas, le Ilom vail lanl ( nom lie travail) de Ramise, la : Soutinj Lad, Mambo Da Guinin l'. Plusieurs H ounguils et Mambos sont venus, amenant avec eux leurs houngunicons el hounsis, se lon la coutume. Tous ont dj pris place : 1 l'int rieur, sur le s chaises cl les bancs qui leur ont t rservs. L a crmonie dbute vers les 8 heures du soi r avec les chants d'ouverture habituels. Le s 3 Lambours Hmla sonL pla cs sur un des cts; derrire, tous les hounsis sont assis sur des bancs. Legba est s
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    -)83-cliqu e tant les H o un s i s, par co upl es, vcnaient s' in cliner d evant R o mi se d'a bord, puis devant c h a qu e personne d'un ce rta i n gra de avant de c. virer entre elles. t te contre t te. C h aq u e salut es t d iff rent s u ivant l e degr hi r:'ll"chique du membre d e la Socit auqu e l il s'adresse. La Mamb o r eo it I rois petites r v r e n ces failes chaque f ois par deux H ou n sis qui s'ag enouil l en t ens uite d evant elle pour baiser l a t erre; elle l es re l ve e ns e mble en leur prenant la m :lin e t e n les vir e r sur elles-m m es trois f o i s dans un mouvement trs gracieu x. L e P ri s t yle n'est alors qu'un tournoiement d e robes blanch es, puisque l e i es t cc soir, l'habille m ent d e r igueur ... Lorsque retentirent le s chants en l 'honneur du IDa Saba, la porte d u Ba gui fut ouverte ta deux battant s p our la so rtie de s drapea ux. Le chant rituel re tentit : Papa Sobo lan Hownfor, li mande d rap eaux. Drapeau ci-l, lou ... P flpa Sobo lan liolllnf o r li mand d rapeau m' lan o d rapeau-, lout ... Imm ediatement les H O llnn sis se m elle nt sur d eux rangs; la porte l argement o uv el'1e livr e pa ss:tg e deu x f emmes vtues d e l o n g u es r obes blan ches les pie d s nu s, port ant c h ac un e un s plendide drapeau il d ess in s pail l e t s el bro d s SUl' fond d e velours L a Pla ce l es co nduit, un lon g sa bre ; mci e n l a m ain. Ils sort ent pal' dos :t, e n sur eux-mmes. L a pl ace est un j e un e ga r o n grand e t min ce trs so uple, qui ava nc e se lon l' espce d e marc h e rituelle qui a l'air d 'tre d a n se c t qui es t coutumi r e n u x Lapl ace co ndui sant l es drapeaux. Le m o uvem e nt, aise, sa n s h eurts, sans -coups, part d es paul es pOlir atteindre l es ge nou x pli s e n cad e nce. Atte ntif ta. so n rle Laplace conduit l es deu x porteuses de drapeaux aut our du poteau'mitan ; pui s ta une allure qui d e l ente, s'acclre peu peu il va sa lu e r le s Lambours, sabre point, drapea ux pl oys et virevoltants. Il r evient m aintenant a u poteau-mitan qui es t sa lu of aux 4 faades ). Il baise le poteau troi s fois, avant d'entraine r es d eux H ounnsies parle-d rapeaux vers la M am bo. Celle-ci, asso n e t clochette e n In n in fait face a u g r o upe co mpo s du Lapla ce sab r e b as encadr des deux parleu ses d e drapeaux. Presq u e L o ute la l o n g u eu r du P ri s t y le l es sepa re. Ils s' in clinen t devnnt l a Mambo, trois fois, dans un e courte r vrence, genoux. l gre ment plis, corps rejet e n arrire, pendant que tintent l'a sso n e t l a clo c h ette s e co u s chaque sal ut. Dan s un e sorLe de figure de quadrille, un c h a n gement d e place s 'op re entr' e eux qu atre fois; de telle sorle que la Mambo est sa lu ee aux 4 p o int s cardinaux. Finalement L a pl ace s'ava n ce se ul, mel u n gen o u en terre prs d e la Mamb o qui il prese nt e le sabre tenu

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    -.184 -perpendiculairement, il baiser, landis que lui-mme baise l e sol. EUe le re l ve d'une m ain en lui faisant f ai re l es trois l ours rituels. La pre mi r e porte drapeau se d tache el par des voltes amples et g ra cie u ses fail passer so n drapeau de soie rouge et ble u paillete nu-de ss u s de l a tte d e Ra mi se. Par trois fois elle s'ava nce et r ec ule; e nfin par 3 l o n gs pa s ageno uills. elle presente le drapea u baiser, sur le b out de l a hampe, pendant qu' elle-m m e baise la t e rre. Elle est rel eve ainsi qu'i l e n a t pOUl' Laplace. Puis. s'ava n ce la seco nde porle-drapeau. Le mme c r monia l se reproduit d eva nt ch a que H o un gan el chaque l\f a mb o prsen t s. Final e m e nt. l o u s l es H o unn s i s sont appel s d'un gest.e l<'Irge ven ir ens e mbl e s'age n ouiller et bai se r sabre e t drap e aux. Aprcs plusieur s c hnnt s, troi s H o un gans sortent d u bagui, s avnncenl reculons as so n s e n mnin s. T o u s tro i s de m me t a ille, grands et minces, ils marc hent il pas lents; l es :lssons re tenti ssent co ntinu elle m ent; un e b o u gie a llum e es l t e nu e par l'un d 'e nt re e u x Ils donnen t l'impres s ion trs nette d'attire r d' ame ner e u x une c h ose I]u'on n e voit enco r e trop bie n une c h ose qui est l, dan s l' ombre et qui a b esoi n d e l a co mmune puis s ance d e ces Ir ois Houn g nns p our para tre Et voici qu e le Confian ce d bo u c h e SOliS l e Pristyl e ; ses vtem ents b lan cs di spamisse nl SO II S l es gra n ds co llier s d e COnlO, colIiel's multi co l ores, qu'il p orte nutour du COli, e n sautoirs, e n band o ulir es, s llr les bms, ma sse l o urd e et m ouvante I]ui j ette d es ccl a t s fro i ds de viv es co uleur s Ses y eu x sont clos; s a figure, r o nd e e t brune, re j ete en urrire, es t sa n s ex.pr essio n ; il c hancelle pal' le s Mystres: tourne, gire, t a n g ue, r evien t en arrire sur un s eul pied. Vasso n l appelle obsdant, l es chanis se font plu s vibl'3nts, cC'. lnt e nt e n fanfare Enfin il s'a vance p r s du poLeau mit an, l es c ollier s p esants oscillent a vec lui brui ssent, s' entrechoquent, l'homm e h eurte les assi s t a nt s, tr bu che, se mbl e prs de per dre l'quilibre acco mpli t de s g irati o n s im possihles i t ex.cute r e n L a t norm al. Le s troi s H o un gans l'ont men au centre du Pri s t yle, il t o mbe gen o ux, lourd eme nt. Ramise e t Norvilus se prparent l e dc h a rger d e s on fardeau bariol. D s qu e l es co lliers h o unj ver ne rep osent plus sur ses paules, il reprend co n science de lu im m e et, e n co r e tout tourdi, bai se l e so l et se r elve. L a pla ce e t l es porteuses de drapeaux s'agen o uilJent d evan t la Mambo qui leur pa sse agou essa n blan c et co llier personnels. Agouessans et colliers tra versent la poitrine en diagonale pour se croise r sur la poitrine et l e do s. Chaque collier est diffrent des autres, parce que dev ant tre fait aux cou l eurs des L oas et de s on propritaire, L es H o unn s i s l es uns apr s l es autres se so nt a g enouills e t ont reu leur

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    1 85 -parure rituelle. puis ont t rc l eves aprs avoi r b a i s l a t erre a u x p ie d s de l a M a mb o T o u s l es H ounnsis so n t d e n o u vea u e n r a n g prs d u p o t ea u-mitan L a n dis que re t e nti ss ent l es c h anls d e rasse mbl e m ent e t l es .. A b o bo! :t h a bitu e l s. U n C o nfi a n ce a p por l e l a M ambo une assie tt e blan c h e co nt e n ant de l a f a r i n e d e m a i s a u m ilieu d e l aquelle es t d p os un uf. Cette farin e doit se r v i r il t racer l e veve r D e l 'nutre m a in il lienl un e b o u gie allu m e e t un

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    186 pol c nu Llonl Hami se se se rt pour tracer lin cercle autour du polealHuit :1O ct Llne trane jusqu'il la porle du B ngu i Aprs :l,roir o ri ent rnssiette el ln bougie, qu'elle Lienl il deu x mains, cn p ronon a n t J in vocnLion ritue ll e e n l a n g age el c n l evant l es bl"n s d'un ges te t r s noble, Ra mi se se m e t en de,roil' de tracer l e "ever t a ndi s que sont e nvoys l es c h :m l s de circonst a nce: o Ve,,!! \lo riOl/n vil B ondi 0 o vliM H Oll/ln li. va l{ollnn lie Danbal{a OW'r l o J(oun1l' ti 1 A cc pt'cmicl' Y:mval oll ( 0 ) un seco nt! s uccde imm d iatement: o mi/on ver ... D an Ballafl DI/eddo.o. o miton vr ... Ahida Ollcddo ... 1,(I({a yc 0 miton ver ... Lada y ... L e dess in t rs compliqu, comporte le s symbo le s d e b eaucoup de M ys a u tour des 7 ce rcl es o seront dposes l es zins t out il l'heure. Il e m brasse ln pt'esque to t a lit de ln surface libre :lulom: du po t ea u -mitan. L e H oungan Nor\'il u s v ient aider Rmnise el tous deux continuenl leur t rnv: lil pendflnt qll e s'grnent l es c1w nt s d e vvers. U n e b o u g i e blanche, allume, est colle au pied du po l eau-mitan. L o r sque Je vver es l tennin, 7 petites c h n i ses de pa ill e sont poses d e vant l es empl:lce m ents reserv s aux zin s ; un chanl appel:1nt l es H ounn s i es Canzo est donn p n r la I !ounnguenico n. Elles se rend ent au djv Oll onl t prpClr es toutes l es c hoses qui seront n cessCli r es au b o ul zin s. L it, s u r des feuilles de m ombin-franc, une nClUe r eco uverte d 'un dmp blanc est dispose sur laque lle o n a p lac des pClque t s de bo ispin de feuilles de momhinfrnn c de laloguinin, des assi ettes d e faence blanc h e en n ombre gn l il celui des zins, accompagnees de couteaux, c uill e r s, fourchettes, ver res e l servi ettes immacules. D e l a farin e de froment, un grand coui (0') de farine de mas, une bout e ill e d'huile d'olives, une de liqueur, une de rhum, un coui de graines de mas el d'arn.chides grill es, un co ui de mas pil nn coui de m a ngers cru s hac h s ou mangcr-djio r un coui contenant l es acras-nagos 1) qui ont t pr p a r s a va n t la crmonie, e t une nssieUe d'ncassnn. Aulnnl de p o ul es que de zins hrider ( ) sont poses s ut l a n nlle : ce sonl h a b i tuellement de touL es jeunes b t es Enln, c t l es lin s des f lUlres se trouvent l es g ro s clo u s cie f e r f o r g qui serviront de tr pieds, l es zin s en terre cuite e t l e zin en fer pour l es Nago. Tous ces zins ont t croisigns ) a u cours d'une crmonie pralable. L a Mambo, asson el (') L e yanval ou est donc i c i un chant e t un e danse. ( ) M oit i de ca l ebasse. (''') Sauf pour le zin nago d ans l equ el o n n e c uit pus d e poule

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    187-c10c hctle en mnin, a pron o nc l es invocations ritu clles u u x MysL c res princi paux d e so n I-Ioumfor ; e ll e a consacre le s zin s en dessin ant sur l eurs pa roi s, a vec d e la craie, les vver s de ces Laa s. sa n s ou b lier l e vever d i t c miIocan qui est pour t ous les M ys t r es e n gnral. Sur le z in de fer n e peuv ent se tr ollver que des vvers na go. L es z in s de Lerre c u ite son t pou r l es vivants (zins ivnnlS) o u pour l es morts (zi n s morts). Il y en a d eux qui leur sont r servs ce soir : un pou r l es m orts d e la famille, un [lutre pour le s morts e n gnral. D e n ombreuses p e tit es croix so nt d essi n es tout autour tles symboles Irncs sur e t il l 'int ri eur d es zins Arrives dans l e djv, l es Hounn s i es s'agenouillent deux deu x cvnnl un H ounga n o u lin Confiance, qui leur remel. aprs avoir t o ri ent, ce qu'elles devronl parler. E ll es se r e l vent e n baisant la terre. L e cortge p e u il peu se forme. So n entre so u s le Pristy le voque un balleL pa r son ordon nance el sa b eaut. Laplace sabre e n main, o uvre le c hemin, t ournant trois f ois sur l e se uil suivant l e r ile, mouvement r p e t par t outes les Hounnsies. C'est un lent tournoiem e n t de rob es bl a n c h es qui mouto nnent dans l'ombre, t a ndis q u e les drapea u x d p loyes, agi L s, virevoltent nutour de la Mambo qui s'avan ce, I ll : lje s tu e u se, as so n e t clochetLe e n mai n Les trois H ounga n s la suivent de prs, te nant ln b o u gie allume et le p o t d'eau. L es L ambours r o nfl ent, ballent, se dchane nt. L es ehurs clatent, mais le tintemcnt d es lisso n s domine m alg r t o ut. D evant l es Hounnsics can zo, l e Confiance mar c h e reculons, t enant d es p o ul es dans chaque main e L l es ventai liant ( ) il grand s ges t es rythms Il danse d'une mnnire serpentine, prc d ant la HIe indienne des femmes pOI'tant c hacune un d es :lc c essoires rit uels Le s unes p arlent l es r ago t s de b ois pin d a n s le pan r e lev de le u r j u pc hl a n c h e, ou bien une brasse de rameaux d e m ombi n ; d'autres tien nent une b o u t e ille. une cru c h e co m me une ampho r e, d'aulres e ncore sont c harges d es norm es clous o u d es coui s qu' elles parlent sur la tte e t so uli ennenl d'un geste h armo ni e u x d u bras l ev D e grnnds p a niers d 'osier sont garnis d e tous l es autres obj e t s qui vonl tre n cessaires, Chaque zin est confi il une Hounnsie Ca nzo qui le porte prcieusem e nt. L es clwnt s f u se n t dans la nuit frac he, les L ambours r p ondent e t gro nd ent l 'unisso n. L a Mambo est parvenu e au pied du po t enumi tun, encadr e de s drap ea ux, escorte d e Laplace. Le Con f aunce fuit voltige r les pou l es de b us en hnut, linns un pa lp i tem enL d'ailes; il f ai t que lques p:1S, toujour s r ec ulon s, l a file des pOl't e u ses s'a va nce li son tOUl", mais ce n' t ait qu'une feintc, Par 3 fois, se l o n le v ieux l'le'!! Gu i nin l e cort ge d evra f ai r e l e simulacr e d'entre r, puis de r evenir SUi' ses p as, toujours e n faisant face il l a M a mbo Enfin les \'oici ( ) Il ag it e les htes, en l'a i r, c n to u s sens mal S plutt de h aut cn bns ct de b l s en h a ut.

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    188 -tous sous l e Peristyle l ente m ent, c hantant un ya nvnl o11 :t ; ils t ournent autour du palentl-mitan, e n dan sant d'une m a ni re tr s particulire. e n o n dulant. deux p as il d roi te, deux pas gau c he. La H o un gu n icon, dresse au pied du poteau-mitan se mbl e inspire ,c e n voyant ch:!.nL sm c hant. La plupart des Hounn s i es sont il demi c monts :t par l eurs Mystres e t ava n cent, yeux presque clos, c h :lnce lant t ournant a u t our du vve r prenant b ien ga rd e de ne p as l' e ffleurer. Les serva nt s qui vont brler les zins ont p r is place sur l es c h a i ses basses. Les porte u ses, les unes aprs l es autres, d'un m o u veme n t l enl. s'a ge n ouillent dcvnnL la Mambo et d posent l eur fardeau sur l e sol aprs l'a voir orient. Elles b aisent l a t erre, puis so n t releves p our continuer l eur r o n de m ys tique. A ct de chacun de s emp l acements ma rqus par un ce r c1c, un zin a l dpos 3vec t oul ce qui l e concerne ( ). Le s paquets de boi s -pin e t de m o mbin sont empils a u pied du P du p o l ca u ( ). La p r ire va co mm encer L es 7 H o ungan s et Mambo s q ui, l ou t l h eure, se r ont c h acun c h args de brler un zin, sont in s t alls sur l es petites chaises, asson!,; e n main. Toul autour d 'e ux, l a ronde s'es t immob ili se et les H oun n sis, en cercle, assises sur leurs l a l o n s o u sur des nattes, agenouil Mes ou il crope t o n s, n e form en t plu s qu'une mnsse b lanc hLr e e n ce r clant tro it emen t les d ess in s rituels tracs sur l e so l d e t erre battue. Ramise, t te b aisse, un e main sur l es yeux, commence la p ri re dnns un grand s i l ence ... Ce son l d'ab ord les prires catholiq u es, p u is l es ca ntiqu es p sa l m o dis d un e voix n as ill arde, eL l a prire vodoll commence. Le s Sinnd'ji s'grnent le s uns np rs l es autres, entreco u ps du rituel et bncinanl Liss adol Zo ... et Zo ... e t Zo ... donl l es sons fmissen t e n d croissant: fi ya Grand P ere Eternel, sinn dji6 e ... fi ya Grand P r e t ernel, sinn dji doco r akou ... fi !Ja Grand Pre. ternel, sinn nan min bon Dieu /10 sinn h an fi !Ja Ma/"{J .,sas Guinin, sinn dji ... fi ya Legba t1Itib on, sinn dji Tous l es noms des l\"lystres Guinn sont salus le s uns apr s l es autres dans un ordre immuable. Et tou j ours, il intervalles rythm s : Ap Lissagba g ui o u a n gan s ci Lissa dol Zo ... Lissa d o l Zo ... et Zo el Zo ... el Zo ... :) Elles H ounnsies rpo n dent: Zo ... Zo ... Zo ... Jo. (') Chaque lin por t e le uuer qui correspond au ueuer tr ac s ur le sol. L e v ver du Zn est il. l a cra ie. l'autre il. la f a rine. (") L e P du poteau e n est J e socle; il sert e n mme temps d' aute l car p e !>ignifie aulel.

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    -l89 -Lorsque vient le n om d'tm r-,I ys l r e parti culiremen t h ono r dans l e Houmfor, t o u s les H ounnsis son t t e nu s de ba iser l a t erre. Eonn l a prire .Gui niD proprement dite dbute. Les l on g u es psalmodies en langage sont entonnes par l a Mambo ; SOliS la conduite de l a Houn gunico n, les Hounn sis r pondent d'une voix clatante contras tant avec l e so n assou rdi de l a voix de Ramisc. Par instants. o n e ntend l e tint e ment d e l'a sson. qui vient se mler la m lo p e. Lon gte mp s, l o n gtemps les prieres en lan g age continuent. pui s c'es t le chant : Main yenvalou y en va, moin yenva, 0 cora n i y ... La prire est achev e, Rami se se l ve ai n si que toute l 'ass i stance : prenant une cruc he d'eau, la Mambo l l ve trs r e li gieusemen t pour J'ori e nter aux 4 p oin t s cardinaux en prononant J inv ocation ritu elle. Tous Jes Hounn sis se tournent avec e n se mbl e vers le c t sal u sans changer de place e t par un l ger pli e m ent des genoux, esqui ssenl le sa lut. U n e extra ordin a ir e n oblesse d'altitu de donne :1 ce t a ble a u une profo n de s i g nifi cation reli gie u se. La H ou n g u ni con a do nn l e chant obliga t oire a il/iguel o mayo fr e ... il/i guel 0 ella mayofr ... a Mayotre, Legba Alibon ... a Mayotr, Loco Atisou ... a il/ayotre Grande Allizan V l klC. a il/igu e l o, 0 1llayofr ... Le chant ac h ev, les Hounnsie s reprennent leur ronde aut our du poteaumitan, sous la directio n de Lapl ace et de s porteuses de dmpeaux. L e sens d e la Ronde es l parfoi s int e rverti. Tanl de tours sont donns dl'Oite et tant ga u c he. L es H oungans e l les Mambos sont ass i s il l eurs p l aces, une H ounnsie-Ca nzo agenouillce auprs d e chacun d'e u x p o u r l es a id er. Tous sont pi eds nus, se l o n l e riLuel Guinin. C h a qu e H ounga n verse de l'e au, du vin, du si rop des graines de m as, d'arachid es, de s parcelIes d e biscuit dans un verre qui e s t d p os : 1 c t d 'une petit e bou g ie. A ce moment re t entit l e chant : Ali plant j p o teau L egba plant i pot eau li .. .chaque H o ungan prend un d es troi s cl o u s d p oss prs de lui (aprs les avoir tous orient s) et J'enfonce dan s l e so l l'a ide d'une pi e rre dure. Le s trois clou s se r ont plac s de telle sorte qu' ils formeront un trpied d it pieds-7.in ou poteaux -z ins Ceu x c i sont re u s par un ges t e ri luel qui consis t e verser nu centre un peu du mlange contenu dans l e verre troi s fois (a prs l'avoir religieus e m ent o r ie nt ). La b ougie allume est place exacte ment au mili e u clu trpied. Tous ces gestes ont CLe faiLs si multa n ment par l es 7 H Ollngnns e t Mambos prs ents, devant les 7.ins. Cellxci sont alors dposs su r l eurs supports; se ul s les p ie d s nu s de s offic i ants

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    190 -peuvent tre employs pour m ellre les zins e n place. L es bois-pin sont pri s, p a r paquets d e sep t orentes, pu i s allum s il l a flamm e de la bougie. L es H o u n n sies t ournen t t oujours, presses l es un es derr ire l es autres, so u venl l es mains sur l es paules de celle qui precede, c hantant et balanant o u b ien lll:lrqU:lnt l e rythme par un c sor t e de march e rapid e cad e n ce, trs afr icni n e cI'aliure. L es chanis particuli e r s :i l .. eg b a se s u cc d ent s an s interruption. Un hoi s-pi n est remi s c h a qu e H ounnsie a u pa s sage. E t ln ro nde mag i que continue ... Les b : Honn e l s flamboynnt s f or m en t un c couro nn e l umineuse au-dessus des t t es noir es qui tournent de plus e n plus vi te. L'o d e ut' de r si n e dg:lge du pin emplit l e P r is t y le se m le il ce ll e des feuill es riLuell es : l es lueurs intermittentes, j e te s pal' ces dizaines e to rc h es improvises claircnt b izarrement il l'ento u!' : des yeux, des d ents, un coll i e r sont brusqucment sortis d e l'ombre, pour y rentrer tout aussitt. L es H ounns i es remellent m aintenant l es bois-pins ft ceux qui l es leur ava i ent donns Ap r s avoir l orients, il s sont g li sss sou s l es zins. Un pe u d'eau est verse dans c hacun des zins, a in si que d e l 'huile d'oli ve, du sirop, du vin e t s il s'agit de zin s vivants quelques grnins de sel. Ln H o un gunico n a lanc un nouveau c h ant : fI a Koklo a dni y, P apa [ .cgba yan ollezo 0 ail ol/ho ... l' C haque Houngan prc n d l a jeune poule lte, o u l e jeune co q qui se trouve prs dc lui, l' o r ien te, l e '" c roi sig n e l', lui donne quelques grain s de mas becque r puis l e sacrifie ('). C er!ni n es 1 f nmbos cassent l es nil es e t l es pattes e l fendent le bec de l'anim al pOUl' obtenir un peu de san g afin d e coller des plumes prises au jabo t SUI' l es 4 faades du zin. l\'lais b ea ucoup pr t e n d ent que le rituel ne l'ex i ge pas. L es bl es sont t u es p a r cou vir C ) selon le l'l e Guinin c'esl -dire que d 'un mouvement extr m e m ent ra pide l e cou est tordu e l l n tte arrach e Le s corp s sont r e m is il l a H ounns i e Canzo qui sert le zin ; pres t e m ent il s sont v i ds, plums, n ettoyes, flamb s, fendus, l avs avec des oran ges sr es. r endus aux h ounga n s e L aux M a m bos. Ceux-ci p:lssen t le corps d e hte :l u-dessus u z in, p ui s le par le plus salivent e n p lusieurs morceaux, qu'i l s mettenl cuire <.lans le z in. Pendant ce tem ps, d es plumes sont lies ensemble et form ent une sorte de b ouquet, o u de pinccnu, qui es t dpos 11 c t. II se r v ira plus t nl'd huiler l es zin s. Et t o ujour s l es Hounnsies t ournenl nulou r <.lu vve r ; l a l'Onde c h eve l e passe et repasse; certaines sont SOldes par l es Loas, tr buchent, c h n ncellent, mais e ntran es p al' le mouvement gnral clics con-(') Sauf pour le z i n nago. ( ') Les sacrifica teurs l eur t orden t le cou, en tenan t l e c orps d'une mai n l a tte de l'a utrc. Mais parfois, il s t ournent les btes viole m men l pour leur arraeher l a t te en l es tenant par le c ou d'une seule main.

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    1 9 1 tiouent l eur course san s penltc l eul" place. II es t du r es t e exceptionnel d e voir quelqu'uo possd pendan t celle partie d e la ceremon ie. L es Lamb ours battent avec rage, el l e ahan d u Honnlor (*) SUl' le Manman CO) s ente nd all milie u tles gmn de ment s. L'ogan C O' ) stride par in s t ants domne l e tumulte. Lorsque l a po ul e cst cuil e, l e HOlln ga n prpare un m lange d'huil e et d e vin muge dans un e assie U e b l anc h e puis il a pp e lle quelque s H ounnsies cn nzo auprs d e lui, s u ccessive m e nt, pOUl" tremper l a m a in d'abo r d l e m lnnge et p r endre e n su it e un m o r cenu de p ou let tlu f on d du z in Trois f ois, l e morceau est pos sur l es feuill es de m omhin avant d'y tre l a i ss. Lorsque l e dern ie r morceau est retir, d e l a farine de m a s pil est mise d a n s l e z in y es t bi e n brasse, a fin d e cuire dan s l:l. m m e eau que l es bte s Pour le zin Nago, l e commencement de 1:\ crmonie est exact e m ent sem bl a bl e celui des autres zins, mais aucun e poul e n'est tu e p our y tre c u ite. D es .4: acras Nago ont t p r p a r s il l'avan ce. Ce sont <.les bo ul e lies faites d e mais pil; avec l e mme crm o ni a l il s sont dposs e t r eLirs, une foi s c u i t s, p our tre mis dans un coui o u u ne assiette bl a n c h e. Lorsque hl b o uilli e de mais est de consistnn ce :lssez dure. I c H oungan ap pelle. nu passa ge. chnque H ounnsie eanzo ; cell e-ci s'agcnouille ct e d c l ui, trcmpe l a main d :lOs l e m l : lll ge d'huilc e l cie vi n puis prend, de l a mOllv ette l endue par l e H ounga n, tin peu de m a s b rl::m t qu'cli c oriente e n le pressant dans l a paume de m a ni r e hi e n f ormer la boul elte qui sera ensuite d pose SUI l es feuilles d e m ombi n La Hounnsie-Canzo se r e lVe apr s :Ivo i .. bais la lerre pour cdcr l a pl:l.ce une de ses surs; l e n o m r it u el es t II: atouto u Lorsqu'il n'y :1 p l u s de b oui lli e dans Ic zin ccl u i-e i es t descendu, aussi c h aud qu'il so il avec la plant e des p i c d s nus, poss de c h aque c t d e la po t e r ie. II en cs t d e m m e pOUl' l e zin en fer di t z i n Nago. Aucune prpamLio n s p ciale ne prserve ln peau d'une brlure qui n c se produit jamais! Pcndant t oute cette lon g u c parUe d e la c r monie, l es I-Iounnsies n'onl pas cess d c courir l es zin s tant t dans un sens, l nnl t dans lin autre so u s l a condui l c de Lnplnce s u ivi des po rteuses d e dmpeaux. Les chant s se s uccdent. san s inlcnuption ; t o u s appartienncnL a u rituel el correspondent il une phnse de l'adio n M'pr'al boul go zin {wllr I,oa .410uba, ma pr'ftl boute gv Z/fl Go zin r; go zin Don Ihill ah O/lcddo ... ( ) L e tambourinaire youdoo. ( ) Le t ambou r qui est appel MOI/InOIl, d es 3 tambours de l 'orchestl'c Rada. ("') L'instrument en for me d e cloc he apl atie qui es t fl'npp e nvec une bague tt e d e f e r

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    -192Par moment c'est un vritable mur, blanc ct m o uvant qui enferme les zins el leurs servant s. L e s Hounn sies so nl si nombreuses qu'clles avancent serres les une s contre l es autres, marquent l e pas lor sq u 'clles ne peuvent aller assez viLe. b o ndi ssen t dans unc cou r se sauvage ds que Laplace les entrane; I curs pieds nus f o ul ent le sol avec un bruit sourd, rythm, obsdant.... Les zins de scen du s de l eurs trpieds ont t graisss il l'aide des petits pinceaux de plumes ds que l a mouvelle a fini de racler la dernire par celle de mas, l'int r ieur. Bien endu it s d'huile d'olive, ils sont replacs, t oujours avec les pieds, sur les trois clous qui forment leur s upport. On verse encore un peu d'huile dans chacu n d'eux, e t de nouveaux morceaux de bois-pin sont glisses en-dessous pour o bt enir un feu ardent. Il faut attendre que les :dns prennent f e u grce il l'action des flamme s sur l'huile. Le s chants redoublent ; une sorte d'excitation s'empa re de l'assistance, elle augmente de minute en minute. Les Houn gans et les Mambos, levs, se sont carts legremenl ca r la chaleur d ev ient intense prs de ces petits brasiers; une place nette est faite autour de c ha cun d'eux. Les bois-pin brlent vivement au-desso u s des zins qui se dtachent l out noirs sur les flamm es fauves qui les lchent de partout. Houngans et M a mb os secouent leurs assons au-dc ssus e n prononant les paroles rituellcs. L es incantations se prol o ngent. Enfin un zin tout d'un coup s'embrase. c: A bobo! A bobo! C'est un entho usia sme gen ral, t ous l es H ounnsis se prcipitent genoux et b aisent l a terre en chantant : Go zin moiti a p prend di feu .... f l i bobo! Un, deux, troi s zins prenn ent fP,ll. On eteinl les lumires. Les flamme s clairent alors farou c hement le Pristyle ; la chaleur suffoque presque, mais impassibles H ou ngan s e t Mambos continuent l eur lravail. A b o bo t La r o nd e des Hounn sies t ourne de plus en plus v ite. mene par Laplace et les porteuses de drapeaux virant, ginmt, tournoyant. A bobo 1 De s Laas man Ient quelqu es femmcs qui trbuc h ent, chancellent, mai s continuent leur course. Un Houn gan de l'a ss istance s'appr oc h e et, avec l'asson et l a clochette, prononant le s paroles e n langage empc he que la possession ne soit complte. La H o un s ie bai se la terre, se r elve pniblement et. encore toute tourdie reprend sa place dans la ronde ... La Mambo, a id e de plusieurs Confiance, s'es t r endue au Houmfor. Elle revient tenant un govi ( ) habill dans chaque bras. Lentement elle se baisse et les passe l'un aprs l'autre dans l es flamme s. Puis c'esl le tour des autres (.) Poterie rituelle.

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    Fig. 22. '\'e (rncc SUI' cl :uJlour
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    -193-govis. de s pots cie t te, des co lli ers. des paqu e t s T o u s l es zin s de terre sont en f cu maintenant, les H ounnsies onL retir l es b ois-pin qui se tro uvaient sous l es t r p ie ds, et l es ;t.jn s ne brlenl plus que de leur propre feu p o t e ri es noircies couronnes d e flammes Les braises m mes qui parsemaient le sol, sont Cteinle s. Le xin Naga, qui n'a pas t ncH oye com me les aut res, re s te seul sa n s avoi r pris feu. L e H o ungan qui l e servait s'appr oc h e el agite H u-dessu s de l ui ]'asson e t la cloc h ette ; sa figure sombre s'claire a u x lueurs des autres brasiers, une expression d'inte n se co n centra tion se li t sur ses traits figs a l o r s qu 'il pronon ce l'in vocation m i -voix. Le zin Daga vient de p re n dre fcu il so n lour Le s H ounnsies se relvent aprs avoir bais l a terre el imm diate m enl des chants sont d o nns su r un r ylhme Nago. Les t nmbours baltent avec mge. 'fo lisha Legba m di ye ... a hi massah i lolo ... Sal u Nago y Salue Nago Ngue Na(lo lloyo r 4go T olisha sal lie Nago y Ham ise a rapidement p ass les g ovis e l aulres o bj e t s dans l es flammes d u zin Nago, puis elle prend un e b oulei lle de rhum e t en verse une notable purLie dans le zin. Immdialement u ne flamme si h a ul e e n j a illit qu'elle 'vien t lch e r l es poutre s du toit a vec une l u e u r blouissan te. Ramise foula h C O ) l e rhum aux 4 point s cardinaux. De s possessions ont lieu alors trs n om breus es : l es H ounnsis sont presqu e tou s poss d es. L es ye u x blouis par les foyers inc,mdescents dislinguent il peine les Loa s qui s'agit ent en t o u s sens ; l es un s dans en t un Nago frntique, car l es l ambours n'ont pas cess d e g ronder; l es aulr es roule nl sur l e so l avant d'tre rele vs par l'un o u l'aulre de s H ou ngan s ou Mambo s prs ents. Les om br es se p roj etLent s u r les m urs d e manire h a llu cinante. Cert a ines d es H ounns ie s baisent l es vever s les UliS aprs l es aulres ; d 'autres s'empressent autour de Ram ise qui es l p oss d e par Ogou Bad agri ; d'autres encore d a n se nt, lout e n hmla n t l es chants Nag o qu'en l o nn e la H oung u ni co n deb out prs tles tambouriers : E, filei Wei e ,. Jean-Paul 1WgU ,. ya ye U/;:i, liki e ... Ogou C h alode ... Uki liki 0, 0 Nago ya ; Ogou Ashade D s que l'ord re esl un p eu rev e nu l es La as partis, l a Mamb o donne l e sig nal d e passer la main g auche el le pie d gau c h e da n s les dernires flam m es des zin s. Cela s'appelle le D csso unin Tous l es zin s ayant fini de brt'll e r sont descen du s comme pl'c detumenl avec l es pied s nu s. puis les clous son t a n ac h s, t ous les accessoires r a m aslis pnr des .confian ce o u d es H ou nn sies diligentes. Les m a ngers son l spars .ceu x p r ove n a nt de zins vivnnls : pou l e s b o ulette s de mas, (') Vapo r ise J e rhum uvec 1 3 houche. I3

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    194 ::Icras nago, sonl spar s entre les m embres de l n Socit. Cc qui a t c uit d a n s l es zins m or ts est mi s de ct dans un couL Tous l es d b ris, feuil l es de m o mb i n braises tei nte s, bois-pin calcin, plumes, c r asses, gn rale m ent quelconque. sont assembls. L 'e mpl ace m ent du '" z in mort es t soi g n eusemen t ncttoy parce que c 'es t l que le trou sera creuse. Les zin s vivants son t plac s au reposoir de Legba : il la barrire, e l l e zin nago es t renlr au Ba g ui. Un vver trs simple es t trac, sur l'emplacement n e tt oy, l'aid e de fa rne d e mas pil. C'est une circonf r e n ce qui s' inscrit dans le s limites d'une croix. Un homme s'avance, muni d'une pince longue barre de fcr pointue dont il va se servir pour fouiller J e trou il l'intrieur de ce ll e circonfrence croi se. La terre es t r e jete nu fur e t mesure sur l es cts. Lorsque l e trou est assez profond, il est f: croisign 3vec d e la farine ; de l'e a u y es t jete e n t r ois fois ('), ainsi que de l a liqueur, du clairin. On 3p porle le manger qui doit tre enterr, bien envelopp dans une des serviettes bl a nches (ce lle qui a l employe au service du zin m ort). Le paquet est dpos a u fond du trou, sur le s feuilles d e mombin. L es zin s m o rt s sonl casss avec un de s clous, l es dbris r etombent dans le trou ainsi que ce u x d u verre et de l 'ass iette. Enfm l a m o u ve tt e e t t outes l es balayures rasse mb les so nllinalemenl mi ses dans la cavit. L es H ou nn sies fon t cercle aulour, s'age n o u i llent, p u is, toules ensemble, elles rejetLenl l a terre l 'intrieur pour l n co mbler Lorsque le travail es t termin elles se redressent e t forment une ron d e a u -dess u s du trou, en se tenant par l es pau l es. Du pied ga u c he, auquel elles imprim en t un m ouve m ent balanc j'arr ire en avant, elles pilen t b terre pour niveler l'emplace m ent. Un c h ant de rythme particulier es t donn :t ce moment: Dia nil DiaDia k kit k k dia! Dia rli dia! Gad Nibo Dia k "e, k k dia Baron Samed i Dia Ir ke, Ir k dia! Ces so n s sau vages, m arte l s, obsdants, cadencen t l es frappem en t s d e pieds nu s sur la t erre. Bienlt des Guds possden t les H ounnsies. Le s voici tous: Gud N ibo, Gud NOllvavou, Gud H ounSo u Gud Tiouaou ..... Sans interrompre l e mouvement, ils cun tinu en t piler avec les autres. Tous ce ux qui sont l sonl monts Le s Gu d s s e m e ttenl sur deux rangs, vis--vis, e t se tenant toujours par les p aules, frap p en t l a plante du pied gauc he en scandant l e Dia kk dia :t dia. rsonnent en temps forl pour sca nder l e martlement du pied. Lorsqu e l a terre fi t dmenl galise, H nm i sc l race llll vve r sur l e trou (0) Des g r aines tic mas, de pi stache, cie ...

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    196 -b o u c h il l a i d e de farin e d e mas pil, e t e lle pl a c e a u centre du d ess in une bougie allume, a c L d e "assi eLte dite .. d 'adorat io n Le s uns et les a utres vi ennent y d pose r une obol e C e ll e -ci servira il faire d es charit s le l endemain. P e u il p e u le s GlU! d s sont partis. apres a voir dans quelques b andas el ("). La c r m oni e tant t ermine, il r este l'clirer l e s collier s des Hounn s i s-ca nzo. T o u s g en oux, leurs c olli e r s l eur sont enlevs avec le m me c r m onial que l'o n avait emplo y p OUl' le s l eur d onne r Mai s c elui qui cst c h a rg de l es emp orte r au Bagui, le fait ass e z s impl e m e nl. L es drap ea u x doivent tre rentrs au H o umfal'. La Mamb o es t de n o uv eau salue. Ir es ritue ll e m ent, a u x 4-p oints c a rd inaux, pui s r e t entit l e 0 G o li y, goli !J o u a P odra peall, g oli !J o G olimin goli !J oua goli !J Olla 0 P odra pea u ... o P o d rap cml / Po dra peau b a n moin l a n m a in p o u m l e v! o G o li y olla, goli y OlW 0 P o -dr a p ea u ... Ce chant d 'allure trs vi ve a c compagne Laplace et l es d e u x p orte u ses d e drilp eaux qui f ont le t o u r du p o t eau-mita n, e n virant, t ournant, d a n sant, virevo ltnnl, maintes e t m ainles f ois, lanl p a r la d roi t e que pa r l a ga u c h e. L es dra p ea u x se d pl o i ent, claquent au vent d e l u course e t a u x b o ndisse m e n ts d es H o u n n sies ; l es paill ettes j e Uent d es l ueurs brillantes qui r pon dent il. l' cl air bre f d e la lame a i guis e du sabre Enfin L a place d 'un s i g ne fait d g a ge r l e chemin; o n o u vre le s portes du Ba gui e t il s'l a n ce sabre en avant, l es dra pe a u x l e suivant d'un m m e l a n. Ce n t ait qu'une f einte; trois fo is. il d o it r evenir d e v ant l e se uil a v ant de l e fran chir, e n virant sur lui m me p our entre r \t p a r dos L es p arles sont immdiate m ent refermes derri re e u x L'a ub e v n b ienl t paratre, mais so u s l e P ri s t y l e on continue d a n ser, car l o u s l es M ys t r es doi vent tre salus avant que l'on puiss e teindre l es lumi re s ... (') D a n ses d e p r edi l e c tio n d e s G u d s (Les Gu d es sont les l oas d es c imeti res )

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    Les effets pratiques de la magie Voudoo comme mdecine rituelle ( D o c u mentation O de tt e MENNE SSON RIG AUD). O n v i cnt d'amener a u I-IOllmfo l' u n h omme dont l e c a s es t con si d r c omme trs g ra ve. C' e s t un p aysa n de la G nmde Plain e du C ul de Sac, de s itu a tion assez ais e et qui v ient so uv ent ln capit a l e pour l e r g l e m ent d e ses aff a ire s JI e s t fig d' un e tre ntain e d' a nn es, b ie n co n s t i tue; il d o nn e l'impres s i o n d 'avoi r t a b attu e n p l e in e sant pnr une m a ladi e auss i soudaine qu e vio l ente. D s l e dbut. s n f a m ille s'inquita l es sympt m es f a i sant craindre qu e lqu 'interv ention surnaturelle. Un parent se rendit c h e z un H o ungan du voi s in age p our y f a ire un e 4" v i siLe $ D a n s l e l a y (" ) les c artes r v l rent qu e d es m orts a v a ient t ex p dis sur le malheureux e t qu'il a v ait t donn Baron S a medi Mait r e d es Cim e ti re s Il f alla H agi r d e t oute urgence pour l'empcher d e mourir. Apr s s tre co n certs l es m embres d e l a famill e d ci d r ent de d em a nd er Miraci a M ambo tabli e il La Saline, s i elle accepterait d e tra it e r l e p a u v r e diable. l\Iiracia, apr s avoir en t endu la r e qute s'e n r f ra il ses Mys t r es e t t out particulirement Bris, grand Che f Tra vail d e so n Houmfor .ce d ernier, co n sulL. pro m i t d e l e traiL e r Aprs a v oit jeL s e s co quill es dan s le lay, M i r a ci a indiqua qu e ce n 'ta H p as un, mais 3 m orts qui a vai ent t ex p d is e l e lle f ournit plu s i eurs autres r e n se i g n e m ents c o mpl m entaires L a f a mill e s tant entendue avec la M a mb o au s uj e t du traite m ent qui allait tre fait l e m a lad e devait tre ame n au Houmfo r car il allait mou ri r s i r ie n n' tait t ent pour l e dlivrer ( 0 ) C orbeille plat e o rdinairem ent de 3 0 il 35 c e ntim tres d e l a r geur a u p lus j ell e e s t faite d e p eau de bam bou pluc h ,.

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    -J98-Ce lundi soir, il es t couc h SUl' unc natte tendue SUl' le sol du Pristyle, au dos du poteau-mitan. Il pnral vraiment trs presque incons c ient. Il ne parle pas, ne bouge pas, ct il sembl e d'une f aib le sse extrme. Depui s quinze jours il n'a pas mang. ( L e comportement d e quelqu'un sur qui de.' morts 01lt ele expdis, difTr e notablement suivant l e car,lctre de ces morts). La famille a apport tout c c qui est ncessaire la crmonie qui va se drouler, selon les indications donnes p:lr la Mambo. Dans la Caille-Gucd ( 0), un vever a t trac Sil\' le sol avec de l a cend re c t du marc d e caf. Il r eprsente le schma d'un cercueil, avec le s poignes sur les cts. Les mesures du malade ont t prises :lupara,'ant l'aide d'une cordelette laquelle des nuds ont t fait s. Deux vieilles nattes trs minces son t orientes puis dposes sur le vver de manire le recouvrir. Elles sont croi sig nees .. avec de la cendre. Sur une labl e sont prpars 3 petits cou i s contenant un mlange de ne s d e mas e t (j'arachides boucanes. Au milieu de chacun d'eux est fich e une petite chandelle. L'une es t blanc h e, la seconde jaune et l a dernire I"e. Prs des couis se t.-ouvcnt une bouteill e de kimangQ (0') enveloppc dc flnnelle rouge et une boute illc tle clnirin. Sous ln tablc un grand coui et deux ga melles contiennent un bain nointre qui co nti ent entre autres ingrdients d u lIe l de buf. donne l'ordre d'amcncr le malade; tous ceux qui a ll.-ont il s'oc cuper de lui quitteront leurs vtcm ents pour les remeLLre l'envers. C'est une prcaution absolument ncessaire. 11 sembl e que les morts aicnl quelque intuition de ce qui va tre fait pour l es chasser. Au momcnt ou on vient chercher le maladc, un de ccs mort s parle par sa bouche el dclarc qu'on pcut bicn faire t out ce qu'on voudra, il ne s'en ira pas ... On n'arrivera pa s le chasscr ; il sera l e plus fort! Ceu.x qui sont prs dc lui rpondent qu'o n vcrra bicn celui qui sera l e plus fort! C'est pnibl ement qu'on lve le pauvre garon, en le sout e n ant par l e dessous des bras On le porte presque, tant sa faiblesse es t extrme. De temps e n temps, on entend l a voix d'un dc s maris g rommeler ou dfier l a Mambo ... Vtu d'une longue c hemise de nuit blanche, t out dfaillant, le malade penetre e nfin dans la Cai lle-Gu d On le conche sur l cs nattes qu i recouvrent le v\'er. Sa tte r epose sur unc grosse pi c rrc. justc sous la gi'an de c roix dc bois noir. On lui r ctire sa chcmise pour l e laisser en cale on blanc. Plus un mot ne sort de scs lvlCS. Ses yc tix sont ferms, ou bicn cn tr'ouverts e t totalcment inexpressifs ... Unc t oile hlanche es t dispose en (') Petite maison ou c h ambre r serve au mys t re voudoo Guede. ( ) Boisson ritu elle, trs forte, base d'al coo l utilise plutt dans le r it e Pethro Sa com position varie suivant les loa pour l esquelles elle est faite.

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    199 .. o u m e ntonn i re, e t nllach e, comme p our le s m orts. SUI' l e so mm e t du crfl ne. U n e : lUlr e b a nde, droite allac h e ensemble l es d e u x g ro s o r t eils pla cs c l e c te. L es b ras son t t e nu s nllo n gs l e l o n g du corps, l es p a um es t ournes e n J'air. L e cor p s e nli e r est c ro is i g n avec d e l n cendre. Les petit s conis d ont les c h a n delles ont t a llum e s, sont placs un chaque p n ul e et l e d ernie r aux p ie d s. D a n s un c o ui r empli de rOl' o li ( 0 ) hn l cnL d e l' e ncen s e l d e l'riss:! f Lida. La pierre bruntre apparte n ant il Bris ( H ) est dpose dans son assictle blanc h e pres de l a tte du patient D a n s celle petite p i c e q ui es t la Caill eGu d e, c'est L out jus t e s i une di zain e d e p e r so nn es peuvent t e n i r l out l e c entre t ant o cc up par l h omme t e ndu U n v i e u x f a n a l es t acc r oc h au mur, t a ndi s qu' une g r osse c h an delle, place s u r l e P qui sert de b ase l a c r oix, dis p e n se une lumi r e fu m e n se e t t ro ub l e D es o bj e t s h tro clit es p oss sur ce P de m no nneri e se d i sti n g u e nt d a n s la p no mbr e d'autres f o rm ent un e masse compac t e e t n o ire. D es p ierres huiles lu isent f a ibl e m ent dan s un e a ssiette, un e ra n ge de bout e ill es n ccroc h ent d e t e m ps e n t e mp s u n clat d e lumi re, des co u is sont poss ici e t El, dco rs d es aUrihuts div e r s npparte n ant a u x Baron s et aux Gll/s ( ). Voi ci la c r oix, l e c r n e et l es tib ias entrec r o i ss, l es p e lle s, p ioc h es e t piqu es des f ossoyeurs peints en blan c sur f on d no i r a vec qu e lqu es t o u c hes gr ises ou mauves A u mur pend ent de v iei lle s defr o qu es qu e re v t ent l es Gud es l o r s qu 'ils mon l ent l eurs chouul s Un g r o t es qu e c h a p ea u hautd e -form e t o ut caboss, es t p os d e g uingoi s S UI une tabl e f i c t d'un ciga re. U n e courte pri r e ca th o liqu e es t dite p a r l a M ambo, pui s certa in es pri r es d o nnes s p cia l e m ent pour ce trav ail (comme celle de S t E xpdit). Mir a d a co mm e n ce t o uj ours p a r l es m mes parol es ; En. n o m Die u l e P re, Die u l e Fil s e t Die u l e S t E s p ri t e n n o m M a ri e e n n o m J s u s, en n o m tou s l es S aint s, to u s le s M orts ... Mira c ia t ermine e n d e m a n dant ft t o u s l es M ys l r es de ven i r l'assi s t e r c e soi r a v ec p e rm issio n B o ndi afin de lui per m ettre d e r u ss ir ce qu'e lle va entrepre n d r e T o u s le s Djo h ouns (' ,. ) ayant t app e l s a in si. un e invocati o n p a rticuli r e es t dite e n langage ft l a d r esse d e certa in s d 'entre e u x p l u s di rect e m ent :lssoc i s ce qu'e lle fait. L o r s qu c la p ri e r e es t t ermine, C pe tit es piles d e g rain es d e ma s e t cl' a r achides b o u cans, a i ns i qu e d e manger rljior (., ) sont d p os e s sur l e entre, sur la poitrine, sur l e f\"Ont e t dnn s la p a um e de c h aque m a in du m a l a de. :!\'lirac i a s a isi t un e p o ule, fi plum age sombre, de c oul eurs m lan ges; ('u) Sesam e (") Un des m ys teres du panlhon v o u d oo. ("') F a mill es de mys tercs v o ud oo r e l evant du cimetire. ( ") i\lys t e r cs vo udoo (Gu inee). ( ... ") Prp a r at i o n ritu elle: p a in, cassa'e, banane, pelure d e banane ycrl e ...

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    200 ains i qu'un coq fris Ile couleur blanc jaun:.lr e. Ces d e u x b t es sont s u ccess ivem ent o ri entes, pu is l a p o ule e s t pla ce d evant chaque p etite pil e p o u r pi co rer. D'abord ln. m ain dro ite, puis la gauc h e l e v cntre, l a p oitrine, l e fro nL On n g il de m m e avec l e co q M iracia prononc e m i-voix. l es in v oc ati o n s n cessaires. Un g r os co q r o u ge, b l e s up erbe a u x ma gnifique s cr got s, es t a pp or t (Il n e sert qu'au x tmite m enls). Apr s a v oir t or i ent. on Je pince comme i l a t f ait p our l es prcdents, a fin d e picorer ce qui se tro uve devant lui. ce co q le f a it s i gOllhiment qu e l h o mm e a un s u r sau t d e p e u r l ors qu 'il d onne de v i o lent s co up s de b ec dan s l es g mine s di s p oses sur l e fr o n L Mir ac i a l' a p a i se e n lu i d isant qu e c hez clle o n ne fai t p as de m a l a u x m a l a des: C o n n e l eur f a it pas passe r m ; u tyre p our l es traiter P a r p rud e n ce, q ue lqu'un m e t la m a in sur l es ye u x du p atient .. L e co q rouge est e n s u ite plac entre les j a mb es d e rho mme, l a t te contre l es parties gnit a l es. La p o ul e c L l e co q fr is son t p la cs SUl" l, e t comme un l e it m otiv, rev i ent sn n s cesse: E n t t t, t t, t ... 1>. Elle a un curie u x m o uv ement d e c r ois er et d croise r l es bras, t e n ant t ou j ours l es b l es a u-d ess u s du corps l e t Ollc h nnt o u l e fr l anL. L es m o uve ments se f ont prin ci p n lem ent sur la po itrine, pui s sur l e t o r se e nti e r e t e nfin en de sce ndanL l e l o n g d es b ras t o ujours allo n g s. D e t e m ps e n t emps, l h o m me a de vio lent s so ubr esauts On lui intim e l'o r d re de res t e r tranquille e t de garder la t t e sur l a r oc h e .c e commande m ent s'adresse a u ss i b i en aux m or t s qui ont lu dom icile e n so n corps. i nla ssa blem ent, d emande aux M ysLres de d g ager l e m a l a de, d e lui rendre l a vie p a r p e r m i ssio n B ondie ... L e n o m de B r i s es t partic uli r ement c it e t ce lu i d A g moi-Lin so u C O), qu i ai m e il dan se r dans l a t t e d e la Mambo, p u is ce u x d e Gud NO/lvavou, d e Gud fI olln-Soll, d e Gu d Maza ca, e t c A ces nom s d e Myst re s sont entre ml s d 'a utre s n o m s qui doivenL apparte nir certa in s membres dfu n t s de la f a mill e du p atie nt d e s Danti li m a t r e s d e sa ra ce. La p o ule, p ui s l e co q pu is les d e u x en se mbl e sont a i n s i p asss sur t out l e corp s du mal a de trs soig n e us e ment. \prs chaque mouvem ent, l a b t e es t sec ou e de c t e n de h ors du corps ( 0) Autr e m y s l r e d e mme ordre que les Gudi!.

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    201tendu, comme pour en faire sortir quelque mauvaise c hose qu'ell e aurait ramasse s u r l e m a l ade. L es deux btes sont ensuite dpose s sur le sol. Miracia demande l e coq fris qu'on lui remet. Elle le fait lcher librement d a n s l a cour. Il est ce ns disparaitr e un m o ment donn, mystri e u s ement, peut-tre dans quelques jours. C'est l a p o ule, passe la premi re qui a rama ss les expditions ; l e coq fris, lui a p ris le res t e mnuva is air Les trois co ui s, dans l esq u els l es petite s c handelles ont t a llum es de pui s l e dbut, sont pri s l un aprs l'autre e l passs sur l e m a lade de l a tte aux pi eds Sur le fron t on l es p asse en traant un rond, Ds que l es couis sont reposs sur l e so l l a p ierre apparte n ant Bris es t passe de mme manire, aprs avoir t o r iente so l ennellement. Et toujours Miracia con tinue les invocations, toujours s'entendent l es Ent t, t, t, t ... :t ("). Enfin, la lI,Iambo s'approche d es gam e lles con tenant l e .11' b ain :t, e t, pre nant le plu s de liquide possi ble dans ses deux mains r uni es, d 'un mouve ment v if et brutal, elle l e proje tt e co mm e une gifle sur la tte et l a face du mala de. Elle re p l e son gest e plusieurs f ois d e suite. L 'homme a e u un brus que sursaut en recevan t cette do u che inattendue. 11 se dbat, l e n te de l ever la t t e et po u sse d e sourds g r og n e m ents. Q u e lqu'un l e rudoie que lqu e peu pour l e fai r e r ester tranq uille mai s l a Mambo fait r emarquer qu e : c pas f aute li, c pas li minm qu'ap ( a i l a, c mort-a. ( '). Pour n e p as ralenti r le mouvem e nt plu sieurs personnes se succdent pour fou ette r avec J'eau, la figur e, l a t te, le cou, le torse du malade. O n l e re l ve m me demi pour mieux l e cing ler avec l es paquets d 'ea u bruntre dans laquelle nagent de s d b ris de feu ille s, d' corces, de racines ... La menton ni r e est I.ombe d ans l es gestes d'opposi ti o n fait s par l e patient ; on dta c h e ses deux ortei l s et l h omme es t mi s d ebo ut. Tout son corps rui sselle, l'eau co ule de toules parts; le gar o n qui effec tu e l e travail s'y active si b ien qu'il transpire a b ondamment. Les morts agiten t ce pauv r e corps, lui impriment des sursaut s inattendu s, grog n e nt, hurlent m me comme sous une fustigation vri t able. L a Mambo ne cesse de leur ordo nner de partir, s in o n o n les f o r cera cote que cote s'e n aller en emp l oyan t d'autres moyen s. D e l'ail es t mis dans la bouche du m a l ade. E nfin une sor t e de ca lm e semb l e d esce ndre s u r lui. U n e c u rieuse sensa ti on de v i de parait se faire en lui.. L e corps retomb e i n consciem ment sur la nalle ... Les morts sont partis ... Immdia tement, la M a m bo se pen c h e sur l e c orps que J'o n vient de re-( ) Voi c i l'invocation Br i s q ue prononc e l a mambo : Par p'ouvoir Bri se Montagne, Neg craz les os, Neg cras l es mem b res, Neg cassa manblia bila c ongo bila louvimba. Aprs ces (ou se i ze) ordres lan Ptra, Neg ba ss i n Tozin Neg ail pont Miragone ... ( O' ) c C'es t l e mort (envoy s u r le malnd e) qui s'ag il e nins i c t non J e mala d e li.

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    202 cotlc h e r e t l'appell e par so n nom plusieurs fois, trs ner giquement: Or vi l Orvil Orvil C 011 ? Ce ou qui la? ( 0). Enfin, lin fa i bl e gmissement se fail entendre, dans lequel o n di sLingue un : oui ... il peine p ercep tible. Vile. vite un Confiance (" ) prend la bout e i lle d e c1airin c t en verse sur l a pierre d e Bri s, dans l'assietle pu is il y m e t l e feu. Il prend ce t alcool en flamm e c l l e p asse ra p idement sur tout l e co rp s du m a l ade. On l e so ulve l gre ment pour qu e kt soiL faiLe plu s aisment. Les petites flamm es blculrcs courent SUI' l es m a in s du Confiance pui s s' t eignent plus Olt moins vile e n passant sur le c orps humide. La Mamb o saisit la b ou t e ille de kimanga e l en. f oubh .. ( 0 ) il plusieurs reprises l a fig ure du malade. Aprs ce lte so d e de massage vigoure usement appliqu, Je patient semble avoir re p ris quelques forces. Son exp r ession, snrto ul, est total e ment diff l'ente ; ses yeux sont r10lenl s m ais expressif s humains. J\' li rncia donne l e sig nal de quitLer l n CaiIJe Gud pOUl' se rendre quel(!ues pas d e I ii, dans l a COUI' du .Houmfo r U n grand t rou a t creu s, tout : 1 ct des r eposoirs. Un jeun e p ied de bananie r es t po s contre un arbre proche; il est de l a hauteur d'un homme envi r o n e t vient d'tre dterr. C'est de lu i qu'on se se r vira pour racheter la vie du malade ,. AuLou r du t rou, sept p e lite s lampes ont t di s p oses en couronne; elles son t fait es de demies co r ces d'orange re Loumes cla n s l esquelles de l huil e e pnlmac hl'sti a et ve r se, pour a lim e n te r une m c h e d e coto n tourne il ln mnin. Le s trois p e tit s cOllis onL t a u ss i apports et pl acs e n tri a n g l e. L e malade s'approc h e. toujours soulenu, mais un peu plus v ai IJanl. On le f ait descendre d a n s l e t rou. f ace t ou r ne vers l'o u est. d ebout e t toul droit, l e pied d e bananie r entre ses mains, les racines reposant sur l n terre, au fon d. Ln pou l e qui av ai t prcd emment servi au traitement est pa sse de nouvea u SUl' tout le corps de l'homme. Pendant l oute cett e opratio n la Mambo prononce san s cess e d es invoca tion s : c Pal' permission B ondi l es Saints. l es Morts. pa r pouvoir Papa Bris. M o n sieu r Aguroi -Lin s o u. Mon s ieur Gud Nibo. Monsieur Gud Nouva"l'ou. Toutt Gu ds, m'mand ou la vic pour /l'homme l.. il/oin Mambo l'abofai m'mand nous la vie pour n'homme l. J1l'acbl compt an t m'pay o u m'pas dall Oll li (00 '0). Suivent l es form u les en l a n gage. L o rsque ln poule a te passee, Miracia prend le s petits co u is. l es uns aprs ( 0 ) c: E s t-ce vous? Es t -ce bien vous? (") Un initi voudoo dont l e gra d e por t e ce nom ( voir la liste des g r ades au chap itre de la H i r archie). ("') Vaporisation du liqui de avec l a bou c he. ('" 0) J e vous demande d e re ndre l a vie ce t homme. l\I oi, mam'bo y abofai j e vous dem ande la vie pour cet homme J'achte comptant j e pa i e je ne vou s dois pas li.

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    203 les autres, en verse les g ra i n es tian s sa m ain et e n fr o tte l e corps de l'homme. Le s g rain es tombent dans le trou, o elles r es t e nt. Les c ouis sont d po ss sur le rebord. Elle s aisit m aintenant une cruc h e et brusque m ent e n verse l e cont enu sur la t t e de l'h o mme pu is, continuant so n m o uvem e nt desceno le co l de l a p olerie par derrire. jusqu'au bord du tro u o hl cruche es t cassee d'un coup sec ; les m orcea u x r eto mb ent au f o nd Enfin Mira c i a prend "huile c haue d un e de s petite s lampes da n s l e c r eux d e sn main et e n frictionne l e pati e nt. Ell e p ren dra ains i s uccessiv e ment, l'huile de quatre l a m pes .Depui s u n moment un h om m e f ai l claquer un f o u e l dans la cour, et ne s 'arr tera pas tant que durera cette partie de la ce r e m o me. L e m alade es t plac b ien au ce ntre du trOll, t e n anlle pied d e bana nier devant lui ('. orome il a t indi q u prcdemment. La l\'lamho p rend l a p o ule, l a (asse un pe u sur elle -m m e e n repliant l a t te e t l a d pose jus t e t ou t contre l es racine s du bananier. Imm diatement t oujours acc r oupie elle r ejette une grande quantit de l a terre dans l e tro u et, e n m m e t emps l e Confian ce, t e n ant l e m alade so u s l es bras, l'a remont e t dpos il c t d e lui. Cela est fait trs rapidem e nt. Sans perdre d e t emps le trOll es t combl et l a telTe foule t out autour du ban a n ie r. L a poule es t donc enterre vi vante au fond. M iracia n'a p as cess de pro n o ncer l es f o rmul es n cessaires qui doivent assure r l a r ussite d e J'op r a ti o n Les trois lampe s qui res t en t sont d po ses e n t riangle autour du banani er. D e mme que ce l a avait t f a it dans la Caille Gud, du cl a irin es t mi s da n s l assielle contenant l a pierre de Bri s, il e s t enflamm, pui s p ass sur l homm e qui se li en t d e bout que l q u es mtres d u tro u On prpa re troi s petit s tas d e p o u dre en t ria n gle, entre les jambe s car t es du malade et o n fait saute r l a p oudre. Mir acia vient e n co re q:: foulah du kima n ga s u r l'h omme e t autour de lui, aux qu atre f aades C O). Une c h emisette maldjoc CO") est a pport e, un cOn en es t t ordu e t b r l lgrement. Tenant cette t oile b oud in e, calcine en main Miracia trace quelques signes e n l'air d evant l a figu r e e t le torse du m a l ade. Elle lui remet la c h e mi seLLe pour l'enfller. Elle es t blan c h e a"ec une partie ro uge. L n grande c h e mi se de nu it lu i es t e nfin p asse avant qu'il ne soit entran ve r s l e P ri s t yle. Il n 'es t plu s besoin de le soute nir, sn march e est mi e u x a s sure, ses yeux plu s vifs. Il y a vritablement un c hangem en t qui s'est opr en lui. Sous le Pristyle, un mou c hoir bla n c est nou autour d e sa t te, de m a n r e l a bie n couvrir. On lui l ave l es pieds e t on lui donne boire une in. ( 0) Les quatre poin t s card i naux. (00) Le mauv a is il, le mauvais so rio

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    204 fu sio n trs chaude .. qui avait t prpar e l'avan ce. Puis on lui dit de se couc h e r et de se bien couvrir. La p ierre d e Bri s es t pla ce so u s so n oreiller. Le lendemain matin. cet homm e se sen t a it b ea u cou p mieux. Il put se le ver seul p our faire sa t o ilelte. Il parla et d emanda manger. Il y avait quinze jours qu'il jenait! On lui apporta du th, pui s un bouillon maigre Pour so n djeuner, il d sira de s b oulcLLes de pomm e de terr e et de hare n g saur. C'tait une vritable rcsurrecLion ( Le m a lad e e n traitement ne doit s ous aucun pr t ex t e quitter l 'e nceinte du H oumfo r. Il e n va de sa scurit) Mais il n 'cs t p as encore h o r s d e danger La poule p asse la premire. pen d ant le trailem ent fail la Caille Gud, a pri s l es ex p dition s (les troi s m or t s). L e co q fri s. pass aprs a pris l e r este m a uvai s air $ La poule enterree vivante au pied du banani e r doit, avec la plante, .c. r ac h e t e r l a vie d e l h omme. On n demand B aron Samedi C ) d e b ien vouloir accepter l'c hange, e t c es t l e Pouv o ir donn pal" la .connaissance, qui permet ln Mambo de port e r l e JI,lyslre il accep t e r l e troc. Si l h omme s urvit, le bananier doit moul"ir. Si l e ban anier s urvit l homm e d o it mourir, l e marc h ayant L rejet ... Le vver trac dans l a Caille Gud ne pourra tre balay que l ors qu e l homm e partira, m ort ou g uri. (') Lo m atre des cimetires.

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    205-* o Vv pour l e traitement fnit par l n mambo, sur le s indications de l3ris

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    Service pour Simbi (sur rite Ptro) (DoclIInenlatiOli O dette MENNESS ON.RIGAUD). L e servi ce a li e u d a n s un gnmd h oumfo r d e la Plain e du C ul-de-Sac. L a v as t e cour e s t pars em e d e p e t i t es chaumi r es d un e o u de d e u x pices. r side n c e s d es il: pitil' c a ill e D e n ombre u x arbres cente n a ire s o d o m i n ent acajou s eL m a n gu i ers, y f orment des lo l s d e f ra ch eur ; il f a it b o n s y r fugier p our t emp r e r J 'a r deu r d e ce d u r so l ei l d e sep t embre. L a plupart de ces arbres sont d es re p os o i r s L es c h a mp s d e canne, a l e n to ur, ondul ent so u s l a bri se. L'a ir es t f orl ; o n es t e n ple in e campag ne. L e g r a nd P r is t y l e occ up e l e centre de la cour, d evant l es U ag ui s Rad a, l a ndi s qu e les P etra sont un peu p l u s l o in sur le cl D evant l es cai11es P e tra e t C o n g o se tro uve un autre P ri sty le, l g r e m ent plu s p etit que l e pre m ie r, m ais t out a ussi dco r int r ieure m ent ; c'es t l que l e se rv i c e nura lieu. Diellci fol', l e H o un gan, matre de l 'habita ti o n s'nffai r e aux d e r ni e r s prpara tifs e t il es t enlour d'une nue de H o un s i s Ils sont t o u s pi e d s nus vlu s d e blanc avec d e grands f o ul a r ds n o u s auto ut' d e l e u rs t t es. L a plupart d' enlre e u x sont trs n oirs d e p e au; l es f emmes sont de so lid es paysannes l a d march e so upl e la c h air drue e t aux ye n x ri curs. Le sol du P ri s tyl e a t so i g n e u se m ent b a la ye e l arros. Die u ci f ol' s'ap pro c he du pot ea u-mil a n o rient e une c ru c he d' c ali e l e n ver se que l q u es gout le s, tro i s f o i s, d e v ant l e p otea u avanl d e tra cer l e veve r Ce v y e r, trs grand, t ourne autour d u p o t eau-mita n ; il e s t lrac l' ai d e d e plu s i eurs sortes d e farin es e t de p oudres ( f a rine d e m a i s, ce n d re, marc de c a f p o udre d e briqu e pil e, po u d r es d co r ces e t d e ra c in es ) c l il r unit l es diIT l'e nl s symbo l es des M ys l res a u x qu e l s le manger .. va tre oITe r!. L es e scorLes e ces l oas y sont a u ssi co nv ies. Un taureau d e v ant t re sac rifi u ne r ep r sentatio n sy mb o liqu e e n es t faite ; elle accompag n e le s v ver s de S imbi Gran d B o i s M aitre Culfo u e tc. D a n s l e Bag ui, un g r a nd lro u a t cre u s d evanl I c P e l un autre v eve r plus

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    208simple, a t trac tout autour, avec, au-dessus. une labl e recouvert e d'une nappe blanche : Le trou creuse devant l e PC, uvec l e "c\'er n utom' L a table est surcharge de mets e t de desserts div e r s : gte a ux, bonb o n s pti sse ri es, bouilli es, chocolat ri z au l a it ; a in si que de b o uteilles de s irop, kola, liqueur. rhum, sans oublier le clairin. Elle est la disposition des mystres qui se manires teront ("). (') Le manger cuit sera serv i sur ce tt e t able et l a desservira, tout ce qui n'aura pas t c onsomm par l es Loa s sera dpose clans le tro u Les parties

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    '>" 'Ig, _u, h:lltcries dc tamhoul's rituels au ptafond d'un pristylc F ig. 28. J>l'apcall ritucl. uccl'Oches F t .) Ig, _l, Arhre reposoir dans 1:1 cout' .l'un OIlHl'phol', j' Fig, Adeptc \'0111100 mont (pussli) par lc Hl,\'slcrc \'l1udoo A Z:II':I. ..

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    209 -Vc\'crs du TaurCllu, de Simbi, de G rand Bois, ck. essentielles son l na tu relleme nt resen' ces. D e g rnllli s pl ats son t serv is l a famille ct aux membres cie ln Socit.

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    210 -Vers 10 h eures du m a tin l'og:m r e t enLit dans tout e l a cour, a pp e l ant l es Houn sis so u s l e Pristyle. Chacun s'empresse de \ 'cni r s'asseoir sur l es b ancs el les c h aises qui entourent l'e s pa ce ce ntral. Les lambouriers son t il leur pla ce l es de u x L ambou r s P etra entre les jambes; l es H o un sis qui forment l e c h ur sont g roup es auprs d 'eux. La H ou n g u nicon se d tach e de l eur g roupe e t enlonne un pre mier chant d'ouverture, r epris p nl' le chur. Les t nmbotlrs co mm e ncent b aLlre le P etro Honneur la maison (1er) Honneur Matresse caille moin. M'cri : Honneur l a maison! M essie u rs et Dames bonsoir. U n Confiance d t ac h e du poteau l e gnmd c. fouett cac h:9 ( ) et a u deh o r s, il e n fait retentir l'air d'u n nombre de coups ritue l s. L e s ifflet p onctue les cou p s d e fouet, e n sons s tri den t s. Une H ou n s i e sort du Bagui avec une c he d 'ea u el une b ougie allume; d 'autres h o un sies l a s uiven t portant couis, godet s e t b oute ill es. Aprs a v oir salu l e tout est dpos contre l e mil a n. Un de ces couis p e ints co nti en t l e manget d jior ; un autre, l e m lange de g r aines de m as et darachides g rilles; un autre e n co re, t ou t e sorte de petits morceaux d e p ai n cassave, bonbon -si rop bi sc uit. pti sse ries. Un v aste godet es t rempli de l 'ea u Guinin :t compose d 'un peu de manger Gui nin sur l eque l de l'e a u ordinaire a t :versee. D'autres r ci pient s plu s petit s co n tienneI.1t d e l'aca ssa n, de la b o uillie, du chocolat, d u ca f, du s irop d e ca nne. Autour, sont r anges des bout eilles de s ir op. kola, liqueur, rhum, clairin cl e nfin la bou teille de I dmanga h a bill e de tissus vert et r o uge gal o nn s. L es bl es qui doivent t re sacrifies on t t so i g n e u se m ent lav es dans un bain d e f e uilles dan s la com p os iti on duque l entre une forte quantit d e tion puis essuyes c t pei gnes longuement. Elles sont de n ouvea u parfumes au mom ent o elles arrivent so u s l e P ris tyle. Le jeune taureau n o ir est r evt u d 'un manteau bl anc et rouge orn de rubans de mm e co ul e ur. Un f oulard de sati n feu est nou ses co rne s. Le s deux bou cs, a u p e lage f a uve et j a une m la ng d e noir porl ent d es m a nte a u x f onns d e band es de tissus a sse mbl s, de co ul eurs diverses ( c h a qu e loa a ses cou l eurs, variant suiva nt le p o int sur lequ e l on l e sert) U n de ces mantea u x es t Jaun e et rose bord de bleu. t andis que l'autre est jaune, r ouge e t verl. Le s mou choirs nous l eurs cornes sont d e satin blan c p o tlr l e premier el de satin rouge pour l e seco nd. Les d e u x ca bri s sont tenus e n lai sse l a nd is que le t aurea u (') F o u et ritu e l don t l e m:ln che, court es! en bois, c l c l on l l n Inni rc, trs longuc, est une cordl :,

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    211 ll'O' p fougueux, doit l,c aLLac h il un so lid e p o t eau sous l e P e ri s t y l e .coq s et p o ul es e n n ombre imposant sont p orts par les R o unsi s auxquel s ils ont Cl confi s La H oung unicon Il envoie un se cond c h ant d'ouverture Legba nan HUl/lIrol" IIwin (ter) 0/1 minm' qui ptl; dm/Jf-wl, c" VII minm' qu'a pore soleil p uu 1110111. p({P({ Leg b a non H Ol/lllfor muin (ter) Ou minm' q lli p t drapeau, C' 0/1 mill11l' qll 'a p ar soleil pou Loa yu. Di e u ci f o r vi ent cowwcrer l e "cvel' c n secouant l 'usson dessu s il diff rents endroits et en pl'On onfln l l es f ormules rituelles e n langage,. p u is o n lui pr sente la cruc h e d'cflu avec l cs saluts d'usflge. Aprs l'avoir oriente, il e n "erse que lqu es gouttes, trois f o i s, dc c haque c t du vver. Le s chants con tinuent sal u ant toujo u rs les P ctl'O et les Co n go. Le s t ambours varient le rythme pour nccompagner l e chur. L es H ouns ies balancent sur pl ace. Laplace sort du Ba g n i entr:linant les deux. port e u s es de drapeaux paill e t s. brodes e t frangs d'or qui claquent et scintillent a ux. voltes rapides des Houns i es. Arriv auprs du p otea u l e g roup c salu e les 4 p oints cardinaux. puis il se t ourne ve r s Die u ci for qui usso n c t c l oc h ette e n m ai n, lui f ai t face. Le Houngan et les drapea ux sa luent a lors l es c. 4 faades ; Di eucifor fait ensuite Il virer Laplace e t l es H ounsies avant de b aise r tro i s f ois l e sabte el l es drapeaux. L es autres Houngnn s et Mambos prsents sont salus avec l e m m e crmonial. Le Houngan s'assi e d sur la c haise bn sse que l'on vient d e poser devant l e vver et 2 Mflmbo s prennent pince :i ses c t s L a p ri re comme n ce, comme il l'accoutume, se l o n le rilucl catholique Les prires sont suivi es de c flnlique s, pui s de lit anies. L:\ pric Djior num r e longue m ent tous l es noms d es L oas. L es H ounsies, recueillies, agenouill es ou accroupies t out nulour du vver, baisent religieu sement le so l lorsque l e H oungan appelle l es Myst res, plus partic uli r ement ceux. qui sont h onors dans le H oumfot. La Pri r e Gllinin ne comporte que de s couplets Petro e t .congo (les Mystres Rada ont t sa lu s au cours des services qui ont Cil li e u l es jours prc dents). Durant plu s ( r un e h eure e t demie 1 : \ prire se continue a insi. Au dernier chant, Di eliCi fol' se l ve, prcnel l n cru c h e d'eflll e t l a h o u gie allume e t ., oriente a u x 4 po ints cardinaux dans tlll ges te solennel qu'imilent, de bout, tons l es q. piUt' c:lill e ( ). L e H oungun jette de l'eau aux quatre ct s du p o t ea u -mita n. qu'il bllise ellsute Iroi s r o i s. ( ) Les inifis H llachs HU h o umf o r

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    -212-Pour co nsacrer l e vvcl', Dieucifol' prend s u ccess ivement le s diffrents couis ct aut res rcipients qui lui sont prsents par une Hounsie avec l es saluts rglementaires. 11 o r ien t e lentement, en se concentrant e t en pronon ant le s invocation s en langage, puis s'agenouille et d pose de petites piles de graines, de mangers divers sur les diffrente s parties du vver, li y ajou t e un peu du con t enu de chaque bouteille Les chant s r etentissen t de n ouveau sous l e Pristyle: Saluez moin Gangan saluez moin. A Apa Legba saluez moill, Gangan salu -Ii Papa m'c' pUit' Boucan Moza; Papa m'c' pitit' Brise Montagne. Oui, saluez moin, salumoin o ... Papa m'c' pUit' Silamoyo. Rcitatif: Oui! saluez moin Brise Montagne, Cras les os, cras l es membres, Ng' [{assa Bambila, Bila Congo, Bila Louvemba .. Saluez moin, Gangan ....................... ....................... D e petits tas de poudre so nt fin a lement dispo ss s u r l e veve r. Un Con fianc e apporte un brandon pris, dans la cam, au boucan rituel. Aprs avoir orien t l e bra ndon Dieucifor f ait, avec, un e croix devant la figu r e de c h aque Hounsi, puis, il faiL sauter la poudre e n l e posant sur c haque t as. Le bois incandescen t est e nsuite t e in t avec de l'euu aux c ri s de : Adjiol! pousses par toute l'assis t ance. Caille main foulah, Toutou Bi/ango. Macaya, m'senti fou/ah ... Trois feuille.t, Trois points, m'senti fou/ah! Toutou Bilango. Caille ... 0 caille ... Caille main senti fOl/lall, T outo u Bilango U n Confiance apporte a u Houngan la bouteille e k im anga. Selon l e rituel Ptro, la bouteille es t tenue de l a main droite et porte rapidement vers la ga uche d u corps, il la hauteur de la poitrine, pu i s ve r s t a droite e t encore vers la gauc h e avant d'tre pr sente de f ace. L e H oungan la saisit d'un ges t e brut al, m ais elle ne lui est remise immdiatement. La bouteille te nu e par les deux h ommes est parle n.lt e rn ativemen t de chaque ct d'un mouvement ascendant. Au t erme de cette ascension, l e .confiance, d'un ges t e brusque, l a laisse au Houngan qui l 'lve alo r s :lU-dessus de sa tt e aux Adji oll de l'as s i s t ance. En se tenant toujours dev:ml le po t eau Dieucifor foula h l e liquide que contient l a boute ille aux 4 point s cardinaux, l ente m en t profondment, au-dessus de so n coude repli 4jioll ,1djioh man!

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    213 -T o u s l es H o un s i s, debout, se tournent e n mme t emps vers l es 4 faades tia n s unc lgre rvrence. Dieucifor se dirige ve r s les tambours e t excute le m m e f o ul a h ; il e n f ait autant devant l e ,'ver, un moment aprs. En se t ournant lgremen t s m lui-mme, D ie u cifor (oulah alternalivement au d ess u s de chaq u e co u de irois f o i s. Le [(iman, ainsi va pori s, est p roje t avec la b o u c h e. e n jet puissant, au-dessu s du bras repli. Les H ounsies q ui ten a ient les coqs el les p o ule s prpars pour l e sacrifice s'approche n t. Dieu ci f o r qui a a pp e l auprs d e lui deux o u t rois Mam bos choisi t et remet c hacune d'clies un coq et une p o ul e de m m e plu m age. E U es prsentent l es hles dans un h armo n ie u x mouvement d'ensem ble qui l es l ve vers les 4 po int s ca r d in a u x, a l ors q u 'elles p rononcent d emi-voix l a formule d orientatio n. Le geste d'offrande est fait trs lente m en t :lVec une g r a nde noblesse a cce ntue par la blancheur s tricte d es v t ements. Dieucifor e t les l\.'1ambos, d'ab ord agenou ill s avec l es b tes e n main, se l evenl et viennen t les pose r successivemen t devan t l es piles de q: m a nger q u i garnissent cer t a in s points du vever. Couches gn ra lem ent SUl" l e ct l es btes picorent a l o r s avec plu s ou moins d e b onne vol ont. Di euci f o r s'agenou ill e auprs d u po t eau-mitan. Chaque Mambo vient soig n eusemen t p asse r l es p oules sur lui de la t t e aux pieds ( dos, f ace, cts). pour terminer, e ll es lui frap pent troi s fois la poitrine avec l es bles. La mme crmonie est reproduile s u r c h nque personne de l' ass i s t a n ce. Le H o un ga n a .4: e nvoy un c hant pour rOll1nbler les Mystres. Tous les n o m s de Laas a p pa r tena n t des., na n c h o n s ont les points marchent sur l es rites Congo e t P tro sont ci t s, parLculirement ce u x des S imbi. A c ha c un de ces n oms, l e chur r pond cn sourdi n e : Balala 00 Balala ... (0) Balala 00 Balaia ... H Simbi Y andzo Simbi Congo Simbi Y an Paka Ion P ong'oue Batala 00 Batala Batala 00 B a t ata Balala 00 Balaia H Ion P ong 'ou Simbi Yan Kita Balala 00 BalaIa .. .. .. .. .. elc ......................... Les coup les de co q s et de p o ules ont t c ro is i gns avec un peu d 'eau, de farine; qu e lque s mi ettes d e m a n ger d jior e t quelques gouttes de b ois sons ont t mi ses sur leur dos. Apr s un d e rnier roulah, l e premier coq est lent e m ent l ev bout de bras, face a u poleau et aux B aguis, par D ie ucifor qui lui casse d'un coup s ec les p a tte s ell es ailes, e n pro n o n ant l es formules rituelles. Entrant d a n s l e Bagui P tra, il arrach e l a langue de J'animal e t co lle que lque s plumes de so n jabot a ec l e sa n g de la blessure, sur divers

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    214 e n dro i ts du P. D e r e t our SOllS le P ris t yle il a p plique d'autres plumes s u r l e p o t ea u -mila n puis sur les v ,'er s. L a poule (de m m e plumage) a e u p e nd ant ce t e m ps. les p a tt es e l les ailes casses pa r un e Mambo, contre le p olea u To u tes l es Houn s i es sonl t ombes genoux, la n d i s que l es deu x btes sont sacrifies a u co u tea u Le sang. jailli de l eur co u tran c h es t r e c u e ill i d a n s une assie tt e q u e l'o n d p ose ensuite sur le P d u poteau-mita n L es c h a nt s re t e nti sse n t a v ec p lu s d e for ce. Les cor p s des bt es so n t e n co r e agit s d e spas m es SUI' l e so l macul e L l ors qu 'ils sont enfin in ertes. o n l es p h l ce c t e il c t e (avec l es t t es) SUI' l e vve!" d u Laa a uq ue l l es sacrifices ont t offer t s. U n coq el une p oule sont main tenant p r sents pour l es Laas Marassas Ptra, pen dan t que l 'o n c h n nte : Marussas Simbi, m'engag dans pay::,'-a, Marass u s Guinin, :lfamssas la Cofe Marassas l 'Afrique, M cngag l an pays -a! A p rs avo ir tc placees p O U l' p icorer SUi' J e v(h'er dej trace so u s l e Pr is t y le, l es e u x bt es sont, comme l es premires, soll i c it ees d'e n faire autant SUI' l e veve r t r ac dan s l e Bag u i de Simbi. Elles son t aussi p asses s u r l e H o un ga n p u is sur t ou t e l'ass i s t ance e t elles sont fin ale m ent sac r es avant d'tre sacrifies, cette f o i s, l es b tes seron t tu ees par t orsio n d u co u aprs que l eurs m em b res auront t c:lsses el leur l a n g u e !lrrache. La b o n ne vin g t ai n e de coqs e t de po ul es rest a n t es t sacrifie e n m m e Lemps. T o u s l es H o u nga n s, t outes les \' I a m bos se so n t l evs ; ils tie nn ent les b tes a u x plum ages varis qui leur ont t co n fies. Ces b te s sont o ri e n tes r itu elle m e n t avec t oute l a gravi t usi t e e n pareill e ci r co n s t a n ce L es l v res des officia nt s murmuren t les paroles sacres. L es 4 points ca r d in a u x ayant t sa lu s, les pattes et l es ailes des co q s e t des poules son t casses. pui s ils so n t sac r ifis. C'est a l o r s un tournoiement d e p l u m es au-dess u s rIes vve r s ; elles vo l ent de droite e t de gauc he. L es cor p s pant e l a n ts, e n co r e agi t s de soubresau t s, s'ab aLLen t sur ces veyers o i l s ac h vent d e m ou rir. L e cou d es animau x a p lu s g n rale m en t l co up au coulea u que t o r d u se lon l e r it ue l d es diver s L ous de l'escor t e de Sim b i serv i s a ujourd 'hui. L e sa n g es t rec u e illi d a n s l'assiette aprs avo ir dgoutt sur les vve r s. L es co rps sont, c ha q u e fois, dposes sur l e ,'ve r d u l\' l ys tre il qui es t d di l e sac r ifice. U n e fem m e d' un e ci nq uantain e d'ann es se re j eLLe bl'Us qu e m e n t e n arri r e : B ri s v i ent de desce ndre d a n s sa t t e L e Mys t r e se l ve a ussit t e t se d ir i ge vers l es b t es qui vie nnent d'tre t uces. Toutes l es Ho u n sies. ge n o ux. atte nd ent d' t re r eleves pUI' l ui avec les virs et l e salut Ptra (ce sa l u t est f ai t avec l es co u des l greme n t frapps t ro i s f o i s ta n d i s q u e l es b ras sont re pli s a u x tro i s quart s). Br i s se bal ance c t esquisse que lqu es

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    -215pns de danse ; de temps e n temps il fait entendre son c ri h abitue l ; Gue gllcglle Il grince des dents et c h ancelle comme puis par sn propre force ... Lorsque l es cabri s sont ame n s, l es coups de fouet r edoub l en t l' ext rieur ains i que de stridents coups de siffle t s. Les tambours gro n den t plus f or t ; les chant s augmentent d'intensit. Le houe au pelage jaune et noir est plac le premier au p i ed du poteau-mitan. Son beau manteau de so ie le pnr e somptueusemen t el le sa t in du nud brille auL o u r des cornes, cou leurs vives dans tout le blanc de s H ounsis. Une grande cro i x est trace sur son dos avec de l a f arine, puis avec l' eau de la cruche, e t l 'eall Guinin du godet. Un peu de chaque manger >. de chaque boisson es t dpos ensuite SUl' son dos, aprs que l e rcipient qui les con ti en t a t orient. Une poi g ne de l o n gu es herbes Guinin est au H oungan ; il la prend, l'o ri ente en prononnnt la formule ri tu elle, puis s'approch e rlu bouc. Agenouil l devant lui, aprs un sig ne de cro ix, il l'e n fl'Uppe trois fois des deux cts d e 13 tte, lui sa i s it les cornes et, de son fronl, heurte vigoureu sement ce lui du bouc toujours t rois fois, avnnt de se releve r Chaque p ersonnc de l'as sist ance par ordrc hirarchique, vient s'agenouiller devant le cabri; mais ce de r nier n e s'intresse vraimcnt qu';;" saisi r que lqu es brins d'herbe au pas sage ... Un pcu d'eau Guinin es t verse dans un coui et prsente au cab ri, qui e n bail. Diellcifor prend la b outeille de kimanga e t fou l a h l e houc aux 4 fa a des Sa laisse est retire; on l e dshabille, et il est saisi par deux vi goure u x offician t s qui le tiennent, l'un par l es cornes, l'autre par les pattes de derrirc Il est balanc pal' m ouvemenls tripls, l ev de terre trois r cp rises balanc il nouveau vers chaq u e point cardin al, toujours t rois fois, p r sent d evant l'enlre des Daguis Ptr a et Congo c l enfin, au poteau-mi lan. Une partie des Houns ies v i en t former un cor tge derrirc l e bouc, so u s la condu ite de Laplace e t des drapeaux. Le cortge t ourne autour du poteau un nombre r it u el de fois, dans un sens et dans autre, le cabri ne cessant d'tre b alanc. Chants e t tambours f6nt rage: /{Qumba cabrite t lkou /{oumba, k0U111ba cabrile, t lkiO/l cabrilc tetkoll ... Le bouc est r envers d'un mouvem en t rapide; tine croix es t t race sur son corps avec l e coulea u acr que tient un Confiance et ses testicules son t vivement coups. On l es presse lgrement pour que le sang en coule e t quelques gouttes son t verses SUl' l e vvel' a in si qu' l'intrieur du Bagui. Le cab ri es t toujours maintenu l es patte s e n l 'air. JI est sacrifi d'un coup de couteau la gorge (le couteau a t orient auparavant). Le sang coule dans une large gamelle '1) de bois prpare cet effet et dans laquelle se l e l alcool ont t verss pralablement. L e cabri est maintenu en l'air jusqu'

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    216 -ce que le san g ne coul e plus qu'cn un mince met. II e s t alors d pos sur le sol. L e seco nd bou c es t maintenant co n sac re et sacrifi ex actem ent comme l e premier. La cermonie se droulera, pareille elle-mme, jusqu'au s acri fice fmal. Un nouveau chant a r e t e nti : TOIll c [amille a yo sembl ... f.a famille sembl. H, crioles ci nous lu. Aga y L a famille sembl Nan p oint Gllin in encu ... Les corps d es cabris sont po ss sur l e vever, ave c les te s ti c ules ; ils so nt c roisi gns ainsi que l e t as d e co q s e l d e p o ules. Une assiette bl a n c h e o une croix a t e trace avec de la farine est place dessus : c'est p OUf J 'adoration fi. laquelle l'assi stance est convie: Vin' p ayer sang crmon i e a b elle 6 ... La famille, vin' paye r sang 11011 Crmonie-a belle ... 0 ... Aago ... la famille vin' payer sallg Dieucifol' vient s'age n o u i ller devant le vvel', un doll a r dans c h a que main. Il parl e longuement avec l es 3vant de d po se r l' argent dans l'as s iett e ( de la main droite d'abord, pui s de la m ai n gauche ), f a i sant sa de m a nde avec une profo nd e co n vic ti o n. Le s corps de tous les animaux. s acrifi s ayant t lev s et emports p al' l es H ounsies c h a r ges de l es .prpa rer r ituell ement. o n balai e la place souil l e. T outes les crasses son t so i g n e u se m ent l'am asses dans un c oui et emportes L e s acrific e du taureau va comme n ce r. Il est atta<:h au seco nd poteau du P ri s t y le, un p eu en r e trait. On largit le cercle d e l'a ssis t ance d e manire ce que l' es p ace so it largement dgag entre lui le poteau-mitan e t le s Ba g ui s. D ie u c ifor s'apprte le consacrer s elon le rituel mais le maintenir n 'es t pa s chose facile. Il s upporte avec peine so n manteau qui, le plus sou vent, traine d'un ct sa n s que personne ose s'approcher pour l'ajuster. Le Houngan lu i pr se nte l e coui contenant l' ea u G uinin. Lor s qu'il a bu, il lui o ffr e une poigne d'herbe de Gui nee. Se pla ant e n face du taurea u il lui parle lon guem ent av ant d e lu i tendre les ti ges. Le s chants se s uivent sa ns ant, l es Houn sis dansant sur pla ce ou balan ant si mplement. Simbi Ian barriere, z'aut' poco conn i n main. A la nous riv, nous pr'alle gt coumand. Gad nous riv, nous pr 'alle gt coumand Y Simbi Yand zo, lan Paka P ong'o u lI/'di: Y /{jm b o i sa l ay 1 ... Salam a s alay ... Simbi lan barriere, z'allt' poco connin main.

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    2 ,17 Le ta u reau est sacr. Diellcifor se met ct de la b t e e t trace d es croix sur t oute l a l o n gueur de so n chi ne, avec l'e a u de la cruc h e la farine, l e man ger djior, elc ... La bte impatiente fait p arfois des b on d s inattendus en se n lant l e sirop coule r sur so n front ou l e kola mouiller ses reins. Les chants se f ont d e plus e n plus dynamiques : Zo ... Zo ... T a b ali m tomb, ct e m'a joinn' li ? Zo ... Adie Zo (ter) Oui 0 [(im b oi ma salay .' Simbi Yan Paka Simbi I an D zo Oui! Simb Jan J{ita Grande Adjiakonve r Grande Simba Une femme est brus qu e m ent m o nte par un Loa-Taureau qui m e u g l e d'une voix puissante. C'est B lco u Mais ce m ys t r e es t si f ort qu' il ne p eut res t er l o n g t emps. Un Siinbi lan Paka P o n g'o u e m onte un homm e d'une so i xantai n e d'annees. Grand sec, l es m embres n o u e u x, sa po ssess i o n es t fort bruta l e au d but. Simbi va et '\'i ent. ses gestes son t rai des, anguleux. bizar res. Son exp r essio n svere s a doucit l o r squ'il salue que lqu 'un qu il affec lionne; les rid es de son front se dtendent, la contraction de s mc h o ire s disparat peu fl peu. Il f ait le sa lut p t ro e n frappant ses coude s ceux de l a p ersonne qu'il sa lue. puis ncc roch e ses p e tit s doigls recourbs aux sie n s p o u r l a faire v ir e r ( t ourne r sur elle-m m e). L e Houngan foulah Sim b i avec l e kiman en proje tant l e liqu i d e sur l es bras du M ystre. et o n lu i attache. tres serr, un f o ul a rd rouge l a sa i g n e. Sur le so l devant lui on jette du clairin qu'o n e nfl amme e t S imbi p i tine ce c1ai rin enflamm avec for ce, pui s il s'e n va ... Les H ou n s i es ont sa lu Simbi pa r plusieurs chants. pendant qu e l es H o unga n s e t l es : Mambos sacrai ent le t aurea u P apa Simbi racine eoumand. F eu ill es nan bois e' moin-minme R acine 0 0 0 o. Simbi I an D zo racine cou mand Feuill es nan bois, c' nous m i n m e ... R acine 0 0 0 o. Die ucifor fait approc her son n eveu (jeu n e h omme vingtaine d' a n n es) qui il fait a u ss i sac rer l e taureau, b ie n qu'il n e so it pas houngan. Et so u dai n, ce ga r o n es t monte pa r un S imbi : I c Simbi qui est ,CI: serv i dans la famille. Il e n es t m t a m orphose : ses l rait s in sig nifi ants d e j eune pa ysa n se sont chang s e n ce u x d un jeune dieu plein d e feu, vib rant. un peu faunesque. D'une so upl esse inattendue, il saute d'un seul bond sur l e dos de l a b te, y reste une sec on de, p uis retombe s u r l e sol. Il r ecomme nc e a u ssi tt, s'appu ie l gre m ent l' c h i ne, d'une m ain, e t franchit l'obstacle. L e taurea u bronche, s'agite, frappe du sa b ot. U n e f emme possde par un autre Simb i b ondit son tour e t s' in s t alle sur l' e n col u re d e l a b t e d ont

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    -218-elle em poi gne les cornes. L e premier Lon snu l e derrire clle et les voici L o u s deu x sur l e taureau menaant qui basse la tte, cumant, heurtant le p otea u du fron t avec une violence contenue, duns un bruit sourd. Les 'c. Ad jioh '" el l es Bilolo assourdissants retentissent sous le .Pristyle. Sim bi a ainsi montre qu'il es t sa tisfait de l' ofTrande qu'on lui a faite. Mais Dieucirol' s'inqu i te ; il voudrait t emp rer l a joie exhubrante des Mystres; il craint de les l aisser bambocher leur guise. S'ils libraient le t aurea u e t J 'entranaient :\ trav c r s c h amps, il pourrait avoir des ennuis avec l es aut orits de l'endroit! II prfre liser de persuasion potlr porLer les Simbi descendre de l eur monture avant d'ordonner le couri ... Le taureau est detnche. D'une puissnnle f o ule, il sor t du Pristyle. L es porteuses de drapen u x l'ont pnkd so u s l n co nduite de Laplace qui brandit son sabre. L'assistance e nli re est debout, sor t en tumulte derrire l e tau r eau, l'accompagne ver s l a bardre o Simbi et Grand C h emin seront sa lu s. Peu peu, l e mouvement s'acclre, l es drapeaux virevoltent, claquent, bril l ent sous l e soleil qui fait ti n celer les paillettes. Laplace les fait c co uri r :t, revenir en arrire, tourner aulour des arbres-r eposoirs dans un t ourbillon de satin La bme de so n sab r e j e tt e de brefs clairs. Les H ouns ies, v tue s de blanc, entourent le taureau, l 'exci t en t c hant en t crient, hurlent d es Adjioh et des Bilolo perdus L a barrire salue, le col"lge toujours coura nt, revient vers le P ris tyle. De tous les coins de la cour, les pilil' caille sor t ent des chaumires et vien n ent grossir la f o ule qui fait troi s fois l e tour du Pristyle puis passe l'int rieur pour dcr ir e une ronde autour du p oteau -mit an. Le trot lourd du taureau retentit. L'excitation es t so n com ble; l es enfants trpi gnent de joie. hurlent; l es g r andes person nes en font autant. Bilolo On se gare au passage, on se prcipite pour ne rien perdre du spectacle. Enfin le tau reau es t condu it une des extrmits de l a grande cour, l'endroit rituc.l o l es taureaux sont toujours sacrifis Taule l' assis tance qui avait accom pagn l a course en chantant et en da n sant f orme un grand cercle et ento nn e le chant de circo n s t ance martel par l'o gan : Main nan san korali ouan-ni ... En Yr! Main nan san Simbi Ian Dzo, Simbi l an Paka ... Allez mander Jean-Pierre Pony'oue. Ya y, moin flafl san h ... Les H ounsies frappent des m ai n s en cade n ce balanant sur place pen dant que l 'hom me charg des sacrifices o r iente lentement le couteau, trace une c roix. sur l e taureau, excute trois feintes, puis d'un seu l coup plonge la l ame a u dfaut du COll. Le taureau tombe presque immd i a t ement sur l es gen oux a u m i lieu des cri s e t des hudements ....

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    TROISIEME PAHTIE ASPECTS DE LA MAGIE VOUDOESQUE

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    Quelques aspects gnraux du Culte ASPECT CURIEUX, I-E MYSTERE CHAHLOTTE, SA PHYSIONOMIE Mad emoiselle Charlolle est une Joa qui se manifes te so u s l'as pect m enlal d 'une femme blanche l'. Elle est dODc co n sidre comme une loa europenne o u caucasique tra vaillant dans le pantho n voudoQ. Mais ellc se manifeste Lrs rarement a u cours de s crmonies v o ud oes que s, peut-tre cause mme de son ori gine n o n africaine. Esprit excessivemenl pointilleux, clle adore qu'on observe vis -vi s d'elle les formes d'un protocole rituel des plu s raffine s. Elle ne se sert que tres rarement du lang age il africain coutumier aux autres loa, pour s 'exprmer ; e l lorsqu'clle s e n sert elle s'y prend avec une maladresse qui d n o L e immdiatement so n origine non-africaine. Elle s'ex prime, de prfrence en franais ( ) ; aussi, es t-ce une curiosit que de l'entendre parler dnns l'a tmosphre si africaine du service voudoo et, comme, forcment, son cheval est une ngresse ou un ngre hnlien, sn conversation n'en es t que plu s surprenante: on reste tonn d'entendre par exem ple une paysanne noire e t inculte dont l'ignornnce de la lan gue f1'anaise n 'es t m m e pas discutable, manier aussi parfaitement le fran ais, Char lotte, lor s de ses possessions ton n e autnnt que le s m ys tr es voudoo qui font parler l'espagnol parraitement :\ leur s cJJeVQUI, en rappel ant l'esprit du .captain Dayha s qni, devenn nn mystre vondoo, confre :\ so n mdium hatien, le don de pm'Icr l'anglais, Gnralement, on n c Ini cannait pas de reposoir (arbre-repo soi r ) ; on ne (0) Il Y li une Mda lYll o qui, clle, ne s'exprime qu'en frHnHs, bien qu'clic soit un mystere voudoo du rite Hadn, Ellc mnrc h e s u r les de Noh'cD nme d' Altagrce_

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    -222-lui consacre p as no n p lus d'aut e l s p c i a l il. n olre connaissa n ce. App e l e ou n o n M ade m o i selle Cha r lott e desce n d de l'in v i sib l e p our. m onte r 1> so n c he v a l m ais plu s part ic u lireme nt l es ser vices R ada, ce qui pro u verait qu 'clle a p pa rti en t p l ut t l a n a Lio n des rada au tant q u e p eut l' tre u n e e u r o penne de langw! fran aise! Elle es t serv i e p resque c o mm e M atresse Et'zulc o nl ce p e nd a nt, l e c r m on i:)1 es t p l u s sole nnel s in o n plu s r a ffin: eUe ai m e les b oissons d ouces. r oses bIelles, blanch es, ivoirines; l' ea u adoucie au sirop; t outes l es sortes de liqu eurs n o nn l cool ises sa n s toujours dda i gn e r un b o n verre d e cl a i r i o ce qui p ro uverait qu elle m arc h e non se ul e m ent sur l e rite rada mai s p a rf ois, s u r l e r t e pethro. Sa cou l eu r pr f re est l e rose. Elle raffo l e a u ss i de l'a cassa n qui es t une d licie u se b o u illie de ma s q ue l' o n a d o u ci t avec du s ir o p d e canne s u cre dit g r os sirop b atte rie, ; m a i s il f aut qu e ce s irop soi t excessi v e m ent cl air, excess h 'e m en l pu r, sino n elle l e re mpl ace par du s u c r e trs blan c q ui es t au fond l e m m e p roduit d e ca nne m a i s trs raffin. Son m e t s ritu e l p r f r es t l a c hair de pou l e t excessiv em ent jeune ex cess ivem e n t t e ndre e t d o n t le p lu mage est o bli ga t oire m ent f r i se. Ce got a u x a s pects con tradi cloi res i n vite pe nser que Madem o i selle C h arlo tt e mar c h e s u r le R ada e t sur le P ethro li l a fois: elle serai t do n c un e 10a trs b n vo l e n te m ais dont l e rare gOllt p our le cl a irin e t pour l e plum age fri s ind i qu e rait une b n vo l e n ce trs sv re. Comme Aid a \V d o e ll e aim e un punc h fai t d' acassa n d'ufs b attus, d e muscade e n po u dre, et pa n ac h de liqueu r r ose il. p e u prs l e punc h ri t uelle m ent agr a ble l a cou l e u v r e P a nbh a l a h W do. C'es t e nfin co m b ler Made m oiselle C h a rl o tt e que lui offrir u n d essert fin fait d e riz, de l ai t e t de b on b o n s vari s alcoolis o u n o n. M a d e m oiselle C harl o tt e est u n vou d oun don t les services sont diffi c il es lt o bt eni r : elle n e t rava i lle pus p our n'importe qu i m a i s pour l es gen s qui so n t il. sa co nven ance. L es vo ud o i sa n ls l' a ppellent, :1 ca u se de so n l a n gage occi d entu l, Manze C h lo t tc f c n me b l anc h e ("). DINCLIN S I N Dinclis in est e n core u n m ys t re euro p e n .comme l\' l ade m oiselle Chur l oLte F emme Rlan c he, i l lI'a v a ill e d a n s l e vou doo. D e m m e p ro b a blem ent qu e C h arlotte, la lgen de v eut qu' il s oil ven u e n H a li ( a l ors SaintD o m i n g ue) avec l es c olon s ; -il s'es t m anifes t dan s l es c r m o nies vo udoo des escl aves afric a in s ft l a mani r e d es autres ( ) Clililotte es t u n d es ( degr s ma g iqu es d 'Erzillie.

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    223 -m ys t e r es ( par l a po ssess i o n d 'LIn c h eval r i tuel ) ds que l e culLe a p u tre pra Hqu su r l e so l h atien. Dinclin s in est a in s i d eve n u tln c l oa du rile B ada. 11 e s t trs redout parce qu'il est trs svre, c flr:lc l e r e qui a fini p a r l e f ai r e confo n dre avec Lin glessou BassnSang ; mai s ce son t deux m ys t r es d ifTrcnl s du f ai l qu e Lin g l essou es t l olnlemcnl n fri ca i n, parl e c r o l e ou langag e qu a nd il )'no nte ses c h evaux t a ndi s qu e DincJ i n s in co m me Charlotte s ex p rime dan s un fr a n ais abso lum ent correct ou tres mal e n cro l e Quo iq ue Ra da, il d o it m a r cher comme M a d e mo ise1Je C h n rl o lt e F emme Blanch e sur l e P e th ro, parce qu 'il acce pte l e l'hum le t afia le c1airin qu 'il n e b oit pas m a i s qu'il vide dans ses p oc he s. Sa pal'liculnril est m m e d e vider l e liquide a l coolis dan s se s poc he s sans que le li quide y r es t e et snn s qu e l e liquid e co ule On ne voi t pa s o le liq ui de di s p arat... (") Din c lin sin es t exclusivement so bre. D e t out Lemps il a l difficile d e l e faire venir dans la t t e d e quelqu un a l ors que m ainte nant, ou bien parce qu'on ne sai t plus l e servi r ou bi e n pnrce que c'es t Ling l esso u, so n presque hOin ony m e que l'on sert et avec qui o n l e confo nd o n n e l e voit presq ue plu s. (") Certa in s autres m ystc r es "oudoo b oiven t par le nez, l' ore ille et mme p u r l es ye ux ; e t n o u s e n connais sons u n, do nt l e /lom vailfaut es t P i n 'ga, qu i mange des lames d e rasoir.

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    Aspect de rciprocit servicielle BRIGITTE Manman Brigilt e o u Mademoiselle Brigill e est une de s loa l es plus co n nues et les plus populaires du voudoo h a ti e n Cer tains en font la femme de Baron Samedi l e matre des cimetires; d'autres disent qu' elle est plu tt le plu s ancien des morts, c'est-dire des Gud ("). En e ffet, son arbre-reposo i r es t soit un saul e pl eureur, so it un bois-d'homme (orme), soit un mdecinier-b ni (jatroplla cu rcw,', euphorbiace) (" ). Sans qu'on l ui r ende un cult e qui n cessite prcisment un autel ( p 'Vou d ao) dans un oum'phor elle a un nombre incalculable de serviteurs. Il s vont l a consulLe r so u s son m:bre, au cimetire. Ils l'invoquent so u s l 'arbre qui est (ou (ilait, car l a p olice go uvernementale e m pc h e celte pratique maintenant) plac non l o in de la croix de Baron Samed i Manman Brigitte h abite donc le cimetire ; sa demeure n'est pas seulement l'arbre, mais les tas de pierres. Ce m ys t r e est aussi appel Grande Brigitte. Ses pouvoir s son t immen ses. el ses vv sonllcs plu s intressants de tou s l es vv voudoo. Au cimetire princip al de Port-au-Prince, o dans l e t e mps, n o u s l e voy i ons invoqu (a l o r s que so n orme n 'avait pas encore etc coup par l a po lice et l e c l e rg conj u gus), les co n slllLants arrosaient l es racines de l'orme avec du clairin vierge e t l es saupoudraient avec de la farin e-France ( fro ment). Ils lui donnaient, en les d posant sur l e so l au pied de l' orme, du m ais g rill et des cacahutes, c n lui promettant autre chose pour l e cas o elle exaucerait les prires qu'on lui adressait. Les consultants allumaient pour l'invoqu e r un ou plusieurs cie r ges (") Manmall Brigitte sera l e personnage central un tics prochai n s ouvrages de l'auteur: ( Les l\Iaraa Voudoo (les Jumeaux). ('") L'orme d'Amrique: guaZilma lomenlosa. slerclliiace/e. S'il es t conrondu avec le foois d'orme d'Hati ou bois d'homme: gua:wna llimifolia.

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    Fi g :10. Type de i\[:)m'ho. Fi g. 31. T ;lmboul" Assnlti Fig. 32. T:lfilbolll"s nu I"epos.

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    -225-qu'ils co ll a i ent e n suite sur les racines ou sur le bas du tronc du hois-d'homm e ; de sorte que "on y voya it e n permanence, une multitude de pet ite s b ougies a llum es reprsentant surto ul d s l e c r p u scu le, un specta cle p e u ordinaire. C'est d'ailleurs l e systeme original employ pour s'adresser la croix de Baron-Samedi eL qui donne celle croi x l'aspect nnden des perrons d'glise pavs IiU ralemenl d e cierges allum es. L e voudoisanl parle di r ecle ment il l'orme en s'adressant a Grande Bri gitte ( '), comm e s'i l avait que lqu'un devant lui capabl e de lui r pondre. La client l e de Brigille est surtout faite d e gens qui se brouil!ent facilem en t avec l eu r s a mi s o u leurs voisins des gen s qui ont t o uj ours des en nemis, qui sc di s putent donc sans cesse, C'es t ce tt e clien t le de justice de paix qui v a consulter et pdel' Manman Brigitte qui porte d'ailleurs le sur nom d e J uge de Paix, En se l'endnnt au cimctirc pour consulter le mystrc qui passe pour tre le plu s ancien mort (qualit qui l ui vaut d'tre auss i savant), on coupe une Lige de bayabonde [lvant de se prsente r s ou s l'arbre o n coupe la ti ge en disant: Au n o m d e Mademoi se ll e Brigitte". Arriv sous l'orme avec l a Lige o u branc he" de b:ly abo nde o n prononce ces paroles avec autorit : Mademoiselle Brigitte, voici l e fou e t que X ail Y :l coup pour vo u s battre (so u s en t e ndu: b aUre votre se rviteur qui est vous-mme e n personn e, puis que vo t re servit eur es t votre enfant). J e vo n s l'appol'le pour que VOliS lui don niez la l eo n qu'il mrite :t, S i l'on veut b ro uill e r deux pe rsonn es, les paro l es sont: .. .. ...... pOlir que VOliS empchiez V de s'entendre H"\.'ec G o u K ... En pro nonant ccs parol es qui ont l eur ch o immdiat dans l es nbysses d e t ous l es ci m e tircs ou m onde, le demandeur se b a i sse embrasse l a terr e, r ec ueill e de la terre au p ied de l'orme (e n pl"incipe : 7 p ri scs) qu'il co nser ve d:ms l'u n e ou l':lutre de ses l'Humes: il se dirige :llors ve r s la maison d e son ennemi; arriv devant celle maison, il lche d e n e pas tr e VII c l il jette les prises d e terred e-c imetire l 'entre d e la m aiso n e n p r ofrant ces Illats: Mademoiselle Brigitte, c 'est ici qu'habite la personne que je vous ai pri d e tourmenter Du cimetire a u seuil de l a maiso n de so n enne mi l 'o fficiant n e doit pas rpondre aux salul s. j\' lais ds qu'il a prononc ces dernil"!res pa r o l es, il peut recevoir l es sahlLs, y rpondre, pa rl e r aux ge n s qu' il l'encontre (cc qu'il ne pouvait pas non plu s f:l,'e avant) C:ll' l e rituel de l o p e rati o n m agiq u e esl (') (tl/d NibllO, un tics mOl't s "fl'icni n s les plus imporlants, prtend parfoi s q u'il est l 'enfant de I3dgitte a i nsi (lue les 30 :mtr cs Gu d e qui seraient ses f reres, Ainsi la categori e des 10a gud se composCI'ait d e 3 1 GuM ; m ais, o n e n voit d avantage, parce q ue c h aque G ud s'i ncarne e n se multipliant sous (les no m s d'emprunt : pm' exe m p l e, Ni/J/IO est lmssi Ti Pllce".

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    226 termin. A u cas o le vOlldoisanl rendrait l es saluts qu'on lui adresse e n allant jeter la terre ou parlerait quelqu'un, son aclion magique serait ino prante. Ds que J'eITet escompt de l'opration se produit, le s promesses faites au cimelire il Btigille doivent Lre tenues et rapidement, SOliS p ei n e de voir J'op rntion se retourner con tre soi. Cette magie m ontre ln l'cCprocit qui es t kabbnlistiqllcment tablie entre l e m ystre voudoo et l'operateur. En principe, c'est cette rciprocit qui con fr e l e pouvoir magique. Elle vahl d'tre sig nale car elle se trouve il l a base du systme 'mystrieux du c ulte AUTRE ASPECT MAGIQUE LAMPES ( ) La Lampe terne lle: La meilleure e l plus simple manire de prparer lIn e l ampe terne lle est de mettre de l huil e de palma-christi et de l'huile d'olive dans un rcipient que l 'o n suspend au centre du plafond du oum'phor ou d e l'oratoire prive (pOUf ceux. qui n 'on t pas d e oum'phor m ais qui servent quand mme le s m ys t res), La p osition au ce nt re du pl a f o nd se confond avec la position du poteau-mitan que la lampe t e r n e lle es t cens rempl aeer. La lampe ( ou un e autre qui l a double ) peut tre place sur le p du m ys L re qu'on sert. L'huil e d'olive eL l'huile de p alma-christi peuvent t re, sans in conv ni ent, parfumes, et, au lieu d'y ajouter quelque c h ose d 'autre, il vaut mieux attendre que l e mystre ait manifest ses risirs il ce su jet :'t moins que ce lui qui confec tionn e la lampe ne sac he, professionnellement, ce qu'il f aul y meUre relativement allx mystres dont il peut tre questio n Malgr le s co nna issa n ces du houn' gan qui prpare une lampe pareille, l es l oa peuvent venir et d emande r qu'o n ajouLe au liquide telle poudre ou t elle feuille de so n cho i x qui G: prcipitera les vertus de la lumi r e e n ajoutant il la force des lments dont elle provient. Exemple : si le baume du commandeur est additionn aux huil es dont vient l a lumire, l a lampe t ernelle fera re poser une paix. plus douce SUI" la maison o elle es t p ose o u s u spendue ; si c'est d e la poudre--canon, ou encore des piments, la vie i ntri eure ser:l plut t agite. C) Bible: II Rois, VIII; 19 : ,c. L'Eternel ne voulul point d truire Juda, il c ause de David so n se r viteur, selon l a promesse qu 'il lu i faite de lui donner une lampe li.

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    227-LA L AMPE DE TRAVAIL La lampe de travail est plutt p erso nn elle. C'es t une lampe qui es t fail e dans l e hut d e procurer du travai l il ce lui qui la f3it. Ell e est place so u s j 'gi d e d e Legb __ parce que la t nHli ti o n rv l e que L egbn est l e m ys tre qui pl'Ocure son travail il D nnbhalah : cependant. l a m m e lampe peut tre pIn ce sou s ['gide d'un o u plusieurs myst r es secondaires appels faire l e travail, soiL e n poss d ant l e h oun'gnll, so it en poss d ant que lqu'un d'autre. Si elle es t bien co mp ose cette l a mp e peut avoir d es proprits m erveil leuses. Il fnul, tout d 'a bo r d, savo ir que les i n g r dients qui entrent dan s sa co m pos iti on n e t i r enl l e u rs propri t s magiques q u e d e l e u r anal og i e avec tout ce qu e doit d on ner l a I nmpe. P a r exe m ple, s i ce sont des m a l ades qu e te h oun'g:m dsi r e avoir co mm e client le, il doit ':1 m e Ur e d es m dic am cnts de ba se ... Celte lampe appe lle alLire ln clientle. P OUl' r e t eni r cetle clientle l 'a n a l og i e ma g iqu e ex ige qu'on m ctLe Ijuelqu es gouttes de colle fort e o u quel ques mor cea u x d e gomme :uabiqu e .9. La lampe d o nn e aussi a u houn' ga n l es pouv o ir s de s l oa so u s l 'gi d e desquelles elle est pl ace. Si l' o n dsire qu e l a l ampe f asse venir un e clie nt l e imm d i ate, on y m e t se pt pri ses de prcipit r ouge. L a plupart de s l ampestravail sont co mp oses d'une mani re qu'on pour rait di r e universelle, c'est-di re d e f aon qu'elles aient d es prop ri ts uni ver selles. Elles reoivent a l o r s un e co mp os iti o n o entrent d e n ombre u ses c h o ses assez di sparates : huil e d'oli\'e, huile d e pa lm a-c hri s ti, prcipit, baume du commande u r, huiles essentielles d e plusieurs sor t es m ais de pr f re n ce huil e esse nti elle d e ros e un m o rceau de cur de buf, 7 paquets d'a i gu il l es o u 7 niguilles sur un parchemin qui sert tapisser l e f ond du r cipien t. L e cur d e b uf est souvent p iqu av ,mt d'tre dcoup. L a lampe contient aussi de l'e sp rit d e vin du j u s d e feuill e flUC, du vin l'o uge, de l a poudre ca n o n de la poudr e d e garance, du pure lord ( ) dont l es 7 p:l.rties :l.chetes dans 7 h o u tiqu es et 7 quartiers diffrents. En dehors d e la prot ection princip a l e de L egba AliBOil, ce genre d e l a m p e est gn ral e m e nt plac so u s l' gi d e e Loko Ali-sou POlin' g o u eh, de Pap a OgOll e t de P apa DanbJwlah. Ln lampe es t pl ace ll':1dit ion n elle m ent sur l e l' rlu m ysl r e 'o lld oo so u s l'gid e duquel elle est. Dan s le temp s, cette lam pe s'acc r ochait l' a rbr e-reposoir du m ys t re, coulum e qui se mbl e av oi r disparu, ca u se sa n s doul e d es i n convnients d'ordre pratique qu elle prse nt a it. La f ao n d e la r e n dre p lu s efficace co n sis t e il la d p oser a u fond d'un r ci pient ail l' o n p eut appe l e r l e m ys t re e n qu estion. ( 0 ) P ure laNi : gl'H SSC d e porc d e provenanrc :unr icainc.

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    -228-LA CONDUITE D'UNE LAMPE Con duire m agiquement une l a m pe, c'est d i r e, toujours l a mme m inute de l a journe ou de l a nuit, une prire devant celte l ampe, en l'alimentant si cela est n cessaire. L a m e ill eure heure pOUl" le s ralisations b nfiques es t midi jus te; et minui t juste pour les ralisations m a l fiq u es. P e ndant que l'o p rateur rcite sa pri r e. il dit ce qu'il ds ir e cn s'aidant d'une baguette de b ois ver t avec quoi il touille ou tourne l es m a ti r es co n tenues dans le rcipient. La lampe r es t e allume en p rinci p e tout autant qu'on n'a pas obtenu ce qu'on demande: 4 5. 8 mois ou mme un an s 'il le faul. La conduite d e l a lampe veut qu'elle ne soil t einte que quand la per sonne qui la conduit o btient sati s f action. Si c'est un ennem i qu' elle vise. elle doit trouve r l e m oyen de l 'enfouir l a barri r e d e la cour o h abite cet ennemi. LA LAMPE NOIRE Elle est co mpo se d'huile de palmachristi, de pimenlchien, de poivre de Guine. de poudre de l za r d, de poudre d e mort, de prcipit, de n oi r d e fume. On la suspen d d e prfrence d a n s une cour au lie u de l a l aisse r dans la maison. Cette lampe m agique sert surt ou t oblige r un locataire r calcitrant ft laisser la m a i so n qu'il h a bile, un enne mi ft c hanger d e ville ou de quartier, jeter l a d sunion dans l a polit ique e t dans l es m n ages uni s, brouiller une famille, faire rv oquer quelqu'un, et m m e tuer. Si l a lampe ser t faire un mal mitig, clIc peut tre p l ace so u s l'gide d 'une l oa voudoo du rite Rada; mais s i elle rloit servi r des fin s mal fique s, e ll e es t place sous l' g id e d 'une loa du ri l e Pethro. Le r c ipi en t es t form d'une noi x de coco sec d'une m oiti de giraumon ou enco r e d'une carapace de crabe d e m er. Les malires qui composent cette lampe d o iv en t t r e r eno u veles chaque vendred i pendant sept semaines consecutives. L a l ampe noire est plus gnral e m ent p l acee sous l' o b die n ce du voudoun de la mer, Ago u e h R Oyo, pal'ce que, ds qu' elle d onne satisf action, so n con t enu es t jet dans la mer o u la lampe e nti r e est co nfie aux flots sur l es quels on la d pose pour qu'elle flolte con1lue un pelit bateau -jusqu' ce qu'elle s'y enfon ce. LA LAMPEBOUTEILLE Olt BOUTEILLE NOIHE C es t une lampe qui est compose peu prs de l a m me manire c es t dire sel o n les verLu s de l a loi d analogie

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    -229E lle corres p on d a u x pouvoir s d'un m ys t r e voudoo choi s i se l o n l es les p ondn.nces anal ogiques d e ce mystre : Gg o u pour l es c h oses du f e u, Agouel! pour l es c h oses de l'eau, Erzulie pour les chose s de ,'amOlit e t d e la j L1s Uee. L a lampe. qui es t plutt une bouteille da n s laquelle o n a fait brler une mch e a u ssit t teinte e t qu'on ft bouche. es t s u spendue a u fond d'une cour c h a qu e jour, plutt il h eure fixe, l e houn' gan, a rm d'un fouet, se pr ci pite sur la b o uteill e il laqu e lle i l ad mini stre une rftcle en r g le. La rcl e :l pour eITet de h Ler le mys t r e qui es t c harg de r :t liser l e but de cette pratique m agique. LA LAMPE DE CHARME La lampe de c harme es t g n rale m ent dpose sur une LabI e o o n vicnt la II; ('onduire :t magiquement. U ne m o i li de n oix de coco e n consti tu e assez souvent le l 'cipie nt. Sa co m positio n r vle analog iquement tout ce qui es t doux e t attirant: un aimant, du sirop, du sucr e, d u miel, e t surtout du parfum e t des ptal es d e fleur s dont particulire ment l e jasmin et l h liotrope, La compositio n r eoit pri ncipalement une cervelle de mouton ach e t e c omme si l'on ach e t ait J'i n dividu que l'o n veut charmer. On y m e t d e l 'huile d'olive e t on alJume a u n o m d es m ys tres voudoo Legba (pour l e cur) et Erzulie (pour l e sentiment amoureux). Elle es t t enue allume :lussi long t emps que l e r sulta t n 'cs t pas obtenu. LA L AMPE DE DESASTRE La lampe d e desastre est l a lampe des ralisation s machiavliques. Ses deux principaux ing r d ient s sont l e jus de citron et une v s icule biliaire d e buf. On y ajout e de l'h uile [ourd e ( palmachristi l'tat non raffin), du n oir de fu m e. L a l ampe es t g n r ale m ent place dans un t rou. Ses lments sont mis dans une chaudire n o n nettoye cl s'ils sont da ns un autre genre de r cipient, on dpose alors ce d e rni e r d a n s une v i e ille c h a udi r e qui, e lie-m me, e s t dpos e au f on d d'un tro u c r eus sous un arbre consacr tel ou t e l voudoun, dans une partie plut t d serte de jardin. Pl ace sous l'g id e d es [oa Gud (voudoun des cimeti r es), e ll e peut pro duire d es catastrop he s.

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    Aspect thrapeutique .LES BAINS MAGIQUES L es praliquants du voudoo toujours ulle importance con s idrn bIc all x magique.,< depuis l es bains qui se pre nnent dans l es oum' phal' jusqu'nux bains qui se pre nnent dnn s la mer, cn passant par l es bain s clu'on prend c hez so i du moment qu'on en snit la com p os ition. Non seulement l e peuple e n co nn a it la prnlique, m ais il es t de notarietc publiqu e que l'incid ence en louche jusqu'nux gens l es plu s l evs de la so c i te. On conna it des ca nd idats il la dputa lion e t m m e la prsidence se fonL baigner magiquement pour avoir la chance d'tre lus On connait le rameux bai n de Nol el ce lui du Jour d e l'An: le s baigneurs se m e t t ent ft la m er, n on loin du l'ivage, en nombre i mp osa nt avec 7, 10 ou 21 morceaux de citron; en plongeunL, ils demandent aux l oa de la mer d 'CIl l p c her que toute action surnnturelle dirige contrc eux l es atleigne. Les loa de l a mer, Agoueh R 0110 e t Agoueh Tha R 0"0, accueillent les baign curs le lundi e t l e vendredi. Par a ill eurs, un enfant qui dort m al, qui a des vers, qui manque d'apptit. est baign par un houn 'ga n Le houn' ga n le plonge dans une cuvette d'cau o il a pralablement broy des feuilles de honte (mi m osa pudica) qui a la vertu d'arr ter les accs de fivre ou tout rwtre excs pathologique: la ma ladi e passe pOUl' avoir /tonie r L'cau es t souve nt m lan ge de clairin d o nt on a d 'a bord fla mb t out ou partie, procd qui passe pOUl' en l ever t out ger me morbide A l a lin de l'op ration, et anlOt de jeter l e hain dans un tro u o u la mer, le rcipient qu i le con ti ent es t paye, ce qui signifie qu'on y jette une pice d'argent pour payer l 'es pl'it de l 'ea u a uquel on a demand de pro t ger l a personne qui y l plonge.

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    -23. 1 -LES BAINS nE C H ARME A u lieu n'anler le monde. Danbhalah est d o n c le baigneur par excellence. Le bai n donn par Danbhalah es t toujours un b ain bnfique: il attire les gdces. procure I oules l es sortes de r ave Ul 's. rconcilie le s e nnemi s les plu s irr ducL ibles, pl'Ocur.e du travail fail monter e n grade, g u r i t d e toules sor tes de m aladies incurables o u rputes telle s. Et pour qu'il so it encore p l u s p rofi table; il d o it tre p ri s l e jour de Danbhal a h (le jeudi), sur le s p o int s d e J upite r ( ). La composi tion d u bain dc charme appell e l es Clments l es plus agra bles : des fleurs, d es feuil l es de jnsmin, d u sil"Op d'orgeat des amandes dou ces pulvrises, b eaucoup de p al'fum e t une grande quantit d'agua rliuna, .linsi que du champagne. L e bain de charme es t reno uvel p endant troi s jour s conscutifs pOUl' qu'il produise so n pl e in effet. LE BAIN DE i\'iAITRESSE L e b ai n de Mnilresse es t un l )[tin qui es t p ris so u s l'influe nce magiq ue (\'Erzulie. En principe, il vaut mieux a ppel e r l e mystre Erzulie qui vient, e n per sonne, bai g ner l' intress, de mme que, pour l e bain de charme, il est p r f l'nbl e d e faire deSC(!lldrc Danbhalah Wdo dan s ln t l e d'un h O lln' si h pour qu' il h nig n e lu im me la personne pour laquell e l e bain a t p r par. L e bain d'El'zulie avait beau.coup d e vogue, mais il semble que celte vogue ai L diminu; l es initis se contentent de prendre un simili b ai n d'Erzuli e e n se frollant avec l'eau dans laqu elle Erzulie lorsqu'ell e vient -fait sa fameu se t oilelle. Cette eau, employe m me ains i passe pour donn e r beau coup d e chance e t 'pour gurir. Le bain de Matr(!ss(! contient 3 paquet s de feuilles de basi lic 7 piments '1011.1.'. une porLion de poudre d e zo-dOllvant (composition l oca l e), de baume ( lu ('ommandeur, de la teinture d e b e njoin, du Florid a (eau de F l oride). On p eut y ajouter autant de qualits d e parfums que l' o n veut le p arfum l'l ment suprieur de la loil ette de Matresse Erzulie. Pris de prfrence une se ul e fois dans l'anne, ce bai n es t o bligat o irement prcd e t suivi d'un dessert offert au myst e r e qui v i ent l'administrer. C'es t ( ) Mystre ou d oo Qubiesoll Dan L eh. qui est l e r avisseu r Ol! l e c harmeur par excellence.

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    -232-un bain qui passe p our faire gag ner norm ment d'argent. Il marche sur les points d e Vnus. LE BAIN DE CHANCE Un autre bain l't!put pour onner d e la chance est le bain Ib u. On ap pelle l es l oa ou une loa Ibo qui vient baigner ccux qui l e dsirent. Il ne faul jamais en renouvelel' la composition pendant que l'opra Lion magiqu e se fait. c'est--dire pendant sep t j o urs. Et, comllle le bain diminue ehaque fois qu'on s'y est tremp. il e n l'es le juste de quoi se lotionner les dernires rois. En voici la formule: un litre d'alcool flamb; lIne figue-banan e ; rie l'eau d e mer prise aux BeLs des champignons; un ananas rp ; 7 feuille s de h oux une bouteille d'eau b nite pnse ri'un bnitier d'glise; du parfum. Ce ba i n marche sur le s points du Soleil. LE BAIN CONTRE LA MALCHANCE Le houn'gan couche l 'intress sur le so l aprs J'avoir entirement bill. JI lui donne parfois une petite nalle d e paille, par faveur s pciale Le huun'gan lui passe ensuite une croix sur laqu e ile es t crucifi Jsus ( Legba voudoo) e t une queue de morue sur les articulations, e n commenant par la tte (la nuque et l es mchoires, qui sont respectivement les lieux o l'esprit des voudoun eqtre dans le corps et o il s'exprime). Le houn'gan commande alors aux esprits malin s de s' loi gner du corps de la personne qu'il s'apprte bai gner au n o m de Die u-le-Fils et du Saint-Esprit. Le houn'ga n plonge ensuite la personne dans l'e a u o u du sel a t fondu ( moins qu'il n'ait de l'eau e mer sa disposition ) o du clairin a t jet, o 7 feuilles de vig n e on t t places, plus trois ou sept paquets de persil, des chalottes, du parfum e l quelques pices de monnaie. Ce bain doit tre de trs courte dure: deux minutes au plu s, mais il doit tre, en principe, renouvel neuf vendredis s ucces s H s. Il est entendu que, pour donner plus de puissance kabbalistique tous ces bains, il vaut mieux tracer sur et dans l es ustensiles qui les contiennent

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    283 -d es vcve qui r e lvent de l'influ x astral des loa VQudoo so u s l 'i nfluence desquelle s on l es place. Par exemple, s i c'est Erzulie qu i de sce nd d e l'astral p our m onte r un c heval qui b aig ne l'intress, o n dessin e un cur sui" l es p arois intrieme e t ex trieure du r cipi ent et tout ce qui peut se rapporler au cur; s i c'est un Ogou o n y d ess in e une gr ille d e fer f org ou un sa bre en s uivant bien e ntendu la tradition go m trique hrite d'Afrique.

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    LA TRADI T ION G EOMETHJQUE L'architecture orthodoxe du P Voudoo L a tradition vou doo l a i sse ente n d r e qu e l e se ul faiL d e d di e r u n oum' ph o r il un m y s t r e o blige l e m ys t r e il y descendre pour l'h a bit er. A plu s fort e rais on s i l e o um ph or es t d di D anb h a l a h : D a nbh a lah par le se ul fait de la d dicace, v i e nt y h a bit er, sous sa f o rme d i v i ne et magici enne de co u leuvr e Le p ou aute l v o udo o tait d o n c co n struit e n co n s qu e n ce, car c 'es t d a n s J e p qu e la b te l oge a i t. Ce tt e archite cLur e se rappo rte comme on l e v erra a u x bains dans so n asp ect kabbali s tique e t dan s so n a s p ec t m o rph o l ogi que. L e fait es t r e tenir parce que l se trO llve l a b a se ana l og iqu e e l logiqu e de l a m ag i e vou does que, L'ar chitechu' e du bagui s adapta it donc a nc i e nn e m ent il l'. clle l og iqu e qui p a r at b iza r re e t m m e barbal' e aux n oni n iti s, mai s qui n 'e n es t p as m o in s l a l og iqu e l a plu s orth o d oxe. M a i s, depui s d j ass e z l o n g t emps, celte m e r v e ill e u se archite ctu re s es t pre sque t o tal e m ent perdue et s i d e n os jours -il Y a e n core des o um pho r re ll e m en t e t physiqu ement h abits p a r l a co ul e u v re c elle -ci n 'a plu s so n h abita t d a n s l e p : e lle se l oge d a n s un tro u qu' elle a pr p a r o u n o n m ais n'importe oil a ill eurs. A i n s i d a ns la plupart d es o um ph o r o l n cou l euvre n e vient p l u s dans s a ra lit p h ys iqu e gom trique, le c ulle se contente de l a p rse n ce du m ys t r e l o r squ'il v ient pa r l a p o ss e ssion d'un de se s nom br e u x c h ev au x Ces c h evaux une f o i s m onts pa r l e m ys t r e -en pr e n nen t l a f or m e r e p tili e n ne e f imifent l es gomfriques e t phys iqu es de l'an i m a l sac r Ain s i d faut d 'une vra i e e t r elle co ul e uvre mat r i ell e di v in ise, l a l oa Danbh a lah n' es t prsente dans les oum'pho r qu e d e cette m a ni re ... I nv i s ibl e d a n s l e vis ible L e ritue l ayant ain s i v olu o u r gress (s elon les p oints d e vue), l' as pe c t d es p d es a n cie n s oum' ph o r es t pa r co n squent trs c h a ng: l e p a ctu e l

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    235 -adopte presque fanlais i s l c m cn l l outes l es form es, m a is en se rapprochant cependant l e plu s so uvent du pe ancien par so n architec ture carre ou rec tangulaire avec des carrs e t des rectangle s aplali s ou l evs presque la hauteur d e l a poitrin e d'un homme. C'est ce rect ang l e lev qu e l' glise catholique r omane n adopte (fig 2,1). Nous attiro n s partic ulirement 1'nttention SUI' tout ce que nous diso n s ici du p e voudoo, parce que tout ce qui prc de (lradiLion proprement dite incidences vitales, sociales, politiques, m ug i e) r elve de l a morph ologie di vinise de la couleuvre Danbhala h dont l a demeure sotrique e t rilulique est dan s l n mao nneri e mm e du pe -c n p rincipe ou en ralit. Dan s hl' tra dition, ln couleuvre sacree o u l e DanbllQlah lVdo qui venait .se log e r dans la cavit ma o nniqu e ex p ressment amnage pour elle d a n s l e pd d esce ndait du plus hOllt de l'm'trol pour ,'en ir habit e r l e oum'pho r so u s J'a s pe c t e n'importe quell e p e tit e ou llloyenne cou l euvre ordinaire repr sentant, alors, l e p y th o n r oy al e t ancestral : Dfln Gb. C'est d 'aill eurs ce qu e fait ellcore l e m ys t c r e voudoo Danbh a lnh qunnd il vient e n I o n o u e n esprit 'habiter dans [ a t ete d e qUelqll'lIl1 qui a un e crise d e [ oa. SOlllmet de 1 ': lslral cette cou l e u v r e es t l a cal/se la plus puissante en g ie voudoo : bains, l ampes, c r m o nie s, a dmini stration, royau me, p ouvo irs, t out d pen d de ce tt e couleuvre. Cett e tradilion pe rdu e ou pre sq u e pOlir l e p e haLien s'es t toulefoi s m ai n t enue dans l es arbres-rcposoirs ( pu is que le tl'OU du p d e s t en somme l e p osoi r de .Da nbh a lah ) e n co r e h a bil s (sauf exceptio n s) pal' de grosses cou l e uvres qui savent m me descendre ers les vou doisanls p endant l es c r mon i es e t qu'o n nOllnit co mm e l es m ystcres elix -m me s avec l e plus profond re s pect. Pour mieux comprendre ces lign es, il est bon cie r elire la p r face d e "J'age : l es observations savantes d e Nroman corro b orent les d on ne s scien lifiqu es que les inili s voudoo pl::tcen t dans la co uleuvre Danbhalah el dans l a co uleuvre Aida \Vdo et qu i servent. de f ondemen t traditionnel leur religion. La mme couleuvr e qu i est l e serpent Uraeus (le naja) e n Eg y pt e -monlre h o mophoniqu e m ent comment D a nbhal a h nagc dans so n bnin magi que ce qui veut dire commen t il p oss de l 'l m ent de base de la Inngie Vou d ooi qu e : l 'eau. Aujourd'hui l e govi h ase d'l ec lion e domicile de s l oa ) o l e h o un gan app elle l es loa pour qu'elle s y lisent do m ic ile a p ratiquement remplac l e trou du pe. C'est ce qu'acc u se la f o rme du pschent gyptien don t l e se r pen t dfend la royaut magique d es pharaons: l e p sc hent n' es t qu e l e govi dao (un r cipient sac r qui re oit la couleuVl'e comme divin it pro t ec trice ) servant d e trne, d e c h apeau e t de garde magique

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    236 -De mme que le goui voudoo sert il recevoir les divinits africaines, le p::,'cflcnl sert de mitre aux divinits gyptiennes: l'ameris gyptien trne dans le double bol du pschent comme le Dan-Bha-Lah Wc-Do voudoo est dans le govi Ol! dans le trou du p : GOVI PSCHENT Ainsi, alors que la Kabbale voudoo prend Je goui comme loge royale du pyfhon r oyal Dan Gb l' (forme encore plus leve de Danbhalah \vda) le p schent est la couronne ro y al e et principale o se loge la tte des pha r-on -parce que Dangb en Afrique, eslla divinit suprme (PHA) com me roi-d esrois ( r-on ). De telle sorte qu'on n'a qu' regarder la forme de bol renvers du p schent pour comprendre que D i eu sous celte forme -descend comme roi terrestre. Ce sont le s raisons pour lesquelles, dans la Kabbale voudoo, Dan Gbe T Can est non se ulement le .christ r enve rs ou cru cifi comme Roi des rois ( R-r voudoo), mni s la per so nnification astro logique de l 'Orient (vers) et de l'Occident (re m'ers ), du Feu et de l'Eau, de la Lumi re et des Abysses so u s -marines ou du Ciel descendant pren dre son bain magique comme l'indiquent clairement l es murs rituelles de Danbhalah. Or, en Egypte, le p schent pharaonique est justement une couronne ou un rcipient rouge (le feu cleste) sur une couronne ou un rcipient blanc (l'eau terrestre et so u s-terrestre) qui repr sentent les deux ples extrmes du mon de COrient et Occident) ou les deux divisions du ciel que la croix de presque tous l es vv du voudoo reproduit magiquement. Donc comme roi-roi ou rd-r, le bol renvers du pschent figure deux roi s ou deux royaut s : la royaut de la cit c leste ( ciel de Danbhalah) et la royaut de la cit terrestre (trou de Danbhalah dans le pe ou dans la. terre du oum'phor). Voici comment l 'Initiatique et la Kabbal e d'Egypte reprsentaient ces deux royauts dans l'administration politique ( fait politico-religieux qui montre pourquoi les loa voudoo se sont incidemment mls ce point la vie politique et socia le d'Hati depui s la transportation des esclaves) 1) la couronne rouge -la royaut sur la Basse-Egypte (Dan-Bha-Lal! dans l'Eau) ou (dans son bain magique ).

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    2 ) l a couronne bla n c h e -237-l a royaut sur l a Haute-Egyple (E rz ulie il sa t o ilette) o u (Isis dans l e Nil). Vo ici m ainte n ant l'archit ecture de l'anci e n p voudoo et la m ani r e d e la compre ndre: l e chemin li est cel ui que prend Dan-Gb pour aller h a bit e r en c c omme D an -Dha-Lal! ; l a ligne O-UN es t l a table du p ,. U est l e lie u o m onte se l over l a co ul e u vre quand l e h oun'ga n l'invoqu e ; N es t l e lieu o se place la couleuvre p our parler au IlOan'9an ; l' t oile qui surmonte le p est L egb a A ti-Bon p arce que ce p e ntagramm e divin es t personnifi ri tuellement par le m yst r e de synthese qui porle l a bagu ette magique de D an Gb Td sou s l a forme du p oteau-mitan du p ri s t y l e autour duquel co nver gent t outes les activ it s du ritue l ; K reprsente les goui d a n s l esq u els l e h ouo'ga n appelle maintenant les l aa ; X l 'as son vou d oo (bag u e tt e m agiq u e voudo o) avec quo i le h oun'ga n appe lle les loa ; 1\' 1 l e sabre ou m achette d es m ys t res Ogou d ont se sert La Plac e pOUi diri ger les c r m o ni es il la t te du co-drapeaux. La couleuvre Dan Gb Ta Cal! d o min e l a co n structio n magique :

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    238 -L es p os it ions U. N, n C ( r e mpl aces a ujomd'hui pal' !{) e n seig nent pourquoi -jus qu'a prsent l e houn'gan, usso n et c lochette rituel s en m a in est o bli g de s'appuyer la tt e contre ce lte arc h i t ecture savante du p c p o u r appe l e r les IDa: l es l oa viennen t a l o r s aujourd' hui dans le goui com m e elles ven a i e nt (sy n th tises }lill' l n coule u vre) en N p n rl e r a u p r t re et a u x h ou n' sih. Seu l eme nt pendant ce ll e opra ti on p rodigie u se o l es In v i s ible s de sce nd ent d e l 'astra l p our onner es consultations, l es h oun's ih n e sont pa s a ut o r iss il re s ter il J'int ri eur d u bng ui. L es h ou n 'si h sont so u s l e pri s t y le, d errire la porle f erme du oum'phar. Celte excl u s i o n des houn'sih est due n u m m e m a li f qui voulait que Mose seul fut admis v oir e n p erso nn e l a f a ce de l'Ete rn e l. Or, Mose co m me l e h o un 'ga n h atien, ava it 1 : 1 cou l euv r e vo ud oo dans le Tabernacle, d a n s l Arche, e l plus tard, Salomon l'a yant r e u e de Davi d ( qui tait un n g r e de ln mme tra dition ), ln pla a dans l e t e mpl e d e J rnsa l em s o u s l e nom d'A sch. .. Celte coule u v r e es t r es t e d a n s ln tradit i o n voudoo so u s le n o m d Asl-H o m qui s i g nifie: l A s tr e qui domin e l es Ab m es. L a l ogi qu e de ce tt e architeclu r e vaut l 'nsso n ln fnveur de port el' l e n o m d e p o u k-p : l autel voudoo figur archiLec lurnl e m ent o u go mtriqu e m ent p a r un hill o n ( ce lui d e L eg ba ) ou llil p otea u avec un e s ph i 'e o u un cercle a u b out ce qui r e d onne l ogiq u e m e nt l a form e d u P o t ea u-Milan du p ris t y le, axe du ri tu e l voudoo, CA HACTEHE DU CENTRE MAGIQUE DU VOUO OO L e ce nt r e m ngiqu c du vo ud oo se trou"v e par co n se qu ent au m ilie u ou a u midi du c.er c l e du pOtCntl Olt de l a sp h r e de l'a sso n ; c es t pourquoi la ba g uette est plantee :m m idi d e l' usso n c t l e p otea u au centre du socle d e ma o nnerie Le m ys t r e qu i gard e ma g iqu e m ent l e b o is de l' asso n (le manche oe l'a s so n ) ct l e b ois du p oteau s'appelle Loko A li-S ou, du nom dc ses a tt ributio n s kabbalisti qu es : Loko ( l e lieu) Ali ( du bilton ) sou ( m ag iqu e). C'es t ainsi qu e Papa l...oko es t non s eu l e m ent l e m ys t r e voudoo qui ga rd e mag i qu e m ent le pot ea u m a i s encore ce lui qui sert d e trso ri c r a u oum 'phal' ; en co n s qu en ce il can nait l e s m e ill eures re ce tt es magiqu es Ain si, comme la puret m a gique des pOllvoirs astraux du po t eau est p e rson n ifie par l a loa qu c l'on appelle Grand e Ai-Zan ( qu i signifie connaissance rlc.'> mystres de l'a s tral p a r la c ro ix), ce lt e loa Grand e Aizan es t dite Mam bo Aiton: la m agicie nn e p a r excelle n ce du ou m ph or. C'es t ce titre qu'elle p asse pour tre l a fem m e de L oko AU-Sou ( p ) L'e scorte m agique de Mum'bo Aizan es t co nstitu e par les my s t r es de l a n ation afr icai n e dite n a n c h o n .. A-Dan l -Zo Y-a n Go,

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    QUATRIEME PARTIE LA PRISE D'ASSON

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    Fig. :1:1 (Sur le sode (lu potcnumi -11In). Iltlulcilic noire CIlIl IClIl1nl un l i<]uidc nkoolisi: que le hnlln' g:lIl vO(Jorisl'1'(/ p o u r mulliplit'l" POII\ "ors dl'S Inn. Fig. :K (En hlnnc pied de 1':11" hrc) le pot d 'cau rituel qui seri il jl cl' d I cml

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    Aspect-synthse de la prIse d'asson D'aprs ce que nou s venons de rvler nu sujet des bains magiques Csyn thti ss par le socle du pot ea u ) pris comme bassin de fa couleuvre Danbha {ah \Vda et au sujet du p ,'oudoo, l'architecture mme du p enseigne que le point c o loge la couleuvre figure tradilionnellemenL et kabbalistiquement l'Afrique l'endroit de J'Afrique o habile l'esprit ; ou l'endroit d'Hati o est venu, depuis la Traile des Noirs, habiter l'esprit vaudoun des : La Vill e :lm.: Camps el l'Ii ( *). C'est d onc il If -ville-origine de l'e spril-lJoLHloun -ou dans la patrie cleste d(!s toa voudoo reprsente pnr le point c du pli que r si de toute la somme des pouvoirs magique s personnifie pal' le my s t re Danbhalah. Pour avoir ces pouvoirs magiqu es ce qui reprsente rituellement l a prise d'asson -il faut donc aBer l es prendre il If en Afrique, et cela, e1l passant logiquement par la ligne (1" poteau qui traverse son cercle kabba lislique Le poLenu vo u doo esL alors appel du surnom analogique de Papa Loko Ali-so u POl/n golle!! (d it poun'goueh parce que le rcipiendaire doit justement twvcrser l es eaux abyssales (poun'goueh) pour se rendre en Afrique dans le sens oerlical de la ville : Maitre GRAND BOIS. Donc, toujours par analogie et homophonie, le futur houn'gan es t conduit par s e s initi:lteurs (de 'ieux houn'gan) il un grand bois dont le n o m nfric !lin est phuzO/In Il est conduit Iii pout" r ecevoir l'asson ; puis, il es t conduit l'autre grand qu'est la croix de Baron-Samedi (Je matre des cimetires) pour avoir l e consentemenl sotrique. En tout tat de cause, aujourd'hui, de mme que le systme du p a chan-( ) voici es t la traducti on ; Vi = gnration. Lo = universelle. Can = du Soleil une lll.laptHtion ha'ilian o -fl'anaise de Vi-l.aCan don t 16

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    -242ge (en le mme principe dans le govi), l e rituel impo s aux da t s l 'usson est trs compli que. Ce rituel es t compliqu pour des raisons qui, com m e dans les Loges Maonniques, ont plutt un caract re d preu ves in iti atiq u es que d'utilites occultes. Les haun'gan donneurs d'asson ont in trt co mpliqu er chaq u e j ouI" davantage ce ritue l essentiel en en multi pliant les complications qui selon un systme mercantile dj connu ans loules les glises et en Afriq u e engraissent leur bourse. Nou s tant as s ign comme but de montrer le vrai voudoo (le voudoo d'o r igine, le voudoo de la r vlation ) nous faisons donc abst racti o n de t ouLes ces complications dont le charme spectaculaire n'esl sans doute p as n gli geable pour livrer le secret du cremon i al d'origine. Ce crmonial suffit il faire un nouv ea u h oun'gan, c est--dire lui confre r les pouvoirs surnatu rels par l' asson, si ceux qui l'assistent comme initiateurs sont rellement de la li gne authenliq ue dont le premier membre es t Dan Gb, le Matre de l'Astral lui-mme. Voici le cr m o n ia l d 'o rigine: Le futur h oun'ga n se r en d c h ez un vieux h oun'gan, reprsentant authenti que des anctres ou de l' anctre cou l euvre (le voudoo tan t un culte des an ctres) et il lui dem3nd e de lui con frer le grade de houn'ga n. Si le rcipiendaire travaille dj 3vec un h ou n' ga n e t appartient par consquen t son oum'phor c'est son maUre qu'il demande de lui con f re r 'asson. Le vie ux houn'gan dem a nde deux aut res confrres (les plus gs possi ble ) de venir l'assis t er en vertu de la prescription so triqu e qui veu t que 3 maons runis forment dj une loge rgulire. Il peut nanmoins se faire assis t er par 6 houn 'ga n pour former un e l oge so laire ou parfaite. Le houn'gan qui prs ide astreint l e candidat un sjour purificateur dans la pice attenante au oum'phor proprement dit : le djvo o u dye-vo d'o sortent les initi s vou-dao o u vo-dou. Ce sjour purificateur est rgl ( ou doit J'tre e n principe ) sur l e nombre occulte du my s tre sur l e po int duquel le candidat la matrise ( houn 'i or) est cOl/ch : s i c'est l e point de Legba c'est 7 jours; si c'est le point d'En':lllie, ce doit tre G jours ( ) Aprs l a purification dans le djv6, le houn'gan in voque, par une sor t e de litanie des saints, t ous les myst res du voudoo ; ses confrres font l es rpons. Ils disent en substance: (") L e houn'ior est" co uch:> dans I c djv. L e coucher ltes houn'ior rpond au cOllcher des cardinaux dans la basil i que de Saint-Pierre, il R ome: les cardi naux son t couch s pour une crmon ie a u cours de laquelle le chapeau rouge leur est remis. En H a ti, un houn'ior co u c h sur le poinll!OIIl!'gun, reste 21 jours dans le djvo pour rpondre aux vertus du i solaire, multipli 'par le 3 d e l a Trinit sain t e. En principe, l e coucher s'observe dans les ordres rehgieux ; c h ez les Trap pistes, on chante mme les fun rai l les du rcipiendnirc.

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    243 -Premier hOlln'gan : c M'a p dit ou bonjou, Papa Legba Afi BOil Kata-rouleau ... M'a p' dit ou bonjou, Papa Loka Ali Dan Poun'goueh I bo Loko ... M'a p' dit ou bonjou, Papa Danblialah Wc-Do ... M'a p' dit flOU banjou, Papa Ogou, Dgou-Fer Dgou Chango ... M'a p dit ou bonjou, Afriqw! G/lnn Tocan DallOumin ... Le h alln'gan a jetri de l'eall avan t de parler, en l'orientant a u x 4 directions cardinale s. Maintenant, d signant le ca ndidat l'asson. il dit: Hpons 4' Main X, c' pititte ou qui l ou ... Li dit c' pititte ou, Afrique Tocan. Aida lVedo To can Dahomin, e' toute Guinin li y. Li c' cheval lIJarussah, T oca n Frda lVda ... Li dit c' pitilte ou, Arrique Tocan. Aida Wdo Tocan Dahomin, c' toule Guin i n li y. Li c c h eval Marassah, Tocan Frda Wdo ..... Le houn'gan officiant jcltc encore de l'eau pal' terre aprs avo1l' orient le liquide. Il dit : Djo-l passe ( d l'eau-l passe ... ) Hpon s Djo-I passe ....... L e futur h oun'gan est a lors po ssd par un voudoun. L'officiant dit: C' lan Guinin nous y ..... Saol par l e voudoun qui le monte le futur houn'gan rpond M'a p suive ou, Papa moin ..... Le futur houn'gan est obli g de se coucher a lors sur le sol, entirement dvtu et absolument priv de Lous ses bijoux, quelquefois la tte rase. Il d e mande il l'esprit-voudoun la rmission de toutes ses faut es et il fait l e serment de se conS3('rer sacerdotalement au se rvi ce d es lou et de ne jamais rvler quoi que ce soit de l'initbtio n. Le houn'gan le plus v ieu x l'asperge d'eau bnite, de clairin vierge et l e conduit:ll1 pe. L, d evant le lieu marqu c, il es t il If Monie totalement maintenant par l'espri t qui le gu id e. il c h ancelle, soutenu p a r le vieux papa-Ioa ; le vieux. papa-loa le fait s'incliner devant la pierre du pc d'o le mys t re nfln GlI / 6 lui remet l' usson et l a clochette. D ehors, la b3tterie de tambours (celle du rite sur lequel l'imptration

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    244 -s es t droule) resonne ; l e chur des h oun'si h e nt o nn e le s chants ritu e l s envoys par l e h oun'gu nico n Maintenant. c'es t l'in iti qui mont par l 'es prit va prsider. II es t houn'gan parce que ayant a in si pass l'eau, il est all If o D a n g b lui a re mi s l' usso n il la r equte des vieux houn'ga n d tenteurs de la Tradition Voudoo C). Qu il e n soi t co n scient o u n o n, et qu'il puisse l' explique r o u pas voici l e trajet mystrieux qu e l e houn'i-or co u c h dans l e djv sur point houn' 9UII, accomplit dans J'in v i si bl e : asson ( r o ut e d e l'assa n ) On y voit la be q ulle de L egba Se sou s l a forme d e la l eltre l' e t l e faincux car r e four d e J'ori entati o n vo ud ooesq u e : )( Ce trajet sera expliqu l a Neuvim e PnrLie. Son nom traditionnel est Arbre S ou 1 rlJr e Sec c L le myst r e vo udoo qui (0) P our certaines r aiso n s, D a n -G-Be sait refuser 1'1'Isson. D a n s cc cas, l'impe se sert quand mme, assez souvent, de l': lsson qu e l'Esprit lui a rerus j m ais 11 est a lors un faux houn'gnn et il ne reussit certnines oprati o n s qu 'avec d es lments vols a u x vrais houn gan L a Trad iti on vou d oo dit, d a n s c es conditions, qu e le nophyte n'est p as all sous l'eau." li pas t all ell d'l'erlll.

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    24 5 -l e pe rsonn ifie est L eg b a S o u sa form e sup rieure : LIH-SAH S. dit a u ss i S-r.bo Lihsuh. Dan s la tradition judaqu e -qui est si parente d e la traditio n vo udo o par ce que Mose avait un asson Pethro -ce trajet m ys t ri e u x es t logiquement pl ac entre l es m a in s des ra bbi comme l 'asso n es t mis entre l es m a in s des houn'ga n et des mam'bo. Correspondance biblique de l'as son KOHELETH .A-DAM. KOHELETH-A-D O M KOHELETH-A-DON ou I{OHELETH-A-DAN es t l e nom de l 'usson voudoo ; mais d'abord l e v r ai nom de l a calebasse courante av ec laquelle on fail l'u sson rada. C'est pour quoi l a liane qui pade l e nom de calebasse CO/lrunte est le reposoir et l'arbre conSrlcr au mystre Dan-Blw-Lull, d a n s le Voudoo ortho d o x e. La tradition permet d e re lmuver la premiere partie de la fo rmule dans l a signification d u tex t e g n ral de l'Ecclsinsl e (Ancien Testament) : crain t e de Dieu et obissance aux commandemellts de Dieu, ca use de la vanit de l'tre t erres t re et ma/Criel. L'acception biblique traduit, e n effet, tout l'oc c ulti s m e initintique de l a kabbale. L a formule es t Coelelh, Co-L-Th, Co-L T ha ou Koll clcf h Cecclsias te ). L'Ec clsiaste tant, bibliquement, l e Second Livre de Salomon o u le se cond des Livres de la Sapience ou Magie du T c m ple de Jrusalem, il est a lors facile de com p rendr e pourquoi celui qui prend l'asson es t i n iti. comme houn'gan o u mam'bo, par le c:lnal de la couleuvr e qui es t enroule du potC:llHnitan : co-l-lIw-Dan p uisque cette couleuv r e es t D an bhalah. Ainsi, !:l Sagesse d u t e m ple d e David (qui es t un roi ngre) et dt'! Salomon (qui es t son fils) est la tradition m agiq u e du oum'phor ( ). L e kolthadan ou asson voudoo rvle. par so n m agis t r e, que l'tre hu m ai n ne dpend pas de lu i-mme, mais de force s occultes surhumaines que l es initis voudoo appellent myst r es a n ges saints ou Iwa selo n les rgions o l a r eligio n voudoo es t pratique e n Hati e t e n Afrique. Voici une d es meilleures translations de la formule enti re: COELETH : Sagesse o u discipline kabbalistique (tradition du clerg et de l'Egli se). A : Grand Matre (Equerre o u Alpha). DAN: reprsente, traditionnellement, par l a couleuvre Danbhalah. Est-ce pourquoi, dans l a Tradition Universelle. la couleuvr e es t l'animal qui initie l'homme ct l a femme: de m m e qu'elle est descendue d e l'Arbre ( ) C'est pourquoi les houn-i-or ou rcipiendaires v ou doo son t su r nommes 4: pe tits serpents >.

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    246 de l a science initi e r Eve e t Adam (dont le nom se retrouve dans la formule A-DAM de KOHELETH -A-DAM), e ll e d escend du boi s du poteau-mitan des prist y l es pour in itier l es houn'sih-Canz o, l es J/Ol/n'i-or l es h Ol/n'gan, les mam'b6, les h oun' gw!nicon el l es hOIlIl' tllOr-gui. L a formule indique aussi l'assembl e ou runion des initi s vo ud oo so u s le pristyle du o um 'phor ; ce qu'un chant rituel. qui runit les vo udois ants au dbut des c rmoni es, tmduit ainsi: 4: La fanm; semble z ..... .. (Famille d es initis. assemblezvo u s). Voici le texte complet du chant: La fanmi semble z ... en o ... J a fanmi, semblez non ... Ago uAld. a hin'dc ... N'a pe hin'd ... La fanmi semblez ... ell fi o ... N'a pe hin'd P apa Loko AUso u L a fanmi semblez ... en ... N'a p hin'd Grand e Aizan Vl kt. La fanmi semblez ... en Go.. La fanmi semblez non, Agouela, COlleta a hin'de ... N'a hin'de il/aras .w h DO-SOIl, Do-sah Do-gouell. E Agoue-T6 Oil ca hin'de io vra i

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    CINQUIEME PARTIE L'ENVERS DU VOUDOO

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    Les Sectes Rouges Le s initi s voudoo qui sont re s t es dans la puret traditionnelle appellent les initis qui en sont sorti s CABRITT'TI IOIHAZO. Le s cabritt'thomazo sont les traitJ"e s, 3ppel s encore Congo e t Ibo enchans (sous l'influence mal fique de la face occidentale de Jupiter) Ce sont l es m embres classiques des sectes dites rouge s ou sectes criminelles: qui versent le sang humain. COIIl/nc ho stie, mais non (comme l e croient ceux qui sont mal renseign s) pour l e plaisir de tuer (q). Il en rsulte que cabritl 'thomazo indique des voudoisanls assimils tout naturellement il la s i gni.fic: ttion de l a formule: l e oum'phor dtruit par le feu du ciel (zo), ou encore: la m aldiction est su r nous! La formule indique un sc hi s me religieux ou plutt de concept religieux auquel dcmeure attac he l a formation de ces sectes de sang humain sacri ficlel. Le schisme a eu lieu entre les voudoisan l s purs et ceux que les purs prtendent impurs .une division entre les voudoo franc s et les htrodoxes. Dans la tradition, les fran cs ont pour symbole de leur puret orthodoxe un anneau de bois brl ( bois noirci par l e soleil qui est cense figurer l'allian ce avec Dieu par la matire mme du poteau-mitan) qui reprsente la Lune et la Terre fconde s ou brles par le Sol eil base scientifique du culte voudoo. L'anneau d e b o is porte une f en i e imperce ptible aux profanes. Cette fente indique le lieu anatomique d e l'astral o l e soleil poss de l a Lune e t la Terre. Les schismatiques, qui Lendent srieusement vers le rite fort pal' excel lence (le rite Pethro) constituent des sec tes aux noms divers; Cochons poil s, Bissage s ou Bisango, Cochons Gris, Vin' Bain Ding '. Ils ont pour em blme l 'pe exterminatrice de Saint Michel en astrologie; pe cl'Orion, dans le Zodiaque : arc du Sagiltaire. Ces schismatiques, constitus en sectcs

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    250 d'extermination rituelle s e se r vent d e celle p e ou de cet arc pour ex terminer. Dans l a tradition, ils s'habillaient primitivement de blanc (ce qui pro uv erai t qu'ils n e sont pas parLis de mauvaises intentions, mais plutt d'un co n cept contestable), t a ndi s qu'ils prfrent aujourd'hui l e rou g e sa ng. Ils sont devenus ex t er minateurs par un f a u x co n cept du crucifiement: i l s p e n se nt qu e l e J s u s voudoo ( Le g ba ) es t m or t sur l' a r bre sec (le poteau o u la c r o i x) pour se rvir d e sacr ifice h uma i n concept auquel ils sont encourags par celle expression e mpl oye dans l es glises mme qui l es combattent: ceci es t m o n co rps, ceci es t mon sang Tandis que l es u oudoo [rallcs co mmuni ent e n L eg b a so u s de s esp ces rituelles qui par gncnt formellement l a vie humai n e La traditio n accuse don c l es schismati ques d'avoir mi s J sus mort comme hostie humaine. Ain si, l a formul c .cABRITT'THOi\IAZO ind i que les impurs cause de la cou l euvre du t e mpl c afro -judaqu c qui es t A sc h Ast ou A s t-Hom ; car, A s t hom es t p ou r l es tradi ti o nali s tcs,"l a pcrmutalion de Tho m As, nouvelle f o r mule afri ca in e qui sig nifie: atmosph re musicale du ol/m'ph or. CABRITT' TllOma s-Zo s'exp liqu e ra i t donc comme suit: CABRITT' = s ncririce sanglant du cab r i rituel THOMAS = n u so n d es batteries de tamboU S ( qui montre les plaie s du .Ghrist) ZO = et dans l e feu cleste du bagui (c'cs t--dire dans l e rite P ethro qui es t l e r it e du f e u ), JI est cependant utile de n o ter que tou s les nom s que l 'o n donne a ux sec t es rou ges ou qu'elle s s e donnent pour efTrayer ou s e donner de l'importan ce n e sont que des nom s n 'emprunt, car l eur vrai c t se ul n o m est Vin' Pain Ding' q ui s ignifie; Vin ou sang, P ain ou c h air humaine, e t DING ou excr ment. L eurs a d e pte s p ortent une curieuse b a gu e d'argent orne d'une tour. Tandis qu e l es voudoo francs sont sous l' g ide du mys tre Ai-Zan T a Can qui perso nnifie l a puret de l a lig n e gomtrique du p oteau-mitan des p ri s t yles co mme couleuv r e sur une c r o i x en flamm es, l es voudoo des sec te s rou ges sont so u s l 'i nflu e nce terribl e des Erz ulie Zan -dor qui re mplace la cou l e uvr e pa r un h omme qui, se l on l es cultes e t l es pays, se nomme L eg ba i iU-B on, J sus-Ch ri s t I s, ou rtllOu-r ill a zda ... Certains -par manque de rense i gnements a ttribu ent l'origine de s se cte s rou ges a u caraelre s oidisant cannibalc des tribu s Mandin gues. Mon d o ngu es et Bissa n gos, dont auraicnt hrit les my s t res z:mdor ; mais la tra dition apport e unc version t ou t e difT r ente : l e sc hi s m e daterait d e la m sententc hi storique d es Samaritains e t de s Juda ques. C'est ainsi qu e l'Encyclopedie enseigne, d'aprs la traditi on, que la croyance e t l a pratique re ligieus es d es Samaritains (pour la plupart d es Ngres depuis l ors troite-

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    -251-m ent apparents aux voudoisanls a fricai n s) diff raient de celles des Juda qu es : les Sa m a r i t ai n s n e se servaien t que du Pentateuque de Mose parce que l'origin e initiatique de ces cinq livres est africaine. Mose ayant t l e houn' ior (candidat h ou n 'ga n ) d un houn'gan n gre qui t a it justement sa c rifi ca t eur du rite P ethro ; ils r eje taient les pre scriptions d es doct eurs ju d a que s qui excda i ent l e Pentateuque ; e L ils a d o rai ent Danbhalall-Yllw sur l e mont Garizim tandis que l es judaques adoraient I ahv dans l e t e m ple de J rusal e lll J s u s luim m e fut l' ennemi d es Ngr es de Samarie ; pui s, se ravisan t plus tard, il env oya des d oc t eurs juifs prcher c h e z e u x pour essayer de les convertir :lU judas m e du t emple e l d es livres apocry phes d'Esdras. Plus tard e n co re, b eaucoup de ces n g r es sa m ari tain s renon crent leur conversio n op ree e n g rande partie par Saint J ea n et Saint Pi erre, et ils se r volt r ent sous la conduite de Sim o n l e Mag i cie n et d e M nandre. Avec un p e u de patien ce, il n l ail pa s impossible e retrouv e r l e HI d e c e schisme dans l histoir e du voudoo prise d e l' p oq u e de la Traite de s N g re s en H ati ce jour. C'est ce que n o u s avon s fait p ou r mi e u x t a blir le s r a i so n s a ttribu es par l es so l ris t es il. c etle di visio n : .Il La form u l e VinPai n-D ain-G, crit Arthur H olly, est celle qu e la tradi ti o n de s Africain s d o n n e l'h ostie qui, en vrit, essentiell e ment co nti ent l a presence rell e du Fils du Dieu d'amour immo l. Des m e mbr es de la soci t des .Cl: vinbain daing furent surpris un j our immo lant un enfant e n reprsenta ti o n du Fils de Dieu e l en application du m ys t r e d e Belphgor. Le pouvoir publi c h atie n Ht procd e r l 'alTes talion de c es gens-la dont l a prtre sse se nom m a it J eanne Ils furent liv r s la justice qui les co nd amna mort : ils fu r ent excuts e n 1864. C'est d e puis eel v n e m ent, que le s voudoesques sont accuss de pratiquer le c ulte de B e lph go r ; c'est--d ir e l e ca nnibali s me reli gie ux s i cher aux I sra lit es e t a u x Romains ( r ) Il A u point de vue sotrique, le cor p s et l e sa n g d u Mess ie da n s l h os ti e son t l' quival ent des rites e n u sage d a n s la se cte de s Hibb o Vinb ai ndain g Il C'tait jus t e m ent pour mettre fin il. celte horreur, absolument d g radante pour l'Hum anit que le Messi e tait ve nu sur la T erre. C e tte pra tique, il juste raiso n a t o ujou rs e nc o uru l a r p robation universelle en Hati. La secte 'i nba in d aing s'es t confo n due ave c celle des Hibb o qui continue pra tiquer le rit e !evitiq u e d es sac r ifices d'anima ux. 9n r eco nn ait l es mem bres d e ce tte s ecte par leur bagll e en a r gent pur .w rm onle d u ne tour au so mmet de laquelle es l soude une petite c h ane d e lrois anneaux. Cette tour es t celle de Siloe o l' on praliqua it le sac rifice humain. D e pui s l'tabli sse m ent de celle traditi on c h ez l a race noire il es t s ur venu un sc hi s m e parmi l es Af rica in s di spe r ses dan s l e m on de, sc hism e dont

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    -252l a cause es t occu lt e pal' le fait que l a collec tivit africa in e n 'tait plus i n s pire et guidee pa r le m m e gnie in v i sib l e ... En H ati mme, ce sc hi sme, celte division, son t fOl't prononcs ... ct En tout tat de cause, il y 3. une incidence importante du voudoo sur la vic h atie nn e que l a cita ti o n de H olly nOliS perm e t de signaler: l e consensus haitien, a in si que l e continuum hati e n tant des rali t s qui rel vent de l'aide apporte aux hros de l'Indpendance du pays par les l oa que sont l es Invi si bl es de l a traditi on samarita ine il arrive n cessaire ment que plu s H a ti sou ffr e d' tm e mauvaise politique gouvernemen t a l e p lu s l es sec t es d moniaques s'exacerbent. comme s i cett e exacer b atio n tait le reflet exac t d'un paroxysme de mcontentement des l oa voudoo Ce m conten tement que l e mystre Qu e bisou Dan Lch reprsente dans l e oum' ph or, parce que Qubi so u est la foudre qui in cendie et r e nv e r se la Tour de Siloe o se pratiq u e l es sacrifices humains a pour ca u se l'opi ni on d e tou s les initi s voudoo : la vie et l'indpendance d'Hati sont l'u v re des my stres que l es esclaves de l a Traite apportrent avec eux su r l e so l dc Quisq u cya ct dc Saint D omingue.

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    SIXIEME PARTIE DE L'IMPORTANCE DU "LANGAGE" DANS LA MAGIE VOUDOO

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    . L'explication des prmClpaux Mystres Voudoo par les langue s africaines comme principale s rfrences du Voudoo C es t d o n c e n ratlac hanl l ou l ce qui co n cerne l H a ti e n a u voudoo que l' o n tro uve l es meleures rai so n s d e son compor t e m en t religie u x e t par tant, d u culte vou d oo lui-m me. P a r exemple la langue d u vOlldoi sa nl h atien est co n si d r e par lu i (nous parlons d es initi s qui co mp ren n ent e ncore l e symbolisme t ra d itionne l qui es t l a ba se de l a r eligio n ) co mm e so n existence propre ce qui r eprsente une sorte d'apothose de l a vie, p arce qu e l e VERBE ( m ys tre L egba du voudoo ) magnifie l'exi s t e n ce par l a per so nn a lit du Chri s t (qui est encore L eg b a). C es t alors l e s uffixe gba de l a f or mule qui d n once l a relation, car gb s i g nifie l a f ois langue e l vie. On voit t out de suile, l a lumire de ce ll e relation, l'importan ce de ce my s tre qui, n on se u le m ent p rocu r e l a vie qu'il est mais la conduit ci son apolhose par la mystique voudo o co mm e pre mier de s m yst r es voudoo. L eg ba t ant alors l a personnification voudoo du so l eil ( hou hw), l e voudaisan t se ra son enfani e t so n adep te: hou vi = soleil-enfanl ou soleil-ad epte. L e hou-vi ga l e donc l e voudo i sant qui es t normal ement voudoo-v i. H ou (so leil ) e t v i (ndep te) d o nn ent par co n squent so n nom il l'adep t e voudoo du fait que Je VOUDOO (vo dou) es t l 'ensemble des puissances re ligieuses ou des p uissances astrales app eles DIEU don t Je n o m p ersonne l d a n s l e cult e voudoo, est justement V o dou o u V al/Dao. Dieu se dil do n c Voudoo ... En co n sque n ce la lun e qui es l une des forme s astrales d u mystre vou dao Erzulie, es t l a m r e (sou sou-n) e t l a f e mm e (sih, si, soun) des \'oudoun e t des voudoisants, l esq u els son t ses enfants e l ses adeptes (SOli-vi, SOIl-nOll vi). Ainsi, If!. tradition astra-magique lI vo udoo prse nte Erzulie co mm e l a f em m e du soleil el l e pro lon geme nt de la t e rre: sun-hou, SOIl-1I011-lulJ.

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    -256La loa voudoa Lisa (Li h-S ah) se trouve tre ainsi l e gnie de la lune en Lant que /.egba dahomen. Cette maternit e t ce mariage avec Erzulie magnifient a l ors l a vie des voudoisanLs a u point d'en faire des toiles considres com me puissances astrales el comme enfants-adep t es de la lune et du soleil hou-vi (enfants e t adeptes du so l eil) et sous-vi (enfants e t a deptes de l a lune). Dieu s'appel ant non se ulement Voudoo mais Ma-bou (le mystre hou f ormant alors sa demeure as trale ), se trouve tre la mre astrale de Legb a qui est just e m en t lIou -il ,. Erzulie prend alors l e nom de Ma-hou-e-sih ( m reso leil-femme ) s i elle est prise pom la totalit des loa voudoa c'estdire la totalit des puissances astrales .c'es t a in si que chez les Fons d'Afri que, le p ou autel voudoo prend le n om de ma-holl-volldoo-holl-e. Le des s u s du p est alors l e voudoo-ta-volldoo souvent simp lifi en vodoutavo. Il en rsulte que, pour exprimer (g ba) par l e verbe-christ (le-gba) l a magnifi cence de la vie (gb) par la religion voudoo (vo-dou), la africaine des Ib o -car n ous avon s dit que l e rite ibo reprsente voudoiquement le verbe-crateur de l a Gense donn e il Ma-hall ou Va-Dou le nom de J ouf(Oll. Le nom ib o u Dieu vou doo est donc JOU/{OIL-JOU[{OIl : ce lui qui s'est fait lui-mme, ce lui qui n'a ni commencement ni fin. C'es t lui par cons quent, que la Symbolique reprsente par la cou l euvre qui ava l e sa queue et que les vOlldoo-vi 3ppellenl Danhhalah. Ce nom se reple musicalement dans l e culte so u s la forme du triangle Danbhalah-Erzulie-L egba par trois sphr es co l ores poses triangulaire m ent au sommet d'une longue canne de bois sur laquelle on a enfi l une quatl'it:me sphre perce de part en part. La sphre perce peut donc mon ter e t descendre sur l e bois qui est encoches de manire il en tirer des sons ce qui fait donner le titre de loa de la musique il Erzulie, Ce va-et vient vertical d 'Erzulie su r la canne de bois figure le mouvement mystrieux de la vie ou le mystre Le gba lui-mme. Il s'ensuit que le bois sur l eque l monte et descend musicalement la sph r e perce figurant Erzulie es t peint comme l'est l e poteau-mitan: avec des couleur:,,' d'arc-en Cel en spirale qui reproduisent non se ulem ent l a loa vo ud oo de l'Are-en-ciel (Ai-Da HOll-Do : Aida lVdo) m ais la couleuv r e rituelle qui es t gn r a l emen t peinte sur le poteau du pristyle vou dao, Cette couleuvre es t la f ois Danbhalah et Aida. Dans ces conditions, l es quatre sph r es son t des calebaBses qui rappellent non seu lement l'asson r pt quatre fois dans l 'instrument, mais la cale basse qui court sur la ca nne (attribut de Legba) rappelle l'arbre-reposait par excelle nc e de Danbhalah : le calebassier courant ( 0). (') Nous avo n s dit ailleu r s que l e calebassier-courant est plutt une liane.

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    Fig, :16, L a hal'(IIiC dans Ic O UIII'phOl' a\'ant ,l tre c h a rge ritu ellement. F ig, :H, l.a hiln!ll{' Sil l l e l'\'Hg'C { 'nloul'e ,les \ \' ritu e l s cl ,les Imu /{ies,

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    -257-C'esl a insi que ce l assan rpl quatre f o i s d a n s ,'instrument porLe l e nom de Dieu, du Dieu voudoo : joukou-jou k o ll, si mplifi en joukou-jou. L 'i n strument sc nomme aussi coss-can (matre soleil) ( *). En r c p n l'lant du mol gb comm e apothose vitale et /lerbale du co rps ou de fa matire rituelle, on le retrouve aussitt pou r arr ive r fi. cetle apoth ose sous sa form e gh qui signifie aussi repos du corps (le sabbat biblique) com m e ft. dm' Hlchc 1> o u sOIl-nou-dyi, dont on fera sun-l'lay. D a n s l e voudoo, l e d imnnc h e es t donc aussi consacr Danhhalah. Le jour du dimanc h e cor respond dOllc ncessnirem enl a u soleil de la couleuvre (dan-hou-) connu de certains initis sous l e n o m tic Dun H ou Zo : un trs grand mystre du l'te DQII-f!onll J (Dahomey) ; et ce so l eil, qui se trouve tre n lors un lie u de re p os ou d e bcatitude parfaite, reprsent e l a vue de Di e u, la v u e d u Grand VOlldoul1, e t l'union a"ec lui. Ce so le i l se dira hou-dan ou hOll-da (lWtl-e dallbhalah : maison c leste de Danbhal:dl) dont l e l'le arada, allada ou rada (ril e solnire PHI' excellen ce) H fnit la ville de Ai-Da H Olle-Do : H Olle-lio, HOllillo ; HOlli -do, H Olli-da. Ainsi, non seul e m ent la tradi tio n n o u s apprend que le double oum'ph o r de la ville de Ollidah est co nsacr aux deux v Olu/oun-couleuvre ... mais l es tradi ti o nalistes admetlent i nvitablement que ce sont l es formules Dan-Gb c t 11110.h-Do qui. fusionnes. form ent le nom d e Drlll-Gba-Allah-Da connu dans le voudoo hatien comme D allEIU/-Lal! N ouDo. On dit alors /Janbhaloll H ail-do ou Dallblwlal! H'-t/o parce que le mys tre voudoo Hail-Do (qui es t l e m ys t r e du so leil ) indique la corrl'$pondance magique o u l a religion qui existe, dans le enlie voudoo, entre l e ciel et la terre e t que reproduit Illu sicn lcmcnl la savante gcomtl"iqu e symbolique (.) L a tradition des Congos de Jaelllcl (Su d d Hati) rapporte que le j ou k oujou est l'assoll 1I'a1l90/. Dans la kabbale \'outloo, Wangol es t le r oi-mage Gaspard dont 17

    PAGE 273

    2 5 8 d e l a qua tri m e cal e basse du joukoujo u ib o da n s so n m Ollve ment d e v a el vieu t ve rtical. L e va e l -vient ve rlical es t o n c personnifi pnr la can ne il e n coc h es qui sert p ro d u i re ce m o u ve m e nt. Ln canne es t don c bien le b to n o u l e p o teau d e LG ba A ll a ll D a, fil s d e D rmG b A ll ada. Il e n r esso rt q u e les e n coc h es st l\'ant es d e la cann e du j o u ko ujou ib o figurent il l a f o i s les degrs de l'exist ence e t les g rades de l'initiation voudoo d o n t f.G ba A l l,ah D a (i t Al Leg b a) es t le M atre E r zu l ie o u AiD a H o uD o l a M atresse, e t D a nGbe A llada d i t D a n-Gbha-L a ll l e Grand-l>'latre. Aida es t ains i l a sph r e p e r ee qui m onte e t d escen d sur l a cann e can n e e t sph re f orma n t l e m o u ve m ent sex u e l qui procure l a v ie (g b e) e t q ui f a it de L eg b a le di eu-phallus: comme d a n s la savante gomCtl"ie d e l'as son o l a cale b asse de Danbha l a h jou e un r le si imporlant, le manc he du j ouko uj o u i b o f con d e l a c al e ba sse ri parfir d u triangle .wpricll/" Dallblwla ll E rzlllic-Lcgba e t la m ag nifi e vila le m enl e n l'l evant ver s l e tri:m g le. O n voi t d o n c J'Ali Bon Legba du vo u doo hatie n se compor ter exac t e m e n t comme l a canne l' arbre, le h ois ou l a v e r ge du gni e d u j OUkOlljOLI i b o corres p ondant a u gn ie myst ri e u x d u po teau-m ila n D a n s la B i ble, c'est l a 4: verge ou l a canne Il-cie Mose; c'est p ou r q u oi, dan s le vo u doo, l e manch e o u b o i s d u j uko ujou ai n s i q ue l e p o t ea u est a p pe l arbre-sec en t ant que ver ge mug iqllc. L 'arbre o u manch e d e 'i n s t rument kabbali stique es l alors ali-hou e do o u ali-houe-dall converti e n le nom du m ys tere qu i l e garde e t qui es t a u ssi le m ys tre d es arbres: !Iti Dan Ib o Loko. Ce m ys l r e de l' :ub r e es t e n A fr ique, l 'ali-volldOlln. Ces n ombre uses r f r e n ces comparativ e s dont le b :ilo n degr s d u JOIl koujou cst le centre savant : :un n ent pen se r que l e vo ud oo d'Hali n e s es t pas b ea ucou p cart du vo ud oo d'Afriqu e m n lgr toutes les nllrnlion s que nous nvo n s signales. C'es t ninsi que, si l es m m es n o m s de 100. lui sont res t s m a l g r ces altratio ns, l e votlcloo h :l tien es t demeur tr o it e m e n t a p p a r enl e t fon da m enta le ment pareil -au vou d oo de l a traditio n a n ces trale p a r le n ombre d e degrs initiatiques f o nd a m enta u x co m p ri s dans l' i n i li n O o n africai ne: quatre de g r s d e ba se e x p ri m s pa r les qu a tr e calebasses du jouko ujoll : 1) l avt t e ( b a ptme voudoo). 2 ) can -zo o u h o u -n s ih canzo. 3) h o un'gan ( p a p aI o a ). 3) mam' b o (manman-Ioa). 4) baill e-g ( cl airvoya nc e). le nom congo est O a zoll Roi lV angol. Il mar c h e sur les p o int s d e l' toile d e Be t h lem, a"ec les m ys t c r es Bazou Minnin, Noe L O Il/ialoll Ganga e t Buzoll ASSlllh Micho Bazile Congo

    PAGE 274

    2 59 -C'es t a in s i que, pour tre un h o n h O lln' ga n l e can-zo es t oblig d'apprendre l e langage voudoo & : une langue secrt e qui es t l a synth se m agique des 600 dinl ec t es afl"cains. Celle synthse lin g u istique est ne ft peu prs de l a m me mani r e qu'est n e l e voudoo lui m me : d'une fusion polilico-socio-religieuse de t ou tes l es forces mys ti cotl' iha l es de l 'Afrique, \Vo l ore, J3our iqui. Quim bam, Sngalai se. Bambara, Ibo. Misrable. Congolaise. Arada. Agaua, Fons, P eulh, Soudanaise m ais une fusion domine par la civilisation des D aho m ens dont l' axe mag i que est l e my s t re Legba A. ti-B on et dont le fail magique (c'est--dire la bi l oca tion, la tril ocaLio n la quadrilocati o n des corps ) est le mystre des Jl arassah (jumeaux). C'est ainsi que, quand l e houn'ga n possdant l e II: langage voudoo dit l a pricre dyo r o u syndi or au d but d'une crm o n ie voudoo, l a Iithanie commence par l es Marassab e t Legba, mais comprend t outes les nation s de loa : Eya M a r assali : D u-,wu, Do-sa, sindior h Eya Legba Ali-BOil, s i ndior, Die croye ( 0 ) L e syncrtisme qui s es t opr entre l es dive r ses nations de l oa e n Afri que a subi une n o uvelle altration une f ois qu'il avaiL t tra nsport en H ati avec l es esclaves de la Traite: il y a eu un nouveau syn c r tisme entre ce syncrtism e e t la tradition romaine de l' g lise chrtienne. ,C'es t ai n si que l'expressi o n Di croy rencontre dans l e demier vers de l a prire cite ct qui es t vraisemblablement une corruption creol e de quelque c hose comme je crois en Dieu, sc rencontre dans l a m m e prire sou s une forme beau coup plus africaine: Dokoi h Le langage sert faire comprendre aux h oun'ga n ce qu'ils disent pour invoquer l es l oa, car ils l es appellent mieux e t plus facilement lorsqu'ils comprennent l es termes africain s qu'ils empl oient; malheureusement, on es t amen il co n s tater que cette tradition se perd d e plus e n plus, cc qui a pOlir effet non seulem en t d e di m inuer la puissa n c e d 'i nvocation, mais en core d e diminuer la puissnnce d e travail des loa elles-mmes. Il y :l m m e bi e n des II: aJICl !T/S g r aT/ds ou anci ens gros Ion qui n e vien lient plus s 'incarner dans la t t e des :ldept es sou s l es pristyl es voudoo parce qu'on n e s a i t plus l es appeler. No u s avons Vll mieux: d es I on venir e l p arler n u h oun'gan officiant san s pouvoir tre comprises! Ainsi l'on ( l'ouve encor e beaucoup d e h oun'g:m qui savent parler langage, m a i s qui ne comprennent que par intuition ce qu'ils disent o u qui ne co m prennent pas du t out. Il y e n a trs p e u actuellement qui, par exemple, pour( ) Altration de D o-coi Agollch ( docroi s Agou) '1 ou de D o "cor

    PAGE 275

    260 raienl traduire ces par o les langage. de ces chants voudoo l'ourlant nssez employs: (rite Yan val ou anci e n ) : Na Dogou ell LaI! ; Solig Badi: oinn' dogoueh Lah 1 Dogoueil. Assoun-gu nicon, aga yl1 Acalse Dac a aga y /Jaun-sih, dogoucll LaI! J MassaI! Dogou e h 1 (rite Ynnvalou dos-bas) : Go, go m go go ; go, go, go go, eku gba go go Ouan-gan sill-y, L Gu de ; Sol Na Sol Duan djvo ossen nOil-deh (bis) Go, go ; dm gba go, go (rile Yanvaloll ancien) : Td Massifl, Massah ; Go l w, [:zagon. lzagon, go l lUe ; Tss aga li/I. Sobo y I l goucfl Tha Il Dyo, 10 Massih Massah. A cause de ce manque de prparation des nouveaux houn'gan les loa croles ont tendan ce il r e mpla cer l es 1 0a Guinin. Alors, un des phnom n es l es plus curieux de ces sy n c r tism es success if s se p roduit: les chants vou d oo, pOUl' la plupal'l, sonL maintenant tln e mixture de IOllyw! s. En voici un exemple o il est parle esp n g n ol, arabe, africain, cro l e et fran ais : ( rite Cap l aou) : B enga, maman moin ... Oh Zoclimo parle, yo pas cou t. Roi yo Benga maman! Si ou allez, ou p'u p e tOl/nifl ... P Olissez aller Zo oui. Poussez aller kim'boi s(llay, Pous sez aller, mi .wloy L e mm e fat curieux se produit pour l es nom s des mystres: l'cole ini tiatique ne s v ertue plus enseigner le se n s du vocabula ire hermtique aux can-zo et aux houu 'gan : e lle s e contente, par la personne d es in ilia teut s, vaguement en rv ler quelque s secre t s qu'e lle-mme po ss de encore par chance. Il nous es t m me :It"1"iv de demander plu s ieurs houn'gan attitrs de nous traduire l e m o t Y e-il':, sOllven t dfigur e n l guel!, sans qu'ils aient

    PAGE 276

    -261jamais p u le faire, alors que cc mol est un des noms le s plus importants du pantho n voudoo puisqu'il s i g nifi e l'ensemble des mysteres de ce panthon e t que c'est il cause de s a s i g n ifica tion qu'on le c h a n le itl a sorti e triompha le des hounior (imptrants frachement initis) : o Yguell 0 Ygt/c h a -! Parlez pititt es-l !l0 ; l lOun'sih can -zo, parlez llOun'sill b ossales. Parlez houn'sill l yo. Hot/n'sill bossales. por/ez IlOun'sih can-zo. Lan Guinin ou p'f aile march er, T mrai re. 0, L Y guc h Papa! Oui, fan Guinin, P apa, nous p f all o u yo. a Y egue h 0 Y guc h a! L'importa n ce du c h n nl es t d': : \Ulant plu s m a nif es t e qu 'il f ai t a llu s ion a u m o ment o les r cip ie nda ires se rendent en Afr iq ue pour voi r l es m ys t r es e l re cevoir d' e ux l eurs p ouvoi r s. Cependant, l 'on cons tate tlne c h ose e n co r e p lu s curi e u se : ma lgr t ant tI'n ll c rati o n s, l e voudoo n e cha nge pas; il s'ndapte, se l o n une techniq u e qui rv l e depui s l e dbut les raisons du sy n c r tis me. Comme un l abora L oire un ive r se l o tout ce qu i es t d ispnrate en f a it d e m ystres, loa ou es prits se re n co ntre tout vient en eITet s'y fondre sans que j amn is, e n dpit de s nppare n ces superficie lle s, l e voud oo perde une s eule parcelle de sa per sonnali t pro p re. Un seul exe mpl e s uffit pl'OllVer ce que n ous avnnons : l e myst re D cg ba es t l e so leil et i l se syncrlise avec Saint Nicolas; admet t ons qu 'avec l es a lt ratio n s s u spa r l es t o u chant l a tradition a fri ca in e, un ho u n 'ga n ne puisse pas dire qu e Legb a est l e so l e il, mai s qu' il sac h e p o ur lant qu'i l corres p on d :1 Saint Nicolas; vous l ui d e m a ndez; a l ors ce qu e sig nifie L egb a et il vou s r p o nd (sans avoir aucune i d e d e s a co rre s p ondance avec le so l eil) que le mystre est Saint Nicolas; o n pourrai t donc s upp oser qu e qua nd L eg b a .. m o nte so n c heval a b s t rac tion tot ale est f ai te du soleil dans l 'espr it d u h o un'g:m et qu e c'es t l a s eule personnalit d e Saint Nicolas qui es t en cause. Eh bie n il n' e n cslrie n ; car, bien qu e l e h oun'gan pui sse i gnorer qu e l e mol/.ey ba veut dir e solcil, il sait parfaitem ent que la co r res pondance astrale de ce m ys t r e ave c l e so l eil existe, et la personnalit de Saint Nico l as ( qui n'e s t pa s un mystre proprement ,'ou d oo) ne se tro uve en cause que p our des ra i so n s secondaires. D e t elle sorte que m m e quand l a scicncc voudoo proprement dite manque un vo udoi sant cause de s al t ratio n s volontaires o u non apportes la tradition l e voudoisant sai t d'inslinct ce qu'il doit sa voir ; ai n si, l e s h O lln 'ga n qui se trouvent bien so u vent dans l' imposs ibilit d 'exp liqu er l e voudoo sa v ent nanmoins parfait e m e nt t out ce qui co n ce rn e l e \'oll d oo

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    262 Avant de fini!" nous tcnons donc il s i g n a l e!' un des f !lils l es plus extraor dinaires du culLe : si l'initilltion pour des cau s e s mulliples dues justement i l ces n lt rnLion s vcnues principalement du syn c retism e religieu x, cst inca pahle d'instruire correctement e l e nti rement un ho//nio r le s myst r es ClIX m mes l'ins t r uisent e n monlant l' un a depte qui lui parle ou lui envoient des songes ds que la n ecessit s'en fail sentir. Nombre de h oun'gan ne sont houn'gan que de celle manire surnaturelle : ce son l les 10a elles-mmes qui l es initient et qui leur remettent l'asson

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    263 De l'origine et de l'importance de la forme en Voudoo NOlis avons vou lu t erminer sur la gomtrie sav.mte du jOllkoujOll, parc e que l a cmme e ncoches du joulwujou est dite arbre sec (comme so l ei l ) comm e elle peul ll 'c di t e orbre-mouill (comme lune) -car, tout comme l e poteau elle es t l'arf)/'c du bien ct du mal. C'est d'ailleurs il cause de sa double mugir que l e jOUkOlljOli marche et sur l e Pethro et sur l e Rada: les deux rit es-poles du vOlldoo (s). Dans le s puiss:mces de l'A slrnl, la canne du joukoujoll repl'sente par U a[a/lce qui, dans ln Kabbale, sert:l peser le Dicn ct Je Mal avec l es [00 GllIid d'une part qui personnifient la fI,lod, ct les Legba d'autre p;I[ l qll i perso nnifi ent la Vie (g b ) Telle est la raison pour laquelle la canne de l in strument est le sym b ole trauitionnel de l'ensemble des loa ... Ainsi, la canne ue Gud est dite mouillc Gud tant le mystre de la fcondation ph!l si quc, d'apl' s ses ges t es rituel s ; tandi s que l a mme canne du joukoujou, IOl'squ'elle sel' t d e billon ft Le gba, est sche, parce qu e Le gba es t la l oa d e l a f condation virginale les deux l oa r eprsentant ainsi les <.Ieux p l es extrmes d e l'Eroti s m e Cosmique e t Kabbalistique. Comme le Illnn c h e de l' asson, l e h o i s du joukoujou es t ce qu il y a de principal e n voudoo pnr rapport a u pot eau-mitan dont ces deux ins tru m ents sont de s images, de s rp LiLions. Le ba s d e la canne es t 3ppcl cheval /loir ou chien noir ( r ve r sion tomb a l e de la vie ) ; l e haut,. cheval 'blanc ou chie.n blanc -ce qui fait que les 10a GlId s' h abillent plutt de noir pendant les poss essions, t a ndi s qu e les c houa ls rituels des Danbhalah sont k abbalistiq uem ent de robe blanche. Le bas de l a cann e es t donc l e domaine tombal des Gud ; l e haut, ce lui vital, des Le g ba. Le c h eva l o u chien noir est mont en principe, par le mystre prin c ipnl de s cimeti r es : B3ron S3medi (Saturne d3ns 1'3slral). Le cheval ou c hien blan c es l c m ont e n principe, par le my s t r e Dan hhalah (SO U l'ce du so leil dans l'astral ) De t elle sor t e que e n principe l'attl'but vestimentaire <.le Dan bahlah es t blanc, les possessions rituelles, alors que les Gud on\. une prfre nc e marque pOUl' to u t tissu noir ou tirant sur l e noir. La diffrence extrme de ce s gOlHs de mystres fait que la canne du joukoujou, dan s sa totalit gomtriqlle encoches r ep r sen t e taules les tapes de l'initiation voudoo : <.Ie pui s le IlOun 'sil! bossalc jusqu'au llOlln 'gan.

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    -264L a Balance (q u i, dans l'as t ral, est so n symbole majeur) marelle, n ces sai r ement, SUI' les points kabbali s tique s de l a ca l ebasse qui monte et qui cscend le long du bois encoch c'est--l.Iire sur t o u s le s poi nt s magiqu es d'Er2ufie Pr/a Dahom T ocan Mirois ZagaZli : l e MIROIR MAGIQUE. C'es t cette canne-miroir--d eg r s de Leg ba et de Baron-Cimetires que 'o n r etroll"c aux m ains de Tholh Herm s d'Egypt e : e ll e pse ou balance les m r ites qui per me tt ent :lU corps d 'avo ir un e :.IOle e n r:lpport avec l e I o u l ei degr initia t ique la mt empsycose d e Gud ta nt co n s i dre com me un e p t 'cuve d'inili alion ; ce pourquoi l es anciens djvu des o um'ph o r s ta i en t consid r s e ux-m mes com m e des t ombes. Aussi, dan s l'hi s toire initia tique de M o ise chez J ethro, il es t r.npport que Mose meurt rellement pend.nnt t out le temps d'preuve qu'il reste couch dans le djevo, comm e l e sont encore les hounior voudoo. Or, comme c haqu e degr de l'me co r respond, e n mag i e, il un degr de la couleur, l es e ncoches du joukoujou se trouvent rempl:l.cces sur le poteau de Lesba (la vie qui succde, pal' degrs, il c haque mort), par des coul eurs qui sc l'apport e nt non seul e m ent il 1'11("(' en-ciel d'Erzulie ( s u r l e p oint de .-ti-Da flOlldo, premir e femm e de Legba), mai s adopt ent la form e-re p tile de D anbhalah H ot/Do. Voi l pourquoi, dans l a go m trie rituelle du 'oueloo, l a plupart des vv comportent l a couleuvr e comme symbole d e ln lransmigmfion des mes -Dieu (o u l a co uleuvr e Da) tant d'abo r d gomtre sel o n le fa m e u x mot de l:l. tradition repri s pal' P l a t o n : Lo a OgOli Bhathalah (ng r e nago )

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    265 -Loa Ossangne (negre Gou-sih Malor : pre de Legbal Sous ce tte forme Da reprsente en ma gie les plus vieux des anctres ce qui lui donne l e droit d'avoir l'uf cosmique pom aliment rituel. C'est cause d e so n trs grand ge ( 1':.Ige de l 'humanil) que l a tradition e nsei g ne crue Dn.nbhal a h Hou-Do n e porl e pas; cn effet. il s'exprime par un sifflement de cou l euvre parfaitement ralis par ceux qu'i l possde pendant les crmonies C). Le langage voudoo vicnt de ce sifflement qui, lui-m me. est l'expressio n directe de ce qu 'il y a de plus haut plac dans l' as tral-causal. C'est ai n s i que, dans la tradition voudoo, D :lObhal::J.h correspond l'asson et cl la clochette avec l esque l s le houn'gan, sommet d e la hirarchie, officie. L es attributs officiels du h oun'gan r pondent alors au se rp ent-il-sonne tt es au trement dit couleu vr e-il-cloc h ette, Ce se l'p ent ou couleuvre mus ical e est donc l'expre ss ion kabbalistique la plus forte du bois musical e t de s cale basses du j oukoujou, de la cale ba sse et d u m a n che en bois de l'asson, ainsi que du cercle el du bois replifigne d u poteau des pristyles, L e bois repliligne du poleau de s p ristyles voudoo tant une expr essiol1 sol air e toute la musique sacl'e ralise dans la Kabbale voudoesque par les (') Dans le rite P thro, l e sifflet rituel symbol ise ce sifflement. Le Plhro tant le rite du {Cil solaire (hw-zo) ce sirrtement se retrouve dans le verbe (lcs flam mes,

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    266 -baLleries de tambours pethro, r:l.IJa, co ngo, i b a. est donc galement une ex pression so laire. Le poteau des pri s t y les es t nlors l e wpport magique du "OlU!OO pnr le m ys t r e L egbu Ati Bon qui, comme bois (a H ), se trouve forcment confondu avec l e so l ei l. Lorsque hl. lignc repfifigne cfll bois descend d e l'astral pou r possder ses c h evaux !Jlanes avec l a personnalit de Danbhalah. J e mystre semble t o ujours nager rlans la g r ce el se complair e fotalement dans la deleetatio n m taphysiqlle el "!lperphysiquc pendant qu' il sembl e pe rdu dans une va luplf; con/clI/plativl! et active fout li [a fo. Ce phnomne est d aux Irois so rt es de b a til.ud es avo u es par la Thologie: l'active, la contemplative el la vol uptu euse. L a co u leuvre du oum phor personnifie ainsi le nombre t ota l des Batitu des qu e les gnlnds init is p or tent 14 : 7 pour l e corps co mm e qualits corporelles e t 7 p our l m e co mm e vertu s s piritu elles C'es t ainsi que tou s l es ,:Hltres m ys t res du voucloo doivent tre considrs t o ut d'ab o rd comme :luta'1t de couleuvres; mais alo r s que 1<) co ul euv r e Danblwlah ou Dan-Cb expri m e l n perfec t ion gomt riq ue dont se p r ennen t to u t es les l oa d tous les du rituel voudoo, l es autres l o a son t des r ep til es plus o u moin s parfnils selon l eur science. Da n bh a lnh expri m e la p erfecLion geo m tri qlle parce que le m yst r e vo u doo qu 'il est cor r espo nd nux dons du Saint-Esprit par les batitudes de m mc qu'en thologie les do cteurs de l 'glise re co nnai s .. que l es Batitu des
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    Poteau-Mitan du prstyle ou Le Gba, Matre-Carrefour (comme Christ) .......... Danblw[al!. formant J'Uni vers avec Erzulie, Legba, ct t ou t es les nulres loa. Signe du so l eil ......... ou bassin rituel d e DanbhalaI! retrouv dans l a Symbo lique gyp ti e nn e sous le nom de Sol eil sur {'Horizon. -267Soleil sur l 'Horizon ou le poteau voudoo se levant au cenlre du reclongle d\l pristyle.

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    SEPTIEME PARTIE LES ORIGINES LGENDAIRES DU VOUDOO

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    ORIGINE D U SOCLE DU POTEAU L 'o ri gine u socle d u poteau (qui est une reproduction du p sous le p r istyle) es t celle ci : descendu du c i e l d a n s la de fer de s l oa Nago porte par O gouFer (le nll!t allurgiste du voudoo d ont l e vv de base est l a g rill e e n fer forg) l e sec r e t de la. couleuv r e Dnnbhalah prit l e nom de l a LO A VOUDOO PRINCIPALE : Le Cba o u L Cb. C'tai t une no rme cou leuvre que l'o n voit enco r e peinte sur t o u s les autels vou d oo o u au-dessus de ces a ut e l s. Sa relation avec la ca l eba s se d e Danbhalah \Vdo es t celle-ci: dans la Kabbale vo u doo, la ca l e ba ssc es t l e symbo l e du so l eil el d e la pl eine lune, c'est--dire du Christ et d e l a Viergc-Mre, En consquence, l a peinture de la co ul euv r e nu-dessus ou il c t U p m ontrc trs so u vent cette cou l euvre p l ongeant dans les abyssc. cosmiques figurs par un ba ssin d'enu (le bassin ritue l d e Danbhala h ) pour fconder la Vierge afin de la rendre mre so u s l a forlllC du Saint-Esprit. Le Cba o u Legba (le sccret de la i e) fut donc d'abord enf err ans l a prcmire t e rre des hommes ( 0 ) Mais com m e la surpopu l atio n rendait cette terre t rop petite pOUl' tous les h o mm es, pellpl e pnr peupl e les vou do i sa nl s l e sec r e t e l l' emportaient sur l es t erres n ouvel l es o ils allaient habite r el o ils J'enterraient n o uve a u se l o n l a formule d'origine ; ils l'enlelTa ien l so u s la forme d'une grande coulel/vre vivante qui r es t ai t SUI' nature llem ent la m m e cou leuvre apporte dans son principa l in strument de for ge par l e m y s lre n :lgo Ogou-F'er cc qui rail dire m y th o l ogique ment que c'es t Ogou Fer qui emport e l e s a c rifi ce au ciel so u s form e de la Vierge voudoo : Er:wlic C'est--ire sous la forme de l a co ul c lI\ re enroule verti ca l e m enL au p o t eau ( f). (') L e cosma-pl a s ma.

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    _ 272 -Tell e est don c. du m m e co up, l'ori g in e du p o tenll-mit a n donlln peintu re figure e n co re un e g rand e couleuvre vivante de scendant e t remontant au ciel. Et, comme, en d t errant L egba, les premier s voudoisanLs mi g r s de l a premire terre tro uvrent des pierres d'alliance (Oll des pierres en forme d'alli : m ces que l 'on re t rouve dans l es bagues p ac lu elles offe rte s Erzulie ) d a n s l a tombe m me ce sont ces pier res que reproduit l a go m tri e tradi tionn e lle du so cle du p o l eau-miln n au centre d es pr is t yles. Ces pierres trou es correspondent jus t e m ent aux vertbres ( de co ul euv re) qui orn ent l es ass on s, parce qu e la moelle cpi n ire y p asse. ORIGINE PU PB Ces pierres d'a ll iance servent cultulique m ent il form e r l'esprit d e l 'initi -so n cime. D o n c, par co n sque n ce, ce sont ces m m es p i erres qui for m ent aussi l e p dans l e qu e l selon un e tra di ti o n presque perdue e n H a ti reposait Danbhalah ; ca r l e trou en triangle qui se trouve da n s l e socle du pot ea u se r etrouve encore dans b ea u cou p de tomhes d es ci m eti re s hati e ns: ce tria n gle ( d o nt l 'aspect go m lrig u e peul changer ) sert n ourrir l es m es d es dfunts pou r l es aider regagner l e ci e l cou tum e visi blement i ss ue d u culte que l' on doit D a nbh a lah et aux autres loa "oudoo. La cavit de l a pie rre, reproduit e autrement dans l e p, d evait traditionnelle m ent se rvir de li e u de r e pos il l a cou l e uv r e rituelle ou nu m ys t r e qui l'a r e m place, car ce triangle e t cette sonl. l es sy mb oles du de fricJlCm cnl e t de la cu lt u r e des f erres o le secre t d e Danbhalah a l trans por t par Ogou F e r s o u s la form e de L eg ba A fi B on ( L eg ba l e hon bois : Le g b a l e B oisTa lis m a n ). Ici l e d f ric h ement et la c ultu re d e l a terre corres p o nd en t donc l a formation de l 'esprit des initi s par l e culte. Cette transplantation du boi s ou du poteau devenu l' axe des oum'phor donne ces qualits Leg ba : l a Parole, la Semence, l Axe d e l a Terre. Et c'es t de ces qualits qu e dco ule la f or m e de la bquille de L eg ba (le vieux Le g b a) : l e m a nch e es t s a verge e t so n hlon m agique (arbre-sec) et la f ourc he de la b quille es t l e s exe de ses po u ses r itu elles: l es h oun's il! canZOo Legba t ant la p rincipale loa-nwitrette de t o u s les voudoll/l -sil! ( f e mm es o u pouses-voudoo), l' o n voit al o r s l a coi ffure d es n g r esses p re nd re l'as pect d e carr eaux de t erre, c'es t--di re la forme go m trique d onne par l es dfri cheurs et l es l abou reurs aux terres e n s em e n ce r car l es h oun's ih f e m elles sy mboli se nt l es r g les de l a terre e t son placen t a. C'est Ogou-

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    '. -Fig. 38. U n houn'sih CUll-:.:o soufnan! le [umbi POUl" tll'pelcr t e lIe/1t ( l UI devra mener l e ba t eau aux lIeh. 18

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    -27:1-F e r qui c1' un coup de sabre (t1'un co up J c ver ge) a va it fendu l a vole du ciel e t ava it a pport l a t erre l e sec r e t d e sa h o u e de sa m ac h e tt e lab ourant l e so l : cc qui ta it il ln f o i s l e sec r e t d e l a s t ra l ( u ) L es r f r e n ces r e l:lli vcs c o l le savante gom t r i e s e r etro uvent d a n s la f a ade. alool tics m a i so n s d e c c rtni ncs tribu s afric
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    274 cur d'Erzulie semence coiffure Le s houn'si h ( femmes coiffes. c'estdire mont es :t p a r l es Ion 'Venu es sur la terre dans J 'ouLiI de Cei d O gouF er) quival ent p a r co n s qu ent a u so cl e du poteau .ce socle le s r s ume pur cell e forme g om triqu e de l' rec tion de la t e rr e amoure u se du p oteall ou amoure u se d u bois du bois d es 10a, du bois de justice; el c'es t pourquoi "attrae t m ys tri e u x f ait Lourn e r crmoniellement le s h aun'sin autou r e ce pote a u lor squ'ils dansent au son de s tambours. En Afrique, la tra diti o n donne e n co n s quence au s ocle de s to Legba la f orme conique des t ambours renverss la forme d une

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    --275 -fourmilire assimile au corps des h ou n' s ih ce qui fait que l a forme du socle et de s tambours es t appele C" sexe de la terre cause de l a passion de Legba et d'Ogou-Fer pour Erzulie. C'est d'aillems de ce principe du cur -principe magique par excellence que beaucoup de oum 'ph or h a Liens donnent plutt l e nom de {elllmes-myst rcR aux houn's ih que celu i de c heval s ORIGINE DES TAMBOURS Comme consquence gomtrique de la forme terrestre de ce sexe, la membrane ou p eau des tambours pa sse pour avoir t la peau qui formait l e pavillon de "oreille de la co uleuvre Danbhalah qui, en histoire naturelle, n'cn a plus pour ce tt e raison. En battunt l e tambour voudoo, le llOun't se (ait donc entendre par l e mystere Danbhalah grce une voie analogique directe : la peau du tambour est l' oreille du plus grand de s mysteres vou1.100 : Dan Gb Td. Or, comme Danbhalah personnifle suprieurement le ( lan gage voudoo qui est une synth se rituelle de tous les dialectes africains, l es tambours diffrent de forme selon les rites, parce que le syste m e gomtrique adopt pour les faire reprsente n on se ulement un rite m a i s le dialecte parl par la nation de loa de ce rite a in si que par les adeptes de cette nation. Ainsi, les t ambours Rada sont l a gom trie tribale du lan gag e voudoo parl par l es Arada : sa forme comme l es autres, es t so ud e aux autres par le lan gage commun, a t rvle surnalurellement aux premiers ini ti s t ou t autant que p al' la m me tradition celle du tabernacle a t r vle Mose. Toutes ces donnes traditionnelles font qu'il y a forcment un rapport indi sso luble entre la co uleuvr e enterre dans la terre primordiale en forhle de tambour conique et le p voudoo dont la forme es t celle d'une t o mbe assez leve ou d'un caveau : l a co uleuvre a so n lo gemen t dans la pierre du p voudoo parce qu elle fut enterr e dans la terre ( If ou la Ville Aux Camps) avec l es pierres d'a llianc e
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    -276En rsum, le v/Je d'Azaca donne l a preuv e de t ouLe la doctrine voudoo : la terre y est carrele ou mise e n ca rreaux (c'est--di r e rgle et mesurce) par la cou leuvre ; ellc es t en t oure des outil s en fer qui servent il sa culture e l qui sont fabriqus sur lrt forge magique des Ogou, dans l e rte Nngo ; ct, unc fois cullive, elle sl1l"1nonte l a couleuvre Dnnhhalnh-Aida plongeant, so u s l'aspect d 'un nre-cn-cie l dans l'ea u et SOliS le sign e go m trique du sec ret que contient l a maconlle de l a Ion. En montrant ninsi comment bl couleuvre a t enterre et com m ent e ll e a l dtHerre p our tre lrnnsplantc a illeurs, so u s l es pristyles de tous les autres rites et SOLIS l'aspect du bois rcptiliync qu'est l e potean-milan, l e vv du mystre Aznca Mdeh l ivre le secret du vo u doo. Pour bien comprendre l e \'ou
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    277 -m a i s t ew' centre (co mm e f i g u re p ula ri satrice es 4-o ri ents. ou co mme carl'efO U!' d e l' o ri entatio n ) p u isque Legb a es t appe l M a tr e Carr efour: I\I:ll'assa h DO-sa h NORD E S T ou ORI EN T l\Iarassah DO-ch o u (chef d e l 'orient a t ion) -l-chou de l'orientation) i\tar:lssa h D O-gouc h OUES T l\!arnss H h DO -sou S UD Comme o n p e ut le "oir e n co n s ul tant les veve ou doo d onn s a u cours du livre, t o u s les di3gra mm es ritu e l s se so um e tt ent il cette gom tri e fon amenLaJe d e la tradition. L es \ v s e soumettent ce tt e geom tdc parce que c elte f O rmul e d e 1'0-ri e nl:lli o n ( m ieux m m e que celles q u e n OliS avo n s d j m ontr es) app e lle m agi qu e m ent t oules les lo a VOlU/OO :H1 travail so u s l e p r is t y le, d a n s le oum ph ol' o u n illeurs ; e t c'es t a i n s i qu e ce lt e form e dc J'o ri e ntati o n r e pr s ent e 1 1 vOlldo u n Ces 1 4 v Olldou n sont for c m ent ce u x qui desce nd enl du p o t ea u ( 7 ) e l c e u x qu i y r e m on t en t ( 7 ) sous la form e m m e de la co ul e uv re q u i es t pein t e sur l e b ois. L e d d o ubl e m ent du 7 e n .14 figur e les jumeau x v oudoo (in a ra ssa h-2 ) e n r eprsentant la biloca ti on o u bi-emplaceme nt du p o le a u s oit : 1 e n II p our fig m e r l e ca m c t r e J du m o t DOl -clloll plac jus te au centre de J 'o ri e n-

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    278 -tation -ce qui onne l e poteau d e Leg b a (1) et l es 2 po teaux d e la porte du p ristyle ( II ) ; car Legba Ati-Bon es t non seul e ment le midi de l'orien t a tioJl, mais la porte, l a barrire ce qui lui vaut l e c hant d'ouverture des services : Pap a Legba, Uouvri barrie pOil 11011 passer. A in s i cn gardant la porte u pri sty le. l e m yst r e L eg b a garde l a porte de l'a s tral e t l e centre ou 4:: midi du oum'ph or. L e ce nt re du o um'ph o r se r a donc for c m ent rserve aux Mar assa h ; ces derniers sont plut t les Marassah -3 dont la figure 33 nous montre les pla ts ri tu e l s. P a r le seul fa i l d'tre placs au centre du oum'phar. les Maxassah sont les loa domestiqu es pa r exce ll ence. Ils p erso nnifi ent pa r conse quent J'ad ministratioll des ol/m'phof, le mnage, e t ils rgnen t s u r l oute la h i r a r c hi e du c ult e sy mbol ise par l a domesticit. C'es t pour cela qu e la tradition l es presente comme tant 3 voud o un superie u rs qui rgnent sur les 14 au t r es sous cette forme gom triqu e qu i refa it l e triangle J)anbhalah-E r zufieLegb a plac ( rell e m ent o u m taph ysi quem ent) aud ess u s de la porte : 2 3 La coule uvr e des loa Marassah es t l a couleuvre-Mad ele i ne et l es 3 plats, numro t s l, 2, 3 prennent cette f ormule qui es t n on seu l e m ent la formul e de la balteri e secrete voudoo m ais l a formule de l'a ppa riti on du voudoun qu a nd o n l'appelle : DA 1 CO .lllss i efficiente en DA N 1 CO L a tra diti o n voudoo rapporte a insi ce princip e des Marassah-3 ; l es vou doisants tnient rfugis dans le oum'pho r parce qu'ils t aien t pers cuts ca u se d e leurs croyances; l es p ortes o u la p or te du ollm'phor tait ferm e;

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    279 -D c gbu .iii-Boll, que venait de rencontrer Made -Ma deleine sous la forme d'un houn' s ih mon l e par le myslCre, excuta l a batterie secrte sur la port e f erme et, aussilt, la porte s'Ollvrit cli c mystre entra dans le oum'phar. La tradition rapporte mme que, j u s t e avan t son entre d : tns le oum'phor, Madeleine embauma le corps du mystre en )'unosant d'un parfum de grand prix. Les Marassah prennent leur importance de l avec l a c ouleuvre madeleine pour symbole C'est 1 'his toire de .Jesu s Bthanie, dans la maison de Simon : une femme entre portant un vase d'albtre rempli de nard pur qu'ellc verse sur la tte du messie. Le m essie dit c e ux qui re proc haient ce gaspillage : Elle a fait une bonne action : elle a d avance e mb :mm Illo n corps pour l a spulture ... Celte spulture, c'es t l' emplacement du poteau-mitan o la couleuvre Danbhal a h, d esce ndue du cie l dans l 'o util de forge d'Ogou-Fer, a t trans por t e d'If o elle avait d'nbord t enterre, pour tre enterre nouveau so u s les pristyle s. ORIGINE SCIENTIFIQUE DE DANBHALAH L origine sc ientifique de la co ul euv r e expli qu e alors le compor t emen t ri tuel du m ystre Danbhalah tout e n montrant la vertu du parfum de Made leine ( qui es t auss i le parfum d'Erzulie ). c: La couleuvr e da n s noire org anisme, crit Holly, c'es t le fluide neruo magn tiqu e qui rgit le sys t me neuro-cnrdio-musculaire. Ce fluide est gnrateur de m O l/vement e t de De l l e culte (vou do o) o dominent les dan ses l es chants au son d u tambour dont le s coups de baguettes fonl natre des tat s d'm e refltant les degrs divers de la possession et l'ex a lt ation m ystiques ... L, l es parfums et les esse nc es aromatiques veil l ent l a passion ... II e s t avr que l'expr essio n la plus lmentaire la forme organique la plus s imple sous l aquelle la vi e universelle se manifes te, c 'e s t l'animalcule de l a s emence f conda trice, l eque l a l a forme gnra l e de la couleuvre. La forme embryonnaire de ce t animalcu l e c h ez tous les t r es vertbr s, c' es t l 'axe c phalo-rachitiien. Enlevez du cordon de la moelle tou s l es nerfs effrents e t affrents et l'on se trouve alors en prsence du s permalozoide vo lu, en prsen ce de ln couleuvre de vie du serpent Da ador au temple voudoo Les vertebres de cou l euvre reprsentent donc Danhhalah sur l'asson des houn'gan et des mam'bo, t andis que J'axe cphalo-rachid ien ainsi que la semence fcondatrice qui fait d e Legha un mystre phallique sont repr se nts par l e pote a u du pristyle.

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    HUITIEME PARTIE LES LEGBA

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    LES RELATIONS ANATOMIQUES ET BIOLOGIQUES DE LEGBA Cet axe cphalo-rachidi en qui rcv l e les correspondances anat omiques et biologiques de Legba se retrouve dans l e Legba africain des marchs, des transactions e t des spculations pratiques dont l'analogie es t l e systme :!ph a lo-rachidi e n ; Axi-Legba, qui es t forcment un A/affre-Carrefour. C'est ainsi que Legba es t J e mouvement, la danse, l es chants, le s sensatio n s, le sang, le cur, l a moelle piniere, la semence ... Il reoit alors so n nom comme ax e cerv o-moteu r du voudoo -parce que le nom s i gn ifie la vie enti r e (gba) en t rain de tourner sur ellc -m me (le). Ainsi, t out l e mouvement du oum'phor dpend de cc mystre, comme le laissent bien voir les danses des houn'sih. L'Axi-Legba devient l e To-Legba ou Legba de la vie publique parce qu'il est le Legba au grand cu r : sacrifi, en Afrique. sur le to (la croix. e n T ). pour la collectivit. parce qu'il cst toujours pluee :i un endroit o tout l e monde peut venir lui parler et lui sacrifie r il est assimil syncrtiquement au Christ. .c'est ce Le gba qui est cens se trouver en permanence au centre des vv. LES NOMS ET ATTRIBUTIONS DIVERSES DE LEGUA EN AFRIQUE ET EN HAITI 11 Y a, en principe, un Legba pour c haque rite : un Le gba de base. Mais il change de nom, traditionnellement, selon ses attributions. Les Legba de base son t pour l es rites, L eg ba Congo o u Lao-Kan ( Laoca des Congos), L egba 1bo, Legba Pcthro Legba Dahoumin ou Lih-sah Bha Dio, Legba R ada, elc ...

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    284 La tradition en rvle d'autres don t les noms ont t perdus par l e voudoo h a ti en o u trs altrs pal' le syncrtisme; 011 les sert encore en H a ti nan moin s, sans s'en dou t e r, puisqu'il s onl l es mmes o bli ga ti ons r itu elles en H ati c t e n Afr ique: l e Legba qui ga rd e l'entre des oum'ph or s'appell e L egba A-Gbo-Nou-Ko-sOl! ; l e Legba qui est prpos ft prendre les sac rifi ces pour les transmettr e aux l oa s'appeIle L cgba A-Gba-Noll-/{ O u-Hou ; l e Legba qu i es t au se r vice de l a collectivit et qui est charg de la protger s'appelle To L eg ba ,l e Legba qu i garde J'entre du ba g ui personnel de c ha que l oa e n particulier s'appelle [ [ o lln Legba ,l e Legba qui assure axia l e ment l'administration d es ou m'ph or e n se ddo ublant en Marassah-2, 3, 4, 5, 6 7, est l'Axi-Lcyba ,l e L eg b a qui d o nne des degrs, des points o u d es progrs m agi qu es e s l l e Y-k o u Yi-GlI Legba, dit l\po-Lih Legba ; l e Legba qui protge les trava ill eurs de nuit s'appelle t ,egba Zan-Gb-Td ,le Le gbn qui trans met les sacrifices riLue ls aux l oa s'appelle Min-Gan L egba o u Gan Gan Legba ; le Legba qui est parfois peint sur les murs de s oum ph al' en compagnie de T siL a h W-D o el d'A i -Da W-Do o u qui peut tre dress en s tatu e ou e n phallus s'app elle D o-[(d L egha ( une for m e assimil e a u D a i-co Legba o u Do-i-choH qui occupe l e centre crucinl de l'orientation vou doo) ; l e Legba double ou L egba-lllaw8sr l s'a ppelle Dio-Gbi -ONa Legba ( protecl eur de la m aiso n patriar ca le) ; le L eg b aMarassah-4 s'appelle A-OVi Legba (il est trs craint parce qu 'il reprsente l e c ru cifie m en t ) ; l e Le g ba des vv s' appelle Legba A-Don ,l e Legba d es prires s'appe lle L egba-S le Legba des ta mb ours s'appelle Ou-Td Legba o u Legba-/Joun'Td ,l e Legba qui garde l e sol des ou m'phor et qui co nfre les gra des s'app elle Legba EscaUa Painbha (il pr s ide ln co n slnlctio n du o um 'phal' e t il conjure l e m alh e u r) ; l e T.egba des m essages s appelle Legba-lV ; l e meilleur d es Legba e t l e p lu s puissant s'appelle L e gha lVe-Do ( f o rm e s up rieure d'Ali-Bon Leg ba ) ; l e L eg ba qui m arc h e sUI" l es 7 p oin t s du so leil s'appelle L egba H o u D o ,l e Le g b a qui es t l e plu s p r s de l a source in v i s ible de s pouvoirs magi ques s'app elle L egba-Afa, Legba-lf, Fa-L eg ba ou Legba ViLo-Can ,l e Legba du po t eau s' appelle Legha Grand-Bois Mji ou Grand-Bois M gui, ou e n core Fa-Zoun' Legba (le L eg b a phallique par excellence) ; l e vieux Legba qui s'aide d 'un b to n s'appelle l.egba v i i z'os o u /(po-l.egba ; le Legba e la volnille sacrifie s'appelle /{o-l{ -Lo ou /{an-L c gba, ou enco re Legba Can-Can-N i -Can ,le Legba des o r acles vou da o s'app pe lle Legba Fa N iCan ou floun'gan-Legba ,l e L egba qui es t serv i l e premier et qui v ient manger l e saeriHee s'appelle K-Ecu Legha ; le Legba des. o uanga '. d es amulettes, des talismans s'appelle Ogou-Le gba ; l e Legba qui indique co m ment se s ervir des oua nga des e t des l alis m a n s s'app elle Bd-Kd L egba ; l e Legba qui transmet le secret trans m is aux pristyl es vou dao pnr l'e xhu m ation e t l' i nh umnlio n nouvelle d e la cou l e uvre SOllS l e po-

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    285 -tea u s'appelle .4wo-Non' L eg ba ; le Leg ha qui s'occ up e <.le la vie e t de la mort des h oun'sih s 'appell e [{ou-Cbi Legba ; l e Legba qui punit les houn' si h s'app elle L egba Fa-Cb-Mi ; le L eg h a des nai ssances s'app elle Fa-Foun'Mi-Luman (c'es t son h o un 'ga n I.oman ou Lamait, qui tua D essa lin es) ; l e L eg ba Grand-B ois qu i donne l'asso n s'appelle I.(';gba Fa-l'oun'S,. Je L eg ba des lu s tration s s'appelle L egbaDel! ,. le Le g h n qui surveille le s routes s'a ppell e Legba Grand-Chimin ; l e Legba qui prside l a magie s'appelle Legba Ra-Fou; l e tertre ou le carrefour o l'on dpose les sac ri fices pour qu'ils so i en t enlevs par le m ystre s'a pp elle l.egba Y zoll Cba Cba NOllkollll-sin' C ). Parmi l es Legba que "on voit e n core en Hati on p eut citer L egba .'tuiZall (gardien des routes e t des l 'ues : c'es t lui qui ouvre l es voies au Lcgba Y zoll Gba Cba l orsque cel uici a pris le sacrifice nu carre four pour l'emporter dans l'invisible) ; Lcgba QllbisoLt (qui march e SUl' le t o nnerre ) ; Lcgba Avadra Ba-Roi; Legba Cossi ; Legba Sangnan ; Legba HOlln'SeB o ; T a Lih-Shah Lcgba ; .H L cgba (perso nnific atio n de t o u s l es Le g b a) ; I.cgba [{at ar ollio ; Lcgba ZaTl-/{-Lih-An ... ('). Les fig. 1 8 ct }4 montrent .deux altitudes d'une, mam'bo possde par l e my slere Legba IfOIlIi cerho .. l andls que la fig. 1 G represenlc l e portail de L egha dans la cour d'un ha g ui des en,'irons d e la v ill e des Gona"cs.

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    NEU VIEME PARTIE EXPLICATION DU VOUDOO DE LA POSSESSION D'APRS LES GESTES COUTUMIERS QUE L'ON VOIT DANS UN OUM' PHOR

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    Fig. 39. Le ba te a u d'A goue h e n route pOUl' {es !le ts (Ife ) Au centre, on voit la batterie des tambours coni ques, ct, il l'avant, un drapeau rituel.

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    En Physiqu e toule libration d'nergie enlrane une perte de masse En Voudoo, c'est le m me phnomne. En Physique, pOlir bien s'en rendre compte, il faut savoir ce qu'esl la reacliol! en chane o l'nergie est libre relativement ou pas. Dans le Voudoo, on s'en l'end compte de la mme manire, et c'est la chaine que l'on voit devant le grand tambonr Assat qui symbolise rituellement cette raction de l'nergie. Il faut donc comparer la r ea ction en chane rie l'ener* oie cultuelle des hOlln'sih reprsente par l'arbre sec de L eg ba S (voi r page 244) ( ) a une des figure s que rvle une reac/ion physique en chane, pui s comparer les deux la chaine qui est d evant l'Assat voudoo : (reaction physique) (') L'nrbre des sephil'oth Oll rOllte de l'llsson ) o l'on decoll\'l'c 1;1 bquille et le carrelonT de Legba.

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    -290(chaine d e l'Assato) L a tradition d!.!homenne a conserv cet arbre dans le myst r e S-Gbo o u Yi-s Lihsah, f orme suprieure de S. La comparaison esl d'auhlOt p lus int ressante d'une religion ft une autre que la chaille d'nergie dont il va tre question est aLLach e, devant l e t ambo u r Assat a u bton de DC{Jba. Lorsque l e trajet est accompli par le JlOun'ior o n di t traditionne llemen t que l es houn'gan qui l'ont initi lui ont crach dans la bouche: yo c r ach lan bouche li -pour expliquer qu'ils lui onl confi le sec r et. Le crac hat r epl"i.'sen t e ici un d eg r suprieur de l 'eau ; car on doi t se rappeler que, pour se rend l 'e il H p r endre l'asson, le r ci pi endai r e doit lraverser l'eau il doit passer e l sjourner sous l'eatl. Arriv H aprs ce voyage dans l'invisi bl e ('), il r eoit l 'as ... on d u plus vieil anctre. E n effet, l'arbre d e J ess est dit gna l ofJique parce qu'il re monte le Chris t ce plus vieil a ncLr e que le culle voudoo personnifie par l a coul e uvre Dan-Gb T6 : la forme primordial e du C hrist s u r l e la ou sur la c r o i x e n T. Le voudoo est par consqu ent l e c ult e des anctres, reprsen ts dans l e oum'phor par l a couleuvre Danbhalah e t l a couleuvr e Ai d a 'Vda. A u suj e t de ce qui concerne l a p e rt e de masse r e l a ti ve il l a libration de l n ergie c h ez les houn'sih. le probl me physique du voudoa s'explique alors par cel exempl e trs simpl e qui montre e t l'as p ec t gam tdque de Legb!.! et sa fonction : ( ) Voici l a c hanson v o udoo qu i prouve J'exis t ence d e ce trajet ; Mrn sti Dan Guinin avec asson lan mai n m rin Mrin soU Gulfr avec asson lan ma i n m ri n ... Traduc tion : J e reviens de L a G ui ne o j'ai pris l'(lssan Je rev i ens de GuJfr auec l'assan ... I c i G u lfr et L an Guinin o nt le m m e sens que lf ou Il

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    291 -h oun'si h de 0 tonne (zro tonne) houn'sih d e 500 l on n es houn'sih de 1.000 t on nes (bton de l.egba S) 3 1 (Arbre S) o u (Lcgba S) If Legba S Macou tt e o u charge d e s 10.1 voudoo Il faut enfin comparer ces 3 figures la forme mme de l 'assoll voudoo que l e houn'io r prend et dont c haqu e tap e de J'Arbre est une figure:

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    292 C'est ce trnje t accompli dan s l'i nvi sible pOUl" a ll e r pre n dre l 'asson ci 1f qui s'appelle Arbre Sec ou Arbre S pe r so nnifi par l e m ys tr e vo ud oo Legba Si. 11 est facile de voir par l e syncrtism e rel i g ieux dont il a t fait part au d but que c'est cel arbre se que la tradition judo-romaine n converti en Arbre de JS. La Iradition plus pur e m ent juive en ft [[lit l'A rbre S-phirotiqlll.!. Dans cette gomt r ie, l a lig n e d'ex haussement C ) des h alln'sih s'app elle h ori:zon. Et c'es t pourquo i dans l'herm ti s m e des c ult es, le s canons initia tique s rvlent que Uhsah SI.!, L egba S ou l e Chris t dit J S, es t sur 1'1/0-r izon. L es ri l es fonl a l o r s allusion ci la p os iliol! du soleil sur ['ho rizon ci l'au r ore e l au cre pu scule; il l'aurore sur ['eau dOllce, au crpuscule sur l'cau s al e. L 'exemple permet -pal' compar aison ave c t o u s l es sac rifices rituels of ferts sous les p risty l es v oud oo de comprenclre l e sacrifice d e Christ sur la croix nin si que l conomie d e ce sacrifice: o Tonne 500 Tonnes 1.000 Tonne s L a figure 0 Tonne ( zro tonne ) Clant le tau (c roix grecque et africaine), l e L eg b a S du sacrifice ritu el sc trouve t re dvou ci la communaut afri ca ine c t hatienne so u s les nom s de TO-LEGBA o u TO-LlHSAH A in s i il. 0 tOl/n e, ce my s t re est l e phnomne de l' nergie physique Cilticremenl libe .. 500 T onnes, n ergie moiti libre; el 1.000 T on n es l nergie s upp ose enchane o u pas libre du t out. D a n s la tradition vo ud oo, le caract r e qui sy mb olise l' e nl vement t o t u l d e la m a ti re des houn'sih o u des h ou n i o r es t ce lui o L eg b a S ( person nifi ant l'animis m e) march e sur l es points su p ri eurs de l 'eau: Z qui est l e caractre alpha btique du Tonnerre. La lettre caractrise al o r s l e m ys t re qui est non se ul ement l e I JlllS puissant gardien du oum' pllOl', mai s l a personnification du plu s vie u x de s L cg ba du plw. vie u x de;,' anctres,' ln l oa Qubiso u -D an L Dan s cc sen s de la h auteur Ol! l a m asse sc p e rd se l o n la quantit d n e r gie ( ) Fi gure par l a cal ebasse, l a sp h re ou j ':lsson qui mon t e ct desce nd c omme d ans b gomt ri e du j ouko uj o u

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    -293-libre chez l es h oun'si h par L eg LID. el par toules l es loa places so u s lui, !c p h nolllc n c r s um e l e process u s auquel se so um e t la M ati re pour d e veni r Esprit; tand is qu e l e pro cess u s contraire auquel es t sou mi s l'Espri t pour redeve n ir M a ti r e peu l s'exprime r co mm e suit: lor squ'un mystre youdoo descend possd e r un l lOlIn'si h c'est lllll! ne r g i e ph o tonique sup eri e ure la masse du h ou n'si h qui descend mcaniquement animer celte masse en l' l e ctronisant p our 10 poss de r rituellemen t. Le s lo u vOlldo o en <1: mon t a nt les h oun'si h l es l ectro ni sent do n c comme si ro d e l' nerg i e du mystre es t prClcv p our r entrer d a n s l a masse du co r ps des h oun' si h e t J'animer. C'es t pal' consequent ce qui arriv e quand une loa possde un h aun'sih. Il y a al o r s change m en t d e lia/ure du co rp s po ss d ou transmut ation de sa matire, comme l'indiqu e le sc h ma des 3 c r o ix. Il s'est produit dans l e p oss d e :0 un phnom n e qui l e transforme s p i ritu elle m en t e n lui fai san t perdre sn p e r s onnalit, co mm e un n oya u ma g n tiqu e qui c h angerai t c himiqu e m en t par le f:lit d'avoi r r eu un e n e r gie supri eure s a maSse. L e h o un 'si h o u l e h O lln 'ga n II: m ont :0 par une l oa vou doo se transform e de la mm e m anire qu'un n oya u d 'azo t e qui a capt un rayon alpha, es t transmut e n un noyau d'oxyg n e par la modifi ca tion chimique de sa charge. C'es t pourquoi dans l a t rad ition scie ntifique et or th o d oxe du vou doo, il es t dit que l e c possd ou II: c h o tlal :0 des loa es t leur macoutte c'es t--di re leur cha r ge. Cepen d a nt si. so u s un. pri s t yle, il y a 100 h ou n 'si h s u sce ptibl es d 'tre II: monts l e m ystre ( qui es t l e r ayon alpha su pp os) n e r u ss it il II: mon Ler que l es corp s s u ffisamment prpars chimiquement il l e r ecevoir ce qui a lieu da ns un e prop ortion ordinaire de 5 %. Quelquefois, on voill'E sp rit-myon-alph a essay er de s emparer d 'un corps au cou r s d'une lulte p at h tique, m ais e n so r tir vainc u parce qu e l e h o un' sih est mom e nt anme n t inaple l e recevoi r : le cor p s d u h oun'sih le r ejeUe avec d s e s poir e n r e fu sant l e b n fice de la tran smutatio n smnaturelle. Il s uffit n a nm o in s que l e papa I oa r enforce l'ner gie surnaturelle de l E sprit-rayonoa lp ha p a r certai n s ges t es o u proc d s t e l s que l e c foulah ) ( vaporisatio n de liquide ritue l r\vec l a bou c he) e t l a p oudre canon s allt e sur un vve li l 'aide d'un tison, pour qu e l a masse c ultue ll e r epn! sente par l'a ssis t ance des fid e l es perd e de sa r s i s tanc e l'Esprit: l' n e r g ie d e l'e s pr it s'e n trouve automatique m ent multi pli e e t l es c cri ses de l oa :t ont a l o r s l ie u e n chaine comme si le m ys t re dsintg r ait la m a ti re qu'il pos sde. O n voi t a l o r s c ulbute r des g rapp es huma in es p ossdes par l es loa dans un d fe rlement d e transes m ystiques o le surnaturell e di s pute l'in desc r i ptibl e.:. D a n s l 'e n seignement traditionn e l du voudoo, c elle s pect aculaire t rans -

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    -294-formation chimique des possds pre nd symboliquement le signe de 'a t tribut m ajeu r de Legba : un e fourche, un c bq uill e parce que l e signe humain qui soutient le ciel, en m agic r eligieuse, est Ill! hoan'sih (sup po s femelle) co u ch sllr le dos, les jambes ccartes cn fourche ou en bquille leve: sur cette bquille, l a Kabbnlc \'oudoo fait reposer l e ciel. Les houn'sih monts par l es l oa tant l la crise de p ossession l es t ra n s forme a l o r s voudoiquement en Y pour i n diq u er que l a m asse corpo r elle a pri s la direction spiritu elle r eprsen te par l e va u doun qui l a possde. L e rapport contraire est ce lu i -ci: pou r 5 houn' sih sur J.OOO qui aiment c L qui appe llent la possession, 995 la r epoussen t de toutes leurs forces. En co n sq u ence, les possessions acceptes sont les plus belIes e t les plu s effi cacement m agiques, sinon les p l us spectaculaires, parce que plus facil es, plus simp l es, p lu s douces les loa tant obliges de se battre avec les chouals ) r ti f s. Les c h oua l s :J r tif s o u bossafe,<; sont donc des c h a r ges ou des maCQuttes plu s l ourdes porter par le s loa. La concl u sion tir er du phnomne de la c r ise de loa ) es t celle ci : plus le c h oua l est spirit u e llem en t evo lu, plus il est prs du myst re. Or, c h ose c u r ieu se, il est plus d ifficile a u m ystre de l e m onte r parce qu'il s'i dentifie davantage avec so n cavalier. Le cava lier n 'arrive qu' l e sao ler e t encore! C'est, par exe mple, l e cas des grands initi s, t els que les mam'bo et les h o un 'ga n .ces grands i nil is offrent cette sor t e d e r sis t a n ce aux loa parce q u 'ils son t porteurs de charges-nergie ( macouttes spirituell es) pareil les ou presque pareilles celles des mystres qui pourraient l es m o nter. A ce degr les pouvoirs son t gaux o u p,'esque, e t tout en offrant l'Esprit une r sis t ance qui est d'un cllrlld r e a b so lument diffrent de celle des bos sales, l initi arr ive ains i repollsser l e mystre qui veut le possder par un mot, par un ges te. L, on pe ut f acilement se rendre compte (p r esq u e vi sib lem en t ) d 'une c h ose fort curieuse: l 'ne rgie-loa repousse par l'initi dont l es pouvoirs sont gaux ou presque ga u x aux sie n s, dvie e t reb ondit assez so u vent sur un h ou n 's ih moins fort qui se trou ve dans l e voisinage. et c'est ce houn-sih que monte l e mystre! Donc, e n rgle gnra le, l es loa p ossdent p lu s f acile m en t l es petits ini ti s d e grades infrieurs parce que ceux-ci leur sont opposs potentiellement -l'Esprit ayant toujours t endance s'quilibre r physiquement par ses extrmes contraires; ce qui veut dire qu'il a intrt rechercher les macouttes les plus cha r gees. L es g r a n ds init is t ant des macoult es dj leves par elles -m m es, l es l oa les r ec h e r chent m o in s ou pas du t o ut. L'exprience scie ntifiqu e du voudoo enseig n e donc ceci : bie n que de constitution corporelle forcment diffren te. les grands in iti s et les l oa peuvenl s quiv a l oir en rayonnement lectronique; c'es t-dire e n connaissan -

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    295 ces et en pOl/vairs .ils passent alors p OUl" port e r la mme macoutte, la m me charge, CHr ce qui se trouv e dans ln ma coutte d'une loa repr s ente ses con n a i ssa n ces el ses pou voi r s ( voir figure .19). Exemple: si un mys t e r e voudoo es t B e t un g r a nd in i ti Ba, n poss d e B u diffici l e m ent si Ba refuse de se l aisser m onte r ; tandi s que B mont e f a cile ment un houn'si h W quelc o nque Toutefois, l e c h oc c ri s iqu e es t beau co up plu s violent entre B et 1l' qu'entre B e t Ba s i B a es t quand mm e mont En proftbnl du m ys t r e qui d esce nd dans sa t te l e h o un 'si h es t m pal' un courant l ectronique qui multiplie ses facu lt s e t d ont il n'a ni cons ciencc ni ln direct i o n. C'es t ainsi que p endant la l ranse de l oa, l e po ss d n e p eut ni retenir n i r epo u sser l e my s tre ; il en r essort que l'ner g ie m canique surnaturelle qui soulve o u lve m ys t r ieusement le houn's ih m o n l peul cesse r et cesse gn ral e m ent t out d 'un coup lor s que l e m o u vement m canique produit surnalurclle m cnt par le my s t re n cess: la c r ise d e lou es t fini e e t l e h o un' s ih retomb e bmsquement dans s a polentialit p er sonnelle comme une m a ri on n e tle dsal'licule. L'nergie m cani qu e procure surnaturelle m e nt a u x h oun's ih pnr la pos session voudoo se traduit th e rm o m trique m n t pa r une hausse de t emp r ature parce qu e plu s l a m ca n ique est vo lu e, plu s l e degr de cha leur du c h evnl est g n rnl ement l ev, sauf exce pti o n s. Bea u coup de pos s d s sont donc brlanls et lranslJi r enl abon damment, a u point que le geste r itu e l l e plu s frappant so u s le p ris t y l e est ce lu i d un h oun'ga n o u d'un houn's ih ess u ynnt l a figure des m ys t r es avec un mouchoir. G e n ralement, l es m ys t res n 'e n ont cure, et, l a s eule c h ose qui fasse voir que l eur l e m s'est considrablement l eve, c es t l a surca pacit mcanique d e leurs m ouve m e nt s : un homllIe qui ne p ouvait p as marcher gr impe comme tln e c oul euv r e au so mm e t d'un arbre l orsqu'il est pos s ed par D a nbh a lah. Cette t on n ante capaci t de m ouve m ent es t d'autant plus grande que l es houn's ih sont possds par d es l oa qui
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    296 -L a t ra diti o n "oud oa -par ses m ys t cres e x p liqu s d onne d o n c l a cl m ys tiqu e de l a tra n smutatio n c h im i qu e des corps: l a p ossession des corp s l'or l es ioa. En co n seque n ce, plu s u n e loa voud oo es t t h argc (c'es t --dire cor p o r e ll e), m oi n s es t l e v l e d eg r d e tran smutalio n d u corps qu'elle p oss de. C es t ce q ue d m ontre l a go m t r i e m m e de t o u s les l m ents du vo ud oo, e n par tic uli e r la gom trie de ses diagrammes ritue l s ( v v ). El c' es t p o u r q u oi. so u s l es p ris t y l es, l es corps l es l' l u s g r acieux c t l es p l u s puiss ant s sont ce u x q ue p oss dent n cessaire m ent d es m ys t r es de plu s e n plu s r a ppro c hs d e l' Est tra dit i on n e l de J'orienta ti o n La T rad iti o n ri m me !:li ss u ne exp r ess ion qui r su m e ce tte source vou doique de la GRACE e t du PQ UVQIH M A GIQUE : L'Ethiopie a c court v ers n o u s l es m ai n s pl e in es ... Ain s i da n s l e oum'pho r l E s t initi at ique o u l' E thi o p ie vou doesque es t figur par l e s ol eil il. 5 branc h es d essi n s lll'l out au dess u s des ancie n s p e dont l es i n iti s a c tuel s ont pl u t t ga r d l e so u venir so u s d 'autres f ormes rituelles plu s di sperses m ais t out p a rti c uli rem ent, s ou s la forme d e l t oile q u 'il s placent a u somme t de l a lig n e ver ti c al e des fl v. C ette lig n e es t l ogique m e n t pri se pour l' arb r e s d e l'Initi a ti o n e t d u Ritu el. L'a rbr e-s symbolis e a lors l e m ys t r e v o ud oo le p l u s rich e ell gr ces (c'es ta -d i r e e n p ouvo ir s m agi q ues, pu isq ue. comme M a tr e-Ca rr e f o ur, il e s l la cl d e l'o ri entation qui d bute classiquement l'E s t ). Ce m ys t r e es t Legb a S p a r ce qu'il se confo n d go m trique m ent avec l e p oleau -m i l a n des p ri s t y l es car l a lig n e droit e e t ve rti ca l e du p o te a u indique l'a b se n ce tot a l e d e f a ibl esse. En Voudo o co mme en Ph ys i q ue l a F aiblesse es t do n c exprime par une c hu le, un e co u rbure un n c hi sse m enl d e l a lig n e v ertic:'lle.

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    297-C'est ainsi que, dans l a m ystique des oum 'phoT, le poteau, e n devenant le Mfon de Legba ou le s de Le gba, indique la foi des vOlHloisanls dans l eurs m ystres -puisque tous les m ys tres passent par ce se pour mont e r Voil pourquoi, ds qu'il y a courbure, chute, faiblesse o u flclli sse ment spirituel chez le s houn'si h ils courent a u poteau qu'ils s'empressent d'treindre et d'embrasser pour refa ire leur provision d' n e r gie. L e hou n' gan lui-mme fail ce ges te au dbut des services, et mme chnque f ois qu'il a procd un snlut rituel. Les houn'sih s'adressent aussi aux tambou r s dans le mme but, parce que le s batteries m agiques d es loa ont un rapport d'essence tres troit nv ec l es b atteries de Lambours du f ait que ces d erniers sont l'expression musicale directe du tronc d e l'ar bre se, Pour rsumer le voudoo d'a pres sa propre go m tl'i e, voici, par consquent. l es caract r es de force et de g r ce de 3 sries de loa pnr rapport l a forme t oute-puissante du poLeau : b quill e de Legba tir du trajet ver s H ou perte de sa pers onna lit par un l!oun'sI! mOlll, sous l'aspect gomtr iqu e de la dissociation de so n p syc hi sme et de l'nb o lition d e sn con science i n dividuell e L egba.s ou le houn'sih le mieux manie L a trajectoir e m ultiple du mystre Ai-Zan exprime donc le s tap es suc cessives et progressives du trajet mystrie u x qui mim e les initis voudoo il. H o u la Ville Aux .camps.

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    t "* T -298Ai-Zan o u o + houn'sih mont progressivement. Les loa qui montent ici le houn'sih expriment la Chu te et l'El e va tion ou la Cro i ssa n ce et la Dcroissance du pouvoir des mys tres voudoo.

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    299 Le sys t me psychologique du voudoo rpond ainsi parfaitement au dveloppement uienlifiquc de [0 pers o nnalit par des chocs produits enlre les mys teres et l eu r s chouals ; e l, de plu s, ce dveloppement r po nd parfaitement. son tour, a u principe d'volution ou de transmutation de la matire. Celte matire tant confo ndue. sous le p ristyle, avec le hou n' sih (depuis le llOun'gan jusqu'au bos sale), la gomtrie du voudoo va mon trer co mment, par les chocs psychiques qlli perm e ttent aux loa de possder l es hou n'sil! ou de les mon 1er se dgage l'architecture m me du p ristyle : poteau-milan (comme p ersonnalit lo/ale) ou impulsion spirituelle p u-raite ou choc di ssoci atcur (le la per so nnalit ou houn'sih mont :t par une impulsion spirituelle X, 6, 2, 4. K, V ... ou Extensi o n spirituelle d e la personnalit, sous l'acti o n du mystere. 0" Totnl gomtrique de la priphrie mystrieuse de l n transe mystique. Le total place le poteau au centre ou nu milan du choun l :t, comme l 'indique son nom de poteall-milan.

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    300Le choc de l a tl'anse es t nvro-ps!]chique, ce qui ve ul d ir e que le s loa descendent dans la tetc des h oun'si,h par le canal de s n erfs e n causant le choc .il la nuque. La nuque es t a l ors repr sente par l'angle de la dper; f ormer un cur \ (attribut d 'Erz ulie) Le rayon-poteall (Leg b a o u le m yst r e) s'est ralenti sous sa forme de branche de choc e t perdant de son cnergie spirituell e par le poids matriel du houn's ih a fai bli en s' incurvant ve r s lili-m me pour retrouver son qui libre, mais e n f or m ant n a nmoins l e symbol e l e plu s uni verselle m ent magi que du vo udoo> Enlevez l a rsistan ce corpo r elle qui ca usa l'angle o u les a n g l es incident s du c h o c (e n pointill ) e t ,'on r eo btient la lig n e parfaite du pot ea u : .. .' (0) Cette branche part trs souvent d es poign ets e t des chev ill es, se lon les gestes que font les chouals, ava nt la crise pour essayer de l'viter, o u apr s l a crise afin

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    301C'est la raison qUI dtermine, crm o ni e llement, l a position d es ofTi'an des r it u elles : on l es met a u pied du poleau pour le s empcher de rest er descendues ou de descendr e davantage. L e L egba qui l es m on t e est ass imil, en co n seque n ce, a u Sacr Cllr d e Jsus, ca r le Sacr Cur descend dans le sacrifice et p a r le sac r i fice pOlir. c n sauve r la m atire. En principe, l'intercession russit quand l e signe se fait en sens contraire: Celt e r uss it e r unit (en d e u x curs entrelacs ) deux tapes progre sswes vcr s If. so it : Cett e dviation e la lig n e droiLe d u pot eau ( du e au c h oc n erve ux occa sionn par la possession l o r s de ln r e ncontre de l 'esprl et du corps) qui r evie nt sa place i n diq u e m me dans le sens d escendant que l e mys tre retrouve so n qui libr e m a i gre la pert e d' nergie qu'il subit par ce c h oc. A in si, pour montre r qu'ErzlIlie et Legba t o u s l es d e ux sur le cur, le r itucl traditionnel cx pliqu e ce tte m agie par une lgende qui se rappor t e aux lois d e la Physique: Ogou (le feu ) ravit Erzulie par amOlir, partir de l 'ea u sa l e s itu e l'Oue s t de l'ori entation -parce que l 'ea U es t l' tement de b ase d es se rvice s voudoo. Ogou connat le s ecret d e ce raviss emen t parce qu e c'est lui comme de s'e n rem ettre C'est sans d oute pourquoi l es voudosants disenl q u e les loa descendenl d a n s leur tte par l es c heville s ou par l es poignets j e n effet, au d bu t d e la c ri se, l es jambes paraissent brises, dsa rti cules, se dro ber s ous le

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    302f o r ge ron du systme -qui a appod, sur l a 'l' crre. l es myst r es de la cou l e u v re D an-Gb Dan s le voudoo com m e dans l es autres religions, l e cur m ystique se trouve tre, co n s qu emment, un cur enflamm ou un cur rQoi par le f ell. Il suffit de rev oir le vv du mystre .. 1i-Zan pour comprendre pour quoi. d a n s l e culte vaudoo, il reprsente alors l es relatio n s et l es f o nction s sec r tes du cur en degrs magiques. C'es t sur ce m ys t r e que sont bas s toute la hirarchie et tout l e r i tu el des sa n c tu a ire s africains. L 'e mploi d e l'eau p our sal u er les m ys t re s a u d but et a u cours d es se r v i ces ense i gne pourquoi l' ea u es t la ha se i l parti r d e l aquelle Ogou ravit Erzulie pour donner sa valeur mag iqu e au cur: l'eau est l' lment phy s iqu e qui a Uir e et empr i sonne le myste r e des Esprit s en ralentissant l e urs facults spiritue ll es .c'es t alo r s l a chute du m ys tre dans l a m atire des sacrifices ralis e, synthLiquement, par le bain de Danbhalah ,. le triang l e de Danbhalah, retrouv assez so uvent a u-dessus d es p et dans la cavit du socle du po teau, i ndique a l o r s que les mystres descendent dans le sacrific e ccr m o ni el par J'enu (qui tient donc l e rle d e l'intercession, car Erzulie es t l a M atresse de l'Eau) e t que. le sacrifice tant co nsomm. il s remontent, so u s l a form e des curs entrel acs. avec le sacri fice: D an bh alah Erzuli e Legba Se eau ou socle du poteau co rp s a u p oi nt qu 'on est o blig, so uvent, d e so uteni r le possed pour l'emp cher d e t omber a l ors q u' il l ance ses bras e n t ous se n s d ans un mouvemen t d sor donn.

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    303Il en rsulte qu'un ges t e d e traditi o n ex i ge
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    -304-C'est ainsi que -pour mieux rsumer le systme du vaudoo on pour rait donner arbitrairement, com me s uit, un nom de loa chacun des points de choc reprsents par les som m e t s des angles du my stre : Lcgba Agaou Tonnerre Matresse Erzulic Qgou Ferraille Guild !!IazacH Agoueh R Oyo L oko Ati-sou Poun'goueh Les sommets des t m g lc s qui reoivent arbitrairement ces noms ici -faule de savoir exactement quelle hauteur se manifeste chaque loa sont des interfrences d'nergie ou des lieux de l'atmosp hre des oum'phal' o se font des changes de puissances corpu sculaires entre les mystres vaudoo ct leurs chouals li. On peut m aintenant mieux comprendre ponrquoi la cou l euvre domine m m e le solei l il 5 pointes qui est au-dessus de s a ncien s p e t pourquoi cette mme eoulellvre (]double e n D a nbhal a h e L Aida \V d o vient se dsallrer e t se b aigner dans l e b:lssin rituel qui es t ordinairement il. c t du p. C'est d'ailleurs la mm e couleuvre qui est peinte sur le poteau avec les cou leurs de J'are-en-cie l qui sont l es couleurs d'Aida W do Dans l'a c ti o n du mystre voudoo qui sp,ue en deux la personnalit de son chou al so u s la forme de l a bquille de L cgba S, ce sont d es particules fluidiques dgage s par cett e dissociation et qui se trOl/ven t agissant en tre l es deux branches de la bquille qui reprsentent le s urcrot d'nergie que le voudoun lire de l a matire qu'il possde sous cet aspect. soit

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    F ig. 41. L e mou l on, HII moment Otl deux houn'sih l e conduisent l 'cremollieusemcllt du rivage IIU I lll t eltu .. F ig, 4 0. Les Iloules e t les pigeons l'itu els, n u lllomen i Ol! une hou n si h C lln -zo le s venluillc Jo IIvnnt d e les lancer, vivants, dans l'CHU.

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    305 -Il faut alors calculer J'nergi e ain s i libre p a r la fourc h e sel on l 'espa ce ment de l a fourciie : p lu s l a fourch e es t o uverte plu s l 'nerg ie libr e e t utili sab l e par l a possession est gr a n de. C'est a in si qu'on retrouve celle fourc h e de L eg b a S dans l e b a l ai m ag iqu e des sorcires: l'nergie e n est s i gra nd e qu 'elle transporte l es sorc i res au sab bat travers des espaces c onsidrables. L es so r ci r es qui vont au sabbat montent d ODC leur balai comme le s l oa vo ud oo c m on lent :il leurs c h o ual s. La fourche o u le balai peut alors ca user l e transport dans les ai r s il tra vers l e e t l'espace .ce transport es t l'q uiv a l e n ce d e la c c ri se de l oa parce que l' n e r gie ainsi lib r e par la possession cau se une dim i nution du poid s de l a masse de matire natur e ll e qu'es t le corp s du hOUD' si h mont par l e m ystre. D o nc, toules l es c h oses ph n o m nal es que peut faire le houn's ih m ont (c' est-a-dir e tra n sport dans l es airs il t ravers l 'espace et le Lemps) sont du es la puissance surnaturelle des particules s ur-acti ves voluant entre l es deux branc h es de l a bquille. Il suit de l que s i l'on complte go mtriquemen t la f ourc h e d e l a b q uill e e n en ralisant c e que l' e nseignement a fri cai n appelle sa per iph r i e totale l es p a r ticu l es d gag es e n ergti qu e m ent par l a p ossession vo lu ent dan s cette figure parce 'lue celte fig ure est a l ors pri se pour l e pristyle vou d oo : ou o u

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    306 Le s qui s'y Lro u vent so nl e n co n s qu ence. p r i s pour les loa voudoo dont le pristy l e est le champ d'acti vit crm o n iel e t sacri fic i e l du f a it que, dans le voudoo, l es II: points reprsentent les puissances des mys/cr es. Il est d onc entendu que, plus le mys tre qui possde un houn'sih est puissant, plus la fourche de l a bquille est ouverte, p lus les points re prsen t a tifs des l oas reprsentent des m ys t r es p uissan t s sous l e pristyl e -en tant que houn'sih pOBsdes. En admeUant, pnr exemple. qu'un myst re d e J'ordre ley de Qllcbisoll D an Leh puisse e nl eve r 80 % de sa pesanteur il son c hou:! 1 lI, et L eg b a luim me 10 0 % o n co nstate que des mystcres comme Lem'ba Za'oll occa sion n e nt une telle eluatioll surna/urelle de temp ra/li r e chez ses c h o u als que l eur se n s ibilit et leur poids ( du s a u l'm i d du corps qui est op p os il l a temprature) s'va n o ui sse nt. Ainsi, l a se n sib ilit s vano uit il llll tel point qu e l es c h oua l s jonglent avec des b a rre s d e fer blanchies au feu ; ces c h o u a l s se bai g n ent mme da n s les flammes avec dlice L e ph nom n e voudoo d e l 'acc roi sse m ent d e l a temprature es t a l o r s s i important pour ob t en ir l a ca lorisation occasionne par l a crise de loa que l es oum'phor adopte nt de prf r e n ce par une prescription de tradi ti on que l es initis ne sont p as toujours m m e d'expliquer un procd de construc ti on qui aide n orm m ent il l a production de ceLLe t emprature: ils r ecouvrent les toits avec de l a tle o n d ul e e n vitan t tout plafonnement, de telle sorte que, so u s un pristyl e o n puisse djit obtenir 5 0 degrs ti grades ft mi di. Si l 'on a j ou t e il ce l a l 'effe t de ce r taines boissons trs a l coolises, cer t a ine s exp l osio n s de poudres rituelles clin temprature ani mal e d'un e a mbi a n ce humaine d j i l surchauffee pa r Ic rythme hallucinant des t ambours, l es m yst r es on t u n terrain a dm irablement prpar pour ob t enir c ell e sorte de q: fission nu cla ire que r eprsente l n crise d e loa. Cep en d ant, ce lt e temp rature d e f ou rnai se ardente el l nergie qui e n est l a co n sq u e n ce n e sont p as ca l cules comme chaleur p ropre m ent dite, mais plut t e n t erme de lumire de connfl' .wnces. C'est ce qui rend l es l oa voudoo si savan t es. Un houn'sih pesant e n m oyenne 5 5 kilos, on pcut l a ce nerg iqu e dveloppc dans son corps pa r un m ystre l e i qu e Quhisou (pe r so nn ificatio n voudoo du T on n erre ) l ors qu o n sait que, class iqu emenl, un seul gramme de m atire parfaitcment trans f o rm e n nergie produit 25.000.000 de kilowattsheure celle nergie n l a it p as surnnturellement e t immd i atement co n vertib l e en pouvoirs magiques c l en connai s sances, elle f e rait d i s pa raitre l es oum' ph or l es un s aprs les autres ains i qu e t out ce qui l es entoure. I g norer ce la pour ne retenir que l'a spcct s uperll cie l es ucccssoires vi si bl es mais seco ndai l'CS d u voudoo, c'cst i g norer l e vou d oo ; CUI' tel es t l e

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    307-caractre extrao rdin a ir e des m ys t r es qui vo lu ent so u s l es pris t y l es. Les signes. l es symbo l es, l es costumes l es attributs l es co u le u rs, l es gestes. le s instruments, l es boisso n s l es n o u r r itures. l es drapeau x, l es arm es e t l es c h a n ts, n e sonl, m a l g r l CLlI" norm e importa n ce d'ap po r ts magiques, que des auxiliair e.\' kabbalistiques m a i s ce p endant dispensabl es -de ce ca l'aci r e extraordinaire. O n p e u t e ntrer d a n s un oum'phor, e n voi r t o u s l es obje t s rituels, e t m m e nss i ste r a u x c r m o n ies; m ais s i J'on ign ore ce car ac t r e surnature l des m ys t r es, o n n e compre n d pas comment ils ( m o nt ent l eurs c h o u a l s e n d escendant dans l a tte d es houn'sih e L o n n e sais it p as l a p or t e du vou doo.

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    DIXIEME PARTIE DI\IONTAGE DE LA MCANIQUE SPIRITUELLE DE L'ASSON ET DELA CRISE DE LOA, POUR EXPLIQUER LA COSMOGONIE VOUDOO

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    Voici tlne successio n de figures que l e l ecteur doit d'abord bien regarder. Il y reviendra ens uite clUlque fois que l e ncessiteront les explications qu'elles illu strent et qui e n sont fournie s plu s loin. Ces figures r s um ent l a m ca nique surnaturelle de s Ion vou dao en en l'vclant l e mystre 1 1 Etoile 7 Cicl 6 Couleuvre Legbas ou .Bois du poteau 5 Couleuvre Aida \Vda 4 Cou leuvre Danbhalah \Vdo 3 Graine, semence, testicule 2 Maonnerie, socle, roche ou pierre du poteau : Terre ou matrice ou vsicule smi nale o u siege de la semence 1 Triangle de la maonnerie 7 Etoile 6 P luie (,n couleuvres) 5 Ciel 4 Le gba Ati-Bon (le b ois) comme feu ou sol e il. 3 Erzulie (maniant) comme semence, lune ou eau rituelle 2 Cornes du socle ou du P' (voir Bible Exode XXX : 2) 1 Terre : socle ou matrice.

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    (') La figure est l 'ancre du bateau d 'Agoue h R Oyo. 812 -asson rituel \'o udoo Celte figure qui vaut au b a tea u d'Er zulie et e lle corres p o nd il l a clochette comme l a verge co r re spond il l'uss o n et au c ierge (').

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    -313sexe du systme clochette rituelle voudoo Dan s cette synthse graphique, la plui e qui tombe (en couleuvres ou e n ecla ir s) du ciel est p e r so nnifi e par l e m ys tre VOUdOD Qubisou Dan L eh, loa du tonn e rre, qui est elle-mme unc cou leu vre : Daii Leh ou c ouleuvr e LeI!. Quant a ux t es ti cules, ils s exp liqu ent r i tu e llem ent d'eux-mmes l o r squ'on peut voir avec qu e U e dilection les m ys t r es e n f onl l eur mets choisi... Le f e u r eprsent dan s ces graphiques explicatifs par le my stre L eg ba, ex plique pourquoi c es t un Ogau ( p erso nnifi catio n du feu c l este) qui es t descendu avec l e secret du youdoa su r l a terre. D a n s ces deux se n s (le s se n s d e l'ea u r sums dans l a f orme bri se des co uleu vres), la pluie explique f acile m ent le ges te r it ue l du j t d'l'eau li so u s l e pri s tyle et dans le oum'phor : 1) jet d l 'ea u li matriellement = cration matri elle par jaculatio n, comme l'indique ici la verge matriell e 2 ) j t d l'eau li s piritu e ll ement = cration s pirituelle : l 'ea u remonte, par son triple esprit e n 3 cou l e u v re s, a u sig ne de l' toile Il est alors v ident que l a co n s truc lion voudoo rpond parfaite m ent a u mot d'Herms sur la magie : ce qui es t en bas r e ssemble c e qui es t en haut. D o nc, par la dco mposition du p otea u qui est l e centre gomtrique d e la mcanique voudo o le s figures m ontrent pourquoi l'asso n d es houn'ga n a t ant de val eur : s a seu l e re sse mblance avec l e sc h ma qui r eprsente le cie r ge et l' ea u es t l a preuve gomtriqu e e t m canique d e sa valeur k a bbalistique. Ainsi, quelqu un qui, entr dans un oum'phor. voit le pot ea u plant au centr e du p ri s tyl e dan s so n socle de pierres ma onnes, les v v tracs amoureusement su r l e so l e t sur l es o bj e t s ritue l s, l e socle du po t eau lui m me, l 'asso n entoure de ver t br es de couleuvre, l a clocheLte synth tis ee par l e triang le, le r cipient d'eau trs so uv ent po s sur l e so cle du poteau l e bto n de L eg ba ou de s autres m ys t res le bate a u d 'Ago ueh accroc h aux

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    3.14 -poutres du plafond, toutes les t o ile s qui e nvir o nnent et s urm onten t l es dessins rit uels, ne peu t pa s en connatre le sec ret s i ln m ct m iq u e d e ce se c ret n 'es t pa s sci e ntifiqu ement dmonte comme n o u s le fai so n s. Celte m ca nique se rapp orte entierement toul es l es indic atio n s dj f o urnie s depuis la Premi re PHrtie et surtout au Chapitre Neuf re l a tif au processus n e rv eux d e la p ossess ion. Ces figures enseig n ent que de m me qu e l e princ i p e m ag ique du poteau d e Legb:l t i r e l' esp r i t d es h Olll!'si h l)ossales de la f or m e primaire du socle, le principe 111C/gqlle de la verge tire l'eau fllI rocher e t s par e l es eaux rUue lique s pOlir laisser passer l'Esprit ou l e myst ere voudoo. Voici l es t ex t es officie l s de l a Traditi o n Orthodox e qui v iennent appuye r la co n s t r u c tion du oum' ph or comme nou s l' ex pliquon s ici : Bible. EXODE -XIV: 21. M o se Ctend i t s a main SUl' la mer. Et l'Eterne l r e f o ula la mer par UI! vent d'Orient qui souffla ave c imptuo si t tout e la nuit; il mit la m e r ft sec e l l es eallX se fendir ent. Le s enfants d Isral entrrent au mili e u d e l a m e r .... Les h o un 'sih vo udoo sont ici l es !l enfant s d' I s ra l Le ven t d Ori ent e s t l e pot eau L a mer fendu e es t l 'lment r itu e l sur l e quel se tro u ve le bate a u d e Matr esse Erzulie e t elle reprse nte aussi l e se x e de la m ca n i que ma g ique Bible. EXODE. XVII: 5. -4" L'Ete rnel dit Mose: Pa ss e devant l e peup le, et prends avec toi de s anciens d'I s ra l ; prend s a u ssi dans ta main ta v e r ge avec laquelle tu as fra pp l e fle u ve, et m a r c he. Voici, je m e ti e ndrai d evant t o i sur l e rocher d'Ho re b ; tu frapperas l e roch e r, e t il e n sortira de l 'e au et l e peuple boir a ... XI. Ce r oc h e r ou socle du p o t ea u a, par c o n s quent, p our q uivalence s sy m bolique s : le Christ, l es te s ticule s, les g r aines (s i utili ses durant l es ser vi ces voud oo), l es se menc es ... L e principe reli g ieux de ce sys t me veu t que l'a c te magique ail toujours lieu s ous l influ e n ce du cur (ce qui donne videmment la pa ssion du Chr i st). Cette exigence Lraditi onnelle s e xplique comme suit: l e sig ne de l a lum ire as tral e (lumire de s astres) figure pa r l't oile qu i co uronne l a co n s tructi o n es t a u ss i le sy mbole go mtrique du cur s i g n e qui es t d o n c l e triang l e de l n matrice o u du so cle et o es t l' ea use -

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    3 15m ence. mais c r o i s p our indiquer la c r atio n par l e fr o tt e m en t, la fridio n l' m u l s i on q u i ca u se l' m iss ion de l'ea u c r atrice p a r opposition. D e t elle sor L e que l'opp osiLion c r atrice e x is t e parc e que l es in struments m ag iqu es du Houn'gan indiquent: usso n = mle cl o c h ette = fem e ll e p a r l e co upl ecou l e u vre qu e l' o n vo il g r impant sur l e p o t eau, S UI' le b t o n o u dans l 'ea u : asson = D anbha l a h \V d a cloch ette = AiD a \V da ("). D a nbh a l a h r s um ant l es deux, est l e vaudoun de l'eau, l'esp rit d e l'ca u L e bain d e l a coul e uvre ritue ll e re p n!sente d o n c ce baralte m en t de l 'eau qui est dan s l a vsicul e sminal e e t q u e l'accou p l e m ent implique sur l e p l a n m ystique comme sur l e pla n cos mogonique L e b a r atlemenl e n e x trai t l' e all sou s f orme de p ouv o i r magiqu e ( p o uv oir c r ateur) que l' o n re trouv e dans l es d e u x tra diti o n s voudoo e t juive so u s ce n o m : A E 1 l oim o u a eil oam qu e l es v o ud oisa nt s tra d u is ent so uvent sans e n sa voi r l' ori g ine, p a r loa-mat r esse o u si mpl e m ent M aif r essc p our ind ique r E rzu He; ca r E r z uli e p artage attributive m ent l e cur avec L eg b a, da n s l a Symbo liqu e vo ud oo L' j ac ulation m aterielle es t re m placee, sur l e pl a n spirituel, par une i n t e n tion ou un e pense c ratr ice q ui, d u cer v e au, desce n d in spiratoi r eme n l p a r le cur ( 1\. ) jusqu l'eau de l a vesicule smina l e figure c rmoniel l e m e n l p a r l e r cipi ent d 'e au du l lOun'ga n ; ce tt e pense cra tri ce r asse m b l e vo liti ve m enl t o u tes l es p ossibilils de l'eau et l es f a it m on t e r expiral oi r e m ent en l es pass an t p a r les se p t centres de for ce du corp s d o n t l a f o r ce doit fi n alem en t tr e con duit e par le c u r ( V ) au bu t vis p a r l a p ense qui a prs id k abba li stiq u emen t [ 'o p ra ti o n L opp ositio n d es d e u x s i g n es o blige l e h oun'ga n e t le s m ys t r es avoi r l' esp r i t pur; c es t p ourquoi, m m e c h ez l es Gud qui sont l es loa l es plu s ind centes qui soient, l a d ce n ce e t la puret de m u r s sont l es reg l es fond a m e ntal es d es oum'pho r Dan s sa v i e p r ive, l e h o u n'ga n o u la m a m b o p eut tre d r gle o u de m u rs d plOlables ; m a i s au cours d es cr m o n ies sa m o r a lit d oit tre i r r proc h a ble. C ette pure t o p rato ir e es t l e myst r e Ai-Zan. En pri n ci pe, l a d esc ente d e l a p e n se cratrice, s ou s f orme de p ense ins( ) D ans l' a rg o t des h oun'ga n e t des m am'bo, l'asson gui n'a a u c u n pouvoir mag iqu e s'appelle belle-fleur sans odeur, le p l us souven t Sim pl ifie e n belle-flellr. L a figure 9 m o ntre l' a s so n e t l a cloc h e tte.

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    -316-pire (souffle d esce ndant) se f a il par l e se n s descendant d es co ul e u vres ; e t la m onte de l'esp r i t se f a it d a n s l eu r sens ascendant de l'ex pirati o n du souffle : lDspl r e xpir C'es t p o urqu o i dans l a I{a bh a l a h VoudoQ, l es de u x coule u vres D an bhalah e t Aida Vda imitent, sous ce t aspect, l 'as p ect e ntrecrois d es d e u x c u rs m l e e t fem elle rpe l es go m t ri q ue m ent d a n s l e s i g n e d es V croiss d e as tral : L'entrec r oise m ent se f a il d o n c sur l e b assi n e l d a n s l e b ass in d e D anbha lah qui v i ent al o r s p r endre l a place du so cle d e l a vsic ule smina le o u de l a maCQutte d es l oa, o u e n co r e du sexe m agi qu e o u de l a m atrice. E v id e m m ent, l'entrecro i se m ent se f a it par l e s i g n e et sur l e s i g n e d u hUa n d e L eg b a q u i se trouve t re n cessai r e m ent l a ve r ge d e M o s e o u l a v e r ge de f e r du Chri s t d o n l le vo udoo fait l' attribut du m ys t r e a fricain qui a apport l e sec r e t de s l oa sur l a terre: Ogou F er. L e b t o n est d o n c l'atlrib u t du L eg b a l e plu s savant -Je L eg b a qui

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    3Hc he sur l es points du t onnerre ou de r eau-cn cou l euvres, d e reau-cn-cl air s le L eg b a qui porl e l e n om d e Qubisou Dan Leh. Spiritue llem ent. l a m ca niqu e f uil jaillir J c a u smina l e dont Danbhalah es t l a loa d a n s l e se n s ascendant qui va re j o indre l'toile : sa sou rce c l es te d'o t ombe l a plu ie. Tandis que cette mme m canique contient aussi bie n le pouvoir createur dans son sens de chute par le pote a u qui fail jaillir l'eau en bas, de la pierre qu'ouvre la verge sym bolique l a fin du baratt e m ent sy mb o li s par ou C'est ce baratl ement de ['eau ri tu elle ( que la t ra dition i ndou e appelle l e baraltem en l de la mer de lait) que reprsente, a u cours de s services voudoo, l e seco uement de ['asson ; mam'bo, h o un'gan e l houn'g u nicon ne cessent d e seco uer l 'asson, en tou chant de l'a s son tou s les facleurs du culte, mai s partic uli rement le s vv qui son t gomtrique m e nt, l es synthses le s plus parfaites de ce tte m ca nique. La tra dition indique que, d une manire classique, la vsicule sminale e t l a s emence (graines ou t estic ul es ) sont siLuces la b ase de l pine dor sa le Legba se tro uve d o nc tre l a personnification de l' pine dorsale prise p our le pot ea u : C'es t l que l a p e n s e cratri ce du h oun'ga n se co ncentre pour ve ill e r les pui ssa nces magiques d e l 'eau j etee symboliqu ement au cours des ser v i ces vo udoo. Comme dan s toul es l es religion s qui se respectent, l' p a n o ui s se m ent de cette ea u l a transform e e n un tri a n g l e qui grandit de plus en plu s, so us ce tt e f orme, comme base sex uelle du p oteull Le g b a tant le dieu-phall u s par excel l ence. Cet panouissement est Aida Wdo, le m yst r e e l'arc-en-ciel o u

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    -318-premi r e f emme de Legba. V o il pourquo i l a plupart d es vv ont une base form e d 'un triangle. D s qu e le h auD'ga n a comme n c il pa n ouir ce trian g l e l e tri a n g l e d e vient d o n c un e tripl e co uleuvre. qui devient son tour l e pot ea u ; soit L egba au centre comme F ils, Oanbha l a h d roit e com m e P re, e t Aida ga uche comme Sain t Esprit : La tripl e co ul euv re monte grave m ent pour tre l e poteau-mitan sur l eqllel t ous l cs ri t uels voudoo p eignent logi quement une g r unde coule u v r e multicolore qui devient, ai n si une cou l euv re unique l a cou l euv r e Legba Se Gbo Lill Sah. Cette cou l euv r e s i g nifie e n co n sq u ence. mouvemen t (se) as cendant (Ii h ) et vilal (gba) du p o teau (legba) ci partir de sa base ou de s a matrice (sah) : En m o nt ant ainsi pa .. l e c hem i n de l pine dorsa l e p our faire l e po teau qui est l eur fils l es co ul e uvres t o u c h ent t o u s l es centres de f o rce du corp s don t le courant cra t eur passe par l e c ur. Chaque centre de force cor r es -

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    3l9p o nd une puissan ce as trale cal" toules l es pu issances de l'as t ra l sont r sumes par J'toil e suprieure. Ain si, chaque puissan ce t oile est une entit cratrice. C'est de celte mcanique que vient le pouvoir du haun'gan el les 3 couleuvres f o n d ues e n une seul e (c elle qui est peinte sur le poteau ) sont la c onc entration d e ce pou voi r Pour bien o p rer sa magie, le h oun'gan -en vertu du cur qui est l e r en dez v ous de s centres de forc e doil a g ir ave c gravit, se rieux, r espec t m th o de, vol ont, a ttention, e t avec a mour. Les co ul euvres. en m onLant de ce tl e m anire, indiqu ent l' ascens i o n ma g iqu e d e l'eau r eprsen t e par l e so cle d u poteau pa r l e sexe du poteau. Ce socle es t d o n c l n m a ti r e premiere de l'o prati o n ma g i que. C'est ce socle o u ea u rituelle qui \'<1 se dve l o pper e n m ont.:mt comm e Erzulie. L'eau monte so u s l e nom d'Erzulie. Voici un c h ant trad itionnel qui parle d e cette monte sur rile Martinique; l e chant es t d di au m ys t r e Za c a qui r ep r sente l es c hamps c ulti vs (fig 29) : Y C'est ell bas ou soli, o u a p mont. M 'sofi en bas m 'a p mont ... Un peu d l 'eau m 'pass mande r Un p e u d'l'eau Cousin (Za ca) mand nOliS, Ti goutte d'l'eau Cousin mand Nan point godette, oh Oh M 'sot i el! bas, m'a p mont ... L' esc t omaque mo i n qu'a p craz ... Traduc ti o n ; Y C'est d'en bas qu e t u vi ens. T u en lrain de monl e r J e sors d'en bas, je suis en Ira i n de manier ... .le suis venu de m ande r lin p e u d'eau. C'estUIl p eu d eml qa e Zaca VallS demande; Vile p etite goulle d'eau que Cous i n vou s dem ande, Mai s il Il'Y a pas de gobelet! Oh J e so r s d'en b as, je .mis ell train d e monte r M o n se br ise ... En di sant qu' il manque de gob elet p our tre se rvi le my s t r e in d i qu e qu e l'on doit je t er de l'eau rit u ellemen t p our l 'ai d e r m onte r El, s 'il dit enco r e qu e sail estomac se brise, c'est qu'il e n so uffr e d u fait {je la so if r i tuelle que lui cause le manque de rcipient da n s quoi il pourr a il tre se rvi. L e trajet de Zaca, co mm e l e trajet de tout e nutre loa indiqu par ce c h ant r it u e l e n seig ne que la h auteur du pot ea u comprend 7 lapes supe rpo ses cor r es p o ndant a u x centres de f o r ce du co rps humain. C es 7 tapes c1assi -

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    320ques m n ent l' t oile so u s t outes les form es mystrieuses de s vv, car les vv sont les formes multiple s d es diff r entes ma gies pratiques dans l es diffrents rites voudoo selon le caractr e d es myst res. Exemples : RITE NAGO RIT ES RADA e t PETHR OSSANGNE B acoulch (le so ud e) Balandieh (la c ouleuvre) DANBHALAH L A FLAMBEAU

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    Fig. 4')

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    -321-Voici les 7 c l apes classiques par rapport l a hautem du poteau: 7 E t oile. ou flcm et fruit de la pens e crn lri ce du hOlln'gan. li Semence d e la v ic divine. Semence de l a vic humaine. Rgles d e l'cau: pouvoirs directeurs de l a m a tire crmoni e lle. Contr l e de J'air ou du sou ffl e cra t eur. l Cap ac it s orga nique s. Maticrcs crbr a le s. Intell igence d u bois (de \ 'asson). :J Bois ou Poteau: principe de vic ani maI e t animique (Dan Gb, S Gbo). 2 Graine, semence o u testicules du bas Ilu poteau, ou loa-racine. J Maonnerie, roche, pierre. min ral ou mnlrice du sys t me. La coulcU\'re du oum'phor a donc pOUl' reposoir non seulement h l cavit pratique d:m s la maonnerie des anciens p mais aussi ce qui es t gomtriquement son q ui valence sous le p ris t y le: la cavi t en triang l e du socle ail est plante le boi s de celte sp len d i de volution des h oun'sib. C'es t l'asc e nsion de ce ll e co ul euv re, explique ainsi. qui ouvre l e triangle pour l eur permettre d'accder i l t o u s les degrs d e l 'initiation en allant l' t oile. L toil e es t alors l 'e m place ment de l a ville d'Ire ou d e l a V ille A u x Camps. Celle Erzulie qui monte, ou ce Cousin Zaca, personnifie donc l'ouverture de l'esprit des hOlln'sih, e t en mm e temps, leur accessio n aux pOllvoin; magiques. Parvenu il l toile. l e p o uvoir gnral de s 7 tapes du poteau de Legba se rsoul en p l uie : la pluie t o mb e o u retombe d:ms l' tap e 1 pour recommencer in dfin iment l e pro cess us in iti:ique. Ainsi. en remplaant par un e t oile chaque tape du chemin i nitiat ique 21

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    _ 322 -qui f a il appeler Le g b a Matr e Grand C/limin e l M atre Gr a n d B ois, le voudoo r ep r esen te l e c h emi n d'H pal' le plus beau e t le plu s puissant de lous les vv : Le c h ant qui precede a montr q u e la l erre a b eso in d 'e au car Cou s in Z aca est l a loa de la l e r re ; en consquence, l e h O lln'gan jette de l' ea u sur

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    -323le so l pour saluer les 10a et pour ICllr faire un chemin vers J 'toile c'estrHli r e vers H If cs t alors reprsent, dans l e rituel voudoQ, par les vev ... Ce c h e min est un chemin d'cau pn rcc que le s loa {!lant en principe. vo lues jusqll'il l'toile par la marche d(!s cou leuvres, vvent forcem en t dan ... l a tempratllr(' {an/astiqlle des toiles: et c'est pourquoi ln tradition rap porte que tous les honn'gan et tous l es mmn' ho m orts se rendent If, dans [' t oile, mais (!1! pas.wnl SOllS l'cG/l. .. Il y a donc un e crmonie voudoo spcial e pOlir e nl eve r ces mort", de l'cau afin de leur faiT e un chemin pOlIr If. En consequence. les m ys t res ont besoin qu'on les fasse voguer sur l'eau SOllS l a form e d e calebasses mll sicn l e m enl battues par des initis. tout en je/ont d e l'cou, de manire il ce que l es mes ne r es t e nt pas p erp tu ellement so u s l 'catI. Aussi l es ca l e b asses sontelles b attues nvec des ha guettes qui reprsentent l n f onct i on ascend:wl e du pot ea u.,. Une fois qu'elles sont r emo nt es de l'eau, ces mesmystres, ces voudOIlIl gag nenllf ou la partie t oile du ciel qui l eu r es t rserve; c'es t pour qu o i l'on voit l es vv s i mailles d'toiles. Ces mes, co mm e 100 voudoo, redescendent a l o r s. lorsqu'on l es appelle l 'a i de de J'e3u, pour monter leurs c h ouals pendant les crmonies, Cette bil ocation de l 'eau qui es t l e dbut de sa multiplication en gouttes s)'mbolise d'ailleurs par l e jt d'l'e3u est l e PREMIER DES MYSTERES, non p as dans l'ordre de 13 himrchie des l oa, mais dan s l'ordre de la Nativit l e mystre des ,Jumeaux voudoo les loa Mara-sah, que les D a h ome n s appellen t llo-Ho, Cc ri t e de l'cau es t si important que le houn'gan offlcinnt es t oblig d'en jeter c hnqup. fois que le h oun'gunicon et la batterie de t ambours saluen t une n ouvelle catgorie de l oa, Il sa ill e c hnque n aLion ou n a n c han de loa e n de l 'eau devnnl l es Lambours, puis devant l e poteau-mitan, aprs avoir sa lu ct pn!sent l e r ci p ien t d'eau aux 4 Ol'ienLs dont Legba est le cen t re ou l e carrefour. Dans [a Kabbnl n h voudoo, c 'es l donc l e bruit d e l 'asson qui sym boli se le bruit d e l a plui e (eau terrestre r e mont ee au ciel sous l a form e des pou voi l 's magiques reprsen l s p:u' les initi s voudoo dfunts qu'on a r etires de l'eau ) e t parce que l e bruit est r alis par les lJertel,res de couleuvre et le s p erles de porc ela in e multicolores enfiles SUI' l a calebasse pour la d corer ce qui d montre, {l:H' l'a sso n que ce son t l es cou l euv res qui mon lent l'CHU nu ciel. On co noit a l ors f aci l e m en t que l'asson serve il appeler le s l oa voudoo, qui descendent du ciel possder leurs c h auals, puisque, par le ennal r eptiligne des cou l euvres, Il's lno IJoudoo son t faites des d'inities vOlldoo trallsm{/rees (lU ciel, ri Ife, D a n s la Lradition qu e l que p e u perdue en H a ti l'asson su r le point

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    324 -de l'eau de pluie est dit A sson B H o u n'Go u e h qui s i g nifie: usson ou voix bienfaisante des anctres partis sur l'ea u pour realiser la transmigration de l eurs mes dans l'toile. C'est pourquoi l e b-boun' voudoo es t une musiqu e de fun railles fail e sur llne calebasse qu'on a p ose dans une baille rempli e d 'eau .-l a calebasse vogue sur l 'ea u p endant qu'o n l a baL pour la r endre musica l e. A cause d e l'e sprit d es mes (ou des anctres) qui est aSS011 b h oun' gouch, Je mara-sa h voudoo qui es t l'arm e magique ou la f o rc e kabbalistique de l'eall rituelle s'tlppelle d'un nom s p cial donn ft la cOllleuvre sacre: Do, Dan ou Da = co uleuvre. Gou c h = d'eau. Cette couleuvre D o-Goue h D an-Goue h ou Da-Gaue/, perso nnifie un poi gnard qui a la f orme d'un clair ou d'une co uleuvre en marche ( ) arme savante qu' imitent les enta ille s en dent s de scie qu e l'on devrait t oujours faire au fil de la lame de la ma c h e tte ou k Ollbasal! d'Ogou qu e le h oun'si h appel La Place porte pour diri ger l es c r moni es voudoesques : ( M arasah D a n-Gollch ) (Eclair) ( K o ub a-sn h des Ogou) C'est cet clair annonciateur de la pluie qui esl justement l'arme par ex cellence du vieux Legb a savant Qubisou : cette arme es t r esponsab l e d e fa pllre t kabbalistique des ou m 'pllOr. (') Elle c .orrespond la gnuflexion (dO-GOllCh ).

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    -325-Ainsi. If, voici comment l es M(lra-sah-2 se tiennent devant Dan-Gb el devant Leg ba pour form e r un triangle sur le dou bl e ce rcl e du socle du poteau-mita n : Le dveloppement m canique d e l'eau, comme correspondance de l a Na /ioil Chrislianique personnifi e par Legba el par l es Mara-Sah en t ant que princip e unique c t principe dOl/bic 0 1/ multiple de la oi c (gba) tendue tou s ses degrs (l) ex i ge analogiquement que le mets ritue l prfr du m yslre Dan-Bha-Lah soit l'uf. Ce m ys tre gobe l'uf cach sous un drap blanc, pa l 'ce que, dans t oute la Kabbalah voudoo, le drap blanc figure l e dme du ciel au milieu duquel e s t If ou l'toile. Or, comme l e s prit de l' ca u ( D n n-Bha-Lah Y-W ) est figur, dans tous l es oum'phor, par un uf pos debou t sur d e la farine blanche contenue dans une a ss i e tt e de m m e co ulellr cet. esprit es t forcment celui de la cration, de l a naissance, du sperme -l'Esprit Cosmogonique du votldoo. L'esprit es t alors a ssi m il l'eau. au sperme uu p oteau et l a pluie, a u bton de Legba et la verge de Mo se .comm e l'eau de pluie. ceUe cration e s t sous l'influence de s loa Mara-sah parce qu'elle es t double, triple. quadruple, quintuple, sextuple -mais d'abord double ce qui fait que l'uf a deux parties: le jaune et le blanc qui marquent la pluralit de l eau. Les M a ra-s a h-2 marchent par consquent sur le jaune et le blanc de l'uf pos debout sur le tas d e farine con tenu dans l'assieLLe ( ) Dans l a tradition africai ne cette farine es t cense expliquer la position e t l a fonction d es eaux primordiales : cles eaux abyss ales: l'uf e s t l'eau de vie explique gom trique ment par l a monte des deux couleuvres sur l e poteau du p ristyle. Le poteau porte donc une dou bl e eau -dev i e reprs ente par la couleuvre ( 0) Les figures 13, 20 et 33 representent les plais mar aa.

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    326 Danbhalah \Vedo el par l a couleuv r e Aida \Vdo. Or, comme nous av ons dit que cell e cau tait personnifi e pal' l es Jumea ux ()\'lara-sa h-2 du voudoo hati e n ) le fait ling u istique Je plu s c uri e ux est que l e nom dah o men donn aux jumeaux s'adapte phontiqu e m e nt il l a cloubl c cali-dc-vc : H o-f1o-vi, qui s i gnifie cll{an t s-attac hb-cm;cmble. L'un es t l e blanc d e l'uf, l' autre es t le jaune.

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    -327On l es appelle alors mara-sah parce que, co mm e l es couleuvres. ils rc prsentent la divisio n en 2, 3 4. 5, 6, 7 du so cle du poteau dont ils manent pri mordial ement m:1s d'abord la d i visio n e n 2 qui veu t que les mys t r es so i ent Lous hermaphrodites: m les et femelles. L e n o m a do n c ce tte significa Lion : Mam : jumell:.llion du sah : socl e o u des eaux d'en bas. Le so cle es t a l ors reprsent par sa propre f orme jumele e n 2 3, 4. 5. 6, 7 dans les vv des 10a Marasah ; e l pour voluer jusqu' If ou jusqu' l' toi l e, cette forme es t pince a u milie u du carrefollr de Leg b a Se. On pourrait croire qu'avec ce process us, le mystre prouve une grande diffi cult nbolir la personnalit du cllOuai qu'il monie a u cours d e la p os session; il n 'e n est rien, cepe n dan t ; cnr l'Esprit co n sid re l a p ersonnali t propre d e so n c h ou a l comme une mas.''I'e seulement matrielle (sa m acoulte), e t c'es t celle m acou ll e qu'il a il soulever (II). Or, d'aprs les donnes secrtes d e l a tradition voudoo, un houn 'si h ( hom m e o u f emme) qui p se 50 kilos n 'n, en rali t, un poid s e t une m asse de matire n qu i"alnnl qu'a un d e mi millionime d e mm3 le reste de son corps o u de son poi ds apparent n'tant que du sou ffle pla stique. C'es t ce souffle plastiq/le qui donne sa forme humaine au demi millionime de rum3, D'une mnni re plus con n ue, la Physique donne, a ce que la t radi tion vo u doo appelle sOllffle plastique, le n o m de vide $. L es m esures o rd inaires connues des profanes permetlent de cal c ul e r cette mu sse m atrielle moule pal' le so uffl e p la s tiq ue rai son de .1 g r amme par cru3. Donc, s i un h o un 'si h pe sant 50 kilos n'a pas l es moyens spiritu els c'est -dire les co nn aissnnces vou lues pour rsister la loa voudoo qui veut l e possder cette l oa soulve ou abolit Ill! poids rel d e lin demi millionim e de mm3 reprtent par la matiere vraie du houn'sih Cette matire vraie es t transfigure en esprit, et ce l a avec une t e lle a i sa n ce que l 'assis t a n ce n'a pas le l cmps de s'apercevo ir que l e h ou n 's ih est mont; parrois, c'est .un souri r e a n glique qui m onlre aux i n i ti s que l e chou al es t se ll e ... n est d o n c un fnit cedain : le h ou n 's ih a i ns i m ont n'est plus que sou ffle plastiqu c e l ses p o uvoir s de crea tion son t en principe illimit es, Or, comme c'est le chcmin de l'cau jctc rituellement qui a co nduit celle ltans f orma tion spirituelle par l 'espr it vOlldo o qui n pris po ssessio n du corp s matriel. ce corps ainsi tra n s form e se trouve alors --co mm e l 'e t oile -au dessus des eaux, en esp rit et, comme sOllffle crateur. Le processus "oudoo de l a crise de l o li r epond' donc t o tal e ment aux prem i re s paroles de l n Genese: An commenc e ment, D ieu c r a l es cieux

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    -328-et la terre. La terre t ai t informe e l vide : il y avait des t nb res li la surface de l'abfme (r epresent, dans l e vou doo, par l e socle du pot eau) ; c t l'esprit d e Dieu se mouvait au-dessus des eaux (comme le montrent les couleuvres Ihnbh a l a h e l Aida \Vda dans les veve). Dieu dit: Qu'il y ait une te ndue entre caux, el q u e cette t endue spare les eaux d'ovcc les eaux ( .), E l Dieu fit l'tendue, e l i l spara les eaux qui sont au-d esso u s (celles qu'on jette dans le ollln'phor all cours des crmonies) d'avec les eaux qui sont :J.U dessus (ce Jles qui r eprsentent l'toile 011 If : l e sjour des voudoun) Dieu va m aintenant former le potenu -mitan du pristyle qui symbolise ritulique ment l e SEC ou l' Arbre-sec, dit Arbre-sc. Dieu di t : Que l es eaux qui sont a u -dessous du ciel se rassemblent en lin seu l lieu e t qu e le sec ., C'est ainsi que tous le s facLeurs du omn'phor sont rasSem bls et unifis dans la forme du poteau de L egba S, Voi ci maintenant le text e qui correspond au principe de l a pluie que Cou si n Zaca ir'lplore sous la forme d 'une gddefte d'eall .Voici les ori gines des cieux et de la terre. Lorsque Dieu fit une t e rre e t d es cieux, au cun arbuste de s cham ps n'tait encore SUI' la terre, e l aucune herbe de s champs ne germait encore, car Dieu n ava it pas fait pleuvo i r sllr la lerre, e l il n'y ava it pas d'homme pour c ulti ve r l e sol. Mais lIne vapeur s'leva de la terre, et arrosa toute l a surface du so l Ainsi, l'eau jete sur l e sol est ce tt e vapeur, Voici enfin le passage qui s'accorde avec le souffl e plastiqu e qui donne ses formes au d e mi milii on ime de mm3 de m a ti re : oC: Dieu forma l'homme de la poussire de l a terre ; il souffla dans ses narines un souffle de vie cf [ 'homme devint un tre vivant Pour reprsenter ce sou ffle d e vie, l e h O lln 'ga n souffle l'eau sous forme de vaporisa ti on. CeU e forme vaporise de l'eau a done l'avantage de multiplier la puissanc e des mystres, d e reprsente r le souffle v it al, et de figur e r la vapeur qui s'l e va de l a terre pour arroser l e sol. Les tmditions concordent a lors parfai tement pour montrer J'orthodoxie du voudoo C o 0). Pour parfaire l a dmonstration de ce principe fondament a l du voudoo, il faut, maintenant, joindre vertus de ['eau cleste sous forme de loa voudoo a u x m ys tres Mara ssa h qui personnifi ent la sparation des eaux du dessous et du dessus comme elle es t fait e dans la Gense par Dieu. Une fois jointes aux Mara-sah vOlldoo ces vertus de l'eau doiv ent se rrrer au mystre voudoo qui l es p roduit dans le ou m'phol" so u s forme de cOllleu(") Cette separation des eaux est expr ime, au dbut du livre, p a r le principe magique ba-ka du voudoo : ba (me du dessus des eaux), ka (me du dessous des caux) ("") L a vaporisation s'appeIJe foulah.

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    -329-vre : le vieux Legba savant du nom de QubisOll Dan Lef1. L'on obtient alors ce tableau comparatif qui est la plus tonnante syn th se des mystres qui se clbrent dans le voudoo : HO-HO : eau ddouble. o u Mara-sah. HO-HO vi : TO-HO sou: Agoueh TO-HO enfant de l'cau, ou eau de vie. loa de l'eau, dcomposables en Ta (sac rifice public ou crmonie DOlldoo ) o les mys{r es de l'eau (ho) exercent leurs pou voirs aciif:; 011 mles (so u). l'cau comme Ta-Ho, ou mystre voudoo Hgur par un toho marin (mle de l'cau ou eau ac/iue). Ainsi, dans le oum'phar toule la magic voudoo repose sur ce mystre toho ( Agoueh R Oyo ) dit Agouel! TO/lO Yo, lequel est Je mystre Jupiter Tonne rre c'est-il-dire Qubi-sOIL Dal! !.eh. En rcapitulant tout ce qui a t dit dans ce livre sur le voudoo. la rela tion montre clairement que le s Mara-sall personnifient: 1 ) J'eau double : ,2 ,.. ... ... ,-_- ""....,ek 2 ) l 'eau ddo ubl e et volue SOLIS la forme des couleuvres du oum'phor, Danbhalah \Vdo et Aida Wdo les quelles personnifient le ., jt d'l'eau traditionnel: 3) la vie double des mystres ho-ho ou mara-sal1 4 ) la vie divinise comme eau leve il l 'foile :

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    -330-parce que, dans l a kabbale vOlldoQ, Qlle-Bi-sOIl o u Qm!Vi-sou, dit Vi SOlI, Vi Zo (Jupiter-Vie) ou Vi Legba, annonce l'eull du ciel: l a pluie. la vapeu!" d'eau que rempl ace le jt d'l eau La forme secrte du jt d'l'eau :0 prend donc la forme manifc:;fe du lonnerre : retrouve ncessairement dans la couleuvre multicolore peinte traditionnellement sur le poteau-mit[tn. Et, ainsi, toutes les loa voudoo voluent dans ce cycle l'cptili gne de l'cau qui est le chemin magique conduisant cette Cloile repn!scnlanl la Ville Aux Camps ou If. En consquence, le rituel aUache le 10110 rl'AgOlleJl 1'0/10 l'a (dont la femelle est Agoueh Ta Ho Yo ) :lU patentl-mitan. e l, au cours de ln crmonie du sacrifice, dessine sa figure (rep r se nt a tive de l'eau ) sur l e so l du p ristyle (voir figur e 17) POll1" complter magiquement le sy mb ole, l e rHuel dtache alors le toho salt du pot eau aWlllt de le sacrifie r ; assez souvent monte par l e mystre auquel il es t ddi, on f ai t courir l e 10ilO de manire ce qu'il fasse l e tour tfll oum'pilOr. L'animal rituel est entour et s uivi par la foule des houn' s ih en proie un dlire joyeux. On attache e nsuite l e tohu il un arbre ou, avec l'arm e cn fer des Osou et du Dagoll eb (arm e voudoo de l'eau: Da-AgOlleh ou D o-Agoueh ." couleuvre de l'eau ou c S 4:), l e sacrificateur l e frappe il. la nuque, parce que c'est par la nuque que l es my s tres II: descendent dans l a t te' de l eurs chouals (*). Ce chemin kabbalistique de l'eau est d'ailleurs le chemin rituel suiv i avec des variantes relatives aux ho sties crmon i e lle s et l a diversit ca ractristique des rite s par toute s les offrandes qui se fonl sous l e pris tyl e vou dao et dont le poteau-milan, p e r son nifi par Legba Vi-sou, dit Quvisou, prend la matire pou r l a transfi gurer en se rend ant la Ville Aux Camps sous l 'aspect rep/iligne du poteau. Par contre de mme qu'en Physique les physiciens ralentissent l'ac-(0) Cette arme de l a tradition orthodoxe est souvent remplace par un poignard ou par un simple cou te au. Ici, folIO quivaut il. taureau.

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    33 1 -tion nergique des n eutro n s e n l es c aplul'anL dans l'eau l ourde -l es houn 6ans et les mam'bo savent e m ployer un e eau alourdi e que l co nqu e pour ralentir la vi o l ence des myst res voudoo o u p our la rendre n f as te; eau ame re, eau hllilellse, eau sale, eau puante o u m me salig caill De telle sorte qu e l a r c iprocite m agi que veut que l'eau lgre comme nou s l' avons dj exp liqu so u s d 'aulres formes porte les l oa voudo o l a b nfacti o n e n augm entant considrah l ement leurs pouvoirs : fluile es-Cycle rcptili g n e d e l Eau senlie lle ea u s u cre, eau v a p o ri se eall de pluie e au de s ource, eau dis tillee ou parfum s, e t m me sang s al dans la vertu liquid e duque l o n bai g ne ma giquement l es tali s m a n s.

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    -332-Ces verlus contrndictoires de l'eau se r:lpportenl forc m ent aux vertus respectives des b ai n s, tels flue nous le s avons dpeints. L a demeure traditionnelle des mys tres se tro uve tre alors la 4:: tte de l'cau qui, n cessairement, est l to i le qui d signe l'emplacement de la Vill e Aux Camps de l a tradition, et oil il s h nbitenl SOliS de s formes animales symboliques div e rses: c r abe d'cau, coulelwre d'eau, ca man soude, anoUs, pOIsson Si, pu.r exempl e, l e pristyl e es t considr comme un bassin plein d'eau (l'eau j e t e ritue llement pour faire descendre l es mystres), e t que des m ys tres voudoo tel s que Agou ch (l), Oyon ( 2 ) Qubisou (3), Erzulie ( 4 ) les Mara-sah-3 (5), Jakala ( 6), Man Illan ( 7), Dan lV-Zo (8) y sont figurs par d es L oiles vo luanL autour du poteau-mitan, il s y resteront en dev enant d e pl u s cn plus malfiques s i J'eau esL repr sente pnr le san g caill ou par l'eau puante: ***$ tandis que l es m ys L re s y deviendront de plus e n plus b n fique s s i "eau es t r ep r sent e p a r du parfum. L es pouvoirs ma giques des 10a sont donc accr us e n bien par l'eau l g re qui quivaut therm ique m ent l' eau change en vapeur SOl1S l 'act ion du feu ellaire (le f e u des toiles personnifl par le Dieu de la Gense) ; a lor s que

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    -333-ce s p o uvoir s sont aCCrllS en mal par ['cau ( ige reprsente par l e san g coa gul. D a n s la m agie v ou doo, le ph n o m ne es t d il ce qu e l a coag ulation e t la fro ideu r d u liquide em prisonnent l'encrgie mystrieuse des voudoun en l es empc h ant de r e m onle r Ife d : m s l e principe toile; cepe nd ant que l'eau qui entre e n bullilion sous l 'actio n du f e u (reprsent pnr la mache tte ou le Dagou e h des Ogou, arme rituelle par laquelle coule le sang chaud de s sac rifi ces) lib re leur ne rgi e pot en tielle qui monte alors vers le ci e l en va peur -aide par l' ag r a bl e odeur des parfums. Il en r s ult e que s i un my s t re se montre trop n erg ique en m onlant trop vite p o tentiellement ( ce qui jelle l e chaual d a n s des accs t er ribl es dont les consquences sont imprvis ible s comme des explosions), on le c alm e pal' un jt d l e a u p our l 'o bliger descendre un p eu. Ce jt d'l'eau doit alors tre effectu avec de l 'ea u fl'Oide ce qui arrive assez so uvent so u s l e pristyle. Nous m ontrons ici deux principes m ag iqu es d e l 'ea u par les rcipient s crmoniels qui r ep r sentent ces principes (fig. 34 et 35). Le s Ion voudoo qui travaillent SUI' l es plus haules temp ra ture s de l e a u rituelle sont l es loa Petllro, Zan-D o, D ant CongoP e thro B oum' ba, Kitlta e t [{itlta-se dit /W/JQsec ; tandis que les loa Hada, Ibo, Congo-Franc, Amine tout e n tant aussi forte s dan s l eurs rite s re spec tif s, sont moin s vio l e nte s, plu s d o u ces. En tout tat d e cause, l e h oun'ga n s'il es t capable peut aussi bien fair e travailler n'importe quelle l oa sur les po ints-frelles de l'eau que sur ses p oints-c hallds. Il s'agi t tout s impl ement d e l es nourrir e n co n s quence 11 es t n anmoin s cer t ain que le m yst r e l e plus fort es t ce lui qui tra vaille sur l e point l e plus c haud ; Legb:l, oit pour ce la arbre -sec .c'est p ourquoi il est aussi b nfiqu e que m a l fique selon qu'on le connaisse ou n on, o u selo n qu'on le se r ve bien o u mal. T o u s les houn'ga n t o ut es les loa toute s les houn 's ih e t tou s l es h O lln 'sih subissent so n r ayo nn e m ent et se co ul'b ent donc sous sa juridict ion qui, par consquent devi en t l eur axe et l 'axe des services Il suit de l que dan s les ou m'ph ol', l e l'le du h o un 'ga n o u d e la mam'bo es t d'attirer l es l oa par ( 'eau (qu'ils appellent man man b aga ill e -l ) et par l es sac rifi ces au so n de s t am bours et des chants mai s n a nmoin s, d a n s des me sures t elles qu'il e n r es t e constamme nt l e m atre; ce la, depuis le d but de l a crise d e l o a jusqu'au moment o il peut tre n cessaire d e l es r e n voye r dans l a s tral o u dans l'invisiblc On assiste donc invariablcm ent ce s pectacl e lor s de l a d esce nt e d'un m ys l e r e ; l e m ys tre m onte son c h e val, pui s, immd i a temcnt va o bligatoir c m en t sa lu e r l e houn'gan ou l a m am' b o avant de vaquer li sa ma g i e p ro pre SOliS l es p r is t yles jusqu' ce qu'il